Horreur

JEUNES POÈTES

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Horreur un poème en prose de

Kyra

juin 1999

Son wagonnet s'immobilisa brusquement. Il eut un sursaut : que se passait-il ? Le mannequin représentant Dracula s'immobilisa, lui aussi, stoppant net sa sortie de placard. De près, si on faisait abstraction de la poussière qui lui pendait au bout du nez et qui déformait ses traits, il n'avait pas l'air si menaçant. Flynn attendit quelques minutes assis, avec le vague espoir que tout reprenne mouvement, mais rien ne daignait bouger. Il se leva donc, sorti en pestant de sa " voiture de luxe " et fit quelques pas.
Soudain, le wagonnet reprit sa course folle. En essayant de le rattraper, Flynn s'achoppa à un rail, s'étala de tout son long, heurtant violemment au passage quelque chose de dur. Il s'évanouit.
Pendant un certain temps, mais comment avancer une indication de temps dans cet environnement continuellement sombre et non accueillant, où rien ne semble s'intéresser à vous, Flynn ne bougea pas. Un mauvais observateur aurait pu le croire mort. À tort, en réalité. Car il finit par se réveiller. Ce fut un réveil pour le moins douloureux : il avait mal partout, un goût de sang dans la bouche et son esprit était engourdi. Il cracha. Petit à petit, tout lui revint en mémoire : le wagonnet, les figures fantomatiques, l'arrêt brutal, Dracula ... et puis plus rien. Il se retourna. Le vampire était dans son placard et n'en sortait pas. Aucun bruit dans cet univers inquiétant. Était-ce la nuit ? Beaucoup de questions en fait se pressaient dans l'esprit de Flynn. Pourquoi personne ne s'inquiétait-il de lui ?
Il se leva lentement, comme un vieillard qui aurait eu les articulations rouillées. Pourquoi n'y a-t-il personne ici ? Il marcha lentement, sans savoir dans quelle direction se diriger. Pourquoi n'y a-t-il aucun bruit ? Il suivit les rails. À droite, à gauche, à droite, à droite, il avait l'impression que cette marche à tâtons n'en finirait jamais. Aucun bruit ? Et cela, qu'est-ce ? Un bruit régulier, qui allait en s'intensifiant. Comme quelqu'un qui marche. Il y a quelqu'un d'autre que moi ici. Mais où ? Il eut d'abord envie de crier à l'aide. Enfin quelqu'un qui vient me chercher ! Il hésita et ne cria pas. Sans savoir pourquoi. Le bruit se fit plus rapide. L'autre accélérait. Soudain, ils se retrouvèrent face à face. Une des premières choses que Flynn aperçut fut l'objet sombre que l'inconnu avait à la main. Un objet sombre mais qui brillait.
Il n'eut le temps que de pousser un cri.

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