100 ans de Bandes-dessinées 49

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12 août

1980
Vasco, de Gilles Chaillet, paraît dans "Tintin". Dans une version préliminaire, entamée en 1969, ce personnage qui parcourra l'Europe de la naissance s'appelait... Caïus Hostilus et était préfet de cavalerie dans l'armée romaine! En ce XIVe siècle qui le voit finalement naître, Vasco est le neveu d'un banquier siennois, Tolomei, qui lui assigne diverses missions de confiance qui le plongent dans un monde de trafics, de conspirations et de sorcellerie. Chaillet, éduqué à l'école de Jacques Martin (pour qui il dessine plusieurs albums de Lefranc), soigne de manière obsessionnelle les décors et le réalisme des personnages au point de faire de Vasco l'une des séries historiques les plus perfectionnistes.

13 août

1959
Philippe Bonifay naît à Toulon. Il débute aux Editions Glénat en 1981, où il scénarise "Le Chariot de Thespis" pour le dessinateur Rossi ainsi que divers récits complets. En 1989, il imagine pour Terpant "Le Passage de la saison morte" et, en 1990, pour Floc'h, "Les Ados de Béton". En 1993, avec Frank, il crée une oeuvre magistrale, "Zoo", qui paraît dans la collection "Aire Libre" de Dupuis.

1954
Philippe Foerster naît à Liège. Il participe au fameux "Atelier R" de Claude Renard à l'Institut Saint-Luc à Bruxelles et publie donc ses premières planches dans la revue de l'Atelier, "Le neuvième Rêve". Ses premières planches paraissent dans "Tintin", mais c'est dans "Fluide Glacial" qu'il va réellement montrer ce dont il est capable. Là, en effet, paraissent dès 1980 des récits d'humour noir atteignant un niveau de fantastique rarement atteint dans la bande dessinée européenne. Mélange d'histoires extraordinaires façon Edgar Allan Poe et le suspense angoissant des nouvelles sélectionnées par Hitchcock, elles mettent en scène des personnages dont le destin sera quasi-systématiquement effroyable. Auteur également d'une version fantastique de Pinocchio, Foerster dessine également les aventures d'un marin, "Starbuck", dans le journal "Spirou", de 1987 à 1992.

1934
Li'l Abner d'Al Capp apparaît dans la presse quotidienne américaine. Ce grand dadais issu de l'Amérique profonde - un petit village perdu nommé Dagpotch - est le digne rejeton de Mammy et Pappy Yokum, d'un grand nombre de décennies ses aînés. Naïf et pas vraiment futé dans un monde cruel et sans pitié, ce puceau maladroit sent malgré tout ses sens se bouleverser par la rencontre d'une bombe sexy, Daisy Mae. La plantureuse blonde devient son épouse et lui donne un fils, qu'il nomme bien sûr d'un patronyme bien "Amérique profonde", Honest Abe. Burlesques, les aventures complètement délirantes de Li'l Abner mettent en scène une humanité malhonnête face à cette famille de braves gens foncièrement honnêtes, des filles assoiffées d'hommes - particulièrement le Sadie Hawkins Day où elles poursuivent les hommes d'en l'espoir d'en coincer un pour la vie - face à un jeune homme relativement attardé sur le plan de la chair et une bande dessinée mise en abîme dans la série, racontant les enquêtes de Fearless Fosdick, un policier pastichant le fameux Dick Tracy de Cherster Gould. Elles se sont interrompues définitivement en 1977.

