Je suis mauvais

JEUNES POÈTES

la page dont vous êtes les auteurs Je suis mauvais un poème de Une fille qui cherche

novembre 2002

Une giffle suivie d'un petit cri
étouffé par la nuit...
et sa mère qui lui hurle des mots
dont il ne saisit plus le sens elle dit:
"je sais que c'est toi qui l'a pris"
Il se justifie.
Une autre giffle qui retentit.
Il sait qu'elle sait que ce n'est pas lui...
Je suis mauvais,
se dit-il
on doit me frapper
me corriger.
je suis mauvais....
la vie de maman a été gachée
parce que je suis né.
Elle n'a de cesse de me le répéter.
C'est pour ça que cette giffle
je l'ai mérité...
je suis mauvais....
Un coup suivi d'un petit bruit
l'enfant ne crie même plus,
il implore juste pardon,
même si il n'a rien fait.
Il implore pardon d'exister.
Pardon qu'on doive le supporter.
Il implore mais sa mère
Continue à le frapper.
Et il supporte en silence,
ce cruel chatiment.
Qu'avec indifférence,
lui inflige sa "maman".
On ne doit pas m'aimer.
Je suis mauvais.
on ne peut pas m'aimer.
même si on le voulait.
J'ai tout gaché.
Je suis un fardeau.
Un poids attaché au pied.
C'est pour ça que maman,
doit me frapper.
Je suis mauvais....
Vingt années,
se sont écoulées.
Vingt années,
et tout a changé.
Il est ingénieur,
dans une boite bien payée.
Il a des amis, il est entouré.
Vingt années déjà.
Mais les souvenirs ne partent pas.
Vingt années,
mais son enfance est comme encrée.
Et lorsqu'il boit son café,
noir sans sucre et sans lait.
Noir comme ses pensées,
noir comme son passé,
il murmure: "je suis mauvais...."
A ces moments là,
il veut tout casser.
Aujourd'hui c'est plus fort que jamais.
Il prends son imper, et sort respirer.
Un peu d'air frais, pour se changer les idées...
Dans le parc à jouer,
un enfant.
Sa mère lui donne un tendre baiser....
Les larmes lui viennent
ses mains sont crispées....
La rage lui vient,
d'être ce qu'il est.
Il a beau tout accomplir
rien ne sera jamais assez.
Pour effacer de sa mémoire,
ces mots gravée.
Je suis mauvais.
Il se met à courir.
Pour tenter d'échapper.
A ses pensées, à sa folie.
A cette phrase qui revient,
en boucle infinie.
"je suis mauvais, mauvais, mauvais"
Il court.
Une voiture.
Un choc, il tombe.
C'est le néant.
Il réouvre les yeux après un moment.
Il sent un goût de sang.
Je m'en vais, regarde maman.....
Tu sera soulagée... maman....
Pour toi maman....
dis-moi juste.... m'aimes tu maintenant?....


©1995-2005

0 commentaire
  • Saisissez ce code de sécurité : captcha Refresh