Togo découverte : l'histoire du togo

TOGO DÉCOUVERTE

Le Togo
présenté par Fernand Ackey

Le journal Togodecouverte fait découvrir au lecteur un pays marqué par la diversité de ses caractères physiques et humains.
Le touriste ne sera pas insensible aux beautés du pays changeant au rythme des saisons et, s'il est poète, il y trouvera une source d'inspiration.
Plaines d'origines et d'âges divers, aux aspects variés, plateaux, collines de l'Atakora sont autant de sites d'élection pour le promeneur, d'intérêt pour le géographie.
L'ethnologue pourra porter ses observations sur une population, qui quoique peu nombreuse, groupe une multitude d'ethnies aux particularités culturelles tranchées et vivaces, malgré l'influence pénétrante du moderne.
L'historien apprendra que cette diversité ethnique a son origine dans le passé mouvementé de cette étroite bande de terre qui fut longtemps un couloir de refuge entre l'empire Ashanti à l'ouest, le royaume d'Agbomé plus récent, à l'est, et les vieux empires et royaumes Mossi au nord. Les contacts entre ces populations ont tempéré le contrastes des longues vagues de migrations, dont le souvenir se perpétue encore dans les événements de la vie nationale.
En 1884, la colonisation allemande engloba tous ces peuples à l'intérieur de frontières, délimitant le territoire togolais, et l'une des originalités du pays est d'avoir été soumis à trois cultures coloniales, allemande, l'anglaise et la française.
Les colonisations successives tentèrent de transformer une mosaïque hétérogène en une entité administrative cohérente, mais laissèrent en 1960, quand le pays accéda à l'indépendance, un héritage dont les traits essentiels étaient ceux du sous- développement et d'une notion non encore édifiée.
Les caractéristiques économiques du sous-développement apparaissent en particulier dans l'agriculture, dont la très faible productivité s'accorde mal avec la place qu'elle occupe par rapport aux autres activités nationales. Partagée entre une production destinée à l'exportation, dont le profit est sans cesse érodé par la pression du marché international, et une production vivrière consommée localement. Mais, jusqu'à présent laissée pour compte, elle fait maintenant l'objet de préoccupations gouvernementales : ses structures seront transformées et sa productivité accrue pour satisfaire les besoins sans cesse croissants du marché intérieur.
Les investissements ont augmenté dans des proportions insoupçonnées depuis l'indépendance, orientés vers le développement de la production agricole considérée dans les plans du gouvernement comme la « priorité des priorités » afin que le pouvoir d'achat des Togolais soit, dans une certaine mesure, protégé contre les soubresauts du marché mondial.
Petits pays dont le bas niveau de développement technologique contraste si étrangement avec la fierté des homme, leur sens de la dignité et leur permanente disponibilité à mettre leurs facultés au service de la recherche d'un meilleur mieux-être collectif, le Togo a profondément conscience de son exiguïté territoriale que complique singulièrement le problème de son développement. Dès lors on comprend l'impétueuse volonté par laquelle le pays s'oriente vers l'appartenance à un espace géo-économique plus vaste, en l'occurrence, cet espace ouest-africain aux possibilités si prometteuses.
Les auteurs de togodecouverte universitaires, responsables de services, presque tous togolais, ont su harmoniser la rigueur scientifique à une connaissance profonde du pays pour produire ce site que l'internaute saura apprécier.
Par leur objectivité dans le choix des données et la présentation des faits, par la clarté de la traduction cartographique, ils satisfont les exigences aussi bien des élèves et de tous ceux qui aiment le togo et plus généralement du vaste public désireux de mieux connaître ce petit pays de charme.
Momes.net et le journal tricolore en passant par le journal des étudiants corse en hébergeant ce journal ont répondu à une attente. Leur initiative mérite d'être saluée en même temps que le courage de ceux qui pensent que la seule bataille qui vaille la peine d'être menée est celle à la fois contre le sous-développement et l'obscurantisme.
Géographie du Togo
Relief - La présence d'une chaîne montagneuse prenant le pays en écharpe et l'existence de vastes plaines alluviales au nord et au sud constituent les éléments marquants de l'orographie togolaise. La chaîne de l'Atakora.
