Le bas-empire romain

Les trois siècles qui s'écoulèrent entre la grande époque de Marc Aurèle et l'écrasement de Rome par les barbares, ont souvent été nommée l'époque du déclin et de la chute de Rome. Cependant, les Romains qui vivaient à cette époque ne savaient pas qu'ils assistaient à l'écroulement de L'Empire. La marche du gouvernement suivait son cours habituel : des tyranneaux jouaient aux empereurs, des personnages fortunés revêtaient la toge sénatoriale, des soldats romains continuaient de partir en guerre contre les barbares, même si, maintemant ils faisaient davantage pour l'amour de l'argent que pour la gloire de Rome. C'est seulement à travers le recul du temps que la chute de Rome devint apparente.

Une longue série de tyrans (années 180-193)

Quand Marc Aurèle mourut en 180, il eut pour successeur le premier d'une longue série de tyrans : son fils Commode. Commode fut pour les Romains une malédiction, il était " vaniteux et frivole ". (Lepelly, 1969, p.80) Il a même voulu que Rome soit appelée Commodiana. Il s'adonna aux plaisirs des exécutions, des courses de chars et des combats contre les lions. Sa façon de gouverner nuisit tellement au principat (dignité impérial), et discrédita à un tel point cette charge, que c'est tout juste si son prestige ne fut pas entièrement détruit. Finalement, après 12 ans d'un mauvais gouvernement :" Commode fut assassiné ".(Julliard, 1967, p. 68) Trois mois après, la garde prétorienne mit aux enchères la charge impériale, qui devait revenir au plus offrant. Les acheteurs étaient Sulpicianus et Julianus qui rivalisèrent pour le titre. Cependant, c'est Julianus le vainqueur. Néanmoins, les armées stationnées dans différentes provinces avaient déjà proclamé leur commandant comme empereur, dont le nom est Septime Sévére, il était Africain d'origine. Il devient le nouvel empereur de Rome par droit d'enchères. (Encyclopédie de l'âge scolaire, 1981, p.655)

Le règne de Septime Sévére (année-193 à 211)

Le principe fondamental sur lequel Sévére avait établi son gouvernement fut qu'il fallait s'occuper de l'armée. Son conseil à ses fils, qui allaient lui succéder était : " enrichissez les soldats et moquez-vous du reste ".(Lepelly, 1969, p.81) Cela n'empêche pas que Septime ait été un habile administrateur et un bon soldat, si l'on tient compte des problèmes auxquels il eut à faire face comme administrateur, il faut dire qu'il remporta d'assez bons résultats. Dans le Nord, les tribus germaniques continuaient à menacer les frontières de l'Empire Romain, en même temps les trois rois parthes harcelaient les frontières de Rome en Orient. Les caisses de l'Empire avaient été vidées par Aurèle: " par les campagnes militaires antérieures ". (Julliard, 1967, p.70) Le problème des finances était donc celui qui allait le plus angoissé tous les gouvernements de Rome. Marc Aurèle avait empiré la situation en dévaluant de " 25 pour cent la monnaie romaine... et en vendant les trésors impériaux... pour créer ainsi des revenus supplémentaires ".(Thuillier, 1996, p.54-56) Sévére non seulement dévalua la monnaie " d'un deuxième quart " (Veyne, 1991, p 66) il augmenta aussi les impôts déjà existants et en créa de nouveaux. Il trouva une autre source de revenus dans la confiscation en bloc des biens de ses ennemis politiques ou de ceux des citoyens qui n'avaient pas marqué assez d'empressement à apporter leur contribution à ses campagnes.

mini-analyse

En résumé, aucune de ces mesures prises par Sévère ne fut suffisante. De même que l'ère de paix avait valu à Rome une prospérité dont tous les empereurs pouvaient s'attribuer le mérite, cependant l'époque des guerres amena des difficultés économiques et sociales qu'aucun empereur ne pouvait résoudre. Premièrement, les impôts accrus, rendus nécessaires par la guerre, épuisèrent les trésors des villes de province, comme aussi ceux des citoyens pris individuellement. Ce qui eut comme conséquence que certains membres des classes supérieures furent poussés à laisser leur rang pour faire partie des classes inférieurs, où les charges financières étaient plus faibles. Ainsi, l'augmentation des impôts aboutit à une baisse des revenus. Ceci entraîna, en même temps, une augmentation d'habitants pauvres. Afin d'alléger leur sort et pour apaiser leur agitation, Septime procéda à des distributions systématiques de nourriture, d'argent et de médicament, faisant ainsi supporter un nouvel effort au budget impérial. L'État, selon toute apparence, ne pouvait répondre à toute les exigences auxquelles il devait faire face et pourtant, il ne pouvait subsiters sans les satisfaire.

