100 ans de Bandes-dessinées 44

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16 décembre

1969
Au ranch Triple-Six, un cow-boy rustre fait la connaissance de la maîtresse des lieux : Comanche. Ainsi commence l'un des plus fabuleux western de la bande dessinée européenne. Dessiné magistralement par Hermann d'après des scénarios tout aussi magistraux de Greg, il met en scène une équipe formée d'un Noir, d'un vieux râleur hystérique, d'un Indien et d'un jeune rouquin impétueux. L'intensité dramatique des récits et le réalisme du dessin d'Hermann hissent vite cette série au rang de chef-d'oeuvre. Ce qui n'empêche pas Hermann de l'abandonner pour se consacrer à Jeremiah. Le dessin est repris par Rouge en 1989 (Lombard).

1965
Monsieur et Madame Dubois ont le plaisir de vous annoncer la naissance de leur premier et nouveau-né, Toupet. Arrivé dans le beau journal de "Spirou", il disparaît une bonne vingtaine d'années, et réapparaît en 1987 au même endroit sans avoir pris une seule ride. Bébé-catastrophe par excellence, il adore détruire avec son marteau tout ce qui lui passe sous la main, devant les yeux ébahis, admiratifs et gagas de ses chers parents (Dupuis).

1959 Harold Wilbeforce Clifton apparaît dans "Tintin". Imaginé par Raymond Macherot, ce colonel de l'armée britannique incarne désormais le flegme anglo-saxon qui n'en camoufle pas moins une marmite prête à bouillir lorsqu'on s'attaque à la Couronne d'Angleterre ou à l'heure sacro-sainte du thé... ou quand sa femme de ménage, Mrs. Partridge, dépasse les bornes de la bienséance. Délaissé par son créateur après son troisième exploit, Clifton passe entre les mains de Jo-el Azara et Greg, puis Turk et De Groot, et enfin Bédu (Lombard).

1953 Le premier roman de Bob Morane paraît dans la collection "Marabout Junior". Son papa, Charles Dewismes, signe Henri Vernes. C'est un auteur-fleuve (pas tout seul : il s'entoure de "nègres" talentueux) qui, avec ce héros classique, pur et sans reproche, va séduire plusieurs générations de garçons sages. Adaptées en feuilletons télé, en disques, ses aventures connaîtront une seconde jeunesse, d'abord avec Dino Attanasio qui en avait illustré les livres chez Marabout, ensuite avec d'autres auteurs parfois talentueux (Gérald Forton, William Vance), parfois d'un niveau plus contestable (Coria). Une cinquantaine d'histoires ont ainsi été dirigées de main plus ou moins de maître par Henri Vernes.

17 décembre

1970
"Cinemastok" ? Kékséksa ? Un ensemble de parodies à hurler de rire, qui débutent dans "Pilote" et s'attaquent aux classiques de la littérature, du cinéma et des séries télévisées. Les auteurs, Gotlib (scénario) et Alexis (dessin, bien sûr), y accumulent tout ce que ces genres ont pu créer comme clichés éculés. A lire normalement au quarantième degré, mais même au premier, c'est irrésistible (Audie).

1964 Jean-Pierre Autheman naît à Arles, en France. Il édite son premier album à compte d'auteur en 1972 : "Mémoires d'un gardien de phare". En 1975, il débute dans "Charlie Mensuel" où il crée le personnage de Condor, dont il confie ensuite le dessin à Rousseau. On retrouve également sa signature dans "L'Echo des Savanes" et dans "Hara-kiri", où il écrit de courtes nouvelles qu'il illustre lui-même. Pour "Pilote", il crée "Les déserteurs" et, pour Glénat, "Les Sirènes de Balarin", un long récit refusé par Wolinski à "Charlie". C'est en 1985 qu'il crée Vic Valence, son personnage de plus connu. Mais il a également réalisé en parallèle divers autres albums, soit comme scénariste ("Le voyage du bateleur", dessiné par Dethorey pour Glénat), soit comme auteur complet ("L'Arlésien", chez Actes Sud, "Place des Hommes", chez Glénat). Il se tourne de plus en plus vers le roman en bande dessinée, et trouve donc tout naturellement sa place dans la collection "Roman BD" de Dargaud.

1960
Riff Reb's naît à Burdeau, en Algérie. Il débute dans le "Neuvième Cauchemar" édité par Ludovic Trihan en réaction au "Neuvième Rêve" de l'Atelier R de Saint-Luc. Il suit les cours des "Arts Déco" de Paris, et rencontre Qwak avec qui il fonde, en 1984, l'atelier Asylum. Divers jeunes auteurs les rejoindront vite : Edith, Cromwell, etc. Tous planchent sur l'adaptation en BD des "Mondes engloutis", une série de dessins animés. On oublie vite et on passe à la suite. Avec son équipe, il crée, en 1985, "Le bal de la Sueur", suivi en 1987 de "Aargl" (Glénat). Il dessine ensuite "La crève" (en 1988, pour Glénat), puis Myrtil Fauvette (1990, Humanoïdes associés)... qui installent son style cynique et irrévérencieux.

