100 ans de Bandes-dessinées 4

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22 janvier

1996
le FBI perd l'un de ses plus fins limiers. Jess Long ne mènera plus aucune enquête, son père Arthur Piroton vient de disparaître. Créateur des célèbres Michel et Thierry en 1962 avec Charles Jadoul, co-créateur avec Paul Deliège des Krostons (sous le pseudonyme de Max Ariane) et, avec Mittéï, des Casseurs de Bois, c'était l'un des grands dessinateurs réalistes du journal Spirou. C'est avec Maurice Tillieux qu'il avait imaginé en 1969 le personnage de Jess Long, un agent du FBI secondé par le pittoresque Slim Sullivan. Une vingtaine de ses albums sont parus aux Editions Dupuis.

1990
naît Pellos, l'un des dessinateurs les plus prolifiques de ce siècle, auteur des Pieds Nickelés durant plus de trente ans. Collaborateur de la presse sportive dès les années 30 et jusqu'aux années 70, il illustrera également de ses dessins humoristiques de nombreux journaux français. Ce n'est qu'à la fin des années trente qu'on retrouvera sa signature au bas d'histoires en images. On lui devra l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de la bande dessinée française : "Futuropolis", dessiné en 1937. Il collabore ensuite à toutes les revues de bandes dessinées, de "Mickey" à "Mon journal" en passant par "Fripounet et Marisette", "Vaillant", "L'intrépide", "Pilote", etc. Il reprend les "Pieds Nickelés" des mains de Forton en 1948 et n'accepte de les quitter qu'à l'âge de 81 ans !

1958
apparaît Strapontin (Berck et Goscinny, Lombard). Ce chauffeur de maître devenu chauffeur de taxi est entraîné par ses clients aventureux aux quatre coins de la planète, dans des récits rocambolesques où règnent à la fois l'humour et les enquêtes policières.

1947
naît Éric.Après avoir fait ses premières armes dans l'hebdomadaire "Tintin" en 1973 avec une série fantastique, "Wen", il donne naissance au fabuleux personnage de Tetfol (Lombard), un enfant-loup vivant des aventures fantastiques très personnelles, où prime une forme réelle d'humanisme. Cette magnifique série n'ayant pas connu le succès qu'elle mérite, il dessine ensuite "Le Maître des Brumes" (Glénat), sur des scénarios de Jean Dufaux puis, plus tard, "Les Perdus de l'Empire" (Lombard) et "Dampierre" (Glénat)

23 janvier

1930
apparaissent Quick et Flupke (Hergé, Casterman). Ces deux "ketjes" (gamins de rue) de Bruxelles sont l'antithèse de Tintin. Petits voyous sympathiques sans cesse occupés à chercher noise au brave Agent 15, ils ont permis à Hergé de se défouler de son trop sage reporter à la houppe blonde en imaginant les mille et une catastrophes que peuvent provoquer deux enfants dans une ville où les terrains vagues n'étaient pas encore transformés en parking et où les rues étaient toujours de tranquilles terrains de jeux. Hergé s'y libère véritablement, jouant tantôt sur le burlesque, tantôt sur la satire politique (on y voit Hitler et Mussolini ridiculisés), tantôt encore sur les codes mêmes de la bande dessinée, les héros venant régulièrement sonner à la porte de M. Hergé pour lui signifier leur mécontentement.

1973
apparaît Simon du Fleuve (Auclair, Lombard). Dans un futur proche mais apocalyptique, ce nomade désespéré tente de retrouver ses racines dans un univers dévasté, fait de carcasses de voitures rouillées et de ruines. Récit écologiste avant la mode du même nom, il était inspiré du "Chant du Monde" de Giono, à tel point que les héritiers de son premier album en firent interdire la vente. Dommage. Un éditeur pirate eut le bon goût de le faire circuler malgré cette interdiction. Mal imprimé, malheureusement.

1964
apparaît Sophie (Jidéhem), une espiègle gamine fille d'un génial inventeur dont les géniales inventions sont bien sûr la cible de beaucoup moins géniaux malfrats. Jidéhem , le dessinateur, et Vicq, le scénariste, excellent dans l'art de mettre en scène des mauvais grotesques mais extraordinairement bien typés. Les récits courts sont de petites merveilles de construction, jouant sur toutes les palettes de l'humour entre l'absurde et le poétique gentillet.

1884
naît Georges McManus, qui créera Bringing up Father.

