Hiroshima

Hiroshima

Leçon - A partir 6 ans

Hiroshima est une ville du Japon tristement célèbre. Découvrez son histoire.

Le 26 juillet 1945, un ultimatum fut adressé au Japon : ou la capitulation, ou l'extermination.
Le 28 juillet 1945, l'ultimatum est rejeté.
Quatre villes furent désignées : Hiroshima (grand port et ville industrielle et bases militaire), Kokura (principal arsenal), Nigata (port, aciéries et raffineries), et Kyoto (industries).
Un des hommes qui ont convaincu le président Truman d'ordonner le bombardement atomique de Hiroshima est un politicien raciste originaire de Caroline du Sud, M. Byrnes.
À partir de ce moment, aucune des villes mentionnées ci haut ne reçurent de bombes : il fallait qu'elles soient le moins touchées possibles, afin que la puissance de destruction de la Bombe ne pût être discutée.
Le 6 août 1945 à 2 heures 30 locales, la météo sur Hiroshima étant satisfaisante, le bombardier B 29 Enola Gay décolle de l'aéroport militaire américain de Tinian, dans les îles Mariannes. Le commandant Tibets est le seul à connaître la nature de la bombe de quatre tonnes et demie qu'il transporte dans ses soutes. À 8 h 09, Hiroshima apparaît dans l'ouverture des nuages. À 8 h 15 et 17 secondes, "la Bombe" pique dans le ciel. L'explosion aura lieu 43 secondes plus tard, à 600 m au-dessus du centre de la ville.
Citation de Harry Truman - 9 août 1945
" Le monde constatera que la première bombe atomique a été lâchée sur Hiroshima, une base militaire; nous avons gagné, contre les Allemands, la course à sa découverte. Nous l'avons employée afin de raccourcir l'angoisse de la guerre, afin de sauver les vies de milliers et de milliers de jeunes américains. Nous continuerons à l'employer jusqu'à ce que nous ayons complètement détruit les moyens de guerre japonais. "

Effets dévastateurs de la bombe atomique


Hiroshima, quelques heures après le bombardement atomique du 6 août 1945.

La bombe atomique dégage toujours 3 effets dévastateurs.
Dès le premier millionième de seconde, l'énergie thermique est libérée dans l'atmosphère et transforme l'air en une boule de feu d'environ un kilomètre de diamètre et de plusieurs millions de degrés planant quelques secondes au-dessus d'Hiroshima. Au sol, la température atteint plusieurs milliers de degrés sous le point d'impact. Dans un rayon de 1 km, tout est instantanément vaporisé et réduit en cendres. Jusqu'à 4 km de l'épicentre, bâtiments et humains prennent feu spontanément ; les personnes situées dans un rayon de 8 km souffrent de brûlures au 3 degré.
Après la chaleur, c'est au tour de l'onde de choc de dévoiler son effet dévastateur : engendrée par la phénoménale pression due à l'expansion des gaz chauds, elle progresse à une vitesse de près de 1.000 km/h, semblable à un mur d'air solide. Elle réduit tout en poussières dans un rayon de 2 km. Sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 sont entièrement détruits.
Le troisième effet, encore très méconnu en 1945, celui de l'explosion nucléaire, est le plus spécifique à la bombe, mais pas le moins meurtrier. Il entraîne des cancers, des leucémies,... Il est d'autant plus terrifiant que ces effets n'apparaissent que des jours, des mois, voire des années après l'explosion.

Little Boy


Genbaku Dome est une image célèbre de Hiroshima qui aurait servi d'objectif pour le bombardement, prise de vue depuis le pont Aioi.
L'engin mesurait 4m50 de long et 76 cm de diamètre. Les Américains l'avaient surnommé Little Boy (petit garçon). Sa puissance équivalait à celle de 13.000 tonnes de TNT concentré dans un tout petit espace. Il provoqua la mort d'environ 80 000 personnes à Hiroshima, et l'on dénombra 70 000 blessés, dont beaucoup moururent.

