100 ans de Bandes-dessinées 29

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21 octobre

1934
Paul Winckler, le fondateur d'une agence de presse représentant - entre autres - le King Features Syndicate, lance en France un magazine consacré à une petite souris qui commence à faire parler d'elle : Mickey Mouse. Ce sont les Editions Hachette qui financent ce lancement d'un journal où, aux côtés des productions des studios Disney, on trouve nombre de séries américaines du King Features Syndicate. Résultat : 300.000 exemplaires vendus ! Un succès tel que Walt Disney, qui n'y avait pas encore songé auparavant, rédige enfin un contrat autorisant Winckler à éditer son journal. Mickey, pendant des années, va permettre au public francophone de découvrir les héros de bande dessinée américains, aux noms le plus souvent francisés (et pas toujours de manière intelligente) : Jungle Jim, Pim, Pam, Poum, Luc Bradefer, Cora, Prince Valliant, etc. Le journal disparaît le 2 juillet 1944. Mais, le 14 octobre 1950, Mickey renaît... de Belgique. Le succès est à nouveau important : 100.000 exemplaires rien que sur le territoire belge. A côté des séries américaines et des bandes dessinées Disney, on commence à trouver des planches originales. Elles sont signées par quelques auteurs belges, dont Tibet. En 1952, Mickey renaît également en France. Il atteindra, dans les années 50, le nombre faramineux de 550.000 exemplaires ! Le studio de Tenas et Ralli, là aussi, ajoute une tonalité européenne avec des séries originales. De nombreux auteurs viendront, plus ou moins ponctuellement, y collaborer : Jean Ache (Nic et Mino), Paul Gillon (adaptations de feuilletons télé comme "Le Temps des Copains" ou de films Disney), René Follet (Les Zingari), Tranchand (Marine, l'Ecole Abracadabra), Florence Cestac (les Déblok), etc. Le journal de Mickey, avec un concept inaltérable, avec l'image rassurante des personnages de Disney, avec une puissance marketing considérable, a réussi à rester un magazine à gros tirage malgré la crise de la presse. Le renouveau de Disney à la télévision n'y est pas innocent.

22 octobre

1996
Ils viennent du Zaïre et ils sont dessinateurs de bande dessinée. Ils sont jeunes et ils sont lauréats d'un concours proposé par Ti Suka, La Vénerie et le Centre Wallonie-Bruxelles situé à Kinshasa (et dont on se demande ce qu'il peut bien faire là...). Ils sont donc doués et ils exposent au Centre belge de la Bande dessinée, 20, rue des Sables, 1000 Bruxelles, jusqu'au 1er décembre. Infos au 19.32.2.219.19.80

1954 George McManus, le créateur de la Famille Illico ("Bringing Up Father"), disparaît. Il était né le 23 janvier 1884.

1934 Terry, un jeune garçon américain, hérite de son grand-père : une carte au trésor. Il part à l'aventure, accompagné de son ami Pat Ryan, du cuisinier George Webster Confucius (plus simplement appelé Connie) et de la belle Dale Scott. En mer de Chine, où est censé se trouver le trésor, les sales pirates jaunes pullulent, que Terry va donc devoir affronter. "Terry and the Pirates" est né et Milton Caniff en est l'auteur. Cette bande dessinée superbe, l'une des plus passionnantes séries américaines d'aventure, devient l'un des grands mythes de l'histoire, à la fois par la maîtrise de Caniff dans le dessin en noir et blanc et par la qualité des scénarios, denses et laissant une large place à la psychologie des personnages. Milton Canif passe cependant la main à George Wunder en 1946. Il poursuivra la série jusqu'en 1973.

23 octobre

1958 Scène de la vie quotidienne. Nous sommes en 1958.
- Franquin, passe-moi le... euh...
- Le quoi, Peyo ?
- Le, euh... Oh, passe-moi le Schtroumpf !
C'est par un trou de mémoire que commence la carrière du plus fabuleux peuple de lutins de l'histoire de la bande dessinée. Nés dans une aventure de Johan et Pirlouit (La Flûte à six Schtroumpfs), nos petits bonshommes bleus vont vite en sortir pour vivre leur propre existence dans ce pays maudit où le plat de salsepareille serait tant agréable à déguster s'il n'était périodiquement gâché par les apparitions de l'immonde Gargamel et de son chat Azraël. Les Schtroumpfs, mis à part ce détail, sont heureux autour de leur Grand Schtroumpf. Ils ont, bien sûr, chacun leur petit grain de folie qui les distingue (le Schtroumpf grognon, le Schtroumpf moralisateur, le Schtroumpf costaud...) et qui met du piment dans leur existence de vieux célibataires multi-centenaires. C'est qu'au pays des Schtroumpfs il n'y a qu'une seule fille (créée à l'origine par Gargamel), ce qui ne semble pas les gêner outre mesure. Avec Yvan Delporte aux scénarios, les Schtroumpfs deviennent vite l'un des grands succès du journal "Spirou". Pour pouvoir mener de front leurs aventures et celles de ses autres héros, Peyo rassemble un studio autour de lui. Certains des plus grands dessinateurs du magazine vont y faire leurs premières armes : Walthéry, Wasterlain, Blesteau, Derib, De Gieter, etc. Au début des années 80, les studios Hanna-Barbera entament la réalisation de séries des dessins animés à partir des Schtroumpfs, devenus les "Schtroumpfs". Le succès est alors universel. On les retrouve partout, sous toutes les formes. Peyo lance un magazine, mais ne réussit pas à l'imposer. Il récupère les droits de ses personnages, mais les cède finalement au "Lombard", juste avant son décès. C'est son fils Thierry qui, depuis, gère l'héritage et tente de maintenir cet univers à un niveau convaincant. Ce qu'il ne réussit pas toujours.

