100 ans de Bandes-dessinées 38

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15 juillet

1996
De Yakari à Red Road, un hommage est rendu au dessinateur suisse Derib par l'intermédiaire d'une exposition qui lui est consacrée au New Hôtel Siru, place Rogier à 1210 Bruxelles, jusqu'au 15 août. Infos au 19 32 2 217 75 80.

1996
L'oeuvre de Jean-Claude Servais montre magnifiquement le patrimoine architectural de la Gaume. Venez la découvrir grâce à l'exposition "Architecture rurale dans la BD contemporaine" qui a lieu à Virton, en Belgique, dans les caves de l'Hôtel de Ville jusqu'au 15 août. Infos au 19 32 63 57 89 04.

1956
Frank Pé naît à Bruxelles. Il étudie la bande dessinée à l'Institut Saint-Luc de Bruxelles et publie ses premières planches dans la rubrique "carte blanche" de "Spirou" en 1973. Passionné de nature (il élève à son domicile de nombreux reptiles, dont des crocodiles, et des insectes divers depuis son adolescence), il illustre la rubrique "Nature-Jeunesse" avant de créer les "Carnets de Broussaille", véritable ode aux beautés de la nature. En 1984, le personnage quitte ses carnets de notes pour vivre de véritables aventures, avec l'aide du scénariste Bom. Les auteurs y mêlent des thèmes naturistes et écologistes au fantastique et "Les Baleines Publiques" et "La nuit du chat", les deux derniers albums de Broussaille (Dupuis), sont de véritables événements. En 1994, Frank interrompt provisoirement ce sympathique personnage pour se consacrer à une oeuvre très ambitieuse, réalisée avec le scénariste Bonifay : "Zoo" (collection "Aire Libre", chez Dupuis). Il a également animé le journal "Spirou" avec un strip hebdomadaire, "L'élan n'aura jamais d'album" (Dupuis, 1984), et dessiné une aventure sans lendemain de Vincent Murat, "Comme un animal en cage", scénarisée par Terence, alias Thierry Martens, rédacteur en chef de "Spirou".

1933
Guido Crepax naît à Milan, en Italie. Après divers travaux publicitaires et des illustrations, il publie, en 1965, dans "Linus", les premières planches de la très sophistiquée et très érotique Valentina. Outre quelques récits réalisés en parallèle, il poursuit les aventures sado-masos de la belle italienne et crée d'autres héroïne tout aussi sulfureuses : Bianca en 1970, Belinda et Anita en 1973. Considéré par tous comme l'un des maîtres en bande dessinée de l'érotisme, il se tourne vers les grands auteurs du genre, qu'il adapte avec son style élégant, extrêmement efficace, dans des mises encomplexes où de nombreux flash-backs viennent se mêler à la narration. Il signe ainsi les magnifiques versions en bande dessinée d'"Histoire d'O" (en 1975), d'"Emmanuelle" (en 1979), de "Justine" (en 1980), de "Juliette" (en 1991), etc. Mais il serait injuste de réduire son oeuvre à cette seule facette érotique. On lui doit les admirables "L'Homme de Harlem" (en 1979) et "Le Point de non retour" (1982), tous deux parus chez Dargaud, ainsi que les adaptations de "Dr.Jekyll et Mr Hyde" (en 1984) et de "Dracula" (en 1988).

