100 ans de Bandes-dessinées 8

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19 février

1925
naît Martial, le père de Sylvie. Dessinateur prolifique, il collabore à tout ce que la France des années quarante peut compter comme revues pour enfants avant de créer en 1952, pour le magazine féminin "Bonnes Soirées" le personnage de Sylvie, dont les lectrices ne voudront plus se séparer : une tentative d'arrêt provoqua une avalanche de lettres de protestations et la rédaction dut revenir sur sa décision. Créateur de diverses séries éphémères avec des scénaristes aussi prestigieux que Goscinny et Charlier, il collabore au journal Pilote qu'ils dirigent dès 1959. Il dessine les "Divagations de M. Sait Tout" (Scénario de Goscinny, Dargaud), Jérôme Bluff, Tony Laflamme, la Famille Bottafoin. Durant les années 70, il imagine encore de nouvelles séries dans Tintin, Pif Gadget, Lucky Luke, etc. Le style très personnel de Martial est reconnaissable entre tous et il est dommage que ses séries n'aient pas connu plus du succès. Parmi les dizaines qu'il a pu créer, seules certaines ont eu les honneurs de quelques albums ponctuels.

20 février

1987
disparaît Edgar-Pierre Jacobs, monstre sacré de la bande dessinée, créateur d'une série-culte, l'un des tout grands classiques de la bande dessinée : Blake et Mortimer. Illustrateur de catalogues pour de grands magasins bruxellois durant son adolescence, il découvre l'art lyrique au début des années vingt. Il en fera son métier durant la première moitié de sa vie. En 1940, il est obligé de tourner la page, et collabore au journal "Bravo !". Il y illustre des nouvelles et reprend, en 1942, le dessin de Flash Gordon, dont les planches d'Alex Raymond, dessinateur américain, ne parvenaient plus à l'éditeur pour cause d'invasion allemande. En 1943, il dessine un récit de science-fiction, "Le Rayon U". Il rencontre Hergé, qui s'intéresse à lui pour son travail sur la couleur, et celui-ci l'engage comme assistant. Il sera donc le premier collaborateur des "Studios Hergé", et retravaillera les premiers albums de Tintin tout en collaborant aux nouvelles histoires. En 1946, il participe à une grande aventure : la création du journal Tintin, dont il est membre fondateur aux côtés de Paul Cuvelier et d'Hergé. Il y publie la première aventure de Blake et Mortimer (désormais publiés chez Dargaud), un chef-d'oeuvre qui marquera toutes les générations de lecteurs de bandes dessinées qui le découvrent et le redécouvrent continuellement : Le Secret de l'Espadon. Les mémoires d'Edgar-Pierre Jacobs, véritable reflet de ce siècle et récit d'une vie qui est, à elle seule, un véritable roman, sont parues aux Editions Gallimard sous le titre "Un opéra de Papier".

21 février

1993
disparaît Harvey Kurtzman. Dessinateur de comic books en tout genre, il crée en 1947 un studio graphique avec son comparse Bill Elder (studio où travaillera René Goscinny) et imagine de nombreux récits humoristiques, d'horreur, de science-fiction, de guerre... qu'il illustre lui-même ou qu'il fait réaliser par ses collègues, Wallace Wood, Bill Elder, Jack Davis, etc. C'est avec eux qu'il crée, en 1952, un journal qui va changer la face de l'humour : MAD. Jamais, dans toute l'histoire de la bande dessinée, un journal satirique n'a été aussi loin dans la démesure et dans le délire. Son influence a été considérable sur des humoristes européens comme Goscinny, Pétillon ou Gotlib. Suite à un désaccord financier avec l'éditeur, Kurtzman quitte ce journal en 1955, emmenant avec lui son équipe de fêlés. Il crée divers journaux, mais sans jamais retrouver le succès de Mad. En 1962, pour Playboy, il crée Little Annie Fanny, un pastiche d'une bande dessinée mélo, qu'il réalisera jusqu'en 1988. Cette année-là, il publie ses mémoires ("My life as a cartoonist"). Deux ans plus tard, malgré une grave maladie qui commence à le ronger, il parvient encore à publier un album suivi d'une histoire des comics.
De nombreux éditeurs ont entrepris des rééditions francophones dispersées de certaines de ses histoires délirantes, mais l'essentiel est disponible en anglais dans des collections de poche.

1936
naît René Hausman. Ce fabuleux illustrateur, peintre animalier-enlumineur, célèbre pour son imposante stature (on le retrouve régulièrement caricaturé dans le journal Spirou des années 60 - entre autres dans Gaston Lagaffe), est l'un des talents les plus originaux de la bande dessinée. Véritable graveur, chacune de ses cases est travaillée comme un tableau, en couleurs diectement appliquées sur la planche. Il crée Saki et Zunie pour Spirou en 1957 et, dès 1958, devient l'illustrateur attitré des rubriques "Nature" (plus de 500, dont un florilège est republié dans des albums aujourd'hui introuvables. En 1976, il collabore au mensuel Fluide Glacial, où les humoristes maison lui concoctent des scénarios érotiques ayant pour acteurs des animaux ("Allez coucher, sales bêtes !", chez Dupuis). Dans "Le Trombone Illustré", mythique supplément au journal Spirou, il reprend Zunie en version plus adulte. En 1984, il crée la pulpeuse Laiyna avec le scénariste Pierre Dubois et, en 1993, il dessine sur un scénario de Yann "Les Trois cheveux blancs" (Dupuis).

