100 ans de Bandes-dessinées 28

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14 octobre

1996
Les Éditions du Lombard rejoignent leurs concurrents sur le NET. Après Dupuis en 1995, Dargaud en janvier 1996, Fluide Glacial au printemps 1996, Casterman en août 1996, on peut découvrir les nouveautés de l'éditeur belge en pointant son navigateur sur http://www.lombard.be

15 octobre

1973
Le "Nouvel Obs", en pleine gloire, publie une nouvelle série. Elle est signée par une femme, qui se moque avec cruauté du milieu intello de gauche - le public, justement, de ce journal - qu'elle observe avec un sens de l'ironie poussé. "Les Frustrés", avec leur nombrilisme et leur vacuité, lancent pourtant Claire Bretécher comme l'une des grandes humoristes de son époque. Ils seront suivis de bien d'autres portraits au vitriol : les autres ne perdent rien pour attendre !

1969
Yalek, de Denayer et Duchâteau, apparaît dans "Le Soir Jeunesse". Il est reporter à la chaîne de TV "Verify" et c'est à peu près la seule qualité que l'on puisse lui reconnaître.

1968
Olivier Rameau est un petit clerc de notaire bien mignon et bien sympathique. Avec Maître Pertinent, de quelques décennies son aîné, ils prennent un jour un petit tramway qui les mène... au pays de Nulle Part. Rêverose, plus exactement. Capitale : Hallucinaville. Habitants : givrés. Fous. Fantaisistes comme tout ce qui les entoure. Ce pays de rêve où tout est possible aurait bien pu accueillir une certaine Alice. Mais, ici, ce sont Dany et Greg qui sont aux commandes de l'univers et l'absurde bascule donc dans l'humour et l'aventure. Dans la poésie, aussi, énormément. Dont le plus beau représentant est assurément la blonde Colombe Tiredaille dont Olivier ne tarde pas à tomber amoureux. C'est en 1968, nous sommes dans "Tintin" et le monde, soudain, devient tout à coup rayonnant.

1959 Il est sans morale, jouisseur et il s'envoie en l'air par tous les moyens possibles, surtout les plus illégaux. Fritz the Cat, de Robert Crumb, incarne à lui seul les excès de la période de contestation de la fin des "sixties". Il était pourtant né bien plus tôt, dans un livre que son père spirituel auto-édita en 1959 et qui vivota jusqu'en 1965 où, dans le magazine "Help !", il montra son vrai visage. Idolâtré, ce chat épicurien dans un monde en décomposition connut une adaptation en dessin animé signée Ralph Bakshi, en 1972. Déçu, Crumb tua son héros la même année.

1951
Marc De Groide naît à Ixelles. Il découvre la civilisation orientale et se prend de passion pour elle. Il la traduit en 1979 dans des séries de bande dessinée : "Hito le Banni", aux Editions Deligne, et "Mutsuro", dans "Tintin, suivis en 1983 du maginfique "Kogaratsu", avec la collaboration du scénariste Bosse, l'histoire d'un samouraï dans le japon médiéval. Par son souci d'authenticité, par ses extraordinaires qualités graphiques, son prodigieux sens de l'esthétique, l'élégance de son dessin, Michetz s'impose comme l'un des grands dessinateurs de la décennie malgré une production très espacée (Dupuis). En 1990, dans la même veine, il lance "Tako" avec le scénariste Yann (Glénat). Il est le gros râleur de la série "Le Gang Mazda" (Dupuis). Ne lui dites pas que je vous l'ai dit, mais la caricature n'est pas du tout, mais pas du tout exagérée...

1905 Dans lesdu "New York Herald", un petit garçon nommé Little Nemo s'endort. Il se réveille dans le pays de Slumberland. Winsor McCay, qui s'est inspiré de son propre fils, Robert, signe la première planche de la plus somptueuse série de l'histoire de la bande dessinée. Avec le roi Morphée et la petite princesse, le nain Flip, qu'il va sans cesse y croiser, c'est tout un univers de rêve, de fantaisie et de fantastique qu'il va installer. Un joli conte qui en serait resté là si Winsor McCay ne l'avait pas raconté en révolutionnant complètement les technique de la bande dessinée par des cadrages audacieux, élégants, des mises en page de haute voltige cherchant avant tout l'esthétique et l'harmonie. L'influence de l'Art Nouveau y est très nette. Cette série connaît un succès extraordinaire. Elle est adaptée en dessin animé (par Winsor McCay lui-même), en comédie musicale, mais s'interrompt en 1914. Elle renaît en 1926, sans succès. La reprise de Robert McCay en 1947 connaît le même échec. Mais dès les années soixante, le travail de son père est reconnu pour ce qu'il était : un monument de l'histoire de la bande dessinée. Et ce chef-d'oeuvre est, heureusement, toujours disponible de nos jours.