La capitulation japonaise
Le 9 août 1945, une seconde bombe nucléaire, baptisée Fat Man, est lancé sur la ville de Nagasaki. Elle donna la mort à 70 000 personnes.
Le 15 août le souverain Hiro-hito de l'ère Showa, annonce la capitulation sans condition de son pays, il avait commencé avec son règne en 1926. Petit, frêle, le visage ovale orné d'une fine moustache, Hirohito a quarante-six ans et s'adresse pour la première fois directement à son peuple (c'est un homme renfermé, discret et mal à l'aise en public). Il le fait en pleurant et dans un langage archaïque plein d'euphémismes, mais le message est clair : le Japon a perdu la guerre. L'inimaginable est arrivé, il faut "accepter l'inacceptable" : la reddition, l'occupation, l'humiliation. C'en est fini du Grand Empire. Il choisit de sauver la nation plutôt que de sauver la face. Hiroshima et Nagasaki viennent d'être atomisées et Moscou d'entrer en guerre contre Tokyo. Dans les semaines qui suivent, pendant que s'opère la reddition et que les forces d'occupation s'installent, l'empereur, déprimé, reste invisible derrière les hauts murs de son palais.

Progrès scientifiques de la Seconde Guerre Mondiale
En fait, la Seconde Guerre Mondiale est le premier conflit auquel on peut attribuer une véritable dimension scientifique. La recherche y joua un rôle majeur, tous les belligérants lui attribuant des crédits considérables. Aucun domaine scientifique ne resta hors de l'impulsion donnée par les besoins militaires, qu'il s'agisse des nouveaux usages de l'aluminium et du magnésium, de la découverte du Nylon (pour les toiles de parachutes), du développement de l'électronique, de l'entrée en action du radar ou de l'essor de l'ordinateur.
Mais l'utilisation militaire de l'énergie nucléaire ne peut pas être assimilée à ces exemples de progrès scientifiques, car elle marqua une rupture totale avec le principe qui cherchait à la fois le perfectionnement et l'accumulation des armements : il ne s'agissait pas de produire plus de bombes atomiques que l'Allemagne, mais d'en produire une avant elle.
Le 16 juillet 1945, au Nouveau-Mexique eut lieu le premier essai de la bombe atomique. Une nouvelle fois, une guerre avait fait accomplir des progrès considérables du côté technique.
Groves: " La guerre est terminée. Un ou deux de ces engins et cela en sera fini du Japon "

La première bombe atomique
Pendant la Seconde Guerre mondiale, certains pays, comme l'Allemagne, ont tenté de mettre au point la première bombe atomique. Plusieurs physiciens ont fuit l'Allemagne nazie et se sont réfugiés aux États-Unis. On sait également que les Soviétiques ont aussi effectué des recherches de cette nature. Cependant, ce sont les Américains qui mettent au point la première bombe atomique. Ils en font l'essai dans le désert du Nouveau-Mexique pendant l'été 1945. Cette bombe à des effets meurtriers sans précédent. Truman aurait évoqué la possession de cette arme pour impressionner Staline à la conférence de Potsdam. L'utilisation de cette nouvelle arme suscite certaines interprétations historiques et, notamment, celle voulant que les Américains l'aient utilisée contre les Japonais dans le seul but d'intimider les Soviétiques. L'Union soviétique ne souhaitait pas une fin rapide du conflit en Extrême-Orient : elle espérait participer à son occupation. Pour ce faire, le conflit devait se prolonger suffisamment longtemps. C'est là qu'apparaît le problème politique et diplomatique relevé plus haut par l'existence de la Bombe. L'utilisation de la Bombe a donc peut-être aussi été un moyen de couper court aux manœuvres russes, et d'éviter un déferlement soviétique en Asie.
Certains historiens prétendent que le président des États-Unis Harry Truman voulait faire la démonstration de la supériorité américaine sur le plan militaire.
D'autres soutiennent que l'utilisation de la bombe visait à empêcher une éventuelle intervention des Soviétiques en territoire japonais, les Américains s'assurant ainsi de leur primauté sur ce territoire. Il faut ici préciser que l'utilisation d'une seule bombe aurait largement suffi à faire une démonstration de supériorité. En ce sens, la seconde bombe, qui devait être suivie de plusieurs autres si le Japon refusait de capituler, semble confirmer la volonté des Américains de mettre fin rapidement à un conflit très coûteux en vies humaines. Il faut retenir que le général MacArthur avait invité le gouvernement américain à adopter des stratégies plus radicales à l'égard d'un ennemi qui refusait de ployer. Ainsi, cette démonstration de supériorité à l'intention des Soviétiques était concordante avec la volonté.

