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1919
En Uruguay, naît Alberto Breccia. C'est en Argentine qu'il se forme seul au
graphisme. Dessinateur humoristique, illustrateur de contes, il se tourne
vers le réalisme à la fin des années trente et réalise de nombreux récits
pour diverses revues. Professeur de dessin, il enseigne aux côtés d'Hugo
Pratt. C'est en 1957 qu'il rencontre le scénariste qui va changer le cours
de sa carrière : Hector Oesterheld. Ensemble, ils réalisent divers récits
dont Ernie Pike, que dessinera également Hugo Pratt. C'est en 1962 qu'ils
créent la superbe série "Mort Cinder", considérée à juste titre comme son
chef-d'oeuvre. Il continue à dessiner sous la dictature, mais sa biographie
de Che Guevara est saisie par les militaires. Victime d'une des
innombrables "disparitions" qui marquèrent le régime, Oesterheld ne
réapparaîtra plus.
Il réalise alors divers récits fantastiques et des contes pour enfants,
avant de créer, en 1984, le magnifique "Perramus" (Glénat). La qualité de
son travail sur le noir et blanc, sa personnalité et le fond social et
politique de ses oeuvres l'ont placé parmi les plus grands auteurs
contemporains.
1832
Naît à Wiedensahl, en Allemagne, Wilhelm Busch. Ce dessinateur réalisera de
nombreux récits illustrés dont l'Histoire de la bande dessinée n'a retenu
que ceux d'un duo de garnements : Max und Moritz. Publiée en 1865, cette
bande dessinée d'avant la lettre inspirera Rudolph Dirks pour ses
"Katzenjammer Kids" - connus en français sous la très intellectuelle
traduction "Pim, Pam, Poum".
1996
Chaland expose à titre posthume sa vision de la Belgique. Le célèbre leader
de la vague rétro qui, au début des années 80, toucha une certaine bande
dessinée qui se voulait à la mode, a souvent représenté la Belgique-cliché,
celle de l'Atomium et de la BD d'après-guerre. Découvrez ce style "Atomium"
dans l'exposition "Chaland en Belgique" qui se tient jusqu'au 26 mai au
Centre belge de la Bande dessinée, 20, rue des Sables, 1000 Bruxelles.
Infos : 19 32 2 219 19 80.
1968
Naît un gros toutou tout blanc - hormis une touffe de poils jaunes qui lui
sert de queue. Cet adepte du dolce-farniente et du gag a été créé par un
jeune assistant de Greg, Dupa. Avec son maître, le marin Sémaphore, ils
vivraient des jours heureux à paresser et à bien manger s'il n'y avait
l'infâme, l'infernal chat Sénéchal qui leur sert de voisin.
Trèèèèèèèèèèèèès inspiré d'Achille Talon et de l'humour très
caractéristique de Greg, qui fut son maître, Dupa réalise avec Cubitus une
série d'humour de très haut niveau, récompensée par une reconnaissance très
rapide du public. A tel point que les éditions du Lombard, orpheline de
l'hebdomadaire Tintin à la fin des années 80, en font la mascotte d'un
magazine et que des Japonais l'adaptent en dessin animé. Ce qui n'est pas,
il faut l'avouer, la meilleure chose que notre brave chien ait accomplie
dans sa vie (Lombard).
1948
Naît André Beautemps, le créateur de Michael Logan.
1996
Hermann expose les magnifiques planches originales de son album
"Sarajevo-Tango" à l'Hôtel SAS, 47, rue Fossé-aux-Loups, 1000 Bruxelles.
Infos : 19 32 2 219 28 28.
1954
Naît Gibrat. C'est en 1977, après des études de graphisme, qu'il publie ses
premières planches dans le mensuel "Pilote". L'année suivante, avec
Berroyer, il crée le personnage de Goudard dans "B.D.", série qui se
retrouve ensuite dans Charlie Mensuel puis dans Fluide Glacial, et dont le
personnage principal se retrouvera dans la très belle série d'albums autour
de "La Parisienne", qui débute dans "Pilote" en 1982 (albums Dargaud). Il
aura l'honneur de dessiner, pour "Télé-Poche", les aventures de la très
médiatique Zaza, chienne de Michel Drucker, et participera durant les
années 80 à divers albums collectifs avant de créer, en 1994, avec
jean-Claude Forest, "Narcisse Mulot" (Dargaud). Gibrat est un auteur
sensible, fin observateur de l'environnement quotidien contemporain, qui
crée des personnages vrais et attachants qui mériteraient plus de
retentissement auprès du public.
1871
Naît Emile-Joseph (Porphyre) Pinchon.Ce peintre de vocation ne se tourna
vers l'illustration de presse que pour des raisons bassement alimentaires.
