100 ans de Bandes-dessinées 33

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24 juin

1928
Qu'est-ce qui, dans l'enfance du petit Yvan Delporte qui naît aujourd'hui, va lui donner ce grain de génie qui en fera l'un des personnages les plus fous de la bande dessinée ? Mystère... Mais le fait est que, dix-sept ans plus tard, lorsqu'il entre aux Editions Dupuis, celles-ci ne savent pas encore quelle enclume vient de leur tomber sur la tête. A l'origine, Yvan Delporte est là pour retoucher les bandes dessinées américaines, jugées un peu trop "hot" pour le sage public de Spirou. A l'aide de pots de gouache blanche et noire et de pinceaux, il aplatit les poitrines trop généreuses des héroïnes venues d'une Amérique qui ne s'était pas encore réveillée puritaine. Après avoir fait ses premières armes sur un scénario de Valhardi, pour Paape, il est nommé rédacteur en chef de "Spirou" en 1955. L'histoire de ce magazine est irrémédiablement marquée par le passage de ce grand loufoque. C'est lui qui a l'idée de publier un petit livre en centrales du journal : les mini-récits, qui permettront à des dizaines de créateurs de faire leurs premières armes. C'est avec lui que Franquin crée le premier anti-héros de la bande dessinée, un gaffeur nommé Gaston. Il anime en permanence les rédactionnelles, donnant une véritable vie à la rédaction : les collaborateurs auront ainsi à partager leurs heures de bureau avec un lionceau et, une autre fois, une vache. Il réalise en parallèle des scénarios pour les plus grands auteurs : Roba, Franquin, Peyo, Hausman, Jidéhem. Une activité de scénariste qu'il n'interrompt pas quand il est démissionné en 1968. Il collaborera encore avec Will, Jannin, Follet, Claire Brétecher, Ryssack, Ténas, Carine de Brabanter, etc. Avec son complice Franquin, il collaborera aux dessins animés des "Tifous" et à leur adaptation en feuilleton dans le journal "Spirou", puis aux "monstres". Eternel animateur, un tantinet anarchiste, il crée un supplément à "Spirou" qui fera date : "Le Trombone Illustré", qui sera suivi, dans "(A suivre)", de "Pendant ce temps à Landerneau". Il est l'un des membres fondateurs de l'UBCHIC, une association de créateurs de bande dessinée dont l'une des vocations est d'aider les jeunes auteurs. Et, depuis 1995, il fait partie d'un groupe de jeunes musiciens et chanteurs, le "Marcinelle all stars band", à qui il apporte son double talent de chanteur et de parolier. C'est que l'homme à la barbe rousse que l'on retrouvait dans tant de planches de bande dessinée dans le "Spirou" des années 50 et 60 est également un amoureux de la langue française, à la plume spirituelle et riche en créativités verbales. Il est probablement la muse en chair et en os de Franquin, mais il est tellement modeste qu'il refusera toujours de l'admettre.

25 juin

1928
, le créateur des lutins les plus célèbres de l'histoire de la bande dessinée, les Schtroumpfs. Mais ne brûlons pas les étapes. Donc, Peyo rencontre Morris, Franquin et Eddy Paape avant que le studio CBA ferme ses portes. Il se tourne provisoirement vers la publicité, mais réalise en parallèle de premières bandes dessinées. Elles paraissent dans "La Dernière Heure". C'est là que naît "Johan" en 1946. Il collabore également ponctuellement à des revues scoutes. En 1950, Johan passe à la concurrence, "Le Soir" - où Peyo crée également le chat Poussy en 1949 - puis atterrit à "Spirou" en 1952. Il y rencontre un lutin qui terrorise les paysans voisins du bois aux Roches : Pirlouit. En 1958, un mage les expédie au pays Maudit, où ils rencontrent les fabuleux petits nains bleus qui feront le tour du monde, les Schtroumpfs. Le succès est tel qu'ils sortent des albums de Johan et Pirlouit pour vivre leurs propres aventures, d'abord en mini-récits, puis en feuilletons dans "Spirou". En 1960, l'écurie Peyo est rejointe par Benoît Brisefer, le petit garçon le plus fort du monde - sauf quand il s'enrhume. Peyo crée ensuite Jacky et Célestin pour "Le Soir Illustré", mais cède les personnages à ses assistants, qui y font leurs premières armes. Car Peyo a désormais un studio où des jeunes dessinateurs talentueux lui donnent un sacré coup de main. L'école Peyo semble particulièrement efficace car la plupart deviennent célèbres ensuite : Roger Leloup, François Walthéry, Gos, Francis, Azara, Wasterlain, De Gieter, Derib, Blesteau, etc. Il a bien besoin d'eux : les nombreuses séries qu'il gère ne peuvent être dessinées par un seul homme. Et les nombreux produits dérivés des Schtroumpfs nécessitent un travail de création considérable. Au début des années 80, les petis personnages sont adaptés en dessins animés par les studios "Hanna et Barbera". On les retrouve dans le monde entier, une revue mensuelle est créée, des objets de toutes sortes sont fabriqués à leur effigie, un parc d'attractions est créé autour de l'univers. La surcharge de travail est telle pour Peyo que sa santé commence à s'en ressentir. Les attaques cardiaques vont se succéder et l'user prématurément. Il s'en va le jour de Noël 1992. Ce jour-là, la bande dessinée perd le plus grand de ses enchanteurs.

