D'un bout à l'autre de l'univers

JEUNES ÉCRIVAINS

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D'un bout à l'autre de l'univers

une histoire écrite par

Juliette

juin 2000

Les deux soleils rouges brillaient sur la ville de Selenea. Le ciel était d'un violet éclatant. Il faisait beau. Des enfants jouaient dans une grotte de plissmack, une matière ressemblant au cristal. Tout le monde s'amusait. Mais sur un hamac en plumes de furms, Nardan se mordait les lèvres. Morvzl, le messager du royaume, venait de lui apporter une inquiétante nouvelle: le roi Renautea voulait le voir. Or, tout le monde savait que quand le roi demandait à voir un guerrier-pilott, c'était pour la plus haute importance et qu'il s'agissait sûrement d'une mission. Nardan sortit de sa rêverie et, après s'être étiré tout son soul, il monta sur sa planche à roulette volante et se dirigea vers une grande colline sur laquelle était juchée une grande tour d'argent, de cristal, de verre et de marbre: le royaume du roi.

*

Le soleil brillait sur Paris. Le ciel était d'un bleu éclatant. Il faisait beau. Des enfants jouaient dans le square. Tout le monde s'amusait. Mais Monsieur Chuardz, lui, faisait des va-et-vient dans sa salle de bains en cherchant désespérément à nouer sa cravate correctement: le président tenait à le voir. Il monta dans sa Renault espace dont il était très fier et se dirigea vers l'Élysée.

*

Sur son trône d'onyx, le Roi Renautea congédia serviteurs, femmes, invités, enfants, danseuses, danseurs, etc, excepté les conseillers, les grands prêtres et Nardan.
- Cher guerrier, sais-tu pourquoi je t'ai appelé?
- Non, Majesté.
- Pendant les vacances dernières, j'ai logé dans un hôtel spatial. Il y avait des motos spatiales. J'en ai loué une à l'année. Quelques heures plus tard, je me retrouvais dans les étoiles, à admirer les planètes que je voyais défiler à travers la visière de mon casque. C'était une belle nuitée: il n'y avait ni météorites, ni étoiles filantes, ni vaisseaux en vue. Je me retrouvais dans le calme et la tranquillité complète. Mais alors que j'admirais une étoile, une odeur épouvantable me rentra dans les narines. Un gaz toxique? Je n'en savais rien. C'est alors que brusquement, ma tête devint lourde. Et, contre mon gré, je m'endormis. Quand je me réveillais, j'étais au milieu de l'univers (me sembla-t-il), et un spectacle merveilleux s'étalait devant moi: c'était une nouvelle planète! Oh! Elle était magnifique! Elle était de toutes les couleurs de l'univers. Puis, sans que je m'en rende compte, je me rendormis. Quand je m'éveillais, j'étais environ à 10 mètres de l'hôtel. Mais je suis sûr de ne pas avoir rêvé, car un peu de fumée (parvenant sûrement du gaz) était restée sur mon casque. Aussi, je voudrais que vous retrouviez cette planète, à n'importe quel prix.
- Heu... Majesté... Comment ferais-je quand le gaz agira sur moi?
- Et bien, je pense qu'il vous faudra un ventilateur... Car je crois que, étant donné que vous ne pouvez pas savoir quand le gaz arrivera, vous devrez garder votre casque fermé pendant tout le voyage...
- Mais...
- Il n'y a pas de mais! Ou vous acceptez d'y aller, ou vous n'acceptez pas. C'est à vous de décider.
- Je... j'accepte.
- Bien. Le roi fit un signe de la tête à Nardan et celui-ci sortit de la pièce.

*

Assis sur une chaise, présidant une longue table, le Président fermait les yeux.
- Hum, hum! Le président leva la tête, sortant de ses rêves.
- Ha, vous voilà mon Cher Chuardz. Asseyez-vous je vous prie.
Olivier (Monsieur Chuardz) s'assis.
- Bien. Vous êtes sûrement au courant du terrible drame: les pilotes chargés d'explorer une partie de l'univers ne sont pas revenus.
- Oui! Je suis au courant! C'est vraiment dommage.
- En effet. Mais il y a une chose que les journalistes n'ont pas mentionnée dans leur journal.
- Quoi donc?
- Ils étaient sur le point d'atterrir sur une nouvelle planète.
- Quoi??? Les journaux n'en n'ont même pas parlé? Et heu...vous voulez que je termine comme ces malheureux en y allant? Pas question!
- Vous êtes un homme intelligent, Olivier. Vous avez tout compris! De toute façon, vous êtes obligé d'y aller.
Un éclair de malice passa dans les yeux du vieil homme.
- En plus, vous aurez une compagne: votre charmante cousine. Jennifer!
- Il est là!
Une femme d'une grande beauté apparut aux côtés du Président.

*

Nardan serra sa ceinture de sécurité. Bah! Il verrait bien! De toute façon, s'il mourrait, personne ne le regretterait. Mais malgré ses efforts pour ne pas avoir peur, Nardan sentit qu'une grosse boule se formait dans sa gorge. Aussi respira-t-il un grand coup. Il essaya de se concentrer sur autre chose. Puis soudain des petits " bip!bip! " le tirèrent de ses rêveries. C'était le compte à rebours qui commençait. Nardan ferma les yeux. Puis une voix électronique se fit entendre dans le haut-parleur:
"ffuufs, dqudqyud, hsqydhqè, duhdq, fhfsh, go!"
La pilott-navette émit un grand
"Boom!!!"
et la machine fut projetée d'un coup dans les airs. Nardan avait les mains moites de sueur. Puis il se sentit à l'aise. Après tout l'univers était magnifique!...Mais aussi effrayant...