D'orientation S.O.-N.E., cette chaîne, qui s'étend sur 850 km depuis le littoral au S.O. d'Accra jusqu'au fleuve Niger, se développe surtout au Ghana, au Togo et au Bénin septentrional. Sa plus grande extension se trouve néanmoins sur le territoire togolais où elle forme la chaîne des monts du Togo. Celle-ci prend le pays en écharpe sur près de 360 km et sert de frontière à l'ouest sur 200 km environ. Elle est cependant relativement étroite, puisque sa plus grande largeur atteint à peine 60 km aux latitudes d'Atakpamé et de Bafilo. Son versant oriental présente une multitude de collines schisto-quartzitiques mamelonnées séparées par une série de vallées torrentielles sous forme d'entonnoirs, tandis que le rebord occidental est, en revanche, rectiligne et peu échancré.
C'est entre Kpalimé (6° 57 N) et Atakpamé (7° 50 N) que les altitudes sont les élevées; elles atteignent en moyenne 800 m avec parfois des sommets plus hardis, surtout sur les bordures : 972 m à Dzogadzeto, 941 m à Atilakoussé, 936 m à Odalakpodji.
Profondément disséquée par l'érosion, l'Atakora est hérissée de barres de même orientation que la chaîne, donnant à l'ensemble l'aspect d'un relief pseudo-appalacheien.
Les vallées, relativement profondes (200 à 400 m), sont de véritables gorges qui individualisent toute une série de hautes terres appelées « plateaux » ou « monts ». Ce sont : les plateaux de Kloto, Kouma, Danyi, Akposso, Akébou, Fazao, Malfakassa et les monts Défalé. Au total, un relief herté, « tout bossu », sans commune mesure avec les paysages de la pénéplaine voisine.
Les plaines. La plus vaste est la plaine orientale qui s'étend entre le 6° 30 N et le 9° 20 N. elle se relève progressivement du sud vers le nord, avec une pente moyenne de un degré entre les altitudes 100 m, immédiatement au nord de Tsévié, et 400 m dans la région du Tchaoudjo. On peut y distinguer toutefois deux unités orographiques séparées par la courbe de 200 m : une partie méridionale de pente faible du nord de Tsévié jusqu'au voisinage d'Anié et une partie septentrionale de pente nettement plus accusée.
Dans la Région des Savanes se trouve la plaine d'inondation de l'Oti où ce fleuve et ses affluents divaguent, décrivant de nombreux méandres avant de s'échapper vers la Volta. Les altitudes y sont naturellement très basses, autour de 110 m et les pentes très faibles. Platitude désolée que l'importance et la fréquence des inondations ont rendu longtemps impropres à la mise en valeur agricole, la plaine de l'Oti révèle de plus en plus des aptitudes favorables à la riziculture inondée, notamment dans les régions de Mandouri.
Enfin, à la retombée occidentale du plateau du Fazao, la petite plaine du Mô-Fazao s'ouvre plutôt sur la Ghana. Plaine enclavée, bloquée par la muraille du Fazao, elle est très faiblement cultivée malgré sa fertilité.
Les plateaux et les monts. Outre les hauteurs de l'Atakora, le plateau de Dapaong marque de son cachet le pays Moba où il est dominé par une série de «monts» aux versants abrupts; il s'agit des monts Niassété, Boumbouaka et Bikoro; ils sont prolongés vers l'ouest par le spectaculaire escarpement de Gambaga surtout développé au Ghana.
En deçà de la chaîne des monts du Togo (notamment le chaînon de Défalé), la chaîne de la Lama, la montagne d'Assiré, le mont Djamdé font figure de montagnes par rapport aux bas pays qu'ils dominent.
Enfin, entre le mont Agou et les massifs Kabyè se succèdent dans une orientation S.S.O-N.N.E., une série de sommets isolés marqués surtout par les hauteurs de Djabatoré et de Kpélé (Haïto, Mélindo, Toutouto, Zioto). Certaines de ces hauteurs sont des inselbergs dont les plus remarquables s'observent plutôt entre l'Est-Mono et la région de Togodo : Okéguito, Okékamina, Igboloudja.
Enfin, le plateau de terre de barre prolonge vers le sud la plaine orientale et couvre plus des deux tiers de la Région Maritime. Il forme une surface légèrement inclinée du nord vers le sud et domine la zone lagunaire d'une vingtaine de mètres. Il est traversé presque en diagonale par la dépression dite de la Lama et du nord au sud par les plus importants des cours d'eau venant de l'Atakora ; ceux-ci (notamment le Mono, le Haho, le Sio et certains de leurs affluents) ont, par de très larges vallées, morcelé la surface en une série de petits plateaux dont les plus remarquables du point de vue de leurs altitudes sont le plateau de Kouvé (150 m), le plateau de Tsévié (90 m), le plateau de Noépé. La zone lagunaire et le littoral.