C'est au début du siècle que "Le Petit Journal Illustré de la Jeunesse"
publie les premiers dessins de celui qui restera à jamais célèbre pour
avoir créé, l'année suivante, avec le scénariste Caumery, dans le premier
numéro de "La Semaine de Suzette", l'immortel personnage de Bécassine. Son
premier album, publié en 1913, est toujours réédité de nos jours.
Avec Jean Nohain, il crée Frimousset, puis La Famille Amulette,
Grassouillet et d'autres séries qui, si elles ont eu à l'époque les
honneurs d'une publication en albums, n'ont pas eu le même bonheur.
1962
Un grand mythe apparaît. C'est une femme. Sans doute la première vraie
femme de la bande dessinée européenne, habituée à l'époque aux beaux héros
et reléguant les héroïnes à des rôles secondaires. Le première femme,
également, d'une bande dessinée à destination d'un public adulte. Elle
s'appelle Barbarella et elle a marqué les fantasmes de toute une
génération. Sensuelle mais naïve, le personnage créé par Jean-Claude Forest
se retrouve sur la planète Lythion au milieu d'androïdes qui ont le
privilège d'approcher ses courbes fréquemment dévêtues. Son premier album
(Editions Losfeld, 1964) est immédiatement censuré, ce qui n'empêche pas
Roger Vadim de l'adapter au cinéma en 1968, avec Jane Fonda dans le rôle
principal.
Quelques albums sortiront au compte-gouttes : "Les colères du
mange-minute", "Le semble-lune", "Le miroir aux tempêtes" (dessiné,
celui-ci, par Billon), "Mystérieuse, matin, midi et soir", mais sans jamais
trouver leur public.
1996
Les rares femmes de la bande dessinée belge s'exposent à "Association 29".
Elles se nomment Dominique David, Chantal de Spiegeleer, Jeanine Rahir... et
elles font partie d'une catégorie à part dans la bande dessinée : les
artistes féminines. Venez voir les oeuvres de ces femmes qui font des
bulles dans l'exposition "Desseins de femmes et 9e art" qui se déroule 29,
rue Blanche, à 1050 Bruxelles, jusqu'au 4 mai. Infos : 19 32 2 538 47 73.
1982
Apparaît, dans "Circus", un ancien bagnard que la malchance suit comme son
ombre : Louis la Guigne. Anarchiste, révolté contre l'injustice, il est le
pot de terre contre le pot de fer de ceux qui détiennent le pouvoir. Pour
ne pas être brisé, il doit quitter le territoire français et se réfugier
aux Etats-Unis ...où les ennuis recommencent, transformant sa vie en une
fuite permanente. Avec ce personnage tragique, Frank Giroud, le scénariste
et Jean-Paul Dethorey, le dessinateur, nous replongent dans l'ambiance
violente des années vingt puis trente, retracées avec un réel souci de
réalisme (albums Glénat).
1993
Disparaît Charles Degotte. Il avait commencé au studio d'animation T.V.A.
des Éditions Dupuis, et publia ses premières histoires dans le journal
Spirou - dont il deviendrait le metteur en page pendant plus de vingt ans.
C'est en 1961 qu'il participe aux "minis-récits" qui, chaque semaine,
apportaient un petit album en format réduit aux jeunes lecteurs du journal.
C'est là qu'y naît le Flagada, un personnage fantastique dont l'originalité
et l'humour lui vaudront de quitter les minis-récits pour vivre des gags en
une planche, des récits complets puis des histoires à suite. En 1984, il
abandonne le personnage et crée "Les Motards", où ses inventions verbales
nombreuses et son sens du gag font merveille. La série recueille un immense
succès, mais s'interrompt au décès de son créateur (Dupuis).
1968
Disparaît Rudolph Dirks, le père des "Katzenjammer Kids".
1961
Naît Stéphane Colman. Elève à l'Académie des Beaux-Arts de Liège, il
rencontre le scénariste Desberg en 1979. Ensemble, ils proposent à "Spirou"
un récit mettant en scène un vilain petit garçon qui, décédé suite à un
accident, se retrouve ramené sur la terre sous la forme d'un chat. "Billy
the Cat" est né. C'est en 1981 qu'il réalise son premier album, "White le
choc" chez Magic Strip, suivi en 1983 d'un livre très graphique, "Radical
Café". Cela lui vaut de nombreux contrats dans la publicité. Mais dégoûté
par ce milieu, il revient à la bande dessinée en 1987 en reprenant le
personnage de Billy the Cat dans un style très disneyen (Dupuis). Il est
adapté en dessins animés en 1996, dans une série d'épisodes inédits.
