100 ans de Bandes-dessinées 26

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30 septembre

1952
Philippe Sternis naît à Neuilly-sur-Seine. Ses premiers récits complets paraissent dans "Record" en 1974. Les suivants... en Espagne, à l'occasion d'un séjour prolongé. Après diverses collaborations oubliables, il réalise "Snark Saga" puis "Trafic", avec le scénariste Cothias, pour Okapi (albums Bayard, 1982). On le retrouve également dans la collection "Les grandes batailles de l'histoire", chez Larousse. En 1985, il lance "Memory" dans "Circus" avant de revenir à Okapi avec "La Rivière fantôme". Dargaud publie, en 1993, le magnifique album "Solo", qu'il dessine d'après un scénario de Claude Carré.

1er octobre

1970
Bernard Kouchner (oui, "le" Bernard Kouchner), Michel-Antoine Burnier et Jean-François Bizot rachètent les droits d'un petit journal de jazz né deux ans plus tôt et tombé en faillite : "Actuel". Il va devenir le titre phare de toute la culture underground des années 70. Ouverture vers la libération de la sexualité, vers l'utilisation des drogues douces, vers de nouveaux styles de vie telles que la vie en communauté, vers les philosophies orientales... il exprime toute la contestation d'une jeunesse sortie pleine d'espoirs des bouleversements qui ont succédé à mai 68. En parallèle, il diffuse les oeuvres des dessinateurs américains. Les Français peuvent ainsi y découvrir Crumb, Corben, Shelton aux côtés d'auteurs français tels que Gotlib ou Mandryka. Le journal s'interrompt en 1975, puis renaît de ses cendres dans une forme beaucoup plus esthétisante et intellectuelle à la fin des années 70.

1940 Richard Corben naît à Anderson, dans le Missouri. Il travaille dans l'animation de 1963 à 1972, mais collabore à la presse dite "underground" dès 1967, sous des pseudonymes divers. C'est en 1971 qu'est publié son premier chef-d'oeuvre, "Rowlf", qui lance sa carrière dans la presse d'horreur. Il participe ainsi aux revues "Vampirella", "Creepy" et "Eerie". L'Europe le découvre au début des années 70 grâce à "Actuel" puis à "L'Echo des Savanes". Son travail sur la couleur à l'aérographe, l'outrance de ses dessins, la violence qui émanent de son univers, marquent l'époque. Dès ce moment, ses albums se multiplient, chez divers éditeurs (Albin Michel, Glénat...)

2 octobre

1957 Jean-Richard Geurts naît à Jadoville, au Congo belge. A l'Indépendance de ce pays, il revient en Belgique et, après ses études, devient l'assistant de Francis pour une série allemande, les "Pikelsteiner", puis de Dupa, pour qui il réalise de nombreusesde Chlorophylle et de Cubitus. Un autre jeune dessinateur assiste également Dupa : Philippe Vandevelde. Ils sympathisent et, de cette amitié, naît l'un des plus fameux duos de l'histoire récente de la bande dessinée : Tome (Philippe) et Janry (Jean-Richard). Ensemble, ils travaillent encore pour Turk et De Groot, sur les séries "Robin Dubois", "Léonard est un génie" et "Clifton", puis ils proposent des jeux humoristiques au journal "Spirou" : les Jeureka, publiés à partir de 1979. A l'époque, l'éditeur du magazine cherche des dessinateurs pour reprendre le personnage de Spirou. Chaland s'y essaie, de même que Nic Broca et Raoul Cauvin et finalement Tome et Janry. Et c'est ce duo qui parvient à prouver ses capacités à poursuivre la série. "Virus" en est la première démonstration, pétillante d'humour tout en restant dans la tradition des grandes aventures de Franquin. Progressivement, ils imposent leur propre personnalité à la série et ils la font évoluer avec leur temps. En 1987, ils lui donnent une existence parallèle avec le génialissime "Petit Spirou" (le grand quand il était petit), une série d'une impertinence et d'une drôlerie sans équivalent. A tout moment, ils jouent avec les limites de la bienséance et font reculer celles de la censure. Avec finesse et intelligence, malgré les sujets très "cour de récréation d'école primaire". Janry est également le scénariste de "Passe-moi l'ciel", pour Stuf (Dupuis).