1940 Edouard Carali, alias Edika, naît à Heliopolis en Egypte. Il débute dans la publicité, mais collabore également aux éditions de poche de "Vaillant" à partir de 1976. On le retrouve à partir de 1978 dans "Pilote", "Charlie Mensuel" puis "Fluide Glacial" dont il deviendra l'un des plus irrésistibles piliers grâce à un humour démesuré, absurde, délirant et n'hésitant pas à sombrer quand c'est vraiment nécessaire (c'est à dire toutes les trois cases) dans le mauvais goût le plus délectable.

18 décembre

1955
André Geerts naît à Bruxelles, en Belgique. Il suit les cours de l'Institut Saint-Luc et publie sa première planche en 1974 dans le supplément Jeunesse du "Soir". Sempé l'influence visiblement très fort, une influence dont il lui faudra des années avant de pouvoir s'affranchir. Dessinateur humoristique, il se spécialise d'abord dans le cartoon, le gag en un dessin. Il reçoit le prix du dessin d'humour au "Prix Saint Michel" en 1980 et, en 1981, les éditions Crocodile (alias Schlirf) publient un premier recueil de ses tendres dessins. Avant cela, il avait longuement participé à l'animation du journal "Spirou", avec les "Chroniques vénusiennes" imaginées par un Jean-Marie Brouyère déjà fort atteint par le delirium tremens. Il y illustrera également diverses nouvelles et y publiera de nombreux dessins d'humour (album "Bonjour, Monde cruel", Dupuis). C'est en 1985 qu'y apparaît un adorable personnage, un petit garçon nommé Jojo. Il poursuit cette série aujourd'hui, avec un dosage extrêmement subtil d'humour tendre et de portraits satiriques finement observés (Dupuis). Dans le même genre, il a également créé, avec Salma, le personnage de Mademoiselle Louise (Casterman).

19 décembre

1985
Jean Ache rejoint sa sirène Anabelle sur la planète BD. Il était né le 29 août 1923

1919 Thimble Theatre paraît dans le "New York Journal". Le dessinateur Segar y met en scène une foule de personnages pittoresques dont la brave Olive Oyl, fiancée à Ham Gravy. Cette faune vivra des jours heureux jusqu'en 1929, année où le frère d'Olive, Castor Oyl, décida de partir à l'aventure sur un bateau et s'adressa à un marin plutôt agressif. Son nom? Popeye. La plupart des personnages secondaires disparurent et seuls restèrent le marin mangeur d'épinards et sa fiancée, tandis que de nouveaux héros venaient les seconder : J.Wellington Wimpy, bouffeur de hamburgers, Poopdeck Pappy le père de Popeye, Swee'Pea son fils, etc. Popeye ayant éclipsé les personnages d'origine, la série fut donc rebaptisée à son nom en 1931. On sait le succès qu'il a connu depuis, adapté en dessins animés par Max Fleischer, puis en série télévisée et, bien plus tard au cinéma, interprété par Robin Williams. Après le décès de Segar en 1938, il fut repris par divers auteurs dont on ne retiendra que Bud Sagendorf.

20 décembre

1953 Un petit fantôme plutôt sympathique accomplit ses premières pirouettes dans "Vaillant". Arthur le Fantôme vit dans un château écossais (bien sûr) et s'amuse à taquiner les habitants du château. Il peut également voyager à travers le temps, et se retrouve donc à toutes les époques porteuses d'imaginaire aventureux. Le succès de ce personnage est tel qu'il connaît un magazine de poche à son nom ("Arthur Poche"). Cézard l'anime jusqu'à sa mort en 1977. Le personnage est repris plus tard par Marc Arapu, avec nettement moins d'humour et de talent.

1952 Ruben Pellejero naît à Badalona, en Espagne. Il débute par de l'illustration, et ne se lance dans la bande dessinée qu'en 1983. D'abord édité par Magic Strip, il rejoint vite l'équipe d'(A suivre), séduite par son trait élégant, qui traduit désormais les oeuvres qu'il réalise en espagnol d'après des scénarios de Zentner: "Ennemis communs", "Caraïbes", "Le prix de Charon". On le retrouve également chez Albin Michel ("Le voyage de Caboto", avec Mattotti) et Rackham ("Hamerikka", avec Bernard Olivier).