16 octobre

1957
Goscinny et Attanasio donnent naissance à un bien sympathique dandy italien. Il parle avec oune accente sympatetico et il se débrouillerait pas mal pour gagner sa vie par de petits métiers... si son cousin casse-pieds Prosciutto ne croisait systématiquement son chemin, y accumulant les catastrophes. Cette série a connu bien des malheurs. L'abandon de Goscinny à la barre étant le pire, même si des scénaristes de talent lui ont quelquefois succédé, comme Greg ou Lucien Meys. Elle a donc lentement périclité, d'éditeur en éditeur, jusqu'à finir entre les mains de l'un d'entre eux qui n'hésita pas à la faire réaliser par une kyrielle de dessinateurs malgré le désaccord du créateur, Dino Attanasio. Une fin sordide en forme de procès pour une série qui méritait mieux.

1918 Il s'appelle Charles Dewisme, ce qui ne vous dit absolument rien. Son nom de plume, par contre, vous ne pouvez l'ignorer. Il signe Henri Vernes. Le père de Bob Morane a connu une vie aventureuse, en Asie, durant les années trente, puis dans la Résistance, durant la guerre, avant de publier son premier roman, en 1942. Il en publiera encore de nombreux, sous divers pseudonymes, avant de signer avec celui d'Henri Vernes. C'est en 1953 qu'il entre chez Marabout où, en décembre de la même année, il publie le premier "Bob Morane" dans la collection "Marabout Junior". Il en publiera plusieurs centaines, seul ou avec l'aide de "nègres". Le fameux aventurier est adapté en bande dessinée (albums Lombard) en 1959 avec la collaboration de Dino Attanasio, pour "Femmes d'Aujourd'hui". D'autres auteurs se succèderont, avec plus ou moins de bonheur : Forton, Vance, Coria. Il est également le scénariste de "Karga, le 7e Univers", pour Beautemps (Lombard).

1996
Nous y voilà. C'est la date officielle du centenaire de la bande dessinée. Pourquoi cette date et pas une autre ? Parce qu'il y a cent ans, aujourd'hui, un petit bonhomme vêtu d'une longue tunique jaune, le "Yellow Kid", parlait pour la première fois en utilisant un ballon... euh, un phylactère. Bon anniversaire, Madame Bédé ! Et merci pour tous nos bonheurs d'enfants, nos délices d'adultes et tant d'instants délicieux au creux de vos bras.

1953
Johan De Moor, fils du célèbre Bob, étudie le graphisme à Saint-Luc, à Bruxelles, et se lance d'abord dans la caricature politique, au début des années 80. Il reçoit de nombreuses distinctions. Il reprend ensuite la série "Quick et Flupke", intégrant parfaitement le trait et les techniques d'Hergé (Casterman) mais, par la suite, tente de quitter ce moule pour se trouver une personnalité graphique. Avec Desberg, il lance "Gaspard de la Nuit", où il se détache partiellement de l'influence Hergéenne et se dirige vers un fantastique plus flamand, inspiré de Jérôme Bosch. Après la mort de son père, il termine l'ultime "Cori le Moussaillon" de celui-ci, et lance "La Vache", toujours avec Desberg, dans (A suivre).

1948
"Tarawa, Atoll Sanglant" paraît dans "Le Moustique". Ce long récit de guerre, qui se déroule dans le Pacifique, est signé Charlier (pour une partie du dessin et le scénario), et Hubinon (pour le reste du dessin), les auteurs de "Buck Danny", assistés d'Albert Weinberg.

18 octobre

1996
Canal+ diffuse aujourd'hui son ultime "minute BD". Cela fait un an que, chaque jour, Alexandrine Duez nous propose un reportage insolite sur un moment, un auteur, un héros de BD. Elle a bien mérité de se reposer, mais le virus de la BD ne lâche pas son animatrice une fois qu'il lui a été inoculé. Voyez à la date du 20 octobre...

