Le lion

JEUNES POÈTESLe lion.

de

Anouk MS.

avril 2005

Un jour, le lion
Roi incontestable,
Rencontra le petit oisillon,
Le colibri très aimable.
Le lion, devant le travail acharné
Du petit animal
Feint une grande fatigue rusé
Et murmura d'une voix pâle:
"Petit oiseau, mon ami,
J'ai faim et je me sens divaguer.
Quelle chance de tomber sur toi, colibri,
Toi qu'aucune beauté ne peut égaler
Je ne voudrais te causer d'ennuis
Mais mon estomac vide
Se plaint sans pitié."
L'oiseau naïf
Se sentit comblé par une telle confiance
Et, de ses petits coups d'ailes vifs,
Il apporta le doux nectar au lion affamé.
S'approchant de sa gueule pour y déposer son fardeau,
Le colibri fut soudain pris d'appréhension.
Les crocs du lion luisaient grands et gros
Pensant déjà festiner du petit corps chaud et rond.
S'attendant à ce que l'oiseau d'apparence stupide
Tombe dans sa gueule et, sans comprendre ce qui lui arrive
Se fasse croquer dans l'antre humide
D'un roi infâme qui croit à son intelligence vive.
Mais l'oiseau, contre toutes attentes,
Se pose sur le museau du lion,
Et d'un geste vif plante
Son bec dans le pif du bouffon
Qui quelques secondes avant se croyait roi,
Se croyant grand, fort et intelligent
Mais se faisant avoir par plus faible et plus petit que soi.
Et le colibri dit en chantonnant:
"Vous avez faim Majesté?
Goûtez donc à ce nectar
Que les lions n'ont pas pour habitude de manger
Vous pensiez m'avoir?
Ah! ça, jamais!
Pour manger, il faut le vouloir!
Se démener sans jamais prendre l'habitude de se faire servir par ses sujets.
Tout ça à cause d'un pouvoir
Qui est aussi imaginaire que votre pensée,
Votre intelligence que - Ô grand jamais! -
Vous n'avez utilisée!
Allons, partez que je ne vous revoie plus,
Car quiconque se croit intelligent
Ne se sert jamais de braves gens
En pensant que l'on est supérieur à eux.
Vous n'êtes pas plus important que moi,
Si ce n'est que moi je travaille pour survivre
Alors que vous, vous flémardez pour vivre
Et vous pensez me laisser en émoi?
Vous n'êtes que raclure et charogne,
Je ne donne pas cher de votre peau,
Et si je vous revois pour toutes besognes
Je vous pourchasserai de mes mots
Car la parole est la plus forte des armes,
Contre le monstre de votre être,
Contre la force qui n'est rien sans l'âme,
Je vous prie de me quitter en traître!"

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