L’Église au Moyen-Age

Au Moyen-Age, l’Église catholique est un acteur majeur en occident. Elle a un rôle spirituel, mais aussi politique, économique, social et culturel. Explications.

Une Église omniprésente

La vie de l'homme du Moyen-Age est rythmée par l’Église catholique. Et cela, à travers divers sacrements : baptême, communion, pénitence, mariage... et extrême onction. Chaque enfant est baptisé, et donc converti au catholicisme, pour lui assurer une place au paradis. Car, à l'époque, le peuple a peur de l'enfer, peuplé de démons et d'animaux monstrueux. Les pires des châtiments y sont effectués à l'encontre de ceux qui ont commis une faute.

Le Jugement dernier de Hans Memling

Tout le monde va à la messe chaque semaine, jeûne le vendredi, respecte le jour de repos fixé au dimanche. Et on se confesse au moins une fois par an, on célèbre les fêtes liturgiques et on communie au moins une fois l’an lors de la fêtes de Pâques. Pour s'assurer le salut, à l'heure du jugement dernier, les fidèles font aussi des dons à l’Église.

Les chrétiens réalisent des pèlerinage, à pied ou à cheval. Le but : se laver de ses péchés, guérir d’une maladie ou voir un vœu s’exaucer. En France, le plus célèbre est celui de Saint Jacques de Compostelle. Arrivé à destination, on se recueille devant des reliques du saint, par exemple des ossements ou des objets lui ayant appartenu.

Sculpture d'une coquille Saint Jacques marquant le chemin de Saint-Jacques de Compostelle

L’Église est aussi une puissance économique et politique. Elle possède de très nombreuses terres, cédées par les seigneurs ou les rois pour assurer leur salut. Tous les chrétiens payent la dîme, une sorte de taxe correspondant à un dixième des récoltes. Quant aux abbés et aux évêques, ils sont aussi des seigneurs qui perçoivent les revenus de leurs domaines.

Les proverbes flamands de Pieter Brueghel l'Ancien

Le rôle de l’Église

L’Église justifie l'ordre établi dans la société entre « ceux qui prient » (les clercs), « ceux qui combattent » (les aristocrates) et « ceux qui travaillent » (les paysans et les artisans). Elle a un rôle social prépondérant. D'une part, elle a le monopole de l'enseignement des enfants et leur apprend la lecture, l'écriture et le calcul dans des écoles-cathédrales. Elle recueille aussi les pauvres dans ses monastères. Ils sont nourris, logés et soignés si besoin. Dans ce but sont crées des hôtel-dieu pour soigner les malades.

Hôtel-Dieu de Beaune

A partir du Xe siècle, l’Église essaie de lutte contre la violence des chevaliers, en leur faisant prêter le serment de la paix de Dieu. Elle essaie de réglementer les combats en les interdisant pendant les fêtes chrétiennes, avec la Trêve de Dieu. L’Église a aussi le pouvoir d'excommunier un chrétien qui ne respecterait pas ses règles. C'est une menace très grave : l'homme serait alors bannit de tous et ne pourrait pas aller au paradis.

L'organisation de l’Église

Le pape est le chef de l’Église et de toute la chrétienté. Il est élu par les cardinaux, à la mort de son prédécesseur. Son pouvoir est immense. Il peut excommunier les mauvais chrétiens et porter l’interdit sur une région ou une nation : les cérémonies religieuses et les sacrements ne sont plus célébrés, les cloches ne sonnent plus...

Il existe deux sortes de clergé : le clergé séculier vivant au milieu des chrétiens est composé des évêques et des prêtres et le clergé régulier vivant en dehors du monde est composé des abbés et des moines. Ces-derniers portent une robe de toile avec une ceinture en corde. La tonsure les distingue des simples laïcs. Ils consacrent leur journée au travail et à la prière.

Tous les membres du clergé font vœu de pauvreté et doivent respecter le célibat. Mais des abus sont commis. La réforme grégorienne, lancée par le pape Grégoire VII (1073-1085), est engagée pour faire respecter strictement les règles.

Les croisades et la Reconquista

Lors du concile de Clermont en 1095, le pape Urbain II appelle à la croisade. Il affirme que les chrétiens installés en Terre sainte sont attaqués et qu'il faut les secourir. Il souhaite aussi mettre fin au schisme de la chrétienté, qui vit apparaître l’Église byzantine. Les croisés prennent possession de Jérusalem, quatre ans plus trad. Plusieurs croisades ont lieu, semant sur leur passage la violence et la désolation.

Urbain II prêchant la croisade

Les chrétiens veulent aussi chasser les musulmans, installés sur la péninsule ibérique depuis le VIIIe siècle. C'est ce qu'on appelle la Reconquista (reconquête). Après plusieurs batailles, comme celle de Las Navas de Tolosa (1212), les chrétiens parviennent à reconquérir la majorités de la péninsule. Mais, le royaume de Grenade ( Andalousie) restera dans les mains des musulmans jusqu’en 1492.

L’Église catholique créée l'Inquisition pour combattre l'hérésie au au XIIIe siècle. Des inquisiteurs missionnés par le pape traquent les chrétiens devenus hérétiques, soit ceux qui ne respectent pas toutes les lois édictées par l’Église, à l'image des cathares dans le sud de la France. Les inquisiteurs prononcent des peines : confiscation des biens et mise à mort sur un bûcher.

Illustrations :

Vitrail de la cathédrale de Chartres © Wikimedia Commons

Les proverbes flamands de Pieter Brueghel l'Ancien © Domaine public

Hôtel-Dieu de Beaune © Wikimedia Commons

Le Jugement dernier de Hans Memling © Domaine public

Sculpture d'une coquille Saint Jacques marquant le chemin de Saint-Jacques de Compostelle à la chapelle Sainte-Croix de Forbach © Wikimedia Commons

Urbain II prêchant la croisade © Domaine public


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