100 ans de Bandes-dessinées 13

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25 mars

1956
Naît Laurent Vicomte. Il débute par des jeux et illustrations dans la presse locale, et est publié dans le journal Spirou, en 1975, dans le cadre de la rubrique "Carte Blanche", qui donnait aux jeunes auteurs la chance de faire leurs premiers pas. Collaborateur à la presse scout, il entre à Tintin en 1977 avec "Edouard et Lucie", qu'il termine au journal Pistil. C'est en 1981, suite à sa rencontre avec le scénariste Makyo, qu'il entame la magnifique "Balade au bout du monde" (Glénat) dans le mensuel Gomme. Dans ce récit qui va s'étendre sur de nombreux albums, un photographe est plongé dans un véritable cauchemar, prisonnier d'un peuple qui vit encore comme au moyen-age et qui l'enferme dans une prison hors du monde et du temps. Cette oeuvre grandiose obtient de nombreux prix mais Vicomte finit par la laisser en d'autres mains pour créer sa propre série : "Rien".

1948
Naît Dirk Van den Boogaard, l'un des quelques auteurs des Pays-Bas à avoir pu franchir les frontières de son plat pays. Dessinateur underground dès 1964, inspiré par la douce folie de Franquin et le délire total du journal MAD, il collabore à diverses revues avant de rejoindre l'école de la ligne claire chère à Hergé. C'est en 1976 qu'a lieu cette rupture avec la création du personnage qui le rendra célèbre : Sjef van Oekel, que les éditions Magic Strip feront découvrir au public francophone avec un album intitulé "Léon van Oukel s'en tire toujours" (1980). L'originalité du personnage, vulgaire et ubuesque, à l'opposé du côté "clean" obligatoire de tous les personnages ligne claire, séduit l'équipe de l'Echo des Savanes, qui le publie sous le nom "Léon la Terreur". Van den Boogaard apprécie également, de temps en temps, de se défouler dans des histoires érotiques et/ou pornographiques qui rappellent ses origines underground (Albin Michel). On ne se refait pas...

26 mars

1970
Apparaissent de drôles de Gorilles. Réunis autour de Jack Attaway, ces durs de durs des années trente, en pleine période de la prohibition et de la guerre des gangs, tentent de gagner honnêtement leur vie en protégeant qui veut bien les payer. Eternellement malchanceux, ils se retrouvent systématiquement les poches vides à la fin de chaque épisode. Finalement, seul le fidèle Sammy restera auprès de son patron. Avec cette hilarante série, Berck et Cauvin dressent un portrait humoristique des années trente, vues par leurs aspects mythiques : la crise et le jeudi noir, Al Capone et les Incorruptibles, l'alcool frelaté, etc. Derrière l'humour, se cache néanmoins un véritable travail de chroniqueur d'une époque, admirablement documenté. Berck a cédé son crayon à Jean-Pol, qui dessine désormais cette prolifique série.

1936
Naît, en Espagne, Florenci Clavé. Il travaille d'abord en studio, où il réalise à la chaîne des récits complets pour l'exportation. C'est durant les années 60 qu'il s'expatrie en France et qu'on commence à voir sa signature dans le journal Pilote. Il y dessine Rémy Herphelin, sur des scénarios de Pradal, desd'actualité, des "Dossiers du Fantastique" qui connaîtront une édition en album. C'est avec Guy Vidal qu'il crée ses premiers albums à succès, sur des thèmes très forts : "L'île aux chiens", "Les Innocents d'El Oro" (Dargaud). Il collabore également à Charlie Mensuel ("L'île des Pins", sur scénario de Bouquillard), à Circus ("La bande à Bonnot", sur scénario de Godard, "Les Dossiers de l'Archange"). Il repart ensuite vivre en Espagne au début des années 80, où il réalise de nombreux albums. En France, il collabore encore en parallèle aux "Chroniques du temps de la Vallée des Ghlomes" (scénario Godard) et aux "Voyages en Amertume" (avec Dieter).

27 mars

1996
Commence un colloque sur le thème "La BD en Belgique, une matière régionalisée ?", thème profondément passionnant qui sera suivi d'une discussion autour du thème tout aussi révolutionnaire de : "La BD, un medium pour les enfants ?". Faculteit Letteren, K.U.L., Blijde Inkomstraat, 21, 3000 Leuven. Le colloque et les baîllements des participants seront entièrement bilingues. Pour infos : 19 32 16 28 46 11.