1958
C'est une bande de potes comme la BD en a connus tant dans les années 50 et 60. Ils naissent aujourd'hui dans le magazine belge "Chez Nous" et c'est un marseillais qui est leur papa : Tibet, assisté de Greg pour les scénarios. Ils s'appellent le "Club des Peur-de-Rien", et Junior est leur leader. Autour de lui, les habituels clichés des bandes d'enfants : l'intello, le boulimique, le chienchien et le petit. On y trouve déjà, au travers des histoires aventuro-policières, l'humour de situation qui éclatera dans les aventures de Dog Bull et Kid Ordinn, dus au même Tibet. Le Lombard en a édité quelques aventures en albums.

1900
Otto Soglow naît à New York. Après des études artistiques, il publie des illustrations puis, en 1934, dans le quotidien "The New Yorker", le premier strip d'un drôle de roi débonnaire, "The Little King". Dessiné dans un style très géométrique, simple, linéaire, ce personnage s'impose pourtant progressivement avec le temps. Il faut attendre les années 60 pour qu'il soit reconnu par ses pairs. Otto Soglow a également collaboré à divers magazines, dont "Life". Il est mort le 3 avril 1975.

24 octobre

1961
Jean-François Di Giorgio naît à Marseille. Il exerce divers petits boulots avant de publier ses premiers essais de scénariste chez Deligne, en 1985, avec le dessinateur Mérezette. Il crée, en 1986, pour Griffo, le personnage de Munro, qui connaîtra plusieurs aventures chez Dupuis avant de disparaître. Avec Taymans, qui avait repris Munro avant sa disparition, il crée "Sam Griffith" chez Alpen en 1991, puis "Bouchon", une série pour petits inspirée de Petzi (Casterman). En parallèle, pour le "Lombard", il crée en 1990 "Les Pays Perdus", dessiné par Roels, puis, avec le même dessinateur, "Les Fous de Monk". Il a également écrit quelques récits complets pour le dessinateur Jung, dans "Spirou", en 1987.

1916 Robert (Bob) Kane naît à New York. Il entre au studio de Will Eisner en 1936 mais, en même temps, crée diverses séries réalistes et humoristiques. Il collabore aux futures publications "DC Comics" (alors appelées "National Comics") à partir de 1938. C'est là qu'il crée, en 1939, à la demande d'un des responsables qui cherchait un moyen de concurrencer Superman, le personnage de Batman, l'un des grands mythes de la bande dessinée américaine. Il le poursuit jusqu'en 1968, puis se consacre à la peinture. On lui doit également des séries de dessins animés : "Courageous Cat" et "Cool McCool".

25 octobre

1984 Inspiré par les récits de son aventurier de grand-père, Frank Le Gall imagine le personnage de Théodore Poussin. Ce banal employé dans une entreprise maritime, embarqué sur un navire en partance vers l'Indochine, vit les grandes aventures que l'on pouvait vivre à la fin des années 20. Sauf que celles-ci le mettent face à un personnage étrange, mystérieux, à la fois réel et fantastique, peut-être diabolique : M.Novembre. Au fil des albums (Dupuis), Frank Le Gall installe la personnalité de ses personnages, raconte leur enfance. La série s'axe de plus en plus vers le psychologique. En même temps, le dessin, à tendance humoristique au début, s'affirme, mûrit, se fait virtuose. Et Théodore Poussin s'installe parmi les plus grandes oeuvres de la bande dessinée de la fin des années 80.

26 octobre

1941 Robert (Bob) de Groot naît à Bruxelles. Il débute comme dessinateur au début des années 60. Il réalise ainsi des centaines de planches, pour les quotidiens belges et pour "Pilote". C'est pour ce journal qu'il crée, avec Fred, "L'agent caméléon 4x8=32". Mais il dessine également des récits et gags sur des scénarios de Reiser et de Hubuc. En 1968, il entame une longue collaboration en duo avec Turk. De celle-ci naît Archimède, un héros de mini-récits qui naît dans "Spirou". Et, en 1969, ils créent le fameux Robin Dubois (Lombard). L'année suivante, ils reprennent le personnage de Clifton, créé par Macherot et qu'avait repris Azara. De Groot décide alors de se spécialiser dans le scénario. Avec Turk, il crée encore "Léonard est un génie" mais collabore également avec différents auteurs. On lui doit ainsi la série "Des Villes et des Hommes" avec Francq (Dargaud), un épisode de Lucky Luke ("Le bandit Manchot", Dargaud), des épisodes de Chlorophylle, le Club des Peur-de-Rien, etc. Bob De Groot est l'un des grands scénaristes humoristiques de la bande dessinée contemporaine.

27 octobre

1983
Il n'a ni maman ni papa mais une mamy bonne comme un pain sucré. Son univers, c'est l'école, la maison familiale, les terrains vagues, les rues de son petit village et les chemins de traverse qui mènent à d'adorables petits bois. Jojo, un petit garçon sans histoire, apparaît aujourd'hui dans "Spirou". Il a comme copains le bon gros Gros Louis et comme copine Violaine et ses aventures sont celles des petits enfants : la visite médicale, le voyage scolaire, les sports d'hiver, les bagarres dans la cour de récré. Avec des thèmes aussi banals, André Geerts, l'auteur de Jojo, crée une bande dessinée qui sent bon le bonheur d'exister. Mais au fil du temps, ce côté bon enfant se teinte d'un humour de plus en plus incisif. Et, de simple série nostalgique et poétique qu'elle était au début, la série devient l'une des plus drôles jamais réalisées sur le monde de l'enfance. A découvrir absolument : c'est un pur chef-d'oeuvre d'humour.

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