26 juin

1947
Eugène Gire entame les aventures rocambolesques de la Pension Radicelle, une équipe de locataires farfelus dirigés fermement par leur logeuse, mademoiselle Radicelle. Tante Bouille, la grosse cuisinière, Saturnin, le savant rêveur et bricoleur, le poète Isidore et tous les autres vivront des incroyables mésaventures tout autour du monde, durant près d'un millier de planches,jusqu'en 1968, dans le magazine "Vaillant"/Pif/Pif Gadget. Ils devront s'arrêter à cause d'une grave maladie de leur créateur.

27 juin

1996
Une exposition "Hugo Pratt - Voyages littéraires" démarre aujourd'hui à l'Hôtel de Ville de Bruxelles. Comme son titre l'indique, elle présente "les récits pictoraux et littéraires qui ont jalonné la vie de globe-trotter de l'auteur de Corto Maltese. Confrontation du trait et du texte, ses gouaches et aquarelles issues de carnets de voyages sont le reflet poétique d'une carrière qui s'est construite sous différentes latitudes tant sentimentales que géographiques. Les instants saisis par Hugo Pratt invitent au voyage, ouvrent une porte vers l'évasion. Ses paysages s'animent comme par enchantement dans l'imaginaire de celui qui s'y plonge. Ses aquarelles campent une action à venir empreinte de liberté. Chronique d'aventures, de périples et de rencontres que l'on retrouve dans ses bandes dessinées. Une soixantaine d'oeuvres réparties selon 9 thèmes (le romancier Robert Louis Stevenson - les Indiens d'Amérique du Nord au 18e siècle - l'Occident - l'Irlande - l'Afrique - la Suisse - l'armée de l'Empire britannique - l'océan Pacifique - l'écrivain et aviateur Antoine de Saint-Exupéry) seront exposées jusqu'au 8 septembre dans le prestigieux hôtel de ville de Bruxelles, sur la Grand Place. Informations : Christine Mawet 19.32.2.511.79.90

1956
Philippe Adamov naît à Londres. Dessinateur d'animation, il collabore d'abord à "Gandahar", de René Laloux, avant de s'orienter vers l'illustration de science-fiction, tout en poursuivant des travaux d'animation sur "Ulysse 31". Il entame une carrière de dessinateur de bande dessinée en 1983, avec "Seul au Monde" (scénario de X. Séguin, dans "Okapi"), suivi en 1985 de l'admirable et étonnant "Vent des Dieux", qu'il délaisse après cinq albums, et des "Eaux de Mortelune" (tous deux scénario Cothias, Ed.Glénat), qui installent son style baroque. Au début des années 90, il crée en solo "Dayak", une trilogie parue chez Glénat.

1955
Jean-Charles Kraehn naît à Saint-Malo. C'est aux cours du soir qu'il apprend le dessin et, comme tant d'autres, c'est dans des revues scoutes qu'il publie ses premières illustrations. Après plusieurs années de récits historiques sans intérêt, il crée, en 1984, la série des "Aigles Décapitées" avec Patrice Pellerin (Glénat). Par la suite, il reprendra le scénario, et cèdera le dessin à Michel Pierret. Il collabore ponctuellement à l'excellente revue "Je Bouquine" qui fait de plus en plus appel aux talents des dessinateurs de bande dessinée, puis crée, en 1989, chez Glénat, "Bout d'Homme" et, en 1993, chez Dargaud, "Tramp", une série contemporaine que dessine Patrick Jusseaume.