Le plateau de terre de barre forme parfois une véritable falaise au-dessus de la zone lagunaire. Celle-ci, dont l'altitude est par endroits inférieure au niveau de la mer, comporte un partie avec plan d'eau discontinu. L'aménagement de cette zone entre Bè et Aflao a donné naissance aux « lacs » de Lomé. Quand au littoral, il forme une côte basse, sableuse avec parfois des baies à grand rayon de courbure.
L'importance prise par l'érosion marine depuis une quinzaine d'années modifie sa configuration en lui donnant un aspect escarpé par endroit, notamment au niveau d'Agbodrafo et de Baguida.
En définitive, c'est cette grande variété de formes de relief sur un territoire dont la superficie est si faible qui fait une des particularités du Togo par rapport à beaucoup de pays d'Afrique occidentale. Elle résulte d'une longue évolution dont certaines séquences sont particulières à cette région.
L'orogenèse, accompagnée de mouvements tectoniques, explique l'importance des cassures et parfois des failles dont l'une des plus représentatives est la faille d'Alédjo ; et le remodelage de cet ensemble par une érosion millénaire donne au relief ce pittoresque qui fait l'attrait du pays.
Climat
Le Togo appartient à la zone chaude et plus ou moins humide des pays du littoral sub-équatorial ouest-africain. Mais, par sa forme, son extension en latitude, la variété de son relief, les climats, notamment dans le sud du pays, sont originaux.
Eléments de circulation atmosphérique générale. Le climat est directement influencé par la circulation atmosphérique qui prévaut en Afrique de l'ouest et qui est animée par deux centres variables de hautes pressions (anticyclones), qui dirigent alternativement leur masse d'air vers la zone des basses pressions sub-équatoriales.
En janvier un puissant anticyclone saharien donne naissance à un flux d'air tropical continental sec et chaud de secteur nord-est : c'est l'alizé continental boréal ou harmattan. Symétriquement, l'anticyclone austral ou anticyclone de Sainte-Hélène émet un flux d'air tropical maritime humide et chaud de secteur sud-est : c'est l'alizé maritime austral. Cet alizé franchit perpendiculairement l'équateur, puis il s'infléchit dans une direction S.O-N.E, quand il atteint la côte du golfe de Guinée et pénètre plus ou moins profondément à l'intérieur des terres jusqu'à sa rencontre avec l'harmattan. la zone de contact est appelée front inter tropical (FIT).
Le rôle générateur de pluie de la mousson est moins accentué que dans les pays côtiers voisin (Côte d'Ivoire, Ghana) à cause de la position géographique du littoral situé plus au nord.
Les fréquentes incursions du FIT vers le sud, en décembre-janvier notamment, s'ajoutent à cet effet. L'harmattan peut souffler à cette époque sur l'ensemble du pays jusqu'au voisinage de l'océan, vers 6°de latitude Nord, entraînant une chute brusque de l'hygrométrie pendant quelques heures ou quelques jours ; ceci s'accompagne de brume sèche avec forte luminosité. Cependant la visibilité est réduite au point de perturber parfois les mouvements d'avions sur l'aéroport de Lomé.
En juillet, l'air maritime, appelé mousson, envahit l'ensemble de l'Afrique occidentale au sud Sahara pour deux raisons :
- d'une part, les mouvements atmosphères suivent le mouvement apparent du soleil. L'anticyclone saharien et l'anticyclone de Sainte-Hélène se déplacent vers le nord en entrraînant le FIT.
- D'autre part, l'air saharien surchauffé, donc allégé, s'élève en créant au niveau des basses couches de l'atmosphère une dépression d'origine thermique suffisamment creusée pour aspirer l'air maritime humide et chaud, généralement instable, donc générateur de pluie.
L'installation de la mousson correspond à l'hivernage plus ou moins long du climat soudanien, c'est-à-dire à la saison des pluies. En climat guinéen, l'hivernage se dédouble en grande et petite saisons des pluies encadrant petite et grande saisons sèches.
