100 ans de Bandes-dessinées 20

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27 mai

1965
La vie quotidienne est la plus prodigieuse source de gags qui existe, la saviez-vous ? Bien sûr, tout le monde n'est pas totalement compétent pour en juger. Mais, lorsqu'on s'appelle Goscinny, on a de sérieuses références. Aussi, lorsqu'il met en scène notre vie de tous les jours dans des "dingodossiers", on peut s'attendre à ce qu'elle prenne une tournure inattendue et très peu sérieuse. Avec le dessinateur Gotlib, qui fut révélé au grand public par cette série hebdomadaire publiée dans "Pilote", il parvint ainsi à transformer en délire les moindres petits incidents qui émaillent nos vies qu'on dit si banales. Vues par la lorgnette de deux grands humoristes, elles deviennent un véritable parcours du combattant du gag. Saturé par ses nombreuses réalisations, Goscinny laisse voler Gotlib de ses propres ailes après deux ans de dossiers dingo. Ce qu'il fait avec le génie que l'on sait (Dargaud).

28 mai

1959
A Bagdad, naît Charles Berbérian. C'est à Paris qu'il suit des cours artistiques, puis qu'il débute dans divers fanzines. Dans l'un d'entre eux, il réalise un hommage à Hergé avec Philippe Dupuy. Depuis, ils ne se sont plus quittés. Ensemble, il frappent à la porte de "Fluide Glacial" en 1984, qui la leur ouvre toute grande. Ils y signent "Red, Basile et Gégé", puis "Le Journal d'Henriette", et sont de plus en plus demandés pour des travaux graphiques (portfolio, campagne publicitaire pour "Canal +", etc.). On retrouve ensuite leur signature aux Humanoïdes Associés ("Mr. Jean", 1991) ainsi qu'aux Editions "La Sirène" ("Guide de l'Environnement", 1992; "Tout n'est pas rose", avec Rozenblat).

29 mai

1996
Bruxelles s'est enluminée aux couleurs de la bande dessinée. Si vous vous rendez au "Centre Belge de la Bande Dessinée", faites un petit détour par le Boulevard Pacheco, situé à cinquante mètres de là. Après avoir monté l'épuisante série de marches d'un escalier beaucoup trop raide, vous aurez le bonheur de rencontrer Gaston Lagaffe en personne. Une statue en résine du héros-sans-emploi avec son chat y a été posée. Mais ne tardez pas trop: elle durera ce que durent les commémorations d'un centenaire : l'espace de quelques mois...

30 mai

1996
Des façades grises, n'est-ce pas triste dans une ville qui se veut la capitale de l'Europe ? "Affirmatif", ont répondu les édiles du centre de Bruxelles. Et ils font appel aux auteurs de bande dessinée pour améliorer l'environnement. Petit tour des choses bien plus intéressantes à voir que le Manneken Pis. Pas loin de la Grand-Place, avant le n°19 de la rue du Marché au Charbon, François Schuiten a peint "Le Passage", très inspiré de son univers des "Cités Obscures". Plus loin, près de la rue du Midi, Plattesten, c'est Broussaille qui humanise le côté d'un café. Ensuite, rue Marché-au-Charbon, c'est Victor Sackville qui rappelle que son premier album se déroulait à Bruxelles. A droite, rue de Bon-Secours, Ric Hochet et Bourdon se trouvent dans une situation plutôt délicate. Quoi ? Vous êtes déjà fatigué ? Bon. Nous poursuivrons la visite demain.

31 mai

1996
Bien dormi ? Nous allons donc poursuivre notre visite du Bruxelles de la bande dessinée, où fleurissent les façades illustrées par des auteurs de BD. Nous voici rue de la Buanderie. C'est là que nous attendent Lucky Luke, les Dalton, Jolly Jumper et Ran-Tan-Plan. Puis nous allons près des halles Saint-Géry, rue de la Grande-Ile, où se trouvent les héros flamands de Marc Sleen, Néron et tous ses comparses. Ensuite, nous nous rendons rue des Poissonniers et à la Place Sainte-Catherine, où Hulet a installé l'intrigue de "L'Etat morbide", avant de rejoindre Cubitus, jouant à sa manière au Manneken Pis, rue de Flandre, près du centre culturel de la "Maison de la Bellone". Rue du Canal, les personnages de Willy Vandersteen, Bob et Bobette, Jérôme, Lambique, tante Sidonie, rendent hommage au "ketje" de Bruxelles (promenade inspirée d' "Une ville à pied" - Touring Club de Belgique, janvier 1996).

1er juin

1996
Débute une exposition thématique consacrée aux "châteaux en bandes dessinées" dans un site venu du Moyen Age : le château de Spontin, 8, Chée de Dinant, B-5530 Spontin (Belgique). Elle ne s'interrompra que lorsque le dernier touriste aura été bouté hors des remparts, soit vers le 30 septembre.