La première et la plus importante de toutes ces demandes impérieuses était la défense des frontières. Sévére ajouta trois nouvelles légions à l'armée régulière en faisant entrer beaucoup de barbares dans les rangs de ses troupes. Par la suite, il améliora aussi la solde de ses légionnaires et allégea quelques-unes des contraintes qui étaient imposées à la vie militaire. Selon l'historien Hérodien : " il devait y avoir une des causes des troubles futurs " (Julliard, 1967, p.72) Sévére accorda aux soldats de nombreux privilèges qu'ils ne possédaient pas avant, exemple : " Sévére fut le premier à augmenter leur ration de blé, il leur permit de porter des anneaux d'or et de vivre avec leurs femmes ".(Veyne, 1991, 80)

Toutes ces choses étaient considérées jusque-là incompatibles avec la discipline militaire romaine et avec la nécèssité d'être toujours prêt à la guerre. Aussi, il fut le premier à saper leur " courage célébre "(Encyclopédie de l'âge scolaire, 1981, p. 725) , Sévère leur a enseigné à convoiter l'argent et il les a détourné vers la vie de luxe. Dans le même temps, les légions devinrent le terrain d'entraînement pour entrer dans l'administration impériale. Des soldalts de métier sortirent des rangs pour occcuper des postes élevés dans l'administration, à côté des fonctionnaires civils. L'infiltration de l'armée dans l'administration fut une innovation radicale. Par ailleurs, Sévère accorda le droit de citoyenneté à un nombre de plus en plus grand de villes de province. Il mourut à York en 211, pendant qu'il dirigeait la défense de la frontière britannique. Par là suite, 24 ans après lui, ses fils et parents, connus sous le nom de " dynastie de Sévère ", régirent les affaires de l'État.

Dynastie de Sévère (année-211-222)

Continuant dans la voie que son père avait tracé, Caracalla, premier successeur de Septime Sévère, augmenta de cinquante pour cent la solde de l'armée et accrut les libéralités versées à des capitaines barbares pour empêcher d'attaquer les points faibles le long de la frontière. Ces gratifications commençaient maintenant à représenter une somme égale à la paye de toute l'armée, cela signifie qu'il donna beaucoup d'argent. Bientôt Caracalla fut dans l'obligation d'augmenter de nouveau les impôts et de dévaluer une nouvelle fois la monnaie. La décision qu'il prit, 212, d'accorder la citoyenneté à tous les hommes libres dans l'Empire, ne fut pas dictée par un instinct démocratique : " il voulut inclure des étrangers sur les rôles des impôts de Rome "(de St-Blanquat, 1992, p. 74) et ceci pour la seule raison d'augmenter les revenus de l'État".

Le règne de Maximin (année-235-238)

Finalement, la dynastie des Sévères finit en 235 avec la mort D'Alexandre Sévère, dernier de la lignée, qui fut assassiné par ses propres troupes sur la frontière du Rhin : " ses soldats avaient été outrés par ses tentatives de corrompre les barbares qui menaçaient d'envahir l'Empire, alors qu'eux préféraient les combattre " (de St-Blanchat, 1992, p.94) Pour le remplacer, les troupes proclamèrent Maximin, paysan de Thrace qui était vite monté en grade. Maximin n'avait jamais été à Rome. Par " son accession au pouvoir " (Mardart, 1998, 26), cela voulait dire que c'étaient les légionnaires romains qui assumaient la succession de l'Empire. Son avènement marqua aussi la fin de la paix intérieure de l'Empire. Le règne de Maximin fit le début d'un demi-siècle de guerres civiles, mêlées d'incursion de barbares, de faillites financières, de famines accrues et d'épidémies périodiques. La politique des Sévères qui consistait à se concilier l'armée avait, en fait, conduit Rome à un état d'anarchie militaire.