1950
Ce sont quelques enfants américains moyens. Ils jouent au base-ball, s'envoient des cartes tendres au "Valentine's Day", mangent des pop-corns et des corn-flakes et ont un beagle comme animal de compagnie. Oui, mais ils ne parlent pas vraiment comme des enfants américains moyens. Linus, qui en est encore à sucer son pouce tout en tenant son doudou de l'autre main pour se rassurer, cite des extraits des évangiles à tout propos; Schroeder joue tous les grands airs classiques qur son petit piano d'enfant; et Snoopy, le chien, hédoniste et fainéant, joue au philosophe, écrit des romans et vole sur sa niche à la poursuite du Baron Rouge. , de Charles M. Schultz, viennent aujourd'hui de faire leur apparition dans leur premier strip. Ils s'appellent encore "Li'l Folks" mais les personnages principaux sont déjà là, entourant le malheureux Charlie Brown et l'acariâtre Lucy dans un monde où jamais - JAMAIS - un adulte ne viendra montrer le bout de son nez. Les Peanuts abordent pourtant des thèmes bien adultes, comme la psychanalyse ou la théologie. Au fil des années, les personnages de base sont rejoints par d'autres, comme le petit oiseau maladroit Woodstock ou la petite soeur de Charlie Brown, Sally. Et installent, à raison d'un strip par jour et d'une planche hebdomadaire, l'un des univers les plus cohérents et les plus subtils de la bande dessinée américaine. Une bande dessinée pour habitués, jouant sans cesse sur des thèmes récurents, des "running gags". Le succès de cette série est universel : près de 70 pays la publient. Elle a été adaptée au dessin animé et se retrouve sous toutes les formes de produits dérivés : posters, objets, gadgets, cartes postales, etc. Elle est éditée, en français, par Dargaud.

1941
Jijé et Jean Doisy donnent naissance à un bel aventurier : . Cet enquêteur en assurances va vite déborder largement de ses fonctions initiales et parcourir le monde entier, jouant au Zorro des temps modernes, assisté par des amis de rencontre : le jeune Jacquot puis le pittoresque Gégène. Jijé en assumera seulement une partie des aventures : à son départ aux Etats-Unis, il confie la série à Eddy Paape, en 1946, qui la lui rend en 1956; il en poursuit seul les aventures jusqu'en 1963, année où il se fait assister de Mouminoux. Après son décès, René Follet reprend le personnage au début des années 80. Divers scénaristes - et non des moindres - se sont également succédé aux commandes de la série : Yvan Delporte, Jean-Michel Charlier, André-Paul Duchâteau, Jacques Stoquart. Quelques-unes de ses aventures sont toujours disponibles, aux Editions Dupuis.

3 octobre

1947 Nero débute ses mésaventures comme assistant du détective "Van Zwam". Marc Sleen, qui le représente sous la forme d'un flamand rondouillard, en fait un gaffeur, brave mais maladroit, un tantinet râleur mais bon vivant, tellement proche du public qui le lit qu'il éclipse vite son patron et devient le véritable héros. Une faune pittoresque l'entoure dans des décors très proches des quartiers populaires de Bruxelles ou des grandes villes de Flandres. Les aventures de Nero oscillent entre humour et fantastique mais, souvent, touchent à des thèmes plus sérieux, comme la protection de la nature. Il est l'un des personnages de bande dessinée les plus populaires de Belgique néerlandophone.

1924 Harvey Kurtzman naît à Mount Vernon, aux Etats-Unis. Dessinateur de comic books en tout genre, il crée en 1947 un studio graphique avec son comparse Bill Elder (studio où travaillera René Goscinny) et imagine de nombreux récits humoristiques, d'horreur, de science-fiction, de guerre... qu'il illustre lui-même ou qu'il fait réaliser par ses collègues, Wallace Wood, Bill Elder, Jack Davis, etc. C'est avec eux qu'il crée, en 1952, un journal qui va changer la face de l'humour : MAD. Jamais, dans toute l'histoire de la bande dessinée, un journal satirique ne va aussi loin dans la démesure et dans le délire. Son influence est considérable sur des humoristes européens comme Goscinny, Pétillon ou Gotlib. Suite à un désaccord financier avec l'éditeur, Kurtzman quitte ce journal en 1955, emmenant avec lui son équipe de fêlés. Il crée divers journaux, mais sans jamais retrouver le succès de Mad. En 1962, pour Playboy, il crée Little Annie Fanny, un pastiche d'une bande dessinée mélo, qu'il réalise jusqu'en 1988. Cette année-là, il publie ses mémoires ("My life as a cartoonist"). Deux ans plus tard, malgré une grave maladie qui commence à le ronger, il parvient encore à publier un album suivi d'une histoire des comics. Il meurt le 21 février 1933.

