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1980
Vasco, de Gilles Chaillet, paraît dans "Tintin". Dans une version
préliminaire, entamée en 1969, ce personnage qui parcourra l'Europe de la
naissance s'appelait... Caïus Hostilus et était préfet de cavalerie dans
l'armée romaine!
En ce XIVe siècle qui le voit finalement naître, Vasco est le neveu d'un
banquier siennois, Tolomei, qui lui assigne diverses missions de confiance
qui le plongent dans un monde de trafics, de conspirations et de
sorcellerie. Chaillet, éduqué à l'école de Jacques Martin (pour qui il
dessine plusieurs albums de Lefranc), soigne de manière obsessionnelle les
décors et le réalisme des personnages au point de faire de Vasco l'une des
séries historiques les plus perfectionnistes.
1959 
Philippe Bonifay naît à Toulon. Il débute aux Editions Glénat en 1981, où
il scénarise "Le Chariot de Thespis" pour le dessinateur Rossi ainsi que
divers récits complets. En 1989, il imagine pour Terpant "Le Passage de la
saison morte" et, en 1990, pour Floc'h, "Les Ados de Béton".
En 1993, avec Frank, il crée une oeuvre magistrale, "Zoo", qui paraît dans
la collection "Aire Libre" de Dupuis.
1954 
Philippe Foerster naît à Liège. Il participe au fameux "Atelier R" de
Claude Renard à l'Institut Saint-Luc à Bruxelles et publie donc ses
premières planches dans la revue de l'Atelier, "Le neuvième Rêve". Ses
premières planches paraissent dans "Tintin", mais c'est dans "Fluide
Glacial" qu'il va réellement montrer ce dont il est capable. Là, en effet,
paraissent dès 1980 des récits d'humour noir atteignant un niveau de
fantastique rarement atteint dans la bande dessinée européenne. Mélange
d'histoires extraordinaires façon Edgar Allan Poe et le suspense angoissant
des nouvelles sélectionnées par Hitchcock, elles mettent en scène des
personnages dont le destin sera quasi-systématiquement effroyable.
Auteur également d'une version fantastique de Pinocchio, Foerster dessine
également les aventures d'un marin, "Starbuck", dans le journal "Spirou",
de 1987 à 1992.
1934
Li'l Abner d'Al Capp apparaît dans la presse quotidienne américaine. Ce
grand dadais issu de l'Amérique profonde - un petit village perdu nommé
Dagpotch - est le digne rejeton de Mammy et Pappy Yokum, d'un grand nombre
de décennies ses aînés. Naïf et pas vraiment futé dans un monde cruel et
sans pitié, ce puceau maladroit sent malgré tout ses sens se bouleverser
par la rencontre d'une bombe sexy, Daisy Mae. La plantureuse blonde devient
son épouse et lui donne un fils, qu'il nomme bien sûr d'un patronyme bien
"Amérique profonde", Honest Abe.
Burlesques, les aventures complètement délirantes de Li'l Abner mettent en
scène une humanité malhonnête face à cette famille de braves gens
foncièrement honnêtes, des filles assoiffées d'hommes - particulièrement le
Sadie Hawkins Day où elles poursuivent les hommes d'en l'espoir d'en
coincer un pour la vie - face à un jeune homme relativement attardé sur le
plan de la chair et une bande dessinée mise en abîme dans la série,
racontant les enquêtes de Fearless Fosdick, un policier pastichant le
fameux Dick Tracy de Cherster Gould. Elles se sont interrompues
définitivement en 1977.
1926 
René Goscinny naît à Paris. Il passe une partie de son enfance en Argentine
et, à la mort de son père en 1942, il doit trouver un emploi pour survivre.
Après une année comme sous-aide comptable dans une usine de recyclage de
pneus, il se fait engager comme assistant dessinateur dans une agence de
publicité de Buenos Aires.
Il est invité par l'un de ses oncles américains à le rejoindre à New York
et s'y installe. C'est là qu'il rencontre les fondateurs de ce monument de
l'humour qu'est le journal "Mad" : Kurtzman, Elder et Davis. Avec leur
aide, il parvient à travailler pour une agence de publicité.
En 1950, il rencontre Jijé et Morris, venus s'installer aux Etats-Unis, qui
le présentent au directeur d'une agence européenne, la "World Press", qui,
par politesse, lui propose de passer le voir s'il venait à se trouver à
Bruxelles. Il prend la proposition au sérieux et se rend donc à Bruxelles
présenter sa première bande dessinée, "Dick Dicks". Georges Troisfontaines
ne se souvient pas de lui, mais le garde néanmoins dans son agence pour
divers travaux, dont celui d'aller chercher à Paris les planches d'un de
ses jeunes collaborateurs : Albert Uderzo.