22 février

1996
comme rien ne s'est passé dans l'histoire de la bande dessinée à cette date, plongez chez votre libraire et découvrez l'un des dix albums incontournables de la bande dessinée pour enfants : Maxime Maximum (Casterman). Le héros ? Un petit garçon qui rêve, qui grossit et qui finit par s'envoler dans les étoiles. On l'imagine rejoignant le Petit Prince. Le dessinateur ? Jean-Luc Cornette, un jeune auteur sensible, talentueux et déjà primé pour ce chef-d'oeuvre. Incontournable, je vous dis...

23 février

1958
naît Eric Maltaite. Fils de Willy Maltaite, alias Will, toute son enfance est bercée par les dessinateurs de bande dessinée qui viennent régulièrement rendre visite à celui-ci : Franquin, Morris, Sirius, Tillieux, etc. Rien d'étonnant à ce qu'il soit atteint, lui aussi, par le virus. D'abord assistant de Will pour Tif et Tondu, il rencontre Desberg et crée avec lui la famille Hérodius puis 421, pastiche de James Bond (Dupuis). Il dessine également, sur un scénario de Lapière, Mono Jim (Albin Michel) et, avec Desberg, Carmen Lamour (P et T Productions). D'abord très nettement influencé dans son graphisme par les gènes paternels, Maltaite s'en écarte finalement et témoigne d'une véritable personnalité graphique.

1920
naît Raymond Reding. C'est durant le seconde guerre mondiale qu'il collabore au fameux journal "Bravo !" avec des contes pour enfants qu'il imagine pour d'autres avant de mettre lui même la main à l'encrier. Collaborateur au quotidien "La Dernière Heure", il entre ensuite au journal Tintin où il dessine une biographie de Saint Vincent de Paul et d'autres récits tels que le Pacte de Pashutan. Il faudra attendre 1957 pour qu'il crée enfin un personnage qui lui apportera une notoriété méritée : Jari, l'orphelin recueilli par le beau Jimmy Torrent. En 1963, il ajoute à ce tableau le personnage de Vincent Larcher, un footballeur qui le classe définitivement dans les auteurs de BD sportives, un genre aujourd'hui tombé en désuétude. La Section R et Eric Castel, qu'il créera plus tard, ne démentiront en rien cette étiquette puisque ces séries se déroulent également dans le domaine sportif. Raymond Reding poursuit encore aujourd'hui les aventures d'Eric Castel (Dupuis).

24 février

1957
naît Philippe Vandevelde, alias Tome. Ce surdoué du scénario, créateur d'une des séries humoristiques les plus révolutionnaires de ces dix dernières années, "Le Petit Spirou", débute comme dessinateur. Avec son camarade de classe Janry, il est assistant de Dupa et de Turk et De Groot. En 1980, désormais inséparables, ils entament une série de jeux en bandes dessinées dans l'hebdomadaire Spirou, les Jeureka. En pleine bataille pour la succession de Spirou, retiré des mains de Fournier, ils posent leur candidature pour la reprise du personnage, face à des grosses pointures comme Chaland et le duo Cauvin/Broca. C'est eux qui l'emportent. Fidèles à l'esprit de Franquin (et obligés de répondre, à chaque interview, à la sempiternelle question de journalistes en mal d'imagination : "Ce n'est pas trop difficile de reprendre un personnage après un génie tel que Franquin ?"), ils imposent progressivement leur style à la série. En parallèle, Tome diversifie sa production. Laissant de côté le dessin, il se spécialise dans le scénario, et s'impose très vite comme l'un des plus grands professionnels, capable de mener de front une série policière (Soda, pour Warnant puis Gazzotti), les gags impertinents du Petit Spirou, un roman noir ("Sur la route de Selma", pour Berthet), et même les aléas quotidiens de la vie d'un trio de dessinateurs pittoresques (le remarquable "Gang Mazda", pour Darasse).

25 février

1969
apparaît . Le personnage de justicier cher à Walter Scott a été détourné par une paire de joyeux lurons nommés Turk et De Groot qui, s'ils installent bien ses aventures dans la forêt de Sherwood, près de Nottingham, ne respectent pas exactement la personnalité du beau héros. Au départ plutôt grassouillet, rançonnant avec astuce le shérif de Nottingham, il n'hésite pas à aller boire un pot avec son ennemi ni à l'aider à se sortir des griffes de son acariâtre épouse Cunégonde. L'humour de Turk et De Groot, particulièrement efficace, joue à fond sur les anachronismes. D'abord publiées au Lombard, elles paraissent à présent chez Dargaud.

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