14 août

1926
René Goscinny naît à Paris. Il passe une partie de son enfance en Argentine et, à la mort de son père en 1942, il doit trouver un emploi pour survivre. Après une année comme sous-aide comptable dans une usine de recyclage de pneus, il se fait engager comme assistant dessinateur dans une agence de publicité de Buenos Aires. Il est invité par l'un de ses oncles américains à le rejoindre à New York et s'y installe. C'est là qu'il rencontre les fondateurs de ce monument de l'humour qu'est le journal "Mad" : Kurtzman, Elder et Davis. Avec leur aide, il parvient à travailler pour une agence de publicité. En 1950, il rencontre Jijé et Morris, venus s'installer aux Etats-Unis, qui le présentent au directeur d'une agence européenne, la "World Press", qui, par politesse, lui propose de passer le voir s'il venait à se trouver à Bruxelles. Il prend la proposition au sérieux et se rend donc à Bruxelles présenter sa première bande dessinée, "Dick Dicks". Georges Troisfontaines ne se souvient pas de lui, mais le garde néanmoins dans son agence pour divers travaux, dont celui d'aller chercher à Paris les planches d'un de ses jeunes collaborateurs : Albert Uderzo. En 1951, un bureau de la World Press est installé à Paris et la responsabilité en est confiée à Goscinny. Celui-ci se lie d'amiié avec Uderzo et ils commencent à travailler ensemble. Si Goscinny publie encore de temps en temps des planches qu'il réalise en solo ("La capitaine Bibobu" en 1955) et s'il rédige encore, pour vivre, des rubriques sur le savoir-vivre dans "Bonnes Soirées" ou des nouvelles policières dans "Télé-Moustique", il se tourne de plus en plus vers le scénario. Dans "Spirou", il imagine des "Belles Histoires de l'Oncle Paul". Avec Uderzo, il crée Jehan Pistolet, Luc Junior puis Oumpah Pah, qui ne sera publié que bien plus tard dans "Tintin", en 1958, complètement remanié. Il reprend le scénario de Lucky Luke pour Morris en 1955 et imagine même un épisode de Jerry Spring pour Jijé. Cette année-là, Charlier, Goscinny et Uderzo, qui avaient décidé de créer une sorte de syndicat d'auteurs pour défendre leurs droits, sont licenciés par Georges Troisfontaines. Se retrouvant à la rue, ils s'associent pour créer une agence de presse et de communication, "Edipresse/Edifrance". Elle lance les magazines "Clairon", "Pistolin" (pour laquelle Goscinny raconte les aventures de Pistolin, dessinées par un certain Hughes qui n'est autre que Victor Hubinon, le dessinateur de Buck Danny) et de Jehan Soupolet. Avec Uderzo, Goscinny crée une série réaliste, Bill Blanchart, et reprend Benjamin et Benjamine des mains de Christian Godard. En 1956, il raconte les frasques d'un petit garçon, "Le Petit Nicolas", dans des nouvelles illustrées par Sempé, puis entre au journal "Tintin. Après divers récits complets, il crée "Il Signor Spaghetti" pour Dino Attanasio et imagine de nombreux gags et récits pour divers auteurs comme Tibet (Globul le Martien), Maurice Maréchal (Prudence Petitpas), Bob de Moor (Monsieur Tric), Franquin (Modeste et Pompon), René Macherot (Le père la Houle), etc. En 1958, il lance le taximan Strapontin avec Berck. Avec Edipresse/Edifrance, il travaille pour Radio Luxembourg qui souhaite lancer un magazine "Radio-Télé". Cette collaboration aboutira, en 1959, au lancement de "Pilote", soutenu par une gigantesque campagne de publicité sur les ondes de la radio. C'est là qu'il crée le héros de bande dessinée européen le plus célèbre de tous les temps : Astérix. Cela ne suffira pas à maintenir un magazine rédigé par la rédaction de la radio et au contenu rédactionnel plutôt faible. En 1961, Georges Dargaud le rachète pour un franc symbolique et place Goscinny et Charlier à sa tête. Les grandes années de "Pilote" viennent de commencer. Les séries de Goscinny s'y multiplient (dont "Les Dingodossiers", avec Gotlib, "Les Divagations de Mr. Sait-Tout" avec Martial, "Le Grand Vizir Iznogoud" avec Tabary, etc) et il amène de nombreux jeunes auteurs à qui il donne leur chance : Gir, Bretécher, Fred, Mandryka, Christin, Reiser, Druillet, etc. En 1969, il ajoute encore à ses nombreuses activités une émission dominicale sur Europe 1, "Le feu de camp du dimanche matin", réalisée avec Gébé, Fred et Gotlib. Au début des années 70, les remous de mai 68 se font sentir. La contestation gagne le journal "Pilote" et des dessinateurs refusent désormais la direction de Goscinny. Celui-ci, déçu, quitte la rédaction en 1974, mettant fin à une période de gloire d'une quinzaine d'années. Le lent déclin de Pilote commence cette année-là. Goscinny crée l'éphémère journal "Lucky Luke" et fonde des studios d'animations, "Idéfix". Il se consacre désormais à ses séries vedettes. Le 5 novembre 1977, il décède d'un infarctus lors d'un contrôle cardiaque. Le plus important, le plus créatif de tous les scénaristes humoristiques disparaît ce jour-là. Un monument. Lors du journal télévisé du soir, des journalistes imbéciles parlent du "dernier gag de René Goscinny". Tant d'années après, cela ne me fait toujours pas rire.