16 juillet

1952
Pierre Fournier naît à Dunkerque. Il débute dans "Spirou" grâce à la rubrique "cartes blanches", qui donna leur chance, dans les années 70, à des dizaines de jeunes auteurs. Mais c'est dans "Pistil" et "Mercredi" qu'il publie ses premières véritables séries. Dans ce dernier journal, il crée les premières moutures de deux merveilleuses séries qu'il reprendra bien plus tard dans "Spirou" : Gully (avec le dessinateur Dodier) et les Bogros. Dans ce journal, sous le pseudonyme Makyo, il crée "Jabouille" puis "Le Roi Rodonnal" et, enfin, avec Dodier, le détective Jérôme K. Jérôme Bloche (Dupuis). Auparavant, pour "Gomme" en 1981, il a donné naissance, avec le dessinateur Vicomte, à l'un des grands chefs-d'oeuvre de la bande dessinée contemporaine, "La Balade au Bout du Monde". Et, pour "Circus", en solo, le magnifique "Grimion Gant-de-Cuir"(Glénat), en 1983. Devenu l'un des grands scénaristes des années 80, il mène ses différentes séries de front avec un ton nouveau, original, et des univers personnels que l'on retrouve dans ses créations plus récentes : "Jordan, le Cycle des deux horizons" (avec Rossi, chez Delcourt, en 1990) et "Jeu du Pourpre" (avec Rocco, chez Glénat, en 1994).

1947
Cette journée est à marquer d'une pierre noire dans l'histoire de la bande dessinée. Dame Anastasie, avec l'aide du gouvernement français, vient d'ouvrir tout grands ses ciseaux et va censurer la bande dessinée grâce à une loi scélérate (toujours d'application aujourd'hui et prête à sortir dès qu'un censeur se réveillera) dite "de protection de la jeunesse". Ecoutons Annie Piloy, historienne de la BD : "Dès 1947 une proposition de loi en vue de la moralisation de la presse pour la jeunesse fut présentée par le Parti Communiste français à l'Assemblée Nationale et ce moins pour assainir réellement cette production que pour contrer l'invasion de la propagande américaine. Et il est vrai que, pendant l'entre-deux guerres, de très nombreux récits originaires d'outre-Atlantique avaient envahi la majorité des journaux pour enfants, attirés par leur faible coût. La démarche des communistes était simple: imposer 75% de productions autochtones, afin d'assurer à celle-ci des valeurs morales, certes, mais surtout patriotiques, jugées nécessaires tant à la sauvegarde de l'intégrité des enfants qu'à celle des intérêts professionnels nationaux. Malheureusement pour les communistes, si les catholiques embrayèrent volontiers sur l'aspect moral de la proposition, appuyés par la droite libérale, ils renoncèrent rapidement au quota des 75% de productions françaises. Ce fut donc sans les communistes que la loi qu'ils avaient proposée fut votée. C'est ainsi que la loi stipula, entre autres que les publications [pour la jeunesse] ne doivent comporter aucune illustration, aucun récit, aucune chronique, aucune insertion présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche, ou tous les actes qualifiés crimes ou délits ou de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse. Cette loi amena rapidement les éditeurs, craignant de voir leurs productions interdites de vente, à s'autocensurer ce qui aboutit, en 1966, à la création d'un Code Moral de l'Association des Editeurs. Il faut également préciser que tant la loi que le Code Moral sont toujours d'actualité, même si, entre-temps, la BD s'est émancipée et a conquis un public adulte. Mais c'est ainsi, par exemple, qu'encore en 1977 le magazine français "Ah Nana!", principalement produit par des femmes, s'est vu interdit à l'affichage et à la vente après 10 numéros, pour avoir, entre autres, abordé de façon trop explicite des sujets comme l'homosexualité féminine, l'inceste, etc..." Ajoutons encore qu'à cause de cette loi, tous les grands auteurs des années 50 et 60 ont eu en permanence une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, imposée par des fonctionnaires imbéciles qui interdirent ainsi les premiers albums de Gil Jourdan (car on y ridiculisait la police personnifiée par le pauvre commissaire Crouton), l'album "Billy the Kid" de Lucky Luke (Morris y avait représenté Billy, enfant, suçant un revolver en guise de biberon), et même les innocents Boule et Bill, accusés de ridiculiser le rôle du chef de famille !

