100 ans de Bandes-dessinées 6

5 février

1978
On trouve un nouveau magazine en librairie. Son titre ? Etrange ! Un drôle de nom entre parenthèses entourant une expression bien connue des amateurs de feuilleton : (A suivre). Précédé par d'autres magazines de bande dessinée "pour adultes", il sera le plus prestigieux de tous. Il est pour une grande part dans la reconnaissance de la bande dessinée par les milieux intellectuels. On lui doit surtout la libération des auteurs du carcan des albums de 44 planches qui gouverne encore l'édition traditionnelle. Libres du nombre de, libres de s'exprimer en couleurs ou en noir et blanc, les immenses talents de Pratt, Schuiten, Cabanes, Sokal, Tardi, Forest, Manara, Comès, Régis Franc, Jean-Claude Denis, Munoz et Sampayo, Boucq, Masse, Giardino, Moebius... ont pu donner à la bande dessinée "adulte" certains de ses plus grands chefs-d'oeuvre (Casterman).

6 février

1978
dans le premier numéro du magazine (A suivre), sorti au début du mois, les lecteurs découvrent un héros pas vraiment dans les normes de ceux auxquels ils étaient habitués jusque là. Arthur Même. Ses deux papas ne sont pas n'importe qui : un monstre sacré des années 60, Forest-Barbarella et un futur monstre sacré tout court, Tardi-Adèle Blanc-Sec. Arthur Même est le propriétaire des murs d'enceinte d'un immense domaine et des murs d'enceinte seulement. Cela lui laisse néanmoins le droit de réclamer un droit de passage à ceux qui doivent en franchir les nombreux portails pour rentrer chez eux. Mais la Révolution gronde... L'ambiance fantastique d' "Ici Même", la confusion permanente entre rêve et réalité, la situation absurde du héros - très kafkaïenne - et les nombreux thèmes traités en toile de fond en font l'un des albums les plus riches de l'histoire de la bande dessinée.

7 février

1957
vroum, un coureur automobile, vroaaaaaar, démarrait pour la première fois, vroooooommmm, au quart de tour. Michel Vaillant, le plus célèbre pilote automobile de la bande dessinée et héritier des fameuses usines Vaillant, fabriquant la célèbre "Vaillante", allait vite être rejoint par l'Américain Steve Warson et par la belle Françoise - qu'il finira par épouser. Saga familiale, véritable série d'aventures dans un domaine qui ne poussait pas vraiment à cela, Michel Vaillant allait passionner les lecteurs du journal Tintin grâce au travail de studio d'une véritable équipe gérée de pinceau de maître par le dessinateur Jean Graton.

1929
naît Alexandro Jodorowsky. Romancier, metteur en scène, cinéaste, dont la rencontre avec le dessinateur Moebius, en 1975, va donner naissance à une BD-culte : L'Incal et à l'une des collaborations les plus fertiles de ces vingt dernières années. Co-auteur des "Yeux du Chat" avec le même Moebius, il a également créé Alef-Thau avec le dessinateur Arno, la Saga d'Alendor avec Cadelo, le Lama Blanc avec Georges Bess, Face de Lune avec Boucq et bien d'autres Oeuvres grandioses, toutes marquées par une approche radicalement personnelle de la bande dessinée, imprégnée de mysticisme symbolique (Humanoïdes Associés, Casterman).

8 février

1996
commence le festival de BD de Bastia. On y annonce du beau monde : Yslaire, Abuli, Bernet, Prado, Ferrandez, etc. Il se terminera le 11 février. Informations : (16) 95.32.12.81.

1949
naît Alexandre Coutelis. Ancien boxeur passionné d'illustration, il débuta dans un journal Pilote en pleine phase de mutation existentielle, où il réalisa quelques "actualités" avant de se tourner vers le dessin de presse. Collaborateur de Pif Gadget, de Fluide Glacial, de l'Echo des Savanes, de Charlie Mensuel ("Le cimetière des Fous", "La Dame de Singapour"), il reprend la série Tanguy et Laverdure mais doit l'interrompre au décès de son scénariste, Jean-Michel Charlier. Il collabore également au "Vagabond des Limbes" (avec Godard, au Vaisseau d'Argent) et termine "Le Roi Vert" (chez Dupuis) à la mort du dessinateur Armand.