1953
Naît Jean Pleyers. Il devient assistant de Gérald Forton en 1966, qu'il aide à réaliser les aventures du cow-boy Teddy ted pour Pif Gadget. Il collabore également à la série "Tiger Joe" avec un album, "Safari pour espion", que scénarise Duchâteau. On le retrouve ensuite dans "Le Soir Jeunesse", puis aux Editions Deligne, à "Spirou" (avec les éternelles histoires de l'Oncle Paul) et à "Tintin". Paul Cuvelier fait appel à lui pour l'aider sur une aventure de Line, "La Caravane de la Colère", en 1971, puis il adapte de façon alimentaire des romans du "Fleuve Noir" pour les Editions "Artima". Après trois années passées aux Antilles, il devient assistant de Jacques Martin qui le fait travailler sur "Alix" puis qui lui propose la série "Xan", qu'il commence au "Lombard" et poursuit chez Casterman en la débaptisant "Jhen". En 1981, il crée "Les Etres de Lumière" qui connaîtront plusieurs épisodes très "Jacobsiens" aux Humanoïdes Associés. Finalement, il retourne à ses premières amours, les scénarios de Jacques Martin, qui lui propose en 1992 la série "Kéos" (Hélyode).

1937
Naît André Chéret. Après quelques illustrations et quelques histoires oubliables, il entre au journal "Vaillant" en 1962, où il reprend le personnage de Bob Mallard, qu'il dessinera durant sept ans. Il publie en parallèle des séries alimentaires (comme Vidocq, dans "Télé-Feuilleton"), et crée en 1969 ce beau blond musclé et imberbe de l'âge de la pierre qu'est Rahan (sur des scénarios de Lécureux). Le "Fils des âges farouches", quelque anachronique qu'il soit, obtient un succès considérable. A tel point que les éditions "Vaillant" lui offrent son magazine, un trimestriel qui naît en 1971. En 1973, avec Greg puis Van Hamme, il crée l'hilarant Domino pour le journal "Tintin" (Lombard), qui ne connaît malheureusement pas le succès qu'il mérite. Puis il commence à se disperser et la qualité de ses productions finit par s'en ressentir. Tout en poursuivant rahan, il se retrouve dans "Les Visiteurs du Mercredi" avec Anaël, sur scénario de Sacha, dans "Spirou" avec Michel Brazier, sur scénario de Charlier, dans "Mickey" et même dans la médiocre "Encyclopédie en bandes dessinées" des Editions Auzou. Les derniers albums de Rahan sont parus aux Editions Novedi, reprises ensuite par Dupuis.

1936
Naît Luc Maezelle, alias Mazel. Architecte, il débute dans "Spirou" avec la traditionnelle histoire de l'Oncle Paul au début des années 60, puis passe à "Tintin" où il signe quelques récits complets et un feuilleton intitulé "L'Affaire Tarentule".Il participe aux dessins animés des studios Belvision, signe quelques dans "Pilote" (sous le pseudonyme de ZEMM), puis crée "Bôjolet et Riesling" dans "Tintin" en 1964. En 1966, il y donne naissance à Fleurdelys, un sympathique mousquetaire imaginé par Vicq. C'est en 1969 qu'il donne naissance à sa première série importante, dans "Spirou" : "Câline et Calebasse", qui deviendront plus tard "Les Mousquetaires" et que scénarise Raoul Cauvin. Il entre au studio de Greg, qu'il assiste sur "Les As" pour "Pif Gadget", journal où il publie également "Coyote Bill" qui, comme son nom l'indique, est un western humoristique (scénario Dédé). En 1975, il crée pour "Spirou" un pastiche de Tarzan, "Boulouloum et Guiliguili", que scénarise Raoul Cauvin, et qui sera rebaptisé "Les Jungles Perdues". Avec Frydman, il publie également dans "Spirou" la cow-girl Jessie Jane en 1981. Au début des années 90, il abandonne les Mousquetaires pour lancer, toujours avec Cauvin, les gags des "Paparazzi".