Ces alternances découlent du fait que l'épaisseur de la couche de l'air de la mousson augmente vers le sud, et qu'on peut y distinguer trois zones pluviométriques affectant successivement en totalité ou en partie le territoire togolais :
- une première zone large de 400 km au sol, peu épaisse, peu pluvieuse. Elle correspond aux périodes d'installation et de retrait de l'hivernage.
- une deuxième zone plus large de 1 200 km au sol, plus épaisse, instable et très pluvieuse. Il s'y forme notamment des nuages à grand développement vertical, énormes réservoirs de pluie : les cumulo-nimbus. C'est le coeur de la mousson.
- Une troisième zone n'affecte que le tiers méridional du pays, et correspond à l'avancée maximale du front de mousson sur l'Afrique de l'Ouest. Bien qu'étant très épaisse, cette mousson postérieure est stable, donc plus pluvieuse. Elle explique l'existence de la petite saison sèche.
Particularités géographiques. L'effet orographique. La présence d'un relief quelconque, voire la seule rugosité du sol, engendre des turbulences et un mouvement ascendant de l'air. en se refroidissant, la vapeur d'eau se condense et engendre la pluie. Il pleut donc davantage, et pendant plus longtemps, dans les régions montagneuses.
Position des masses d'air
- Situation en janvier-février : La position septentrionale du littoral, déjà mentionnée, favorise l'installation d'un régime d'harmattan, même au niveau de la côte du golfe de Guinée. Une telle situation météorologique, exceptionnelle à Abidjan, est fréquente à Lomé en décembre et janvier, et peut durer plusieurs jours consécutifs.
La situation et l'orientation de la côte. La côte est protégée du flux de la mousson, notamment à l'est du cap Saint-Paul. Une ligne de côte disposée perpendiculairement à la trajectoire des vents pluvieux élève la pluviométrie. Inversement, un rivage oblique ou parallèle aux vents dominent engendre une baisse de la pluviométrie le long du littoral. De plus, les reliefs du Sud-Ouest togolais, alignés transversalement au flux de mousson, déclenchent des pluies orographiques « au vent », et un effet de foehn « sous le vent ».
- Types de pluies: pour qu'il y ait pluie, trois conditions doivent être remplies : l'air doit être humide, instable et doit pouvoir s'élever suffisamment. La pluie peut présenter des caractères divers suivant le lieu et l'époque de l'année :
- en toutes saisons dans le sud, en saison pluvieuse dans le centre et le nord, des orages peuvent éclater et provoquer des pluies locales, brèves, violentes, parfois très nourries. Un gros orage peut parfois expliquer un écart pluviométrique important entre deux stations distantes de quelques km seulement l'une de l'autre. ces perturbation interviennent pendant ou après les heures les plus chaudes de la journée.
- Les lignes de grain intéressent un espace plus vaste de plusieurs dizaines de km de développement. Le déroulement de la perturbation est invariable : le ciel se charge de gros nuages noirs (cumulo-nimbus) à l'est, la lumière devient blafarde et, rapidement un violent coup de vent d'est (tornade) précède une averse orageuse d'abord très intense puis prolongée par une traîne de plusieurs heures parfois. Les hauteurs de pluie sont ici supérieures en moyenne au cas précédent. Ce sont des pluies d'installation et de retrait de la mousson. Leur importance agricole est considérable au début de la saison des pluies. Elles humidifient le sol, le rendent cultivable, et assurent la germination et le démarrage de la plante. Une interruption de ces pluies peut être fatale pour les cultures et nécessiter un deuxième ensemencement.
- les pluies de mousson interviennent au milieu de la (des) saison(s) des pluies. Elles ont des caractères différents : ce sont des averses à intensité variable, moyenne à faible en général, avec quelques séquences à forte intensité, non précédées de tornades. C'est la durée et non la violence qui explique ici la hauteur des pluies et c'est heureux pour les cultures dont les parties aériennes souffriraient beaucoup d'averses violentes répétées.
Eléments du climat
Les températures - Le maximum absolu, relevé à Mango au mois d'avril est de 41° tandis que le minimum absolu est observé à Sokodé avec 12° en novembre.
Le climat est donc constamment chaud sans être excessif. Comme dans l'ensemble du monde tropical, l'amplitude diurne dépasse l'amplitude annuelle.
