100 ans de Bandes-dessinées 11

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11 mars

1985
paraît, dans le premier numéro du journal "Vécu", une série baroque et violente sur le Japon médiéval, intitulée (Glénat). Dessinée par Philippe Adamov sur des scénarios de Patrick Cothias, elle conte le retour sur terre d'un samouraï assassiné et sa longue quête initiatique pour retrouver sa mémoire.

1980
Luc Leroi, premier personnage fainéant, looser et sans autre ambition que celles de vivre sans trop se fatiguer et de prendre du bon avec des compagnes de passage, entame sa carrière d'anti-héros dans (A suivre). Entraîné malgré lui dans des mésaventures pas vraiment admirables dont il sort plus ou moins intact grâce à un optimisme béat, il est le fils dégénéré de Jean-Claude Denis, humoriste tout en finesse et doté d'un sens aigu de l'observation de ses contemporains, dont Luc Leroi est l'incarnation la plus réussie (Casterman).

12 mars

1951
Une catastrophe ambulante, Dennis "the Menace", plus connu en France sous le nom de Denis la Malice, commence à donner leurs premiers cheveux blancs à ses pauvres parents et, surtout, à sa victime privilégiée, le brave Monsieur Wilson. Maladroit, gaffeur mais toujours sourire Ultra-Brite aux lèvres, cette petite peste, peinture très réussie d'une famille d'Américains moyens, connaît un extraordinaire succès, qui se traduit par les nombreux magazines qui portent son nom, sa présence dans près d'un millier de journaux du monde entier, et le film qui a été tiré de ses aventures en 1993.

13 mars

1958
Le Vieux Nick, marin débonnaire mais courageux, voit s'amener à l'horizon un vaisseau surmonté d'un pavillon noir : les pirates sont là et ne vont plus le quitter. Car, très vite, il va se trouver face à l'immonde et grotesque pirate Barbe-Noire, qui deviendra son irréductible ennemi pour l'éternité. Très méchant mais également très bête, très machiavélique mais également très malchanceux, l'affreux bonhomme va réussir son plus gros sale coup : aidé de son nabot teigneux de grand-papa, il va voler la vedette au brave Vieux Nick, devenu trop sage pour rester véritable héros de BD. Dessiné par Remacle, le Vieux Nick a parfois eu l'honneur d'être scénarisé par Maurice Tillieux et Vicq. Son premier album "Pavillons Noirs" a été longtemps interdit en France pour cause de censure gaullienne. On a du mal à comprendre pourquoi aujourd'hui.

14 mars

1973
Chic Young disparaît. De son vrai nom Murat Bernard Young, il était le petit frère de Lyman Young, le créateur de "Tim Tyler's Luck". C'est à vingt ans qu'il entama une carrière de dessinateur de bande dessinée en créant "The Affairs of Jane" puis "Beautiful Bab" et"Dud Dora". Ce spécialiste des midinettes mignonnes connut un succès extraordinaire avec "Blondie", créée en 1930, qui reste, encore aujourd'hui, la bande dessinée la plus diffusée au monde.

1968
Apparaît Stany Derval, digne héritier de la Patrouille des Castors. Reporter à la télévision un tantinet candide et plein de bons sentiments, il parcourt le monde pour y réaliser des reportages et se retrouve mêlé à d'inquiétantes intrigues. Créé par Mitacq, ce personnage sera scénarisé par Tillieux, Duchâteau, Stoquart, et dessiné également par Follet.

1920
Naît Hank Ketcham. Animateur aux studios Disney, où il collabore à Fantasia et à Pinocchio, il devient photographe avant de se lancer, durant la guerre, dans la bande dessinée et l'illustration. C'est en observant le comportement catastrophique de son fils qu'il imagine le personnage de Dennis the Menace en 1951, dont l'humour et l'observation des moeurs américaines lui valent une reconnaissance internationale (voir 11 mars).

1879
Naît Louis Forton, l'un des dessinateurs français les plus populaires du début de ce siècle. C'est à 25 ans qu'il se lance dans la bande dessinée avec "L'Histoire du sire de Ciremolle", qu'il publie dans le journal "L'Illustré". Il collabore à de multiples revues - dont des journaux de corps de garde à l'humour très... euh... grivois - avant de lancer, en 1909, dans un nouveau journal, "L'Epatant", un trio pas très chic mais très choc, les célébrissimes "Pieds Nickelés" dont la carrière se poursuit tout au long de ce siècle. Ribouldingue, Filochard et Croquignol en traversent les moments les plus noirs avec gouaille, bonne humeur et un esprit frondeur qui leur vaut la sympathie de tous ceux à qui les uniformes en général et ceux de la Maréchaussée en particulier, donnent des boutons. C'est en 1924 qu'il crée, dans "Le Petit Illustré", son titi parisien, Bibi Fricotin, qui lui survit toujours également. Décédé trop tôt, à l'âge de 54 ans, Louis Forton laisse une oeuvre immortelle, qui dépeint avec humour les milieux populaires de son époque.

15 mars

1989
Alice et Léopold nous font découvrir le Congo des années vingt. Ces Européens des Colonies vivent dans la culture de cacao de leurs parents mais découvrent également les peuplades noires qui les entourent. Totalement intégrés aux enfants noirs, ils partagent leur vie, leurs joies, leurs peines tout en s'amusant des frasques de leur pittoresque grand-père. A l'opposé de "Tintin au Congo", cette série, dessinée par Wozniak sur scénario de Lapière, évite la caricature pour tenter de restituer la vie aux Colonies et le fragile équilibre entre Blancs et Noirs.