1925
Un futur monument de la bande dessinée naît à Anvers, en Belgique. Robert (dit Bob) De Moor connaîtra l'un des plus injustes destins de l'histoire récente de la bande dessinée. Fidèle second d'Hergé, principal dessinateur de "Tintin" à la fin de la carrière de ce dernier, on lui refusera la récompense ultime, celle de terminer son dernier album, "L'Alph'Art". Lui qui s'était fondu dans l'oeuvre d'Hergé au point d'en délaisser sa propre carrière ne s'en remettra jamais vraiment. Ce dessinateur flamand débuta dans un studio de dessins animés et, dès la fin de la guerre, se lança dans la bande dessinée avec une production impressionnante dont seulement une partie a été traduite en français. Les séries vont naître par dizaines, dont il assumera le plus souvent à la fois le dessin et le scénario, fait d'une succession de gags burlesques et bon enfant qui rappellent ses origines flamandes. Il entre à "Kuifje", l'édition néerlandophone du journal "Tintin" en 1949 avec "Le Lion des Flandres" (qui ne sera traduit en français qu'en 1976). Et publie la même année ses premières planches dans "Tintin": "Bouboule et Noiraud" puis "Monsieur Tric" (au départ intitulé "Professeur Troc"), Barelli, Cori le Moussaillon et le sublimissime Balthazar, un chef-d'oeuvre d'humour absurde qui ne connaîtra jamais le succès qu'il méritait. Il poursuit également diverses séries dans la presse néerlandaise. Cela ne lui suffit apparemment pas pour étancher sa soif de travail. En 1950, il entre au studio Hergé. Il en sera le principal pillier jusqu'à son décès, plus de quarante ans plus tard. Poursuivant ses propres séries, il réalise l'essentiel des dessins annexes à Tintin, que ne peut plus assumer Hergé, modernise "L'île Noire", travaille aux différentes adaptations en dessins animés. Au fil du temps, Hergé lui laisse de plus en plus d'autonomie. Il est probable - malgré que ce ne soit pas mentionné - qu'il ait dessiné presque à lui seul "Tintin et les Picaros". Ce caméléon capable de s'adapter au dessin d'autres auteurs a également dessiné un épisode de Lefranc (Casterman), de Jacques Martin, et l'utime album de Blake et Mortimer (Dargaud) que Jacobs ne put jamais terminer. Véritable gentleman de la bande dessinée, cet homme adorable apprécié de tous ses pairs, décède prématurément d'un cancer, en 1992.

21 décembre

1961
C'est un mini-récit, un de ces merveilleux petits livres que publiait le journal "Spirou" à la fin des années cinquante et jusqu'à la moitié des années 70 et qu'il fallait patiemment construire en suivant le pli indiqué avant de pouvoir en découvrir le contenu. Dans celui-ci, le méchant Arnulphe, baron des Brosses, fait son apparition. Dessiné par un laitier qui s'adonne pour son plaisir à la bande dessinée, Noël Bissot, "le Baron" est parti pour connaître la plus longue carrière de mini-héros qui fait rire un maximum. Avec Juju, Potron et Minet, ils vont nous raconter jusqu'en 1972 un moyen-âge fait uniquement d'humour, de plaies et de bosses.

1935 Jean de Mesmaeker naît à Bruxelles. Ce nom vous dit quelque chose? Les fans de Gaston ont déjà levé le doigt : "Bon sang, mais c'est bien sûr! Monsieur De Mesmaeker, l'homme aux contrats!" Pourtant, ce n'est pas Jean mais son père qui servit de modèle au colérique homme d'affaires. Jean, lui, est plus connu sous le pseudonyme de Jidéhem. Il débute en 1954 dans "Heroïc-Albums", où il crée Ginger. Il entre à "Spirou" en 1958 et devient l'assistant de Franquin pour "Spirou et Fantasio" puis pour "Gaston". Il illustre la chronique auto et en fait passer l'animateur, Starter, au statut de héros de bande dessinée. Dans les aventures du mécanicien détective apparaît un jour une petite fille espiègle, Sophie. C'est ce personnage qui va rester, principalement grâce à des récits complets à l'humour débridé souvent signés Vicq (Dupuis).

22 décembre

1971 Rock and Folk aime la bande dessinée et le prouve : ce journal de rock pur et dur engage un chef scout pout animer ses. Hamster Jovial a la naïveté du chef scout, la blancheur immaculée du chef scout, mais parfois également une érection qu'on ne s'attend pas à trouver dans le... euh, chef d'un chef scout. C'est que Gotlib, qui est le responsable de cette honteuse parodie que ne lui pardonnera JAMAIS Baden Powell, s'en donne à coeur joie pour caricaturer l'univers aspetisé du scoutisme et le fondre aux mythes diaboliques de la musique rock (Audie).

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