A Lomé, par exemple, l'amplitude diurne maximale atteint ou dépasse 10° sauf en septembre (8° 1). A Mango, l'écart varie entre 11° 8 en septembre et 20° 6 en novembre. Ces chiffres sont à comparer aux 3° d'amplitude moyenne annuelle de Lomé, aux 5° 9 de Mango. Il faut noter aussi que c'est en saison pluvieuse que l'on relève la température moyenne mensuelle et l'amplitude diurne maximale les plus faibles. Inversement, en saison sèche, on relève la température moyenne mensuelle et l'amplitude diurne maximale les plus fortes.
L'humidité relative est très variable d'une station à l'autre, d'une saison à l'autre et même au cours d'une période de 24 heures. Dans le sud du pays, elle est constamment élevée : souvent plus de 80%, parfois plus de 90%. Dans le centre et le nord, elle est faible, et même très faible en saison sèche (18% en janvier à Mango), très forte en saison des pluies (86% en septembre à Mango). Quelle que soit la station de référence, l'humidité relative diminue aux heures les plus chaudes de la journée et augmente à la tombée de la nuit, ce qui explique en climat Guinéen la fréquence des rosées matinales. Une humidité relative élevée signifie aussi un ciel fréquemment nuageux et une évaporation faible.
Les vents déplacent des masses d'air de température et d'humidité variables qui assèchent l'atmosphère. ils agissent comme facteurs limitants de l'humidité relative. Mais ils ne sont pas consistants.
Le passage de la saison sèche à la saison pluvieuse est marqué par un renversement de la direction du vent dominant en climat soudanien : l'alizé maritime de S.O. remplace l'alizé continental de N.E. Le premier ventile (comme la brise de mer sur la côte), mais poussant devant lui l'air maritime humide, il ne peut abaisser l'hygrométrie. L'autre modère la chaleur diurne, assèche sensiblement l'air, élève le niveau de l'évaporation et rend compte du froid nocturne de la saison sèche et fraîche.
La pluviométrie
Les isohyètes moyennes annuelles montrent trois régions pluviométriques au Togo :
- la « région maritime » entre Notsè et la mer est caractérisée par un déficit pluviométrique remarquable. Lomé-ville, la station la moins arrosée du Togo, ne reçoit que 811,3 mm de pluie par an. De là les totaux augmentent vers l'est et vers le nord, mais à Notsè, les 1 200 mm ne sont pas encore atteints. Ces chiffres se retrouvent dans l'ensemble du bassin oriental du Mono jusqu'à la latitude de Tchaoudjo.
- A l'ouest d'une ligne Notsè-Kpagoude, et jusqu'au nord de Kanté, la siagonale montagneuse est aussi une diagonale humide et les relèves pluviométriques se situent à un haut niveau : 1 550 mm à Kpalimé, 1 522 mm à Fazao, 1 564 mm à Niamtougou. Même en dehors de la montagne les stations voisines restent bien arrosées : 1 348 mm à Atakpamé, 1 412 mm à Tchaoudjo, 1 324 mm à Lama-kara.
- au nord de Kanté, le gradient pluviométrique redevient zonal en même temps que les totaux diminuent : 1 087 mm à Mango, 1 033 mm à Dapaong. Avec les cartes saisonnières, sans que soit effacé le dispositif essentiellement méridien central, les tendances rythmiques suivantes apparaissent:
- janvier est très peu arrosé sur l'ensemble du territoire et même statistiquement sec dans l'extrême nord. Seuls les reliefs du sud et du centre provoquent des pluies plus abondantes : 28 mm à Kpalimé, mais seulement 6,5 mm à Fazao.
- En avril, la mousson a recouvert tout le pays. Au Sud, la grande saison des pluies est déjà bien entamée, presque toutes les stations reçoivent entre 100 et 150 mm. Dans le centre et même dans le nord, l'hivernage démarre progressivement : 105 mm à Tchaoudjo, 51 mm à Dapaong.
- Août est caractérisé par l'opposition entre le tiers méridional et le reste du pays. Au sud, le déficit pluviométrique, très sévère sur le littoral (21 mm à Lomé-ville, 9 mm à Aného), moins extrême en montagne (125 mm à Kpalimé) définit la petite saison sèche. Au nord, sur les reliefs et dans le bas pays, la saison pluvieuse est à son apogée et de nombreuses stations reçoivent plus de 250 mm d'eau.
- Octobre marque le reflux graduel de l'onde pluvieuse vers le sud : 60 mm à Dapaong, 124 mm à Tchaoudjo. Dans le sud, au contraire, la saison des pluies s'apparente au deuxième paroxysma pluviométrique annuel : 191 mm à Kpalimé, 104 mm Lomé.
