100 ans de Bandes-dessinées 24

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18 novembre

1981 Il s'appelle Arthis, il est photographe et, dans ce premier numéro de "Gomme", un nouveau journal sorti ce mois de novembre, il se promène dans un marécage pour y faire son métier : capturer des images. Dont celle d'une jeune inconnue entr'aperçue au loin. Mais alors qu'il va appuyer sur le déclencheur, leur univers à tous deux bascule dans l'horreur. D'étranges personnages, comme sortis de nulle part, les assomment. Et ils disparaissent. Comme tant d'autres avant eux ont disparu définitivement dans les mêmes marais. Arthis se réveille dans un monde d'enfermement terrible : des souterrains en-dehors du monde où d'autres comme lui attendent leur fin, soumis à une loi qui les dépasse et qui les transforme lentement en bêtes sauvages. La " " de Makyo et Vicomte vient de commencer. Un époustouflant récit, inquiétant, à l'insupportable tension psychologique dont les lecteurs ne connaîtront le soulagement que des années plus tard. Ce chef-d'oeuvre incontestable, qui a imposé Makyo comme l'un des grands scénaristes contemporains, a été repris, pour les dessins, par Eric Herenguel dès le quatrième album. Tous sont parus chez Glénat.

19 novembre

1990
Dans le sordide des rues de Londres en ce début de siècle, des enfants abandonnés errent et rêvent à ce que serait leur vie avec une maman pour s'occuper d'eux. Peter, lui, il en a, une maman. Il leur raconte la douceur de ses caresses, le bonheur de la retrouver chaque soir et leur passe un peu de sa chaleur en cet hiver rigoureux. Mais il ment, Peter. Il en a bien une de mère, mais alcoolique au dernier degré. Violente et prête à tout pour sa bouteille de brandy. Y compris à pousser Peter à se prostituer. Lors d'une crise plus violente que les autres, il s'enfuit et erre à son tour dans les rues glacées. C'est là qu'il rencontre une petite fée bien en chair. Clochette. Peter Pan, de James Barrie, avait déjà connu une adaptation remarquable signée Walt Disney. Celle-ci, bien plus noire mais superbe, est signée Loisel (Vents d'Ouest).

20 novembre

1939
Raul Taborda Damonte naît à Buenos Aires, en Argentine. Après avoir suivi ses parents diplomates en Uruguay puis aux Etats-Unis, il s'installe, en 1962, à Paris. Après quelques collaborations ponctuelles à des journaux peu connus, il entame "La Femme assise" dans "Le Nouvel Observateur" en 1965, des saynètes impitoyables où tout se joue dans les dialogues, le personnage, simplifié à l'extrême, restant perpétuellement assis. Avec ce style très personnel fait d'un trait tremblotant et de personnages aux nez démesurés, il va conquérir la presse de gauche de l'époque, "Hara-Kiri", "Charlie", "Libération". De nombreux recueils de ses histoires paraissent aux Editions du Square. Egalement auteur de romans et de pièces de théâtre, plus connu sous le nom de Copi, il meurt le 14 décembre 1987 du SIDA.

1900 Chester Gould naît à Pawnee, aux Etats-Unis. Il débute à l'aube des années 20 par des illustrations dans divers quotidiens. C'est en 1931 qu'il crée le personnage qui va le rendre célèbre. Il s'agit d'un policier qu'il nomme Plainclothes Tracy. Très vite, il lui donne un nom plus efficace: Dick Tracy. Il en poursuit les aventures quotidiennes (un strip par jour) et hebdomadaires (une planche par semaine, pour l'édition dominicale) jusqu'en 1977, imposant son style percutant, créant des personnages d'une force rare, des "méchants" à la personnalité inoubliable, n'hésitant pas à les mettre dans des situations d'une violence psychologique extrême. A juste titre, Chester Gould est considéré comme le plus grand auteur de la bande dessinée policière américaine. On lui doit également une bande dessinée animalière, "The Gravies". Il est mort le 11 mai 1985.

21 novembre

1957
Gérard Goffaux naît à Fosses-la-Ville, en Belgique. Etudiant à Saint-Luc, à Bruxelles, il crée ensuite son personnage Max Faccioni dans l'éphémère "Journal illustré le plus grand du monde" en 1982. Il le poursuit dans "Spirou" à partir de 1984, puis aux Editions du Lombard en 1989. Ses histoires noires, très influencées par la bande dessinée réaliste américaine, apportent un ton pessimiste, voire désespéré, rare dans la bande dessinée classique et qui marque son originalité.