Sous le règne de maximin, les exigences que Rome présentait à son peuple et à ses provinces devinrent plus draconiennes que jamais, Hérodien rapporte que : " après avoir réduit à la pauvreté la plupart des familles notables et ayant trouvé que le revenu qu'il en avait tiré était faible et insuffisant pour les buts qu'il se proposait, Maximin commença à mettre la main sur les trésors publics. " (Mooser, 1999, p.13)

Le règne de Dioclétien et Rome qui sombre de plus en plus (année-284-305)

Finalement, Maximin ne conserva l'Empire que pendant quatre ans, cependant ses successeurs ne furent guère mieux que lui. Au cours des cinquante années chaotiques qui vont de la mort Alexandre Sévère à l'avènement de Dioclétien, il y eut quelque vingt empereurs et toute une armée d'usurpateurs qui détinrent certaines parties de l'Empire pendant de courts laps de temps. Le règne de chacun de ces empereurs dura en moyenne deux ans et demie, à l'exception d'un d'entre eux qui succomba à la peste et d'un autre qui fut pris par les Perses, tous, empereurs et usurpateurs, moururent de mort violente. La plupart de ces empereurs : " furent faits et défaits suivant les caprices des soldats romains, qui les proclamaient et les asssssinaient en se laissant guider principalement par leurs propres intérêts ".(Encyclopédie de la jeunesse, 1979, p.567)

Pendant ces sombres années, les ennemis battirent en brèche les frontières de l'Empire, sur presque tous les côtés. Dans l'est, l'Empire perse renaissant menace " la Syrie, ... l'Égypte et tout ... l'Asie Mineure..., les Francs et les Alamans..., sur le Rhin..., envahissent la Gaule... et même l'Espagne ". (Julliard, 1967, p.100-101) En Afrique, des tribus berbères se livrent à des raids contre des villes et des cités romaines souvent les armées romaines envoyées contre ces envahisseurs causant autant de dommages aus communautés romaines que les agresseurs.
Pendant que les guerres faisaient rage (y compris les guerres civiles, car pendant quatorze ans Rome fut effectivement gouverné comme s'il s'agissait de deux nations séparées) les finances de l'Empire s'effondrèrent complètement. Le denier romain et l'antoninianus, principales monnaies d'argent, perdirent plus des neuf dixièmes de leur teneur en métal précieux, en fait, ce ne furent bientôt plus que de la monnaie de cuivre enduites d'argent. De plus en plus, les soldats et les fonctionnaires demandèrent à être payés en marchandises et en denrées. L'influation resserra le marché de l'argent et des prix des marchandises grimpèrent en flèche. Exemple : " un boissseau de blé qui se vendait un demi-denier au II siècle se payait 100 deniers à la fin du III siècles " (Lepelly, 1969, p.102) Dans la ville égyptienne d'Oxyrhynchos, les banquiers refusaient de manier la monnaie romaine et essayaient de revenir aux pièces ptoléméennes qui avaient été en usage quelque 300 ans auparavant. À mesure que le prestige de Rome déclinait, " la valeur de la citoyenneté romaine baissait aussi ". (encyclopédie de l'âge scolaire, 1981, 728). La position de magistrat dans une ville, autrefois un honneur, devint maintenant un fradeau selon Mooser. (1999, p.13) Aurélien aggrava encore davantage les choses en exigeant que les fonctionnaires régionnaux fassent rentrer les contributions habituelles de leurs villes, même si les terres appartenant à la cité ne donnaient plus aucun revenu. Il en résulta que certains postes, autrefois très recherchés, durent maintenant être rendus obligatoired. À Rome, même le Sénat ne consevait plus qu'un reste de son ancien prestige. Les sénateurs, qu'on avait entre-temps éléminés des postes de commandement militaire, promulguaient de moins en moins de décrets. L'assemblée, bien qu'elle ait continué à se réunir dans l'édifice historique du Sénat et bien qu'elle eût continué à porter ce nom, était en fait réduite ; à remplir des fonctions d'un conseil de la ville de Rome.

Les guerres civiles prirent fin quand Dioclétien reçut le sceptre en 284. Bien que lui aussi ait été un militaire, il était d'origine Dalmate. Il s'était élevé de simple soldat jusqu'aux rang de général. Dioclétien sut rétablir dans l'Empire un certain sens pour l'ordre politique. Il assura les frontières et réorganisa le gouvernement de l'État, il introduisa un genre de discipline ( à un degré d'enrégimentation ), qui allait caractériser la vie romaine jusqu'à la fin de l'Empire. Abandonnant même la fiction d'un gouvernement constitutionnnel, Dioclétien établit la doctrine officielle du droit divin attaché à la personne de l'empereur : " il alla même jusqu'à exiger la prosternation, en signe d'adoration, de la part de tous ceux qui l'approchaient ".(encyclopédie de la jeunesse, 1979, p.567)

Les mesures prises par Dioclétien en vue de garantir les frontières consistèrent à édifier de puissantes fortifications dans l'arrière-pays. Comme allait l'écrire l'historien Mooser : " les frontières de l'Empire romain étaient partout garnies de villes, de forteresses et de tours... et toute l'armée était stationnée le long des frontières, de sorte qu'il était impossible pour les barbares de les traverser ".(1999, p.13) Dioclétien augmenta l'importance de l'armée. Mais, en même temps, il fractionna les légions en unités plus petites et donna à chaque général le commandement d'un nombre de soldat plus réduit : " cela réduisait les possibilités de tenter une révolution ". (Veyne, 1991,p.105) Il réorganisa le gouvernement des provinces d'après le même principe, découpant les quelque cinquante existantes en plus de cent, plus petites. Même l'Italie fut divisée en huit districts, sinon davantage.

