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1979
Une belle sauvageonne fait ses premiers pas dans (A suivre). Violette est
son nom et elle est libre comme la forêt où elle vit à une époque - le
début du XXe siècle - où la liberté des femmes était une vue de l'esprit.
Les notables du village profitent de ses appâts, de même que ses amants de
passage. Mais, dans le petit village voisin, les épouses préparent leur
vengeance. Cruelle et à la hauteur de leur haine. "Tendre Violette"
(Casterman), bande dessinée baignant dans l'amour de la nature et de la
féminité, a propulsé le dessinateur Jean-Claude Servais, auteur de la
région des Fagnes, proche des Ardennes belges, parmi les grands auteurs
humanistes. Ce chantre du terroir a fait vivre la belle Violette avec le
scénariste Dewamme.
1996
Débute la Foire du Livre de Bruxelles où, chaque année, des milliers
d'amateurs de bande dessinée peuvent - enfin ! - approcher, toucher, parler
à leurs auteurs favoris grâce aux séances de dédicaces, supplices affreux
dignes des tortures du Moyen-Age pour les dessinateurs, obligés de dessiner
à un rythme effréné dans une ambiance torride, et instants de délices pour
les fans patients qui acceptent de patienter les heures nécessaires avant
d'avoir leur album dédicacé. La Foire se terminera le 28 avril. Infos : 19
32 2 646 38 90.
Aujourd'hui, retrouvez Schuiten et Peeters sur le stand Casterman, de 18h à
21 h.
1956
A Baden-Baden, en Allemagne, le petit Jean-Marc Rochette pousse ses
premiers vagissements. Ses premiers récits paraissent dans le mensuel
"Actuel" et dans "Le Canard Sauvage" au début des années 70, mais il se
tourne ensuite vers la réalisation de courts-métrages d'animation. C'est en
1976 qu'il revient à la bande dessinée dans "L'Echo des Savanes" où il
publie divers récits, dont "Anodin et Inodore" avec Mandryka. C'est en 1980
qu'il donne naissance à l'inénarrable "Edmond le Cochon" (Albin Michel)
avec le scénariste Martin Veyron. Ce personnage, malgré diverses éclipses,
poursuit toujours sa carrière de porc cynique et odieux grâce à un humour
noir de très haut niveau. Il publie également le personnage malheureux,
éternellement maltraité, de Claudius Vigne (Casterman). Suite au décès du
dessinateur Alexis, il reprend le dessin d'un admirable récit fantastique
imaginé par Jacques Lob, "Le Transperceneige" (Casterman), un chef-d'oeuvre
visionnaire et grave pour lequel il modifie radicalement sa manière de
dessiner, se tournant vers un style plus réaliste.
1949
Naît François Rivière. Cet amateur de bande dessinée érudit, passionné par
la Grande-Bretagne et les auteurs anglais, débute comme critique de bande
dessinée dans le fanzine "Schtroumpf - Les cahiers de la bande dessinée",
édité par Glénat. C'est chez cet éditeur qu'il publie un court essai :
"L'école d'Hergé" en 1976.
En parallèle, il se sent des ailes de scénariste. Avec le dessinateur
Floc'h, il crée Albany pour le journal "Pilote" en 1977. Pour (A suivre),
outre de nombreuses collaborations scénaristiques, il publie des récits
fantastiques admirablement dessinés par Andréas sur carte à gratter (Album
"Révélations posthumes" chez Bédérama en 1980). Avec Goffin, il crée
Thierry l'Audacieux (Casterman) et, toujours avec Floc'h, sort l'album
"Blitz" (Albin Michel) avant de créer "Le Privé d'Hollywood" avec Philippe
Berthet. C'est en 1985 qu'avec Gabrielle Borile comme co-scénariste, il
crée Victor Sackville pour Francis Carin (Lombard).
Cet écrivain a rédigé de nombreux essais et bibliographies, entre autres
consacrées à Agatha Christie et James Barrie, l'auteur de Peter Pan. Des
auteurs classiques dont il ne renie pas l'influence sur l'ambiance subtile
qui règne sur ses bandes dessinées.
1944
Les Flandres belges voit naître, dans la famille Van Vosselen, le petit
Ferry. Plus tard, considérant son nom un peu complexe pour signer une bande
dessinée, il ne conservera que son prénom. Le début des années 70 le voit
dans les pages du "Soir Jeunesse" et du "Pilote" édition belge. C'est en
1974 qu'il y crée un personnage historique nommé Cédric, qu'on retrouvera
également dans "Tintin Pocket". Il poursuit dans la voie historique avec
des récits authentiques racontés par Yves Duval. En 1977, avec Jean-Luc
Vernal, il crée son premier personnage à succès: Ian Kalédine, que l'on
retrouve ensuite en albums aux Editions du Lombard. Il est également
l'auteur des "Chroniques de Panchrysia".