1938
Dans les librairies, un journal vient de naître. Il s'adresse aux enfants
et son éditeur, Dupuis, a voulu que son nom rappelle aux petits
Wallons, à qui il est destiné,; un personnage espiègle, vif et farceur : un
"spirou", comme on dit là-bas, en référence à l'écureuil dont c'est le nom
en wallon. Il ne le sait pas, mais son journal va marquer des générations
de lecteurs, inspirer des centaines de dessinateurs qui, tous, vont rêver
d'y publier un jour. Surtout, il va offrir à la bande dessinée certaines de
ses plus glorieuses pages. Tant de dates de ce centenaire auraient été
vierges sans ce journal qui a permis à ces talents exceptionnels que sont
Franquin, Jijé, Tillieux, Roba, Charlier, Hubinon, Peyo, Morris, Cauvin,
Lambil, Mitacq, Tome et Janry, Leloup, et tant d'autres de s'exprimer et de
créer des personnages qui ont fait rêver des millions d'enfants : Spirou,
bien sûr, mais aussi les Schtroumpfs, Lucky Luke, Gaston Lagaffe, Jerry
Spring, Blondin et Cirage, Buck Danny, Gil Jourdan, Johan et Pirlouit,
Timour, Boule et Bill, la Patrouille des Castors, Yoko Tsuno, les Tuniques
Bleues, le Petit Spirou, le Marsupilami...
Spirou, menacé par la concurrence des albums, a su se renouveler à temps et
proposer à la fin des années 80 un contenu de magazine sortant du carcan
des purs amateurs de bandes dessinées. Raison pour laquelle il est toujours
là, dernier survivant d'une ère exceptionnelle, toujours d'une jeunesse
inusable.
1938
Un chauve fait son entrée dans le premier numéro de "Spirou". Il se nomme
Tif. Quelques semaines plus tard, il rencontre un naufragé hirsute : Tondu.
Un duo d'aventuriers célibataires qui va traverser toute l'histoire du
magazine est né. C'est Fernand Dineur qui en dessine les premières
aventures, burlesques et extravagantes. En 1949, Will reprend le flambeau.
Il le gardera durant plus de quarante ans, rajeunissant les personnages,
les modernisant, leur donnant une stature durable et cohérente. Des
scénaristes vont l'y aider. Fernand Dineur, d'abord, Bermar ensuite, suivi
de l'étonnant Rosy qui leur associera le mythique mais inquiétant M.Choc,
parrain d'une puissante organisation criminelle, "La main blanche". Marcel
Denis assure un intérim, durant deux ans au début des années 60, avant que
Will récupère les personnages. Maurice Tillieux prend le relais des
scénaristes et adapte la trame d'anciens récits qu'il avait créés pour son
personnage Félix dans le journal "Heroïc Albums". A la mort accidentelle du
génial créateur, c'est Desberg qui poursuit les scénarios. En 1991, Will,
lassé par les personnages, arrête. C'est un nouveau duo, Sikorski pour le
dessin et Lapière pour le scénario, qui en assument aujourd'hui la
paternité, dans une veine très classique (Dupuis).
1938
Naît le personnage de Spirou, dans le magazine qui porte son nom. Dessiné
par le Français Robert Velter (qui signe du pseudonyme Rob-Vel), il est
groom au "Moustic Hôtel". Il est encore seul, un tantinet maladroit, mais
il est rejoint l'année suivante par un écureuil qu'il a sauvé et qui ne le
quittera plus. Durant la guerre, Rob-Vel, sous les drapeaux, est contraint
à abandonner la série et la revend à l'éditeur en 1943. Qui le confie au
dessinateur Jijé, qui sert alors d'homme à tout faire. En 1946, non sans
lui avoir adjoint le personnage fantasque de Fantasio, il passe la main à
celui qui va définitivement marquer le personnage et lui donner toute sa
cohérence : André Franquin. Avec lui, naîtront certains des plus grands
chefs-d'oeuvre de la bande dessinée, comme "Le Nid des Marsupilamis", "Z
comme Zorglub", "La Corne du Rhinocéros", "Le prisonnier du Bouddha", "QRN
sur Bretzelburg", "Panade à Champignac", etc. Au fil des albums, Spirou et
Fantasio rencontrent des personnages devenus mythiques : Zorglub, le comte
de Champignac et surtout le Marsupilami. Mais en 1968, surchargé par Gaston
Lagaffe et l'animation du journal, Franquin arrête. C'est le Breton
Fournier qui reprend les personnages jusqu'en 1979 où un véritable
vaudeville commence. Divers auteurs sont pressentis pour poursuivre la
série. Face à face, le duo Broca/Cauvin contre deux tout jeunes auteurs, le
duo Tome et janry. Sans compter Chaland qui en profite pour réaliser un
récit en feuilleton dans un style rétro. C'est le duo Tome et Janry qui
gagne. Depuis 1981, ils président à la destinée d'un des plus célèbres
personnages de la bande dessinée en lui redonnant un ton nouveau, beaucoup
plus humoristique. En parallèle, ils réalisent, depuis 1987, les gags d'un
des personnages les plus drôles de tous les temps : le "Petit Spirou"
(Dupuis).
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