1883
disparaît Gustave Doré. Ce prodigieux illustrateur débuta avant même l'âge de dix ans, par l'illustration de "La Divine Comédie" de Dante. Inspiré au départ par l'un des plus célèbres précurseurs de la bande dessinée, Rodolphe Töpffer, il allait vite s'en dégager pour créer un style personnel, reconnaissable au premier coup d'oeil. Illustrateur, sculpteur, aquarelliste, ses gravures bercèrent l'enfance de nombreux auteurs de bande dessinée et continuent toujours à être rééditées aujourd'hui.

24 janvier

1974
apparaît Jack Palmer (Pétillon, chez Dargaud et Albin Michel). Ce détective discret mais extraordinairement gaffeur, visiblement inspiré de Columbo, ne parvient à résoudre des énigmes totalement incompréhensibles pour lui que malgré lui. Eternellement en-dehors du coup, extrêmement destructeur pour les malheureux qui ont le malheur d'être ses clients ou les suspects de ses enquêtes, il est ni plus ni moins qu'un héros catastrophique, au même titre que Gaston Lagaffe. Très, très inspirées par l'humour du magazine "Mad", ses aventures sont un sommet d'humour burlesque. Pour l'anecdote, l'une d'entre elles se déroule sur le plateau d'Apostrophes, en compagnie de Bernard Pivot en personne. Depuis quelque temps, il apparaît dans la presse française, dont le défunt "Info-Matin", dont il fut d'ailleurs viré sans ménagement.

1974
apparaît Papyrus (De Gieter, chez Dupuis). Ce "fellah" égyptien vit à la cour du Pharaon Ramsès II, aux environs de 1200 av. JC. Au milieu des complots des diverses factions, menés par des prêtres aux pouvoirs diaboliques, il a bien du mal à protéger la famille royale, et plus particulièrement la délicieuse princesse Théti-Chéri de machinations abominables. Mêlant le fantastique et une documentation sans faille, De Gieter parvient à nous restituer l'Egypte telle qu'elle était, dans des décors minutieusement reconstitués. Au point que ses aventures sont régulièrement utilisées par des enseignants.

1980
apparaissent (Yann et Conrad, Dargaud) dans un journal Spirou en pleine révolution. Le rédacteur en chef de l'époque, Alain De Kuyssche, a décidé de renouveler le ton du journal. Yann et Conrad vont, en parallèle, animer des hauts de page au vitriol, se moquant impitoyablement des personnages et des auteurs du journal de ce début des années 80, et créer un trio au nom totalement justifié. Les Innommables sont cyniques, méchants, sans aucun respect pour aucune valeur, impitoyables de cruauté et pourtant irrésistiblement drôles. Leur humour noir est unique : jamais, au grand jamais, une bande dessinée n'a atteint un tel degré dans la méchanceté. Ils renaissent avec bonheur aux Editions Dargaud.

1990
est inauguré le Centre National de la Bande Dessinée et de l'Image (CNBDI) à Angoulême. 7.000 mètres carré entièrement consacrés au culte de la BD : un musée, une galerie, une bibliothèque de plus de 10.000 albums, etc. Plus une kyrielle d'intellectuels disséquant une pauvre bande dessinée qui ne méritait pas tant d'assauts jargonneux - heureusement incompréhensibles pour qui n'appartient pas à la confrérie ennuyeuse de ces chercheurs linguisto-épistémo-philosophes.

25 janvier

1976
naît Adèle Blanc-Sec (Jacques Tardi, Casterman), l'héroïne la plus directement inspirée du roman populaire façon Eugène Sue. Au rendez-vous de ses aventures particulièrement noires, gorgées de scènes choc très impressionnantes, des monstres, des savants fous, des mystiques dangereux, des momies réincarnées... le tout dans des décors rétro magnifiquement reconstitués.

1992
disparaît Guido Buzzelli, l'auteur de "La révolte des ratés", un roman en bande dessinée mettant en scène des humains difformes, façon "Freaks" - en pire. Avec un style très personnel, il avait créé des récits originaux, dérangeants, cauchemardesques, avant de devoir se tourner vers des bandes dessinées "alimentaires, comme l'"Histoire du Far West en bande dessinée", "La découverte du monde en bande dessinée", collections qui sévissaient au début des années 80 et qui ont heureusement disparu aujourd'hui.