28 juin

1954
Benoit Sokal naît à Bruxelles. Il fait partie de l'équipe qui, derrière Claude Renard, à l'"Atelier R" de l'Institut Saint-Luc à Bruxelles, vont apporter un sang nouveau à la fin des années 70. On le retrouve ainsi dans la revue de cet insitut, "Le 9e rêve". Il débute à (A suivre) dès les premiers numéros avec des récits noirs, que suivra le personnage qui le rendra célèbre : Canardo. Ce privé nostalgique et désabusé, périodiquement imbibé, inspiré du look de "Columbo", n'est autre qu'un canard vivant dans un monde animalier noir et dégoulinant de poisse. Les personnages qu'il y crée ont une réelle force psychologique malgré leur anthropomorphisme, et le moindre n'est pas le diabolique chat Raspoutine. En 1987, pour le même magazine, il publie une bande dessinée dans un tout autre genre, plus réaliste, "Sanguine" (avec Populaire). En 1995, il publie un magnifique roman en bande dessinée, "Le vieil homme qui n'écrivait plus".

1944
naît à Toulouse. Il publie son premier album, "Lone Sloane", en 1966, chez Eric Losfeld. L'échec de ce premier titre l'oriente alors vers le théâtre, mais il n'abandonne pas pour autant le dessin : il dessine de nombreuses illustrations de science-fiction, adapte "Elric le Necromancien" de Moorcock avec Michel Demuth, et finit par imposer son personnage de Lone Sloane à "Pilote" en 1970. Il tombe à point nommé : en pleine réorientation vers un public plus adulte, le journal cherche de nouveaux créateurs. Ses mises en baroques, d'une complexité inouïe, se lisant sur plusieurs plans, nécessitant des dessins sur des planches proches du mètre carré, innovent totalement par rapport à la bande dessinée classique. La mise en couleurs agressive, le ton violent également. "Les Six voyages de Lone Sloane" précèdent "Délirius" (avec Lob), "Yragaël" et "Urm le Fou" (avec Demuth), tous chez Dargaud. A l'époque, la revue "Phénix" rassemble les amateurs de bande dessinée. Il y publie des planches en noir et blanc étonamment sobres par rapport à ses outrances pilotiennes. Son personnage, Vuzz, sera néanmoins également publié chez Dargaud. Chez cet éditeur, c'est la crise. Des auteurs font cessition et lancent leur propre journal : "Métal Hurlant", en 1975. Il en devient l'un des piliers tout en continuant à travailler pour "Pilote", où il dessins entre autres Nosferatu, puis Salammbô. En 1975, toujours, il entame un album désespéré, cri de douleur après le décès de sa femme, "La Nuit", qu'il publie dans "Rock & Folk". Il écrit également des scénarios pour divers auteurs, dont Alexis, Gotlib, Moebius, Eberoni, etc. Ses talents de créateur le mettent en contact avec d'autres disciplines. On fait appel à lui pour le "Wagner Space Opera" à l'Opéra de Paris, en 1978, pour la rénovation du métro de la porte de la Villette, à Paris (en 1985), pour des productions de dessins animés ("L'enfant bleu", pour Antenne 2, en 85), pour un clip de William Sheller ("Excalibur"), pour des affiches de films ("La guerre du feu", "Le Nom de la Rose"). Sculpteur, peintre, il monte également un spectacle pour la Géode de la Villette, à Paris, "La bataille de Salammbô".

1934
Georges Wolinski naît à Tunis. Il collabore à Hara-Kiri dès sa première époque, au septième numéro, avec des récits très inspirés par la folie et le graphisme du journal "Mad" des années 50. Son dessin d'alors n'a rien à voir avec la simplicité qu'on lui connaîtra plus tard. Il y adapte également "Le Reine des Pommes" de Chester Himes. Pour les Editions Pauvert, il réalise un "Carnet de Croquis" en 1966 puis, en 1968, avec Siné, il crée un journal satirique, "L'Enragé". En 1969, il participe à l'aventure de "Hara-Kiri Hebdo" qui deviendra "Charlie Hebdo" après son interdiction à la vente. Il devient le rédacteur en chef de "Charlie Mensuel" en 1970, poste qu'il occupera durant onze ans. Grâce à lui, toute une génération découvrira les classiques de la bande dessinée américaine (dont les "Peanuts", "Li'l Abner", "Keazy Kat", "Dick Tracy", etc) et de grands créateurs du monde entier (Muñoz et Sampayo, Crepax, Jacobitti) et de France (Autheman, Masse, Pichard). Avec Georges Pichard, il y crée la pulpeuse et érotique Paulette en 1970. Très à la mode dans les milieux intellectuels parisiens, on le retrouve de plus en plus dans la presse d'information de gauche : Libé, L'Huma, Le Nouvel Obs, etc. Ses oeuvres de jeunesse ("Je ne pense qu'à ça", "Le Roi des Cons") sont adpatées au cinéma et au théâtre. Il collabore également à de nombreuses émissions de télévision. On retrouve ses albums - inégaux et, pour certains, vieillis car trop attachés à une époque - chez divers éditeurs, dont J.J. Pauvert, Le Square, E.Losfeld, Denoël, Dargaud, Albin Michel, etc.