1950
Naît Martin Veyron. C'est en 1977, dans "L'Echo des Savanes", qu'il crée le personnage de Bernard Lermite, quil poursuivra ensuite dans Pilote avant de le faire revenir à "L'Echo" ressuscité. Cet humoriste très fin, pratiquant un humour axé principalement sur les dialogues et des personnages en perpétuel décalage, réalise de nombreux récits complets avant d'obtenir son premier grand succès, en 1982, avec un pastiche des romans pornographiques : "L'Amour propre" (Albin Michel), qui sera adapté au cinéma.Son album suivant, "Executive Woman", en 1983, achève de l'installer comme l'un des auteurs les plus intéressants des années 80. Il commence pourtant à se disperser, travaillant pour la publicité, la presse (de nombreux dessins qui sont repris en albums ensuite), illustrant "Le portrait du joueur" de Philippe Sollers (Gallimard), etc. Comme scénariste, avec le même bonheur, il travaille avec Jean-Claude Denis ("Oncle Ernest et les ravis", Casterman), Rochette ("Edmond le Cochon", Albin Michel), Lopez ("Olivier Désormaux", Dargaud).

1901
Naît . Obligé de travailler dans le ranch parental puis comme bûcheron, pour gagner se vie, il ne parvient à placer son premier dessin qu'en 1928, dans une revue canadienne qui finit par l'engager. C'est en 1936 qu'il rejoint l'équipe des studios Disney, comme animateur. Il collabore à de nombreux courts-métrages et travaille sur le premier long-métrage de Donald Duck... qui ne verra malheureusement jamais le jour. Carl Barks transforme son story-board en bande dessinée, et son premier "comic book" (album de bande dessinée à couverture souple) voit ainsi le jour. Le succès est tel que Carl Barks doit en réaliser d'autres. Cet auteur talentueux - l'un des plus doués de l'équipe Disney - deviendra "le" dessinateur mythique de Donald Duck. Il lui donnera sa véritable personnalité de râleur perpétuel et de farceur teigneux. Il crée également tous les personnages périphériques que les studios Disney continuent encore à faire vivre aujourd'hui : les Rapetout, Oncle Picsou, etc. Il arrête la bande dessinée en 1968 mais n'abandonne pas ses personnages pour autant : contaminé par le virus de la peinture, il réalise des dizaines de toiles mettant en scène ses personnages fétiches. Elles se vendent désormais à des prix astronomiques.

28 mars

1965
Apparaît dans Vaillant le plus original personnage de bande dessinée de tous les temps. C'est un légume : . Il vit quelque part au bout du monde, dans le désert de la Mort-Lente, dans un cactus-blockhaus. Dans ce pays, d'autres personnages tout aussi absurdes le côtoient, dont son ami Chourave. Le langage du Concombre n'est pas évident à décoder mais ses exclamations sont célèbres : "Bretzel Liquide !". Signées Kalkus au départ, les aventures pataphysiques du Concombre Masqué sont en fait l'oeuvre de Nikita Mandryka, qui a créé avec ce personnage un univers aussi fort que Lewis Carrol avec "Alice au Pays des Merveilles" - un livre qui fait d'ailleurs partie des lectures du Concombre. Les deux auteurs partagent la même passion pour le non-sense et pour les néologismes inventifs. Le Concombre, passé à Pilote, quitta ce journal le jour où René Goscinny refusa d'y publier une de ses aventures. Mandryka emmena alors sa cucurbitacée sous le bras et, avec l'aide de deux amis, Brétecher et Gotlib, créa "L'Echo des Savanes". Au décès de ce journal, le Concombre revint à Pilote, puis à Spirou, avant de repartir une nouvelle fois vers le bout du monde (Dupuis). Nul ne sait aujourd'hui où il se repose. Espérons qu'il nous prépare un retour surprise...

1948
Le journal communiste L'Humanité publie les "strips" (gags en une bande) d'un chien anthropomorphe nommé Pif. Il est dessiné par un auteur espagnol, Arnal, qui met vite en face de lui celui qui deviendra à jamais son ennemi: le chat Hercule. Leurs rencontres sont explosives, violentes et pourtant, très vite, ils ne peuvent plus se séparer l'un de l'autre. Publiés ensuite dans l'hebdomadaire pour jeunes du parti communiste, "Vaillant", ils en deviennent vite les stars, au point que Vaillant est débaptisé et rebaptisé illico "le journal de Pif", en 1965, puis "Pig Gadget" en 1969. Pif, entretemps, se sera découvert une famille adoptive : Tonton, Tata et Doudou, et même un fils : Pifou. Malheureusement, Arnal ne parvient plus à suivre le rythme imposé par les nombreuses parutions de ses personnages. Dautres prendront sa place, sans jamais retrouver sa verve. Ses frasques ont été adaptées en dessins animés.

