Internet à l'école : pourquoi ?

ou L'INTERNET POUR ENFANTS

Internet à l'école: pourquoi? comment?

les pratiques actuelles

(page en cours d'élaboration)

Une fois admis l'usage de l'ordinateur dans le cadre de sa classe et sa pratique étant déjà chose courante dans le quotidien des élèves, une fois résolus les problèmes matériels de connexion, l'enseignant peut alors se retrouver face à la douloureuse question: quelle pédagogie avec internet?
On peut distinguer trois grandes utilisations d'internet: la consultation, la communication, la création.
1 - La consultation de sites web
La consultation de sites web, cet accès gratuit et quasi immédiat à l'information est la première utilisation que l'on fait généralement d'internet.
Ainsi lorsqu'on entreprend avec ses élèves un travail sur l'aviation, par exemple et pour rester très terre-à-terre bien entendu, outre la balade sur les Champs-Elysées transformés en "champs d'aviation", début septembre 1998, outre la consultation d'ouvrages à la bibliothèque de l'école, puis à celle du quartier, outre encore les connaissances des enfants ou de leur famille sur le sujet, on peut encore, via internet, avoir accès au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.
Ce premier exemple pour illustrer deux grands principes que l'on doit toujours garder présent à l'esprit:
- premier principe : internet est une source d'information supplémentaire et seulement supplémentaire, jamais exclusive des autres ;
- deuxième principe : internet, souvent comparé à une immense bibliothèque, n'a pas encore de "web-thécaire"!!
C'est donc à l'enseignant que reviendra ce nouveau rôle; il devra, avant d'offrir l'accès à internet à ses élèves, choisir les sites pertinents, les vérifier, les lire. L'idée d'apprendre à utiliser les moteurs de recherche à des élèves d'école primaire me semblant, personnellement, complètement aberrante; autant leur donner les catalogues de parutions des livres, journaux, publications pour les laisser choisir les ouvrages dans lesquels ils pensent pouvoir trouver des informations accessibles et pertinentes.
Le site "momes" via le dictionnaire encyclopédique tente de recenser au fur et à mesure des demandes non pas les sites pour enseignants mais des sites sur les sujets pouvant intéresser les enfants, souvent faits par d'autres enfants, parfois faits par des entreprises ou des passionnés et non spécifiquement dédiés aux enfants mais n'en comportant pas moins de très bonnes informations très accessibles.
Un des "plus" d'internet sur le livre ou même sur le cd-rom, sera précisément cet accès gratuits à des documents de tous ordres, d'où différents niveaux de lecture, du point de vue partisan du vendeur par exemple à la présentation technique de l'inventeur, etc. le tout rassemblé sur le même support. Le tri de l'information se fera donc à ce niveau, sans besoin d'avoir accès à "tout".
Un autre "plus" du web, qui a été présenté comme un inconvénient la plupart du temps, est l'indispensable vérification de l'information reçue. Cette vérification, qui permettra rarement d'arriver à un 100% garanti sans erreur, n'est pas spécifique aux informations trouvées sur internet, mais il est intéressant d'utiliser cette re-découverte pour enfin l'appliquer aux autres supports : télévision, publicité, journaux, etc. C'est la confrontation des diverses données, la variété des versions, la persistance et la constance de telle info dans les différentes sources qui la rendra plus plausible et, via internet, la possibilité certes de plus en plus rare, de pouvoir communiquer avec l'auteur de la page qui pourra aussi indiquer ses sources, voire sa méthode de recherche qui lui a permis d'aboutir à telle ou telle conclusion. Cette éducation "citoyenne" est indispensable pour les acteurs de demain.
Autre avantage encore du "en ligne", outre l'actualisation permanente possible, et aussi la re-découverte de l'Homme derrière la machine. Sa présence est à peine perceptible sur le générique d'un cd-rom, invisible sur un ordinateur, mais peut tout à fait reprendre corps via internet: avec un clavier on ne s'adresse plus à une machine mais à une personne. Si l'ordinateur refuse une erreur d'adresse, une personne peut aussi refuser de répondre; si un ordinateur est insensible aux arguments et persiste à refuser l'erreur d'adresse, la personne, elle, sera susceptible de modifier son comportement. La notion de "virtuel", de fiction, de réalité, si difficile à mettre en place chez des enfants nourris au multi-média, peut largement tirer profit de ce nouveau moyen de communication, si bien entendu les acteurs savent y participer.
Bien entendu il ne faut pas non plus faire d'internet un tableau idyllique offrant à l'enseignant tout ce qu'il avait toujours rêvé de posséder sans jamais avoir osé le demander. Les inconvénients existent aussi.
Internet étant bien un "plus" et non un "exclusif", cela ne le dispense pas de continuer à oeuvrer à ses préparations, à ses corrections, ses évalutions, son travail administratif, organisations de classes de découverte, de sorties, préparation de fêtes d'école, etc. Non seulement cela ne l'en dispense pas mais comme tout "supplément", internet augmente le travail de l'enseignant et, à l'heure actuelle et à ma connaissance, tous les enseignants qui utilisent internet avec leur classe passent un temps considérable pris sur leurs loisirs et vacances: cela va de l'auto-formation au langage html, java et autres pour la création de sites web à la veille technologique jusqu'au fameux travail de "webthécaire" indispensable pour un bon déroulement des séquences prévues en classe, travail d'autant plus fastidieux qu'il s'agit d'actualiser presque en permanence les signets (sites disparus, modifications d'url, etc).
