Insomnie

JEUNES POÈTES

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Insomnie un poème de

Frédéric

décembre 2000

Murmures, tourne et danse, passe et chante. Hante ma tête, hante mon corps, le son, la vue et le bruit m'empêchent de dormir. Comme un chasseur, tu rôdes et traques mes pensées, comme un chassé, tu fuis quand je pense t'approcher. Dormir. Impossible. Tu es là, à me guetter. Torture infinie que de ne pas pouvoir m'en passer.

Illusions, tu es là, devant moi, et si loin à la fois. Tu danses, passes et chantes. À la fois joyeuse insomnie, et affreux sommeil. Dormir. Impossible. Une fois dévêtue de ton manteau de nuit, la lumière et la folie si près, en moi, en toi. Je n'ai plus envie de dormir, juste de te contempler, réfléchir.

Réfléchir ? À quoi ! À tout, à nous, au noir du ciel, au brillant des étoiles, aux cernes sous mes yeux. Pourquoi me tenailles-tu ? Pourquoi moi ? Mais c'est si bon à la fois. Dormir ? Impossible ! Je ne veux pas dormir ! Je veux t'avoir plus près de moi, plus longtemps, plus fort, plus intensément. Je ne veux plus jamais dormir. Plus jamais !

Eternellement, ton souffle chaud sur ma poitrine, tes caresses et tes pensées, ton âme propre qui s'insinue en la mienne. Ne pas s'en séparer, jamais. Dormir. Impossible. Moi avec toi, même si je dois en mourir, rester éveillé à jamais. Toi avec moi, quoi qu'il en coûte, les nuits et les jours, ne plus jamais fermer les yeux.

Infinie ivresse qui abuse de mes sens. Perfide Succube qui se glisse entre mes idées, se sert de mon esprit pour se jouer de moi, et profite de mon corps. Le sommeil m'envahit. Dormir. Impossible. Je ne dors pas, je te sers, suis ton esclave. Je ne peux rien faire, que te voir et t'entendre, t'entendre et te sentir, te sentir et t'aimer.

La nuit ne sera plus jamais pareille. Les longues heures éveillé me font voir ta grandeur, ta puissance infinie. L'intime conviction de t'avoir avec moi, près de moi, en moi, et l'autre de te savoir si loin. Un parasite amoureux, un monstre sensuel, une nuit noire et profonde brillante détoile. Je ne suis rien à tes côtés, que le jouet de tes caprices. Tu peux tenter de m'abandonner, de me délaisser, tu peux te moquer de moi, me tourner le dos, tu peux faire ce que tu veux, mais rien à faire, tu seras toujours là. Tu ne peux pas m'abandonner, tu seras là, toujours et encore. Dans mon âme. Jamais je n'oublierai ces nuits, sans sommeille, seul, avec pour compagne le noir, et toi, insomnie. Dormir. Impossible. Je ne le peux plus.

Laisser ma vie pour toi, je le ferai. Laisser mon corps pour toi, je le ferai. Laisser tout ce que je possède pour toi, je le ferai. Mais te laisser toi, jamais. Ces instants de communion avec moi, avec toi, avec tout, le ciel et l'espace, pour rien au monde je ne les laisserais. Je les veux, et je les prendrai. Dormir. Impossible. Jour après jour, nuit après nuit, je bataillerai pour les avoir et les garder. Je t'aime.

Enfin, quand à bout de forces je tomberai, ma dernière pensée sera pour toi. Toi et seulement toi, et tout ce que tu apportes. Esprit, âme, corps. Ma sainte trinité, toute happée par toi, dans un sentiment étrange, près de l'extase sans fin. Je t'aime, et jamais je ne te laisserai. Le baiser de ta grandeur, la caresse pénétrante de tes mots, la jouissance de t'avoir, je ne les abandonnerai que lorsque la terre sera retournée au magma des origines, que mon coeur se sera apaisé, éteint. Dormir ? Plus jamais.

©1995-2005

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