1996
Débute le festival de la BD d'Amiens, organisé par l'association "On a marché sur la Bulle". Il se terminera le lendemain après un abus généralisé de bulles de toutes sortes. Informations : Isabelle Mériaux, 7, rue du Gal Boyeldieu, 80000 Amiens. Infos : 19.32.2.514.44.38

1958
Didier Teste naît à Paris. C'est suite à une rencontre avec Jean Léturgie qu'il décide de se lancer dans le scénario. Il travaille d'abord pour la presse pour enfants (Fleurus, Bayard et Milan), avec Marc Malès, Frisano, Poïvet, Rossi... C'est avec Plessix qu'il réalise son premier récit de longue haleine : "La Déesse aux Yeux de Jade" (Milan, 1988). Et il entame avec le même dessinateur la magnifique série "Julien Boisvert" (Delcourt). On le retrouve en parallèle chez Glénat ("Sark", avec Tarduc, "Névé", avec Lepage, "Labyrinthes", avec Le Tendre et Pendax), Alpen ("Griffon", avec Durand), Vents d'Ouest ("Voyages en Amertume", avec Clavé)

1950
Michel Rouge naît à Paris. Après diverses études d'arts appliqués, il entre à "Pif Gadget" en 1977, où il collabore à la série "Rahan" de Chéret et à "Capitaine Apache". Il rencontre ensuite Rodolphe, avec qui il entame "Les légendes de l'Eclatée" (Ed. du Cygne) puis , pour Circus, dès 1980, "Les Ecluses du Ciel" (Glenat). A partir de 1985, sur scénarios de Cothias, il anime "Les Héros Cavaliers" (Glénat), jusqu'à ce que Greg lui propose de redonner vie à l'une de ses anciennes héroïnes, Comanche (Dargaud).

1945
Le premier numéro de Vaillant paraît. Financé par le parti communiste, il est au départ très militant. On est au lendemain de la guerre et les Allemands y sont représentés sous leurs plus barbares aspects. Au sommaire des premiers numéros, "Fifi, gars du maquis", donne le ton. Mais le succès de ce journal va lui permettre d'évoluer vers une bande dessinée plus grand public. C'est là que, quelques mois à peine après l'apparition du titre, Poïvet entame son chef-d'oeuvre, "Les Pionniers de l'Espérance". Ces années quarante voient la naissance de classiques de la bande dessinée populaire française : Placid et Muzo (Arnal), Bob Mallard (Bourlès), Nasdine Hodja (Bastard), La Pension Radicelle (Gire), Capitaine Cormoran (Nortier)... Les années 50 ne sont pas moins fertiles en créations : Fils de Chine (Gillon), Pif le Chien (Arnal), Arthur le Fantôme (Cézard), Ragnar le Viking (Coelho), Richard et Charlie (Tabary), Totoche (idem), etc. Publié au départ en grand format, il passe à un format plus traditionnel durant les années soixante, qui sont ses années d'or. On y trouve des signatures prestigieuses : Gotlib (Nanar et Jujube, futurs complices de Gai-Luron), Greg (Les As), Mandryka (l'extraordinaire Concombre Masqué)... En 1969, Vaillant disparaît et cède la place à "Pif Gadget". Un concept qui fait mouche : un cadeau accompagne chaque numéro du journal, partiellement en couleurs, partiellement en noir et blanc. Cette approche très marketing n'exclut pas au début un choix éditorial d'une exceptionnelle qualité. On a trop tendance à oublier que c'est dans ce journal avec cadeau Bonux que la France a découvert Hugo Pratt (Corto Maltese) ! Chéret y crée Rahan, Cézard, les Rigolus et les Tristus, Godard et Mic Delinx, "La Jungle en Folie", Marcello, Docteur Justice, Jean-Claude Forest, "Mystérieuse matin, midi et soir". Mais, finalement, le gadget prend le dessus. Ce sont des centaines de milliers de lecteurs qui attendent chaque semaine cet objet et la bande dessinée prend de moins en moins d'importance dès la seconde moitié des années 70. La qualité du choix éditorial décline. "Pif" devient un gadget entouré d'un emballage à jeter. De moins en moins de créations et de plus en plus de séries récupérées d'ailleurs finissent par lasser un lectorat qui trouve bien mieux dans les revues qui fleurissent à ce moment-là. "Pif gadget" change de nom en 82 ("Le Nouveau Pif") et agonise lentement jusqu'à sa disparition en 1992. Une triste fin pour un journal qui fut réellement populaire.

2 juin

1980
Nic, de Morphée et Hermann, entraîne les petits lecteurs du journal "Spirou" au pays des rêves. Chaque nuit, Nic s'endort et, la case suivante, se réveille dans un pays fantastique où les animaux parlent et où tout semble n'être qu'illusion. Pour cette série onirique très inspirée de "Little Nemo" de Winsor McCay, le dessinateur Hermann a simplifié son dessin à l'extrême et accordé à la couleur une dimension importante. Pour l'anecdote, le scénariste deviendra, quelques mois plus tard, le rédacteur en chef de "Spirou" : sous ce pseudonyme se cachait Philippe Vandooren, rédacteur en chef de 1982 à 1987. Cette très belle série ne connut malheureusement que trois albums, publiés chez Dupuis.

1940
"Le Spirit", l'une des séries les plus importantes de l'histoire de la bande dessinée, apparaît en supplément hebdomadaire du "Chicago Tribune". Un nouveau super-héros comme les autres? Non. Le "Spirit", ce justicier à peine masqué d'un loup, est un criminologue : Dennys Colt. Gravement blessé par le diabolique Dr Octopus et considéré comme mort et enterré, il s'est réfugié dans son tombeau-laboratoire, où il poursuit la lutte en secret. Il ne reste pas seul longtemps. Un jeune garçon noir, Ebony White, le rejoint. Le commissaire Dolan et sa fille sont mis au parfum et collaborent avec lui. La qualité de cette bande dessinée signée Will Eisner la situe au rang des chefs-d'oeuvre. Les scénarios, très rythmés, sont de petits bijoux où suspense et humour se renvoient sans cesse la balle pour désamorcer le drame des situations. Les plans et découpages du dessinateur fourmillent d'inventivité, l'auteur y jouant avec tous les codes de la bande dessinée pour provoquer en permanence la surprise et l'étonnement. "Le Spirit" peut être considéré comme une véritable école de la bande dessinée tant son influence a été importante sur les dessinateurs de la fin des années 40 et des années 50.

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