2 - La communication
On a précédemment évoqué le fait que via un site web on pouvait dialoguer avec l'auteur de la page pour lui demander renseignements ou précisions. C'est là une des grandes nouveautés dans le domaine, là où effectivement on pourrait sans doute parler de "révolution" plus que d'évolution: dialoguer, communiquer sont bien les deux verbes les plus d'actualité dans les écoles parfois même au détriment des verbes enseigner ou apprendre;, mais ceci n'est qu'une parenthèse, et, par internet, possibilité est offerte de communiquer avec d'autres par l'intermédiaire d'un ordinateur.
L'avantage d'internet sur le courrier traditionnel est non seulement cette possibilité d'échanges rapides, mais aussi la découverte d'une nouvelle forme de communication; l'école n'a jamais mis à ses programmes l'utilisation du téléphone et la pratique de la communication orale par téléphone; certaines d'entre elles ont utilisé la communication par fax, quelques unes par minitel, juste avant l'arrivé d'internet et parallèlement encore les écoles rurales et isolées ont installé des "réseaux", sortes d'intranet. Et avec l'arrivée de "l'e-mail" ou "mél" c'est une nouvelle forme d'écriture qui s'instaure, un style différent, rapide, bref, concis. Arrivée aussi d'une nouvelle ponctuation, qui permet de re-découvrir l'ancienne, avec les "smiley"; et encore l'arrivée de nouveaux correspondants qui ne seront pas tous d'autres élèves mais encore des scientifiques, des chercheurs, etc.
Apprendre à utiliser le courrier électronique, c'est donc apprendre à écrire, mais c'est aussi apprendre à transmettre une information, un renseignement à une personne, un interlocuteur; il est aussi intéressant et possible grâce à ce moyen d'apprendre à travailler à distance en équipe, comme les chercheurs le font couramment; sur le site momes un "jeu par e-mail et par équipe" est en ligne depuis quelques mois pour aider à l'apprentissage de cette transmission.
Si certaines écoles avaient, bien avant internet, vanté les mérites de la "correspondance scolaire", cela restait encore l'apanage des partisans de Freinet (il est à noter que ce sont ces écoles qui ont été les premières à se connecter à internet).
Des projets inter-écoles peuvent ainsi se mettre en place: le projet "jardins dans la ville" est le début d'un travail entre l'école Vicq-d'Azir et l'école primaire d'Alésia; au-delà internet va permettre aussi des échanges avec l'extérieur de l'école, comme l'a fait l'école des Hospitalières-Saint-Gervais, avec le département scientifique de la NASA pour effectuer pour eux un travail quotidien de relevé météorologique ou encore comme s'apprête à le mettre en oeuvre l'école maternelle Sommerand, avec le Musée National du Moyen-Age
3 - La création
Par ces échanges d'informations, par la consultation d'autres sites d'écoles ou autres, peu à peu plus que le désir survient le besoin de participer à un site (certaines classes fournissent d'ailleurs le site "momes" en dossiers ou histoires de façon assez régulière) ou voire de créer son propre site; les enfants apprennent peu à peu qu'ils sont eux aussi détenteurs d'informations.
Des sites web d'écoles déjà en ligne, on peut trouver différentes pratiques pédagogiques, différentes utilisations d'un site :
- le site qui informe de ce qui se passe à l'école, dans les classes, qui présente ses travaux, avec souvent la "mise en ligne" du journal de l'école (École Hermel), sorte de journal de bord, version "électronique".
- le site qui propose la géographie et l'histoire du quartier (École maternelle Daumesnil) ou du personnage qui a donné son nom à l'école (École Maurice Chevalier)
- Le site qui expose des dossiers, souvent très complets et très clairs, sur des sujets précis préparé par les élèves (Ecole Etienne Dolet)
Bien entendu là encore rien ne sert de masquer les problèmes inhérents d'une part à la création de pages d'écoles mais aussi et, peut-être bien plus, à leur diffusion:
- la partie technique de mise en page est encore pour une très large part le fruit du travail de l'enseignant plus que des élèves;, même si, peu à peu, les éditeurs de pages html se rapprochent des traitements de texte déjà connus des plus grands;
- d'autre part le site web de l'école a pour vocation, une fois en ligne, d'être vu et lu par le plus grand nombre; pour se faire il lui faudra non seulement être remarquable mais aussi être remarqué. Or lorsqu'on connaît les chiffres faramineux de nouveaux sites créés chaque jour sur la grande toile on conviendra que ce ne sera pas par le biais de moteurs de recherche, aussi pointus soient-ils que la page qu'on vient de créer va aussitôt recevoir des centaines de "visiteurs". Ce travail de référencement du site incombe une nouvelle fois à l'enseignant (à qui, cher Philippe, tu conseilleras bien évidemment d'inscrire le site de son école sur le site "môme";o)) et ce ne sera pas malheureusement forcément en fonction de l'intérêt et du travail considérable des enfants que tel ou tel site recevra des visiteurs mais parfois plus en fonction du "bon" recensement sur les bonnes pages.
Cette nouvelle forme d'évaluation fournie par le "compteur de visites" ou le nombre d'e-mails reçus, récompensera sans doute plus le bon "marketing" que l'intérêt du contenu; il semble nécessaire et urgent de renforcer le rôle fédérateur de certains sites pour éviter ce triste travers.

page d'accueil - http://www.momes.net

Page en construction permanente, dernier remaniement le

13/10/98

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