29 juin

1946
Marc Wasterlain naît à Erquelinnes, en Belgique. Assistant de Dino Attanasio (pour "Modeste et Pompon"), il échappe heureusement à l'influence du dessinateur et entre au studio Peyo en 1966. Il y dessine ainsi nombre de planches de Benoît Brisefer et des Schtroumpfs, où sa patte très personnelle est immédiatement reconnaissable. En 1971, il crée pour "Tintin" les adorables "Bob Moon et Titania", une série de science-fiction destinée aux enfants. Puis, "Mr. Bonhomme", qui continue à le placer parmi les grands poètes de la bande dessinée. Dans l'éphémère journal "Achille Talon", il publie un tout aussi éphémère personnage, Lapomme. C'est en 1975 que paraît le sublime Docteur Poche dans "Spirou". Un univers gentil, des scénarios solides, rythmés où tout rebondit sans cesse, une poésie évidente, l'influence du Peyo des "Johan et Pirlouit" est là, mais avec une sacrée "patte" en plus. Wasterlain montre qu'il a tout compris de l'art de raconter une histoire, de tenir un public en haleine par un suspense renouvelé en permanence. Il s'impose, avec un dessin original, comme l'un des nouveaux grands auteurs classiques. En 1982, il crée, toujours pour "Spirou", l'équivalent féminin du personnage de Tintin : Jeannette Pointu. Cet infatigable travailleur offre également ses talents de raconteur à d'autres. Walthéry dessinera ainsi un épisode de Natacha qu'il a imaginé, de même qu'il écrira une aventure de la Patrouille des Castors. Il crée également d'autres personnages plus éphémères, comme Gill et Georges, pour Okapi, en 1985, ou Ratapoil, pour Marsu-Productions, en 1990.

1928
Jean-Louis Poisson, que la bande dessinée ne connaîtra que sous le pseudonyme Pesch, naît à Paris. Il travaille d'abord dans un atelier de tissus avant d'oser se lancer à son propre compte comme illustrateur humoristique et publicitaire. Vers la moitié des années 50, on retrouve sa signature dans diverses revues des Editions Fleurus, puis des Editions Mondiales. Des séries qu'il lance abondamment à l'époque, l'histoire de la bande dessinée ne retient rien. Il finit enfin par trouver sa voie en 1956 avec la reprise de "Sylvain et Sylvette" dont il réalisera des milliers de planches hebdomadaires, puis avec "Le Complot de Bec-en-Fer" (scénario de Robitaille, en 1961), un personnage qui connaîtra une éclipse de vingt ans avant d'être repris aux Editions Fleurus puis Lombard au début des années 80. En 1981, il reprend les "Pieds Nickelés".

30 juin

1990
Jacques Lob, le créateur de Submerman, de Blanche Epiphanie, de Superdupont, des "Mange-Bitume", de "L'homme au Landeau", du "Transperceneige", disparaît. Son portrait sera publié à la date du 19 août.

1982
Dans le numéro 53 d'(A suivre) qui est sorti ce mois-ci, commencent les "Cités Obscures", de Schuiten et Peeters. Dans ces villes, Samaris, Urbicande, Armilia, Brüsel, ce ne sont plus les hommes qui mènent l'aventure, mais les décors, les immeubles, les architectures. Les scénarios fantastiques de Benoît Peeters sont admirablement mis en valeur par la haute voltige des dessins de François Schuiten, qui imagine des architectures audacieuses, à l'esthétique poussée dans ses extrêmes. En-dehors de tous les genres classiques, inspirées des illustrations des romans de Jules Verne, des gravures anciennes, les histoires des "Cités Obscures", apparemment sans lien entre elles, constituent pourtant un tout. Ce chef-d'oeuvre ("Les Murailles de Samaris", "La Fièvre d'urbicande", "La Tour", "Brüsel", etc.), qui compte parmi les séries les plus importantes de la bande dessinée contemporaine, est paru chez Casterman.

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