1934
Popol et Virginie se retrouvent au pays des Lapinos. Cette bande dessinée animalière signée Hergé est un remake gentillet de "Tintin en Amérique" à destination des petits. Popol, ours chapelier, y affronte le Far West des Indiens Lapinos qui, comme leur nom l'indique, ont l'aspect de lapins. Une facette injustement méconnue de l'oeuvre du père de Tintin.

9 février

1996
la BD se met dans tous ses états à Mons. Une exposition sur les influences réciproques entre la BD, le cinéma, le théâtre, etc. Jusqu'au 18 février à la Maison de la Culture de la Région, 14 rue des Arbalestriers, 7000 Mons. Informations : 19 32 65 34 96 52

1942
naît Pierre Seron. C'est à vingt ans qu'il entre au studio Attanasio pour l'assister sur les séries "Signor Spaghetti" et "Modeste et Pompon". Il travaille ensuite sur les planches de l'Indésirable Désiré (de Mittéï), Ric Hochet (de Tibet), Prudence Petitpas (Maréchal) avant de voler de ses propres ailes avec "Les Petits Hommes" (Dupuis), dans "Spirou". Au début des années 70, sous le pseudonyme de Foal, il crée "La Famille Foal" (Soleil) pour Pif Gadget. Mais c'est sous son vrai nom qu'il crée, à nouveau pour Spirou, les Centaures Aurore et Ulysse (Dupuis). Dessinateur rapide et productif, Pierre Seron s'est nettement inspiré du style d'André Franquin.

1904
naît le petit Robert Velter. Groom au Ritz Carlton de Londres, puis chef de rang sur le vaisseau "Majestic", c'est au cours d'une croisière sur un autre bateau, l' "Ile de France", où il travaillait comme moniteur, qu'il rencontre Martin Branner, le père de Bicot. Séduit par ses croquis, celui-ci l'engage comme assistant dans son studio américain. Revenu en France en 1936, il entame une carrière professionnelle sous le pseudonyme de Bozz. Le 21 avril 1938, suite à une commande des Editions Dupuis, il donne naissance, sous le pseudonyme Rob-Vel à un personnage inspiré de ses débuts dans l'hôtellerie : Spirou, personnage vedette du journal qui porte le même nom. La guerre l'empêchant de livrer ses planches, il doit céder le personnage à l'éditeur, qui le confie à Jijé. Pour l'histoire de la bande dessinée, Rob-Vel reste à jamais le créateur de Spirou. Il connaît pourtant une carrière de longue durée, avec une quantité incroyable de séries, parmi lesquelles Toto, Bibor et Tribar, Nimbus, et surtout, Mr. Subito.

10 février

1966
La Ford T, une voiture, devient héroïne de bande dessinée ? Non, simple prétexte à une série de récits catastrophiques dessinés par Francis sur des scénarios dignes du cinéma burlesque signés Tillieux. Marc Lebut, sorte de Séraphin Lampion moderne, y entraîne son pauvre voisin, Goular, dont le seul défaut est de ne pas pouvoir dire "non", aux quatre coins de France pour y trouver de vieilles Ford T qu'il pourra échanger à une station d'essence: 5 contre une voiture neuve. Le sort s'acharne un peu sur l'emmerdeur et beaucoup sur son voisin, et chaque récit se transforme en avalanche de malheurs pour ce dernier (Dupuis).

11 février

1948
naît Régis Franc. C'est au cours des années 70 que ce directeur artistique d'une agence de pub se tourne vers la bande dessinée avec, pour le journal Pilote, une série de récits au ton innovateur : "Histoires immobiles et récits inachevés" (Dargaud). Personnages désabusés, situations romantiques faisant référence aux grands mythes du cinéma, style très littéraire et situations intimistes sortent la bande dessinée des sentiers battus. Pas de beaux héros là-dedans, ni d'aventures bourrées de rebondissements, mais pourtant des histoires qui accrochent par d'incontestables qualités narratives - qu'on retrouve également dans "Le Café de la Plage", qu'il réalise pour "Le Matin de Paris". Dans (A suivre), il se tourne vers un type plus persifleur de bande dessinée, grâce au personnage de "Tonton Marcel", suivi de "La Cohabitation" et de "Taty Danielle" (Casterman). Il collabore également comme scénariste au film "Les Amants terribles".

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