En conclusion les types de climats sont définis par les différents éléments présentés ci-dessus, et les diagrammes ombro-thermiques en donneent une image simplifiée mais suffisante. Deux types climatiques majeurs sont représentés :
-- le climat subéquatorial ou guinéen défini par deux traits :
- il y a deux saisons des pluies. La première, dite grande saison des pluies dure de mars à juillet avec un paroxysme en juin. Le seconde dite petite saison des pluies, a lieu en septembre et octobre, le deuxième maximum ayant lieu cette fois en octobre. Mais l'humidité relative est constamment élevée d'un bout à l'autre de l'année.
- l'amplitude thermique moyenne annuelle est écrasée (3° à 4°) et contenue dans des limites « tempérées » (25° à 29°).
L'originalité du climat guinéen togolais tient à sa faible pluviométrie, et corrélativement au nombre anormalement élevé de mois considérés comme secs. En moyenne, on en dénombre 5 à Lomé, mais du fait de l'irrégularité du régime des pluies, ce chiffre peut être largement dépassé. L'approvisionnement en eau de la ville est d'ailleurs un problème sérieux.
-- le climat soudanien est un climat tropical vrai. Il répond à deux critères :
- il n'y a qu'une saison des pluies dite hivernage, dont la durée diminue du sud au nord : 6 mois à Tchaoudjo de la mi-mars à la mi-octobre, 5 mois à Dapaong du 1er avril au 1er octobre. Le maximum pluviométrique est en septembre à Tchoudjo, en août à Dapaong. C'est dire le profil nettement dissymétrique de la répartition des pluies pendant l'hivernage. l'humidité relative fluctue sensiblement au cours de l'année : très élevée en hivernage (85% ou plus), elle est très faible en saison sèche (20% ou moins). L'amplitude thermique moyenne annuelle est légèrement plus marquée (4 à 6°), soulignée notamment par une élévation des moyennes mensuelles maximales (31°8 à Mango en mars).
La limite entre les deux climats se situe vers le parallèle 8 Nord.
Peuplement et histoire
Le « Togo » précolonial
D'une manière générale et dans ses grandes lignes, le peuplement du Togo se caractérise par l'existence de deux zones séparées par un no man's land qui s'étend approximativement entre les 7e et 9e parallèles nord.
Du 7° degré de latitude Nord jusqu'à la côte, le pays est occupé par le groupe Aja-Ewé, dispersé à partir des villages historiques de Tado et Nostè, probablement entre les XIVe et Xve siècles.
A la fin du XVIIe siècle s'y joint une nouvelle vague de populations composées de Fante, Gâ, Adangbe, Atchem (Kpessi) venues de la Côte l'Or.
Puis ce fut durant la première moitié du XIX e siècle, l'arrivée d'un troisième groupe d'immigrants formé de Fon, Yorouba (Ana), Mahi fuyant les armées danhoméennes. Ceux-ci avaient trouvé sur place les Akposso, Adélé, Akébou..., qui vivent aujourd'hui dans la région montagneuse du centre.
Ces populations, numériquement peu importantes, ont dû subir la loi du plus grand nombre, et, pour garder leur identité, se seraient retirées dans la région montagneuse d'accès plus difficile, laissant la plaine aux nouveaux venus.
L'organisation politique des Ewé, Ana, Fon et Mahi du Togo se caractérise par l'existence de petites chefferies locales parfois réduites aux dimensions d'un village.
Quant aux Gè (Gâ et Fante), ils ont su organiser au XVIIIe siècle un royaume assez important - avec Glidji pour capitale - dont le déclin survint cependant au début du XIXe siècle par suite des luttes civiles, entre les cabécères Lawson et Adigo pour la suprématie à Aného.
A partir du 9e parallèle, commence le peuplement nordique au sein duquel on distingue en gros deux couches de populations.
Une couche très ancienne dont l'histoire des origines se pert dans la nuit des temps. Celle-ci fait très souvent descendre l'ancêtre éponyme du ciel à l'aide d'une corde, ou le fait sortir de terre en compagnie de son épouse.
A cette couche appartiennent les Losso, Kabyè, Tamberma, Ngangan, Konkomba, les Cotocoli du clan Mola, les anciens Bassar et autres petits groupements aujourd'hui phagocytés par une nouvelle vague d'immigrants arrivés sur les leux entre le XVIIIe et le XIXe siècle.