29 mars

1983
Raymond Calbuth, beauf parfait aux lorgnons énormes et aux charentaises confortables, paraît dans le premier numéro de Métropoche qui est sorti ce mois-ci. Aventurier dans le quotidien, cet anti-anti-anti-anti-anti-héros transforme le moindre événement de sa vie médiocre et banale en scénario de Spielberg, aidé par cette autre mythomane qu'est madame son épouse bigoudisée, Monique. Imaginé par un humoriste inclassable et génial, Tronchet, Raymond Calbuth paraît ensuite dans Circus et ses inénarrables réflexions fondamentales sur l'existence sont éditées en album chez Glénat.

1979
Dans le n°39 de Métal Hurlant, qui sort ce mois, apparaît un jeune loubard qui, même s'il fréquente les lieux classiques de la banlieue, ne semble pas atteint par la violence et la morosité ambiante. Lucien, dessiné par Frank Margerin, est un rocker banané, dont les centres d'intérêt sont ceux de son âge : les motos, les filles, le flipper au café du coin. Sur cette base, Margerin a réalisé une bande dessinée d'une drôlerie extrême, largement inspirée de l'observation de ses contemporains, pimentée d'une multitude de gags dans tous les coins. Portrait d'une génération d'ados, il est aussi celui de la France profonde des années 80.

1962
Pour la première fois, des intellectuels s'associent pour créer un club autour de la bande dessinée. Naturellement, il s'intitulera "Club des Bandes dessinées". Cette association sans but lucratif a en fait pour but de permettre à ces nostalgiques de la bande dessinée de leur enfance de reconstituer leur collection. Réunis autour de Francis Lacassin, on trouve ainsi le cinéaste Alain Resnais et Jean-Claude Forest, ainsi que Pierre Couperie, qui officie en tant qu'archiviste. La même année, ils éditent le premier "fanzine" : Giff-Wiff. Le club se sabordera deux ans plus tard, ses membres se divisant en deux club distincts.

30 mars

1996
Pour deux jours, le Bordelais se met aux bulles. Un salon de la BD à Martignas accueillera ces bons vivants que sont Convard, Davodeau, Godard (pas de chance, il ne boit que de l'eau), Ribéra, Widenlocher, etc. Infos : CLAM, Hôtel de Ville, 33127 Martignas - Tél : 56 21 41 31

1955
Dans le journal Tintin, un jeune journaliste fait son apparition. Il est vêtu d'un veston pied-de-poule, est bien propre sur lui, camoufle avec peine ses sentiments pour Nadine, la fille du brave commissaire Bourdon, et il n'a pas son pareil pour démêler les fils d'intrigues particulièrement complexes qu'imagine un des maîtres de la BD policière, André-Paul Duchâteau. Ric Hochet va ainsi se retrouver au centre d'effroyables machinations conçues par les cerveaux machiavéliques de malfaiteurs à l'esprit fêlé, démoniaque, mais brillant. Ils ont pourtant à faire avec plus brillant qu'eux car, après quarante-troisde suspense maintenu par des surprises en bas de chacune d'elles, inévitablement, Ric Hochet trouve la solution qu'aucun lecteur n'aurait pu deviner. Une technique systématique mais efficace de scénarios, des dessins d'une limpidité absolue de Tibet, qui utilise subtilement les codes de la bande dessinée (les fameuses "gouttes" autour de la tête pour signifier une émotion, par exemple) pour induire le lecteur en erreur : Ric Hochet est une machine bien huilée, qui a connu les honneurs de la télévision avec un moyen métrage, "Signé Caméléon", réalisé en 1968.