*

Olivier manqua de s'évanouir: Jennifer aussi faisait partie du plan! "
Mama mia! " s'en sortirait-il? Avec une femmelette à bord, bonjour les dégâts!
La voix de sa cousine le sortit de ses pensées:
- Voyons Olivier! J'avais tellement envie de voir tes talents! Laisse-moi t'accompagner! De plus, tu n'y connaîs rien, toi, en informatique! Je pourrais te donner des informations! Et puis...tu sais quoi? J'ai eu le prix Nobel de Pilotage, celui sur lequel je travaille depuis l'âge de 12 ans!
Olivier, oubliant un instant sa colère, s'écria:
- Mais c'est merveilleux! Bravo! Vive la pilote! Et pour te récompenser, je...heu...
- ...Tu m'emmènes avec toi?
- Ahhhh!!! Tu m'as eu!
Deux jours plus tard, 16h38, la navette des deux pilotes décolla, sous un tonnerre d'applaudissements.

*

Au bout de quelques minutes, Nardan se retrouva en apesanteur. Il adorait cela. Pour lui, c'était merveilleux de voler ainsi! Comme si...comme si la planète avait laché prise. Mais surtout, surtout, le plus difficile était de manger. Un jour, Nardan avait voulu prendre le pipi de rasczard (une sorte de sauce tomate), et il s'en était mis partout! Enfin, il faut dire que le casque qu'il ne devait pas enlever n'arrangeait pas les choses: il était obligé de mettre sa nourriture dans un tuyau, d'appuyer sur un bouton, et de mettre le fil dans sa bouche! À part cela, tout allait bien. Cependant, un soir, Nardan fut réveillé par une alarme. Se précipitant devant le tableau de bord, Nardan découvrit son problème. Sur l'ordinateur, il y avait écrit:
"un vaisseau approche. Environ 100km."

*

Au bout de quelques heures, Jennifer et Olivier se retrouvèrent en apesanteur.
Pendant un moment, Jennifer eut le mal de l'air. Il lui fallut 30 médicaments pour venir à bout du vomi. Olivier lisait le journal "Spounky Niyckro". Vers 4 heures, les jeunes gens se couchèrent.
Le lendemain, le petit-déjeuner fut bref: ils mangèrent de la soupe aux vermicelles en sachets. Mais les jours passèrent et les vivres vinrent à manquer.

*

Nardan se ressaisit. Après tout, ce n'était sans doute qu'un vaisseau marchand! Mais les vaisseaux marchands n'allaient pas si loin! Serait-ce...serait-ce...serait-ce un vaisseau extraseleneatesque (extraterrestre)? Non! C'était impossible!

*

Olivier et Jennifer commencèrent alors à avoir des crampes d'estomac: cela faisait maintenant 1 jour 1/2 qu'ils n'avaient pas mangé. Une torture! Les jours passaient et Olivier et Jennifer ne faisaient que dormir - qui dort dîne -.
Un jour, cependant, ils aperçurent un vaisseau.

*

Et Nardan l'aperçut. C'était un vaisseau différent du sien. Il était moins sophistiqué qu'une pilott-navette mais son métal était très résistant et très lisse. "Une vraie merveille", pensa le jeune homme. Il se dirigea vers le vaisseau inconnu.

*

Olivier et Jennifer oublièrent un instant leur joie: le vaisseau extraterrestre fonçait sur eux;... Olivier prit alors la parole:
- Faisons comme si ne rien n'était. Demandons lui -si c'est un homme et si il parle notre langue- si il peut nous donner de la nourriture.
Le vaisseau s'approchait. Puis, soudain, un "volet" s'ouvrit et l'extraterrestre apparut. Mais...c'était un homme! Celui-ci se mit à parler français avec un accent du "Sud":
- Bienvenue. Je m'appelle Nardan. Et vous?

*

Olivier et Jennifer restèrent un instant bouche bée. Un extraterrestre pouvait donc parler? Il pouvait donc parler français? Olivier se frotta les yeux pour voir si il ne rêvait pas. Jennifer, elle, était aux anges. Puis, elle se rendit compte qu'elle était en train de tomber amoureuse.

*

Olivier se tourna vers Nardan:
- Je m'appelle Chuardz, mais vous pouvez m'appeler Olivier. Et voici ma compagne Jennifer Chuardz, ma cousine.
Nardan se tourna vers Jennifer qu'il n'avait pas remarqué. Alors, lui aussi, à son tour, tomba sous le charme de la jeune fille. Il se rendit compte qu'il était fou amoureux. Il baisa la main de Jennifer avec un bisou ventouse (une sorte de bonjour à Selenea). Cela ne plut pas beaucoup à Jennifer. Puis, Nardan s'adressa enfin à la jeune femme:
- C'est avec plaisir que je vois enfin un jour des "ÉTRANGERS". Quelle est ta planète?
Jennifer ouvrit la bouche de telle sorte que les gens l'auraient sûrement prise pour un carpe hors de l'eau:
- Vous... vous... vous parlez la France? parvint à murmurer Jennifer bêtement.
- Ben yes! Dis donc, ça veut dire quoi "vous"?
Jennifer baissa la tête. De toute évidence, dans le pays de cet homme, tout le monde se tutoyait.
À suivre


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