En 1951, un bureau de la World Press est installé à Paris et la
responsabilité en est confiée à Goscinny. Celui-ci se lie d'amiié avec
Uderzo et ils commencent à travailler ensemble. Si Goscinny publie encore
de temps en temps des planches qu'il réalise en solo ("La capitaine Bibobu"
en 1955) et s'il rédige encore, pour vivre, des rubriques sur le savoir-vivre
dans "Bonnes Soirées" ou des nouvelles policières dans "Télé-Moustique", il
se tourne de plus en plus vers le scénario. Dans "Spirou", il imagine des
"Belles Histoires de l'Oncle Paul". Avec Uderzo, il crée Jehan Pistolet,
Luc Junior puis Oumpah Pah, qui ne sera publié que bien plus tard dans
"Tintin", en 1958, complètement remanié. Il reprend le scénario de Lucky
Luke pour Morris en 1955 et imagine même un épisode de Jerry Spring pour
Jijé.
Cette année-là, Charlier, Goscinny et Uderzo, qui avaient décidé de créer
une sorte de syndicat d'auteurs pour défendre leurs droits, sont licenciés
par Georges Troisfontaines.
Se retrouvant à la rue, ils s'associent pour créer une agence de presse et
de communication, "Edipresse/Edifrance". Elle lance les magazines
"Clairon", "Pistolin" (pour laquelle Goscinny raconte les aventures de
Pistolin, dessinées par un certain Hughes qui n'est autre que Victor
Hubinon, le dessinateur de Buck Danny) et de Jehan Soupolet. Avec Uderzo,
Goscinny crée une série réaliste, Bill Blanchart, et reprend Benjamin et
Benjamine des mains de Christian Godard.
En 1956, il raconte les frasques d'un petit garçon, "Le Petit Nicolas",
dans des nouvelles illustrées par Sempé, puis entre au journal "Tintin.
Après divers récits complets, il crée "Il Signor Spaghetti" pour Dino
Attanasio et imagine de nombreux gags et récits pour divers auteurs comme
Tibet (Globul le Martien), Maurice Maréchal (Prudence Petitpas), Bob de
Moor (Monsieur Tric), Franquin (Modeste et Pompon), René Macherot (Le père
la Houle), etc. En 1958, il lance le taximan Strapontin avec Berck.
Avec Edipresse/Edifrance, il travaille pour Radio Luxembourg qui souhaite
lancer un magazine "Radio-Télé". Cette collaboration aboutira, en 1959, au
lancement de "Pilote", soutenu par une gigantesque campagne de publicité
sur les ondes de la radio. C'est là qu'il crée le héros de bande dessinée
européen le plus célèbre de tous les temps : Astérix.
Cela ne suffira pas à maintenir un magazine rédigé par la rédaction de la
radio et au contenu rédactionnel plutôt faible. En 1961, Georges Dargaud le
rachète pour un franc symbolique et place Goscinny et Charlier à sa tête.
Les grandes années de "Pilote" viennent de commencer. Les séries de
Goscinny s'y multiplient (dont "Les Dingodossiers", avec Gotlib, "Les
Divagations de Mr. Sait-Tout" avec Martial, "Le Grand Vizir Iznogoud" avec
Tabary, etc) et il amène de nombreux jeunes auteurs à qui il donne leur
chance : Gir, Bretécher, Fred, Mandryka, Christin, Reiser, Druillet, etc.
En 1969, il ajoute encore à ses nombreuses activités une émission
dominicale sur Europe 1, "Le feu de camp du dimanche matin", réalisée avec
Gébé, Fred et Gotlib.
Au début des années 70, les remous de mai 68 se font sentir. La
contestation gagne le journal "Pilote" et des dessinateurs refusent
désormais la direction de Goscinny. Celui-ci, déçu, quitte la rédaction en
1974, mettant fin à une période de gloire d'une quinzaine d'années. Le lent
déclin de Pilote commence cette année-là.
Goscinny crée l'éphémère journal "Lucky Luke" et fonde des studios
d'animations, "Idéfix". Il se consacre désormais à ses séries vedettes. Le
5 novembre 1977, il décède d'un infarctus lors d'un contrôle cardiaque.
Le plus important, le plus créatif de tous les scénaristes humoristiques
disparaît ce jour-là. Un monument. Lors du journal télévisé du soir, des
journalistes imbéciles parlent du "dernier gag de René Goscinny". Tant
d'années après, cela ne me fait toujours pas rire.