4 octobre

1948 Walt Kelly publie dans le "New York Star", un journal dont il est le directeur artistique, le premier strip de "Pogo", une série adaptée d'une bande dessinée qu'il avait publiée sans succès en 1941 à sa sortie des studios Disney. Cette série animalière met en scène un opossum dans les marais d'Okefenokee. Elle met un certain temps à s'imposer, mais finit par recueillir les suffrages des intellectuels américains, qui en font un immense succès. Walt Kelly y joue avec tous les codes de la bande dessinée et la typographie. Animalière, cette série est avant tout une satire de l'Amérique de l'époque et de ses personnalités politiques. Aux côtés de Pogo, placide et doux, du crocodile Albert, sentimental, on croise ainsi Kroutchev, Castro ou même McCarthy. Walt Kelly la continue jusqu'à sa mort en 1973. Cette série essentielle est ensuite reprise par son fils (pour le strip quotidien) et son épouse (pour la planche hebdomadaire). Elle a été adaptée en dessins animés en 1969.

1931 Dick Tracy débute sa première enquête dans le "Chicago Tribune". Il a de la chance, Dick Tracy. Son créateur, Chester Gould, comptait l'appeler "Plainclothes Tracy", ce qui aurait peut-être nui à sa carrière. Car son nom est désormais celui du plus célèbre détective de la bande dessinée américaine. C'est suite au meurtre de son futur beau-père qu'il s'engage dans la police. Il va mettre toute son énergie et toute son intelligence au service de la lutte contre le crime organisé qui pourrit alors les Etats-Unis. Des criminels hors du commun, pervers, monstrueux, difformes, sèment la terreur. Il va les combattre, utilisant les dernières techniques de la police scientifique. Malgré un dessin caricatural, la violence qui règne dans "Dick Tracy" est extrême, tant au niveau physique que psychologique. Cette époustouflante série, que Chester Gould a laissée à d'autres en 1977, a été adaptée à la télévision et au cinéma.

5 octobre

1996
Débute à Durbuy, un tranquille petit village belge, le festival de bande dessinée qui, pendant deux jours, va amener des centaines d'amateurs assoiffés de dédicaces et d'expostions. Les thèmes de cette année : la bande dessinée au Japon et les petits formats dans la bande dessinée. Infos : 19 32 86 21 24 28

1924
Louis Forton, créateur des "Pieds Nickelés", lance Bibi Fricotin. Même ton, celui de la fronde populaire face à la maréchaussée et à la bourgeoisie. Même dessin, simple et efficace, texte narratif sous image muette. Même humour, burlesque et bon enfant. Bibi est un gavroche débrouillard, qui fera le tour du monde et deviendra même détective et journaliste. A la mort de Forton en 1934, il passe entre les mains de Gaston Callaud puis, après la guerre, entre celles de Pierre Lacroix. Celui-ci lui adjoint son pote Razibus Zouzou, ramené d'Afrique noire. De nombreux scénaristes y collaborent, tels que Maric, Tibéri, etc. Ses aventures sont rééditées dans la collection "Les chefs-d'oeuvre de la bande dessinée populaire" par "Vents d'Ouest".

1921
Fred Funcken naît à Verviers, en Belgique. Il commence à treize ans, en dessinant des chromos pour des bâtons de chocolat belge. Il collabore aux magazines des Editions Dupuis ("Bonnes Soirées" et "Spirou") en 1939, mais ne publie de bandes dessinées que l'année suivante, dans le cadre de sa collaboration à un studio, celui de Guy Depière. Il crée "Bob Hunter" en 1941, puis participe à d'innombrables séries, sous d'innombrables pseudonymes, dans d'innombrables revues. En 1949, il se retrouve comme décoriste au magasin "L'Innovation" à Bruxelles et y rencontre sa future femme et collaboratrice : Liliane. Il revient aux Editions Dupuis en 1952, où il publie diverses illustrations, puis passe à "Tintin" où, après une histoire humoristique - "Le Trône de Gilgit" - il crée en 1953 "Le Chevalier Blanc", une série dont le premier épisode a été écrit par Raymond Macherot. En 1956, il commence à dessiner en duo avec Liliane. Leur premier bébé est Harald le Viking. Bien d'autres suivent : Jack Diamond (1959), Capitan (1963), Doc Silver (1967), etc. Ils se spécialisent dans la reconstitution historique et ils publient une "encyclopédie illustrée des uniformes et des armes de tous les temps" qui compte... 17 volumes (Casterman)..

6 octobre

1989 La bande dessinée a désormais son musée. L'un des plus beaux immeubles de Bruxelles, signé Horta, abrite le Centre Belge de la Bande Dessinée, alias CBBD. Une exposition permanente de planches de tous les auteurs belges et français est périodiquement enrichie d'expositions temporaires mettant en valeur un auteur ou une série. Mais le centre rassemble également une immense bibliothèque de bande dessinée où amateurs et chercheurs se croisent dans la passion commune des petites cases et des grands héros.

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