Naturellement cette fragmentation impliquait une augmentation du nombre de fonctionnaires et du travail administratif. Le résultat de ceci fut le grand développement de la bureaucratie impériale. Une note écrite dans le livre l'empire Romain par un fonctionnaire romain en 288, adressée à un autre fonctionnaire, rapporte que : " les comptes à eux seuls font déjà ressortir que beaucoup de personnes désireuses de s'enrichir sur les biens du Trésor se sont affublées de titres comme administrateurs, secrétaires ou surintendants, ne procurant par là aucun avantage au Trésor, mais mangé les revenus " (Lepelley, 1967, p.110) Pour pouvoir surveiller l'administration, qui prenait une importance de plus plus grande, Dioclétien réorganisa la structure entière de l'Empire : les provinces furent groupées en unités plus grandes, les " diocèses " et chacun de ceux-ci fut administré par un " vicaire ".

Finalement, pour la suveillance de cet énorme édifice, Dioclétien créa une " tétrachie gouvernante, consistant en deux empereurs portant le titre d'Auguste, chargés du gouvernement de l'Empire et de deux héritiers présomptifs nantis du titre de César, destinés à leur succéder ". (Thuillier, 1996, p.60) Cependant, Dioclétien prit soin de ne jamais perdre la suprématie réelle sous ce système. Par la suite, il administra l'Orient et le co empereur un officier comme lui, son nom est Maximien, il gouverna l'Occident. Les deux Césars reçurent chacun certaines affectations provinciales, sous leurs empereurs respectifs, de sorte que l'Empire fut effectivement divisé en quatre préfectures. Il en résulta un nouvel accroisement des installations administratives.

Les mesures prises par Dioclétien pour mettre de l'ordre dans le " chaos monétaire " (encyclopédie de l'âge scolaire,1981, p.655) ,dans lequel se trouvait l'Empire furent également de nature bureaucratique. Comme les prix continuèrent à grimper d'une manière incontrôlable, il publia un édit fixant les prix maxima pour les marchandises et les salaires, dans tout l'Empire et punissant de mort les contrevenants. L'édit était incroyablement détaillé.

Mais l'édit de Dioclétien allait produire un choc en retour. Dès qu'il fut affiché, nous dit Lepelly : "rien n'apparut sur le marché en raison de la peur et ce qui entraina comme conséquence que les prix grimpèrent encore plus haut ". (1969, p.115) Finalement, Dioclétien laissa les prix évoluer sans contrôle. Quelques décennies plus tard, un muid de blé, dont le prix était fixé à 100 deniers, se vendait 10 000 deniers.
Pendant un certain temps, le gouvernement avait perçu une partie des impôts sous forme de denrées, de préférence à la monnaie. Dioclétien augmenta le nombre des impôts à être encaissés sous cette forme. Afin d'étabir ces nouveaux rôles, Dioclétien envoya à travers le pays une vaste armée de recenseur chargés de recueillir partout des renseignements. Quand le recensement fut terminé, le gouvernement disposa de renseignements étonnamment étendus sur la population et sur ses terres. Il savait, par exemple, qu'un paysan Denys vivait à Mytilène, dans l'île de Lesbos et qu'il possédait exactement 216 oliviers de première qualité. (encyclopédie Universalis, 1992, 130-131)

Les recensements devinrent une affaire régulière qui avait lieu d'abord tous les cinq ans, puis tous les quinze ans. Progressivement, le recensement finit par imposer une nouvelle charge à la population : " les gens étaient contraints de rester sur les terres ou à leur travail, de manière à se trouver toujours aux endroits où le recenseur était en droit de s'attendre à les trouver et pour continuer de produire pour l'État " (Thuillier, 1996, p. 70) Par la suite, ce règlement plaça chaque citoyen romain dans une caste économique absolument rigide. Les fils héritaient des obligations de leurs pères : chaque homme à l'intérieur de l'Empire travaillait et produisait en tout premier lieu pour le profit de l'État.