1959
Naissent Sandy et Hoppy. Le premier est un jeune garçon blond au T-shirt blanc rayé de noir. Le second est son... kangourou. Imaginé par Willy Lambil, cet étonnant duo australien devient l'un des couples de héros les plus originaux de la BD.Ils traversent les diverses régions d'Australie, y rencontrant des personnages qui s'attachent à leurs pas, comme le cinéaste Michael Forster. Cette magnifique série est abandonnée par l'auteur lorsque le succès des Tuniques Bleues l'oblige à s'y consacrer totalement (Dupuis, Magic Strip).

16 mars

1967
Naît Bizu (Dupuis). Ce sympathique lutin vit dans la forêt de Brocéliande, en Bretagne, un monde merveilleux où l'on est breton avant tout, et où toutes les magies, toutes les sorcelleries sont possibles. Mais quand on a pour compagnon un champignon parlant nommé Mukès et comme voisin un drôle de lutin velu et musicien qui laisse des fleurs sous chacun de ses pas, on ne s'étonne de rien. Charmante, gentiment drôle, pleine de poésie, cette série de rêve superbement dessinée a été créée par Jean-Claude Fournier.

1961
Naît l'un des personnages les plus fabuleux de la bande dessinée, le fameux Flagada. Cet étrange volatile jaune doté d'un appendice caudal à hélices profite de la vie, causant sans cesse et dévorant des pignoufs. Il vit sur une île presque déserte avec Alcide, un tranquille naufragé amateur de siestes. Ce n'est pas aisé, d'abord à cause de la loghorrée de Flagada, mais aussi parce que d'autres viennent les rejoindre : un goéland, Placide et un savant loufoque, Trucmuche. Cette série hilarante, bourrée d'idées originales, criblée de jeux de mots, débute sa carrière dans les fameux mini-récits du journal Spirou. Créée par Degotte, elle se poursuit en gags puis en histoires à suite mais est mise en sommeil (à regret) par l'auteur lorsque le succès de ses "Motards" l'oblige à leur consacrer tout son temps.

1946
Placid et Muzo font leur entrée dans la galerie déjà encombrée de personnages animaliers. Placid est un ours fainéant et Muzo un dynamique renard. Ces deux amis vivent leurs mésaventures dans le journal "Vaillant" (pré-"Pif Gadget"), grâce au crayon du dessinateur Arnal et à la plume du scénariste Ollivier, qui les raconte en vers de mirliton. C'est Nicolaou qui les poursuit ensuite, dans un style plus banal.

17 mars

1977
Franquin commence ses Idées Noires dans le "Trombone Illustré". Le gentil papa de Gaston Lagaffe montre des dents qu'on avait déjà pu deviner dans sa lutte contre les parcmètres, les chasseurs de baleines et la bêtise en général. Avec un humour terriblement féroce, avec des dessins en ombres chinoises, il s'attaque cette fois aux militaires, à la peine de mort, aux chasseurs... D'une efficacité redoutable, ses planches sont impitoyables et tellement justes ! L'humanité le remercie encore d'avoir inventé le fusil qui tue le chasseur et pas le lièvre. Ce chef-d'oeuvre a connu un premier album aux Editions Audie/Fluide Glacial. Les planches non-reprises en album étant la cible des pirates, le même éditeur a fini par les rassembler en un album demi-format.

1977
paraît dans Spirou un supplément qui aura un retentissement considérable : "Le Trombone Illustré". Rédacteurs en chef : André Franquin (père de Gaston Lagaffe) et Yvan Delporte, rédacteur en chef mythique du journal Spirou. Adresse de la rédaction : dans la cave des Editions Dupuis. Se proclamant "Seul magazine à emballage perdu", ce journal inséré au centre du journal Spirou est un vent de liberté pour les auteurs de bande dessinée, à une époque où la BD osait enfin se libérer de l'auto-censure des décennies précédentes. Les plus grands auteurs de l'époque y ont collaboré, parfois pour un simple "crobard", parfois pour une série originale. Mais le ton impertinent du journal dérange. Il se moque des annonceurs publicitaires, des uniformes (l'armée belge était un annonceuur de Spirou), des sectes. Plutôt que d'accepter la censure, la rédaction saborde le journal. Mais le bien était fait. Les mentalités avaient changé. Un vent nouveau allait désormais souffler sur le journal Spirou.

1977
Jannin et Culliford signent "Germain et Nous" dans le premier numéro du "Trombone Illustré". Venus présenter timidement leurs dessins à la rédaction, ils sont immédiatement pris et survivent même à la disparition du magazine puisqu'ils se retrouvent dans l'hebdomadaire Spirou. Germain et Nous est à l'image de la "Bof Génération" de la fin des années 70 et du début des années 80. Fine observation des adolescents petits bourgeois qui entourent ses auteurs, cette série évolue avec eux. Les adolescents deviennent jeunes adultes, acquièrent chacun leur personnalité, travaillent. Germain, le "héros", n'est ici qu'un observateur, disparaissant fréquemment au profit de personnages plus pittoresques qui finissent par lui voler complètement la vedette. Thierry Culliford abandonne rapidement le scénario pour le laisser entre les oreilles d'Yvan Delporte puis de Serge Honorez (Dupuis).

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