1973
Walt Kelly, le père de Pogo, est parti rejoindre définitivement son opossum préféré dans les marais d'Okefenokee.

1969
La Jungle en Folie, de Godard et Mic Delinx, qui paraît aujourd'hui dans "Pif Gadget", est une très nette réminiscence de l'oeuvre de Walt Kelly. Ici, le marais est une jungle qui, comme son nom l'indique, est peuplée d'animaux complètement fous. Mais l'esprit règne : humour satirique et jeux de mots (calembours à la française). Ces gags et récits complets ont été publiés chez Dargaud.

19 octobre

1996
Le centre belge de la bande dessinée organise un colloque international consacré à l'origine de la bande dessinée : les précurseurs et inventeurs. Venus de Belgique, d'Allemagne, d'Espagne, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de France et même des Etats-Unis, des experts tenteront, peut-être avec des mots simples, clairs et accessibles à tous (on peut rêver...) de nous faire connaître ceux dont le grand public ignore l'existence et qui, pourtant, ont jeté les bases de la bande dessinée.

1955
Un couple d'adultes bien gentillets, , se présente aujourd'hui aux lecteurs du journal "Tintin". Leur vie raisonnable serait bien tranquille s'il n'y avait régulièrement l'apparition de deux nuisances : les neveux de Modeste et son ami Félix. Les premiers sont des enfants remuants, des triplés bruyants qu'il n'est finalement pas trop difficile de dresser. Mais contre les casse-pieds, disait la Castafiore à Séraphin Lampion, il n'y a pas d'assurance. Et Félix est de la même trempe que le courtier des assurances Mondass. Lui, est vendeur en porte-à-porte d'un peu de tout et de n'importe quoi. Des objets calamiteux qui mènent souvent à la catastrophe. Si on y ajoute un voisin particulièrement désagréable, Ducrin, et un autre très encombrant, Dubruit, on comprend que Modeste, parfois, soit sorti de ses gonds. Lancé et dessiné avec génie par Franquin en 1955, aidé par Goscinny et Greg (excusez du peu...), Modeste et pompon seront repris au début des années soixante par Dino Attanasio, puis en 1968 par Mitteï et Foal (alias Seron, le père des "Petits Hommes") sur des scénarios de Godard, suivis de Griffo, Walli et Bom (albums Lombard).

20 octobre

1996
Canal+ rend hommage à la bande dessinée avec une demi-journée de voyage sur la planète BD. De midi à minuit, la chaîne sera intégralement ouverte au neuvième art : un réjouissant délire de films d'animations, de longs-métrages en chair et en os, de documentaires, de dessins animés, de cases et de bulles d'un peu partout dans le monde. Alexandrine, promis, dans quelques heures tu pourras dormir. Enfin !

1940
Nikita Mandryka naît à Bizerte, en Tunisie. Il débute dans le journal "Super-Digest" vendu par son épicier, mais fait ses véritables premiers pas en 1964, dans "Vaillant", avec le reporter Boff. C'est l'année suivante qu'il donne naissance au personnage qui le hantera tout au long de sa carrière, le Concombre Masqué (Dargaud puis Dupuis). Il poursuit dans la voie du non-sense avec "Les Minuscules" en 1967, puis "Ailleurs", en 1969. En parallèle, il colabore déjà depuis 1966 au journal "Pilote", où il réalise quelques gags et récits complet avant de créer, avec Gotlib, en 1970, les "Clopinettes", des fables délirantes. L'un de ses récits du "Concombre" (passé à Pilote en 1971) ayant été refusé par Goscinny l'année suivante, il organise l'insoumission et fonde "L'Echo des Savanes" avec Gotlib et Bretécher. A ce titre, il est à l'origine d'un mouvement vers la bande dessinée adulte qui va bouleverser complètement le milieu de l'édition. Il abandonne la direction de ce journal à la fin des années 70, et devient rédacteur en chef de "Charlie Mensuel" puis de "Pilote". Il tente de faire renaître le "Concombre" avec l'aide des Editions Dupuis en 1989, mais sans succès. Nikita Mandryka a également été le scénariste de nombreux gags et récits complets pour divers auteurs.

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