1939
Le journal catholique "Petits Belges" publie les premières planches d'un duo d'enfants très dégourdis dont les frasques vont leur permettre de parcourir le monde. Le premier est blanc et s'appelle Blondin et le second, noir comme l'ébène, se prénomme Cirage. Leurs très sages aventures, racontées par le très catholique Jijé, pseudonyme de Joseph Gillain, sont pourtant trop effrontées pour les religieuses qui éditent la revue, et la série s'interrompt en 1942. Victor Hubinon lui redonne vie en 1947 dans "Spirou", mais leur véritable géniteur reprend ses enfants en 1951 jusqu'en 1963, année où, débordé par ses nombreuses activités, il doit définitivement demander à Blondin et Cirage de rester sagement dans leur chambre. (Dupuis).

17 juillet

1975
Vaughn Bodé meurt, dans des conditions atroces (prisonnier d'un étrangleur sado-maso dont le mécanisme libérateur ne s'est pas déclenché). Son portrait sera présenté le 22 juillet, date anniversaire de sa naissance.

1938
Hermann Huppen naît à Bévercé, en Belgique. Il apprend le dessin à l'Académie de Saint-Gilles, mais s'oriente plutôt vers la décoration d'intérieur. Son beau-frère Philippe Vandooren (futur rédacteur en chef de "Super As" et de "Spirou") l'oriente vers la bande dessinée. Il publie, dans une revue scoute qu'il dirige alors, ses premières planches qui sont remarquées par Greg. Celui-ci le prend sous sa tutelle, dans son studio de dessinateurs. Ensemble, ils créent le personnage de Bernard Prince, que publie "Tintin" dès 1966. Il signe Hermann, une signature qu'il n'abandonnera plus. L'année suivante, avec le scénariste Vernal, il crée "Jugurtha", qu'il abandonne en 1970 dans de bonnes mains, celles de Franz. En 1969, toujours avec Greg, il a créé "Comanche", un western dont l'héroïne est une femme. A la fin des années 70, il abandonne ses séries de "Tintin" et entame une collaboration avec un éditeur allemand, pour qui il crée une série de western post-atomique, "Jeremiah". Pour "Spirou", avec Philippe Vandooren (qui signe "Morphée"), il donne naissance à un personnage nettement inspiré de Little Nemo, "Nic". Par la suite, il se lie avec un agent yougoslave, Ervin Rustemagic, pour qui il dessine désormais et qui diffuse ses séries dans le monde entier. C'est ainsi qu'il crée "Les Tours de Bois-Maury", éditée en français par Glénat, et les nouveaux albums de "Jérémiah", désormais édités par Dupuis. C'est ce même éditeur qui publie, dans la fameuse collection "Aire Libre", "Missié Vandisandi" en 1991 puis le virulent "Sarajevo-Tango" en 1995, inspiré du drame personnel vécu par Rustémagic et sa famille dans l'enclave de Sarajevo. Par l'habileté de ses mises en page, par ses dialogues percutants, par la force de ses personnages, par sa maîtrise des techniques narratives, par la virtuosité de son dessin, Hermann s'en imposé en une dizaine d'années comme l'un des plus grands auteurs réalistes.

1932
Joaquin Salvador Lavado naît à Mendoza, en Argentine. Il suit des études artistiques à l'université de Cuyo, puis travaille en tant qu'illustrateur dans divers journaux de Buenos Aires. Il signe du pseudonyme de Quino. C'est en 1964 qu'il lance sa première bande dessinée, "Mafalda" (Glénat), une petite fille impertinente ayant un regard particulièrement incisif sur le monde des adultes et le Monde en général. Le succès de cette série de strips est universel mais, pourtant, Quino l'interrompt en 1973 pour se consacrer exclusivement au dessin d'humour.