1996
commence le Salon de la Bande Dessinée à Angoulême. Du 25 au 28 janvier, sous la direction de Vuillemin, "dessinateur teigneux" comme le définit le programme du festival. Au programme de la cuvée 96 : une exposition "La petite famille de Vuillemin", deux autres consacrées à deux parmi les plus grands auteurs réalistes contemporains, Hermann et William Vance, d'autres encores à l'attention des enfants ("Drôles de magiciens", "Haut comme trois pommes", "Les 400 coups de Tom-Tom et Nana") ou mettant en valeur la jeune création, et une foule de rencontres avec les auteurs, de débats bien intellectuels et de conférences. Informations : (33) 45 97 86 50.

1996
Sokal expose les planches de son nouvel album, "Le vieil homme qui n'écrivait plus" (Casterman), à la librairie-galerie BRÜSEL, 100 Boulevard Anspach, 1000 Bruxelles, jusqu'au 17 février. Pour informations : 19 32 2 502 35 52.

26 janvier

1949
apparaît Félix (Maurice Tillieux) dans le journal "Heroïc-Albums". Ce journaliste préfigurait Gil Jourdan, du même Maurice Tillieux (Dupuis), qui allait d'ailleurs récupérer de nombreux scénarios de son prédécesseur pour les nouvelles aventures de ce héros. Secondé par Allume-Gaz et par l'inspecteur Cabarez, ce journaliste jouera au détective dans une quantité énorme d'enquêtes dans tous les domaines, allant de l'exotisme au fantastique en passant même par des récits d'espionnage. La perfection de ces récits, la qualité des ambiances posées par l'auteur, les caractères bien typés des personnages, sont l'explication du succès de cette série, qui connaîtra une seconde existence, vingt ans plus tard, dans le journal "Spirou".

1996
a lieu la remise des "Alph-Arts", les Prix de la Bande dessinée d'Angoulême qui ont déjà remercié, pour leur collaboration à l'histoire de la bande dessinée : Franquin (1974), Will Eisner (1975), Pellos (1976), Jijé (1977), Reiser (1978), Marijac (1979), Fred (1980), Moebius (1981), Gillon (1982), Forest (1983), Brétécher (1984), Mézières (1984), Tardi (1985), Lob (1986), Bilal (1987), Druillet (1988), Pratt (1989), Pétillon (1989), Cabanes (1990), Gotlib (1991), Margerin (1992), Morris (1993), Lauzier (1993), Mandryka (1994) et Vuillemin (1995).
Qui ont été les heureux élus d'aujourd'hui?

27 janvier

1990
disparaît Jacques Devos, le père de Génial Olivier (Dupuis). Venu tard à la bande dessinée (à 37 ans) après une brillante carrière de réparateur de vélos, Jacques Devos commença comme scénariste de mini-récits - de petits livres à plier publiés dans lescentrales du journal Spirou dès la fin des année 50. Il signa ainsi les frasques de Tim et Tom, Whamoka et Whikilowat (avec Salvé), Alertogas et Saxophon (avec Hubuc) avant de lancer le remarquable Victor Sébastopol, dont les récits jouaient en permanence sur la contradiction entre le texte narratif et la réalité montrée par les images. C'est en 1963 qu'il donna naissance à Génial Olivier, un élève inventif dont les inventions farfelues mettaient à mal son pauvre professeur et le proviseur du lycée, et se terminaient inévitablement par une magistrale fessée pour le sur-doué lunetteux. Il raconta également une histoire des armes à feu et créa une série de science-fiction "Les Chroniques Extra-terrestres".

28 janvier

1943
naît Dany, dessinateur d'Olivier Rameau. Graphiste publicitaire surdoué, à la patte magistrale, il s'oriente vers la bande dessinée suite à sa rencontre avec le dessinateur Mittéï, dont il devient l'assistant avant de rencontrer Greg, qui l'engage dans son studio. Il y dessine Quentin Gentil, Les As et entre au journal Tintin lorsque Greg en devient le rédacteur en chef. C'est là qu'en 1968 il crée Olivier Rameau (Lombard). Il recrée également en bande dessinée l'histoire d'"Alice au Pays des Merveilles" et, en 1975, il dessine sur un scénario de Van Hamme, une époustouflante "Histoire sans Héros" qui marque tous les lecteurs de l'époque. C'est avec le même scénariste qu'il dessine les aventures burlesques d'Arlequin avant de reprendre Bernard Prince des mains de Hermann, puis de créer "Equator" (Alpen). Il s'est tourné depuis vers la bande dessinée érotique.

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