15 août

1978
"L'Or de la Mort", la première aventure de Xan, dessinée par Pleyers sur des scénarios de Jacques Martin, paraît dans "Tintin". Fasciné par l'histoire de Gilles de Rais, alchimiste et grand conétable de france, considéré comme le Barbe-Bleue du XVe siècle, Jacques Martin imagine ce personnage qui deviendra son ami et ne nous épargne aucune des horreurs de cette époque particulièrement sanglante. Déçu par les retards successifs d'une collection d'albums aux Editions du Lombard, les auteurs poursuivent la série aux Editions Casterman, sous le nom "Jhen".

1957
Marc Hardy naît à Liège. Il apprend les rudiments de la bande dessinée à l'Institut Saint-Luc de cette ville, auprès de Pierre Seron et de Mittéï. Il débute comme assistant d'Edouard Aidans et réalise avec lui "La Prodigieuse histoire du Tour de France" (scénario de Duval) et "Les Franval". C'est dans "Spirou" qu'il débute professionnellement. Il y crée Badminton (scénario de Mittéï), Garonne et Guitare (scénario de Mythic), Arkel (scénario de Desberg, en 1981), et enfin Pierre Tombal, en 1982, avec Raoul Cauvin. Cette série, qui met en scène un fossoyeur sympa, obtient très vite un succès considérable (Glénat). Pour les Editions Glénat, il crée avec Yann en 1985 un pastiche de la Patrouille des castors, "La Patrouille des Libellules", puis "Lolo et Sucette", deux prostituées en 1988 et, finalement, "Croq'la vie" en 1992 qui paraît lui, chez Marsu-Productions.

16 août

1892
Hal Foster naît à Halifax, au Canada. Il débute comme trappeur, puis boxeur, guide touristique, chercheur d'or. En 1921, il part pour Chicago en bicyclette et s'y installe pour suivre des études artistiques. Il réalise de nombreuses illustrations et des dessins publicitaires, avec un talent tel qu'il est bientôt l'un des graphistes les plus reconnus. En 1928, sous la pression d'un agent littéraire, Edgar Rice Burrough, le père de Tarzan, accepte que son homme singe soit adapté en bande dessinée. C'est Foster qui s'en chargera, sous la forme de bandes quotidiennes publiées dans la presse au début de l'année 1929. Il en dessinera également les planches du dimanche (des demi-planches publiées dans les suppléments hebdomadaires des quotidiens) de 1931 à 1937. Cette année-là; contacté par William Randolph Hearst, le magnat de la presse, il crée "Prince Valiant" pour le King Features Syndicate. Cette série, malgré son académisme et son classicisme, devient l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de l'histoire de la bande dessinée. Il n'arrêtera de la dessiner qu'en 1971 mais en poursuivra encore les scénarios jusqu'à sa retraite en 1979... à l'âge de 87 ans !

17 août

1996
Les "ketjes" de Bruxelles, Quick et Flupke, sont désormais immortalisés sur une façade du centre de la ville dans une fresque murale. Dans le cadre de l'opération "Parcours BD", un mur a en effet été décoré à l'effigie des sympathiques héros de Hergé. Toutes les étapes de cette réalisation sur le site www.tintin.be.

18 août

1951
Annie Goetzinger naît à Paris. Élève à l'Ecole supérieure des Arts appliqués à la fin des années soixante, elle suit les cours de Georges Pichard. Jacques Lob, membre du jury, l'introduit à "Pilote". Ses premières planches paraissent dans "Lisette", sous le titre "Fleur". En parallèle, elle publie divers récits complets dans "Pilote", écrits par divers scénaristes, puis dans "Le Canard sauvage" et, enfin "Circus" où elle publie son premier récit de longue haleine : "Casque d'Or". Dans 'Circus", avec Mora, elle crée encore un pastiche des feuilletons du début du siècle : "Félina". En 1978, elle publie une vie romancée de Georges Sand sous le titre "Aurore" (Des Femmes) puis entame une longue série de biographies imaginaires, rassemblées sous le thème générique de "Portraits souvenirs", avec le scénariste Christin : "La demoiselle de la Légion d'Honneur", "La Diva et le Kriegspiel", "La voyageuse de la petite ceinture", "Charlotte et Nancy" (Dargaud). Puis elle édite quelques titres aux Humanoïdes Associés avant de revenir chez Dargaud avec "La Sultane Blanche" qui, en 1996, étrenne la collection "Long Courrier".

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