18 juillet

1990
Disparaît Chaland. Il était né le 3 avril 1957.

1990
Disparaît Georges Dargaud. Il était né le 24 avril 1911.

1963
Le journal "Pilote" nous emmène dans l'archipel des Taitouamotus. Là, sur un atoll pittoresque, un brave citadin, Norbert, décide de s'installer définitivement pour profiter du calme apparent. Il se lie d'amitié avec un sympathique garçon polynésien, Kari. Divers personnages extrêmement pittoresques vont le suivre durant leurs six années de vie commune. Christian Godard, l'auteur, imagine un univers ubuesque où, souvent, la poésie et l'émotion viennent humaniser des récits axés avant tout sur le burlesque. Les jeux de mots fourmillent, les situations rocambolesques se multiplient, mais derrière tout cela, l'humanisme cher à Godard est toujours au rendez-vous. En 1969, malheureusement, la nouvelle formule du journal "Pilote" (qui le conduira à sa perte) interrompt la plupart de ses séries à suite et "Norbert et Kari" doivent donc profiter contre leur gré des bienfaits du hamac et du repos forcé.

1949
Florence Cestac naît à Pont-Audemer. Après des études artistiques, elle débute comme illustratrice dans les revues pour ados du groupe Filipacchi ("20 ans", "Mademoiselle Age Tendre", "Salut les copains"...). Elle reprend en 1972, avec Etienne Robial, la librairie "Futuropolis". En 1974, ils fondent les Editions Futuropolis, qui permettent au public français, à la fois de redécouvrir les grands classiques des années d'or de la bande dessinée américaine et de découvrir de jeunes talents. Mais en parallèle, Florence Cestac poursuit sa carrière de dessinatrice. Elle crée le personnage d'Harry Mickson, qui apparaît dans "L'Echo des Savanes". On retrouve ensuite sa signature dans les divers magazines de l'école : "Ah ! Nana", "Métal Hurlant", "Pilote", (A suivre), "Charlie Mensuel" de manière épisodique puis, régulièrement, dans "Mikado" et "Mickey", où elle anime la rubrique des Déblok. En 1996, elle raconte ses avatars de femme quadragénaire dans un étonnant album ("Démon de midi") paru chez Dargaud.

19 juillet

1967
"La Ballade de la Mer salée" paraît dans le premier numéro d'un magazine dédié à l'oeuvre d'Hugo Pratt : "Sergent Kirk". C'est dans ce long récit de 163 planches qu'apparaît le plus romantique des héros de bande dessinée, un véritable mythe, Corto Maltese. Ce premier véritable roman en bande dessinée met en scène une foule de personnages d'une dimension dramatique exceptionnelle - dont l'étonnant fou Raspoutine, qu'on retrouvera plus tard - dans une histoire qui prend son temps pour poser des ambiances, installer des personnages et laisser se créer des relations entre eux, leur donner une crédibilité en leur accordant un passé et une véritable dimension historique. Le ton est nouveau, les techniques narratives également. "La Balade de la Mer salée" est l'un des grands chefs-d'oeuvre de la bande dessinée, de même que les différentes aventures de Corto Maltese qui en découleront. S'il faut attendre 1973 pour que les lecteurs français puissent la découvrir dans "France-Soir", c'est dans "Pif Gadget", alors en période de grâce, que les enfants francophones rencontrent Corto à partir de 1970. Régulièrement, le marin nostalgique y réapparaît dans des récits complets d'une vingtaine de planches que l'on retrouvera édités plus tard par Casterman ("Sous le signe du Capricorne", "Corto toujours plus loin", "Les Celtiques", "Les Ethiopiques"). Dès le premier numéro d'(A suivre), en 1978, Corto devient l'un des piliers de ce magazine et se retrouve malgré lui figure de proue d'un mouvement irréversible de la bande dessinée vers un public plus adulte. Mais, très vite, il dépasse largement ce cadre pour atteindre le niveau du mythe, un mythe universel. Ses albums sont parus chez Casterman.

20 juillet

1982
Disparaît Hal Foster, le père Tarzan en BD et de Prince Valiant. Son portrait sera présenté à la date du 16 août, date de sa naissance.

21 juillet

1996
Si vous vous ennuyez sur la côte belge, ne ratez pas le festival de BD de Coxyde qui, chaque année, draîne des dizaines de dessinateurs et des milliers de visiteurs au Kerkplein, 8679 Koksijde-Bad. Jusqu'au 11 août. Infos au 19 32 58 51 88 10.

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