Déraillement

JEUNES POÈTES

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Déraillement un poème d'

Olivier

août 1998

A la canopée de mon âme

De grands singes hurleurs aux lèvres bleues,

Aux faciès hideux ,

Pleurent, crient, vocifèrent, s'alarment

D'innocences obsolètes et perdues.

Ils jappent ainsi toutes les nuits.

Quand l'ombre inquiétante s'enfuit,

En silence, ils glissent le long des grandes lianes tordues

Vers les sols invisibles, putrides enveloppés de brouillard.

De leurs mains arrondies ils ramassent méticuleusement

Les reliefs flétris des rêves qui s'effacent insidieusement

En s'échappant de leur esprit hagard.

Ils les contemplent un instant,

Le regard triste émerveillé et déçu,

Et sans bruit, presque à leur insu,

Les gobent prestement

Gavés, et comme le bruissement du jour s'amplifie,

Avec quelques dérisoires pantomimes,

Ils regagnent les hauteurs et à contre coeur s'animent

Encore une fois par défi.

Enfin écrasés par ces jeux stupides, ils se couchent

Sur des mondes à l'équilibre instable.

Après quelques caresses lamentables,

Lovés, ils s'endorment en se tordant la bouche.

©1995-2005

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