1945
"De Nieuwe Standaard" publie les premières cases d'une nouvelle héroïne nommée Bobette (Wiske). Elle est accompagnée de sa tante Sidonie et d'un frère boxeur. Celui-ci sera remplacé par un autre garçon à la fin de cette première aventure. Ce dernier se nomme Bob (Suske). Le duo le plus célèbre de la bande dessinée flamande est né. Le succès des aventures de va croître d'année en année et s'enrichir de personnages truculents. Mr. Lambique, "beauf" typiquement flamand, Jérôme, un géant au cerveau raplapla, le professeur Barabas, etc. Tous vont voyager aux quatre coins du monde et du temps, entraînant les lecteurs de la presse quotidienne, qui lisent leurs aventures au rythme d'une demi-page par jour, dans des récits qui n'ont comme seul but que de divertir. Ce côté feuilletonnesque (il faut relancer le suspense toutes les demi-planches) apporte aux albums un rythme soutenu. Les titres se comptent par centaines. Willy Vandersteen aura même l'honneur d'être invité par Hergé dans le journal Tintin, où il pourra publier les aventures de ses petits personnages, mais au prix de modifications radicales de son dessin (les albums de cette époque, en pure ligne claire, sont les meilleurs de la série). Dépassé par le succès, Willy Vandersteen doit créér un studio pour l'assister. Le studio Vandersteen, outre Bob et Bobette, réalisera à la chaîne les milliers de planches d'autres séries, qui n'ont pas connu la même notoriété.

1924
Naît celui qui deviendra le plus grand poète de la bande dessinée, Raymond Macherot. C'est pour des raisons alimentaires que ce peintre en herbe est obligé de fournir des illustrations au journal Pan. Entré au studio de dessin des Editions du Lombard en 1953, il réalise le scénario de la première aventure du "Chevalier Blanc", pour Fred Funcken. C'est en 1954 qu'il crée le premier d'une succession de chefs-d'oeuvre qui en feront l'un des auteurs les plus admirés de la bande dessinée : "Chlorophylle". En parallèle, il crée "Le Père La Houle" (1956) et "Clifon" (1959). En 1964, il cède malheureusement ses séries à l'éditeur et rejoint l'équipe de Spirou. Il y crée le magnifique "Chaminou et le Khrompyre", "Sibylline" (1965), "Pantoufle" (sur scénario de Goscinny, en 1966), "Mirliton" (sur scénario de Cauvin, 1970). On lui doit aussi les scénarios de "Mulligan" (pour Berck, en collaboration avec Delporte) et Isabelle (pour Will, avec Franquin et Delporte). Le style très personnel de Raymond Macherot est immédiatement reconnaissable. Il n'a pas son pareil pour, en quelques fleurs posées ça et là dans l'herbe d'un petit vallon, avec quelques insectes qui butinent, créer une scène champêtre qui fleure le bonheur d'exister. Mais ce poète gentil peut également montrer les dents lorsqu'il dépeint, dans ses bandes dessinées, la montée d'une dictature ou la quête du pouvoir absolu.

1904
Naît , chanteur d'opéra célèbre avant la première guerre mondiale, recyclé avec génie dans la bande dessinée. Il lui a donné l'un de ses plus grands chefs-d'oeuvre : Blake et Mortimer.

31 mars

1946
Naît Richard Peyzaret. Cela ne vous dit rien ? Si je vous dit qu'il a commencé à Pilote en 1971 avec des gags intitulés "Contes à rebours", toujours pas ? Attendez... Il a également créé une bande dessinée mettant en scène des moutons intellos dans des alpages. Làààààà, cette fois, ça y est! Oui, c'est le vrai nom de F'Murr, le créateur du "Génie des Alpages" (Dargaud). Cet humoriste doué et productif, au style extraordinairement expressif, a également créé Naphtalène, Porfirio et Gabriel, Jehanne d'Arc, Robin des Boîtes, ainsi que les "Histoires déplacées" mettant en scène des soldats russes perdus en Afghanistan. Il faudrait ajouter à cela une foule de collaborations ponctuelles, toutes marquées du sceau de cet humoriste génial maniant avec autant d'aisance l'humour verbal et les gags visuels.

1941
Naît, à Parme, . Il débute dans le dessin animé mais s'oriente vite vers la bande dessinée. C'est en 1968 qu'il crée une série d'un humour noir et d'un cynisme impitoyable : les Sturmtruppen. Ces soldats allemands de papier paient, dans des gags très courts mais d'une exceptionnelle férocité, tous les méfaits de leurs sadiques et violents équivalents de chair et de sang. Ils sont traduits en français par Francis Blanche (épuisés). Il collabore à diverses revues en produisant des récits complets et, avec Silvestri, il dessine Nick Carter. En 1973, avec Mario Gamboli, il crée Milo Marat dans "Pif Gadget". Son studio poursuit les Strumtruppen, mais lui s'éloigne de la bande dessinée pour s'orienter vers des productions télévisées. Il disparaît en 1995, victime d'un chauffard.

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