22 novembre

1923
Paul Cuvelier naît à Lens, en Belgique. Dès l'âge de sept ans, il publie son premier dessin dans "Le Petit Vingtième". Il s'intéresse à la peinture et apprend ses techniques auprès du peintre Louis Cambier. Il imagine le personnage de Corentin Feldoë durant la guerre, mais n'en entame véritablement les aventures que dans le premier numéro de "Tintin", en 1946. En effet, Hergé ayant été séduit par son dessin, l'engage dans sa première équipe. Il a auparavant réalisé "Le canyon mystérieux", sa première bande dessinée, à partir d'un scénario signé par un mystérieux Olav... et qui n'est autre que le pseudonyme commun de Hergé et Jacobs en personne !
Virtuose du dessin, il va en parallèle mener une carrière houleuse et alimentaire de dessinateur de bande dessinée, et une autre de peintre et illustrateur.
En 1960, il crée "Flamme d'Argent", sur des scénarios de Greg et, en 1962, "Wapi", avec Acar et Benoî. Il reprend également - superbement - le personnage de Line.
Amoureux du corps féminin, il peut s'adonner à cette passion avec le sublime "Epoxy" qu'écrit pour lui un jeune débutant, Jean Van Hamme. Ce grand maître de la bande dessinée - un art qu'il méprisait - meurt le 5 août 1978, après une longue maladie.

23 novembre

1972 Le Scrameustache apparaît dans "Spirou". Cet extra-terrestre a été découvert par un jeune garçon, Khéna, qui vit dans un petit village tranquille aux côtés de son oncle Georges. A trois, ils vont vivre des aventures se déroulant, tantôt dans les coins mystiques de notre monde, tantôt dans l'espace aux côtés de gnomes extra-terrestres gaffeurs et rigolos, les Galaxiens. Gos, le créateur, se fait assister par son fils Walt à partir de 1983. Celui-ci gère désormais la destinée des "Galaxiens", qui ont de plus en plus souvent l'occasion de vivre leurs propres aventures.

1970
"Bal tragique à Colombey : un mort". C'est ainsi que "L'Hebdo Hara-Kiri", le 16 novembre 1970, enterre le général de Gaulle (faisant allusion à un incendie meurtrier dans un dancing qui était survenu quelques jours plus tôt) et se fait interdire par le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin.
L'équipe de l'hebdomadaire ne se laisse pas démonter pour autant et sort, la semaine suivante, "Charlie Hebdo". La publicité faite, une semaine plus tôt, par l'interdiction, propulse immédiatement ce journal, animé par une équipe de choc : le professeur Choron, Cavanna, Reiser, Wolinski, etc. Mais, cinq ans plus tard, la dégringolade commence. Les ventes s'érodent lentement, et il s'interrompt au numéro 580, en 1981. Il est enterré lors d'une émission "Droit de Réponse" historique où le professeur Choron, ivre-mort, provoque un énorme scandale. Un enterrement icônoclaste pour un journal icônoclaste. Normal.
Il faudra attendre 1992 avant qu'une nouvelle équipe le relance, sans génie malgré les grandes signatures qui y participent : Tardi, Gébé, Cavanna...

24 novembre

1924 Jacques Devos naît à Bruxelles. Il travaille durant vingt ans dans l'entreprise de vélos paternelle et ne se lance dans la bande dessinée qu'en 1961. Ce sont d'abord des mini-récits, puis des scénarios pour Salvé - "Tim et Tom" (1962) puis "Whamoka et Whikilowat" (1963) - et pour Kiko - Djinn (1964). Avec Hubuc comme scénariste, il crée "Alertogas et Saxophon" puis le remarquable Victor Sébastopol, une série d'humour au second degré. Son personnage le plus connu, Génial Olivier, est né en 1963 (albums Dupuis). Il a également réalisé le personnage de Steve Pops (Casterman) et raconté toute l'histoire des armes à feu dans "Spirou" au début des années 70. On lui doit enfin des "Chroniques extraterrestres" particulièrement astucieuses. Il est mort à Bruxelles le 27 janvier 1992.

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