Les raisons qui ont poussé Truman à lancer la bombe sur Hiroshima
Seulement, l'arme atomique est nouvelle, terrifiante. Dès 1948, un physicien britannique, P.M.S. Blackett, pose une question, sur laquelle les historiens américains se sont longuement interrogés et n'ont toujours pas apporté de réponses définitives.
Fallait-il, pour gagner la guerre contre le Japon recourir à l'arme atomique ? Si cela n'était pas nécessaire, quels buts réels poursuivaient par Harry Truman et ses conseillers ? N'ont-ils pas cherché, en tuant des milliers de Japonais, à faire peur aux Soviétiques, donc à entamer la guerre froide ? Accusation grave qui repose trop souvent sur une argumentation confuse.
C'est ici qu'interviennent les historiens de la new left, une tendance révisionniste, très vivace dans les années soixante, qui n'éprouve aucune sympathie pour les nazis, les Japonais ou les Soviétiques, mais qui ne croit pas aux bonnes intentions des États-Unis et fait volontiers de Washington l'initiateur de la guerre froide. Leur raisonnement s'appuie sur de bonne questions. Pourquoi les Américains n'ont-ils pas tenté de recourir aux bombardements conventionnels avant de décider de la destruction atomique de Hiroshima et Nagasaki ? Pourquoi les responsables politiques n'ont-ils pas écouté les experts qui assuraient que le Japon signerait sa reddition, avant la fin de 1945, même si la bombe n'était pas employée, même si l'URSS n'entrait pas en guerre, même si les GI ne débarquaient pas dans l'archipel nippon ? Pourquoi bombarder Nagasaki après Hiroshima, s'il suffisait de convaincre les Japonais des terribles effets de la bombe ? Pourquoi le Président des Etats-Unis Harry Truman a-t-il adopté une attitude intransigeante à l'égard de Tokyo, notamment en ce qui concerne le maintien éventuel de l'empereur Hiro-Hito, dès que le premier essai à Alamogordo a été réussi ? Pourquoi, à la fin de juillet, ne voulaient-ils plus d'une aide soviétique ?
Malheureusement, les historiens révisionnistes donnent à ces bonnes questions des réponses exagérément simplistes. Harry Truman n'a pas mené une "diplomatie atomique", bien que la possession de la nouvelle arme ait renforcé sa main dans les négociations avec les Soviétiques.
Lorsqu'à Potsdam Staline apprend, de la bouche du président Harry Truman, que les États-Unis disposent d'une arme nouvelle, il souhaite que les États-Unis en fassent un " bon usage " contre le Japon. Truman a agi comme Roosevelt: peu d'informations aux Soviétiques, le minimum de coopération. Il ne tarde d'ailleurs pas à proposer la mise sur pied d'un contrôle international sur l'usage de l'atome, dont les Soviétiques ne veulent pas. Si les États-Unis désirent de moins en moins l'intervention soviétique contre le Japon, c'est qu'elle coûte cher, que Staline cherche à obtenir des avantages territoriaux en Chine et en Corée. Au fond, il se pourrait aussi que les Soviétiques tinssent leur promesse de Yalta le 8 août, parce que la bombe de Hiroshima a explosé et qu'ils craignent d'être privés de leur butin si le Japon dépose les armes.
En dernière analyse, si Harry Truman avait mis au point une " diplomatie atomique ", force serait de conclure à son échec. Possédant le monopole atomique, persuadés à tort qu'ils le détiendraient longtemps encore, les Américains n'ont pas obtenu grand-chose des Soviétiques en 1945-46. Ils n'ont pas évité la création d'un empire soviétique en Europe de l'Est.
En fait, de février 1946 à avril 1948, les États-Unis possèdent une douzaine de bombes atomiques qui ne sont pas prêtes à l'utilisation. Jusqu'à décembre 1947, les équipes d'assemblage ne sont pas assez nombreuses. Les bombardiers B 29 doivent être modifiés pour remplir leur mission atomique et très peu le sont. La production d'uranium 235 a été ralentie. La force de dissuasion n'est nullement une force de coercition et donne très certainement aux Américains un sentiment exagéré de leur puissance. Tout compte fait, l'explosion des deux bombes d'août 1945 s'intègre dans un plan que les Américains ont élaboré, consciemment ou non. Ils veulent laver une fois pour toutes l'humiliation qu'ils ont subie à Pearl Harbor, Truman veut convaincre le Japon que la destruction totale le menace, bien qu'il ne puisse pas alors, faute de l'avoir fabriquée, recourir à une troisième bombe et que les experts d'aujourd'hui mettent en doute l'efficacité des bombardements stratégiques. Ils aspirent également à assurer, le mieux possible, la sécurité de leur pays et souhaitent contribuer au rétablissement définitif de la paix.
" Je n'ai jamais prétendu être un grand président des Etats-Unis, mais je me suis beaucoup amusé à essayer d'en devenir un. " Harry Truman (Le Monde du 28 décembre 1972)