Personnage remarquable, sous plusieurs rapports, Dioclétien le fut peut-être surtout pour avoir été le premier empereur romain qui ait abdiqué. Après, avoir volontairement partagé sa charge en 287, il abdiqua de son propre gré en 305 et il persuada le co-empereur à se démettre en même temps que lui. (encyclopédie de la jeunesse, 1979, p.567-568).

Dioclétien avait pensé que les deux Césars leur succéderaient avec le titre d'Augusti et que leur temps révolu, ils remettraient le gouvernement aux mains des Césars qu'eux-mêmes auraient désignés. Mais, il suffit d'un an à peine pour que cet arrangement s'écroulât. Une fois de plus, les soldats essayèrent d'imposer des successeurs au trône et en 311, il y avait quatre Augustes rivaux. (encyclopédie Universialiste, 1992, p.134-135)

Le règne des Constantins et le déclin de Rome (années - 307-337)

Un de ceux-ci fut Constantin qui allait se signaler comme l'une des personnalités les plus marquantes des dernières années de Rome. En marchant sur Rome pour régler sur le champ de bataille son conflit avec Maxence son rival, "Constantin eut une vision que rapporte son biographe Eusèbe, il vit dans le ciel une croix et l'inscription hoc signo vince "par ce signe tu vaincras". (encyclopédie de l'âge scolaire, 1981, p.657) Immédiatement Constantin donna l'ordre que le monogramme chrétien fût inscrit sur les insignes de ses soldats. Quand il émergea de la lutte comme seul empereur, 324, il fut connu comme premier empereur chrétien.

Depuis ce règne de Néron, les chrétiens avaient eu à souffrir périodiquement de persécutions. Malgré cela, les communautés chrétiennes s'étaient maintenues, numériquement, dans l'Empire : le christianisme avait même fait quelques prosélytes dans les familles influentes de Rome. Toujours est-il que la conversion de Constantin finit par aboutir au mariage de l'Église et de l'État, détournant les fonds romains vers les coffres de l'Église et amenant des évêques au service du gouvernement. (Scheid, 1966, p.80-86)

Sous Constantin, le gouvernement romain devint plus autocratique que jamais. Toutes les énergies de l'État furent employées à approvisionner et entretenir son énorme bureaucratie et ses armées défensives et les populations civiles étaient attelées à la même cause Par les édits de Constantin et par ceux de ses successeurs, l'artisan fut lié à son établi, l'agriculteur à sa terre, le magistrat à son conseil municipal, le marchand à sa corporation, etc. Un fils n'avait pas d'autre choix que celui d'entrer dans la corporation de son père et de reprendre les obligations de son père envers l'État. Les fils de vétérans devaient servir dans l'armée. (Adam, 1996, p. 76-81)
Quelques-uns des changements sociaux formulés dans les édits de Constantin avaient en fait commencé à avoir force de la loi longtemps avant le début de son règne. Par habitude, du fait des dettes qu'il avait contractées, le fermier à bail, par exemple, "s'était vu de plus en plus attaché à son sol ". (Thuillier, 1996, p.110) Souvent, il lui fallait acheter ses semences et louer sa charrue au propriétaire de la terre et une mauvaise récolte pouvait le laisser fortement endetter, avec peu de chances de s'en sortir. Pas plus que les édits de Dioclétien, ceux de Constantin ne purent arrêter la détérioration économique de l'Empire. La partie occidentale de l'Empire romain avait été presque mise à sec. Un écrivain gaulois protesta auprès de Constantin en lui signalant que les impôts avaient " épuisé jusqu'à notre vie ". (Mooser, 1999, 12) La ville de Rome autrefois grande, n'étaient plus qu'un symbole. Son déclin fut encore accéléré quand, en 324, Constantin décida de construire une nouvelle capitale impériale en Orient.

La nouvelle capitale de Constantin, Constantinople édifiée sur le site de l'ancienne cité grecque de Byzance qui fait maintenant partie de la Turquie, fut conçue pour être une réplique de Rome, jusque dans ses sept collines. Dans cette ville, des empereurs romains continuèrent à régner pendant onze siècles encore, c'est-à-dire longtemps après que l'Empire romain d'Occident fût tombé aux mains des barbares. C'est à Constantinople que deux grands codes de droit romain furent promulgués, par l'empereur Théodose en 438 et par l'empereur Justinien entre 529 et 534. Dans leur ensemble, ces codes apportaient la somme de plusieurs siècles de gouvernement romain : un résumé des édits, des lois, des règlements, etc. Ils faisaient une synthèse entre les traditions romaines et la morale chrétienne, ils représentent la dernière grande réalisation de l'Empire. (Encyclopédie de la jeunesse, 1979, p.568-569)

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