Parmi ces nouveaux venus on trouve les Anoufo de Kroumania (est du pays Agni en Côte d'Ivoire), aujourd'hui Tyokossi de Mango (N'Zara), la majeure partie du peuplement bassar, les Manding de diverses origines arrivés dans le Tchaoudjo (Tsandzo) à la belle époque du prosélytisme musulman du Soudan occidental, des envahisseurs Gonja et Dapaong du XVIIe XIXe siècle, qui se sont éparpillés dans les pays Bassar et Konkomba.
De profondes différences séparent ces deux couches de peuplement sur bien des points.
Ainsi, tandis que la première fait peu de place à une autorité suprême dans son système d'organisation politique, ignore le port du nom clanique, connaît un habitat dispersé et travaille seulement la terre, l'autre à la royauté ou grande chefferie comme élément de base de son organisation politique, possède le nom lignager, fait appel à un habitat essentiellement groupé et s'adonne plus volontiers au travail artisanal comme la météllurgie, la céramique, la vannerie, le tissage. Elle travaille aussi la terre, mais y joint la grande chasse en forêt.
De la colonisation à l'indépendance
L'histoire coloniale du Togo se divise en deux périodes.
La première est celle de la domination allemande qui s'étend de 1884 à 1914 ;
la seconde commence en 1914 par le partage de la colonie entre la France et le Royaume-Uni avec un intermède de cinq ans au cours duquel le pays sera conjointement administré par ces deux puissances.
Le Togo allemand. La domination allemande qui commence avec le traité de protectorat signé par le Dr Nachigal et les chefs de trois petits villages côtiers, Togo, Baguida et Bè, S'imposera par étapes aux populations de l'intérieur grâce aux conquêtes échelonnées de 1885 à 1898.
L'extension de cette domination se heurta, surtout dans le Nord, à une résistance armée assez violente - celle des Konkomba en particulier - qui exigea des Allemands une longue période de pacification.
En même temps s'organise la mise en valeur du territoire.
L'administration en 1885 sera représentée par un Commissaire impérial. Sur le plan économique, l'accent est mis dès le départ sur la promotion d'une économie de plantation avec pour principales cultures le café, le cacao et le coton pour lesquelles de efforts importants furent consentis dès 1889. Ce développement des plantes industrielles a permis l'émergence d'une oligarchie locale qui jouera un rôle important dans la lutte pour l'indépendance.
Le Togo français. En vertu de l'article 119 du traité de Versailles, les alliés obligent l'Allemagne vaincue à renoncer à ses droits sur ses possessions outre-mer.
L'administration du Togo allemand est placée sous mandat de type B et confiée conjointement à la France et au Royaume-Uni. Le problème de délimitation entre les zones britannique et française fut réglé par les accords Milner-Simon du 10 juillet 1919, matérialisé sur le terrain par les abornements de 1927 et 1929.
A la France revinrent les deux tiers du Togo allemand, tandis que le Royaume-Uni se vit attribuer le reste.
Ce partage territorial, très mal accueilli par les populations, marquera profondément la vie politique togolaise durant la période des mandats. Du reste, le statut de pays sous mandat n'empêchera pas la France d'administrer le Togo comme une colonie, au mépris des dispositions selon lesquelles les territoires régis par le mandat de type B doivent être progressivement conduits vers l'indépendance.
Les aspirations unificationnistes ne furent pas étrangères aux évènements des 24 et 25 janvier 1933 (conséquence de la crise économique de 1929), même si les causes économiques avaient déterminantes.
Vers l'indépendance politique. Le 13 décembre 1946, conformément à l'article 79 de la charte de San Francisco, le Togo est placé sous le régime de tutelle sans pour autant charger d'administration.
Sous ce régime, une intense activité politique se développe. Jusqu'alors diffus, le jeune nationalisme togolais prit véritablement corps sous la bannière du CUT (Comité de l'union togolaise) solidement épaulé par la Juvento à partir de 1950.
En 1956, le Togo sous tutelle britannique s'incorporait au Ghana en vertu des résultats d'un plébiscite organisé à cette fin.
Cependant, le 17 avril 1958, à la suite d'un référendum organisé sous l'égide des Nations-Unis (ONU), le Togo français rejetait la colonisation française par un non massif.
Deux ans plus tard, le 27 avril 1960, il accédait à l'indépendance.

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