Les gens que savent-ils de Hiroshima ?
À une époque où peu de gens lisent encore des livres, il n'est pas étonnant que la plupart des vétérans de la seconde guerre mondiale restent persuadés que la bombe atomique leur a sauvé la vie.
Ce que la plupart des Américains connaissent de Hiroshima s'apparente à un mythe. Car Hiroshima ne constitue pas n'importe quel événement historique. C'est, à la fois, le dernier acte de la seconde guerre mondiale et l'antichambre de quarante années de guerre froide. À ce titre, l'événement symbolise tout un ensemble de croyances centrales à l'identité de la plupart des Américains. S'ils venaient à considérer que le massacre de 200 000 civils à Hiroshima et à Nagasaki (pour la plupart des femmes, des enfants et des personnes âgées sans armes) n'avait pas été nécessaire, leur perception morale d'eux-mêmes et de leur nation s'en trouverait peut-être déstabilisée. Dans ces conditions, toute suggestion que le président Harry Truman n'aurait pas dit toute la vérité sur les motivations de sa décision justifie l'imputation de subversion. Le script original incluait ainsi deux déclarations.
En 1995, dans ses mémoires, l'amiral Leahy, chef d'état-major particulier des présidents Roosevelt puis Truman, expliquait :
"Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. (...) L'utilisation à Hiroshima et à Nagasaki de cette arme barbare ne nous a pas aidés à remporter la guerre. (...) En étant le premier pays à utiliser la bombe atomique, nous avons adopté (...) la règle éthique des barbares." Quant au général Eisenhower, il écrivait lui aussi dans ses Mémoires : "À ce moment précis [août 1945], le Japon cherchait le moyen de capituler en sauvant un peu la face. (...) Il n'était pas nécessaire de frapper avec cette chose horrible."
Henri Arderson " Jusqu'à ce jour, la controverse continue sur la question de savoir si l'utilisation de cette bombe contre le Japon était vraiment nécessaire pour hâter la fin de la guerre. "

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