1978
"L'Or de la Mort", la première aventure de Xan, dessinée par Pleyers sur
des scénarios de Jacques Martin, paraît dans "Tintin". Fasciné par
l'histoire de Gilles de Rais, alchimiste et grand conétable de france,
considéré comme le Barbe-Bleue du XVe siècle, Jacques Martin imagine ce
personnage qui deviendra son ami et ne nous épargne aucune des horreurs de
cette époque particulièrement sanglante.
Déçu par les retards successifs d'une collection d'albums aux Editions du
Lombard, les auteurs poursuivent la série aux Editions Casterman, sous le
nom "Jhen".
1957 
Marc Hardy naît à Liège. Il apprend les rudiments de la bande dessinée à
l'Institut Saint-Luc de cette ville, auprès de Pierre Seron et de Mittéï.
Il débute comme assistant d'Edouard Aidans et réalise avec lui "La
Prodigieuse histoire du Tour de France" (scénario de Duval) et "Les
Franval".
C'est dans "Spirou" qu'il débute professionnellement. Il y crée Badminton
(scénario de Mittéï), Garonne et Guitare (scénario de Mythic), Arkel
(scénario de Desberg, en 1981), et enfin Pierre Tombal, en 1982, avec Raoul
Cauvin. Cette série, qui met en scène un fossoyeur sympa, obtient très vite
un succès considérable (Glénat).
Pour les Editions Glénat, il crée avec Yann en 1985 un pastiche de la
Patrouille des castors, "La Patrouille des Libellules", puis "Lolo et
Sucette", deux prostituées en 1988 et, finalement, "Croq'la vie" en 1992
qui paraît lui, chez Marsu-Productions.
1892
Hal Foster naît à Halifax, au Canada. Il débute comme trappeur, puis
boxeur, guide touristique, chercheur d'or.
En 1921, il part pour Chicago en bicyclette et s'y installe pour suivre des
études artistiques.
Il réalise de nombreuses illustrations et des dessins publicitaires, avec
un talent tel qu'il est bientôt l'un des graphistes les plus reconnus.
En 1928, sous la pression d'un agent littéraire, Edgar Rice Burrough, le
père de Tarzan, accepte que son homme singe soit adapté en bande dessinée.
C'est Foster qui s'en chargera, sous la forme de bandes quotidiennes
publiées dans la presse au début de l'année 1929. Il en dessinera également
les planches du dimanche (des demi-planches publiées dans les suppléments
hebdomadaires des quotidiens) de 1931 à 1937. Cette année-là; contacté par
William Randolph Hearst, le magnat de la presse, il crée "Prince Valiant"
pour le King Features Syndicate. Cette série, malgré son académisme et son
classicisme, devient l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de l'histoire de la
bande dessinée. Il n'arrêtera de la dessiner qu'en 1971 mais en poursuivra
encore les scénarios jusqu'à sa retraite en 1979... à l'âge de 87 ans !
1996 
Les "ketjes" de Bruxelles, Quick et Flupke, sont désormais immortalisés sur
une façade du centre de la ville dans une fresque murale. Dans le cadre de
l'opération "Parcours BD", un mur a en effet été décoré à l'effigie des
sympathiques héros de Hergé. Toutes les étapes de cette réalisation sur le
site www.tintin.be.
1951
Annie Goetzinger naît à Paris. Élève à l'Ecole supérieure des Arts
appliqués à la fin des années soixante, elle suit les cours de Georges
Pichard. Jacques Lob, membre du jury, l'introduit à "Pilote".
Ses premières planches paraissent dans "Lisette", sous le titre "Fleur". En
parallèle, elle publie divers récits complets dans "Pilote", écrits par
divers scénaristes, puis dans "Le Canard sauvage" et, enfin "Circus" où
elle publie son premier récit de longue haleine : "Casque d'Or".
Dans 'Circus", avec Mora, elle crée encore un pastiche des feuilletons du
début du siècle : "Félina". En 1978, elle publie une vie romancée de
Georges Sand sous le titre "Aurore" (Des Femmes) puis entame une longue
série de biographies imaginaires, rassemblées sous le thème générique de
"Portraits souvenirs", avec le scénariste Christin : "La demoiselle de la
Légion d'Honneur", "La Diva et le Kriegspiel", "La voyageuse de la petite
ceinture", "Charlotte et Nancy" (Dargaud). Puis elle édite quelques titres
aux Humanoïdes Associés avant de revenir chez Dargaud avec "La Sultane
Blanche" qui, en 1996, étrenne la collection "Long Courrier".
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