1996
A la Foire du Livre de Bruxelles, Roba et Roels attendent leurs fans sur le
stand Dargaud, de 15h à 17h..
1937
Francis Bertrand naît à Uccle, une commune de Bruxelles. Cet amateur de
jeux de mots intellectuels publie son premier récit en 1957 : "Many Vail",
dans le quotidien belge "La Cité". Il signe de son prénom, nom de plume
qu'il conservera par la suite. C'est sur un scénario de Greg qu'il publie
"Junior et Toutsy" dans "La Dernière Heure", en 1960. Il entre ensuite au
studio Peyo, puis au studio Greg. En parallèle, il produit ses propres
planches. En 1962, il publie de nombreuses histoires dans cette pépinière
qu'étaient les "mini-récits" du journal "Spirou", et crée des séries
éphémères pour divers journaux. En 1967, il reprend "Jacky et Célestin",
une série que se repassaient de main en main les assistants de Peyo. C'est
en 1966 qu'il publie dans "Spirou" les premières planches d'une série
délirante, basée sur toutes les techniques de l'humour burlesque du cinéma
muet : "La Ford T". Les dialogues et scénarios de Maurice Tillieux font
merveille, la série connaît un succès fulgurant. Il crée pour le même
journal "Clap et l'Homme du château" dès 1969, suivi du "Capitaine Lahuche
en 1974 et des désolants "Soldats de plomb" en 1979. Au décès de Tillieux,
malheureusement, "La Ford T" périclite. Le dessinateur également. Francis
sombre lentement dans une déchéance mentale et physique, et meurt sans
avoir pu retrouver la place qu'il méritait dans la bande dessinée de
divertissement.
1911
Naît, à Paris, Georges Dargaud. C'est en 1936 qu'il crée avec son épouse
une maison d'édition qui lancera, en 1943, un journal de bande dessinée
nommé "Allô les jeunes". Il poursuit avec d'autres magazines familiaux dans
de nombreux domaines, dont "Rustica". C'est en 1948 qu'il connaît la
réussite avec une édition française de l'hebdomadaire "Tintin", lancé en
Belgique en 1946 par les Editions du Lombard. En 1960, il rachète
l'hebdomadaire "Pilote" en train de couler et lui insuffle une énergie
nouvelle en plaçant aux commandes une équipe à qui il donne carte blanche
et qui le lui rendra bien : René Goscinny, Albert Uderzo et Jean-Michel
Charlier. Ce journal révolutionne la bande dessinée française en train de
ronronner. D'immenses auteurs y sont révélés, d'autres les rejoignent,
constituant un vivier où il puisera le contenu de collection d'albums
qui concurrenceront les éditeurs belges : Astérix, Tanguy et Laverdure,
Iznogoud, Achille Talon, Blueberry, etc.
Il ne connaît pas que des succès : de nombreux journaux ("Achille Talon
Magazine", "Lucky Luke", etc) disparaissent après quelques numéros. Au
milieu des années 70, "Pilote" devien mensuel et finit par disparaître, de
même que "Charlie mensuel", racheté aux Editions du Square. Mais ces
expériences ont continué à enrichir son fonds en albums de nouveaux
auteurs.
Georges Dargaud a également créé une agence publicitaire, "Publiart", et
s'est lancé dans de nombreuses activités dérivées de la bande dessinée,
dont les dessins animés.
En 1988, il cède sa société au sinistre groupe "Ampère" qui s'est donné
pour but de moraliser la bande dessinée de l'époque. De nombreux auteurs
quittent alors la maison, qui aura bien du mal à survivre à son créateur et
connaîtra des années noires avant de retrouver une bonne santé à la moitié
des années 90.
1996
Au Heysel, derrière une pile d'albums, les dessinateurs Benn, Goetzinger et
Berthet dédicacent sur le stand Dargaud, de 19h à 21h.
1996
A l'occasion du 10e anniversaire de la librairie-galerie Espace-BD, Moebius
y expose des illustrations originales, en compagnie de son alter-ego
Giraud. C'est 2, Place Fernand Cocq, à 1050 Bruxelles, jusqu'au 29 juin.
Infos : 19 32 2 512 68 69.
1990
Dans "Spirou Magaziiiine", un petit garçon, Charly, reçoit un jouet. Un
véhicule spatial apparemment anodin. Mais très vite, des choses étranges se
déroulent. Le jouet semble doté d'une vie propre. Seul l'enfant est capable
de communiquer avec lui. Et les pouvoirs du vaisseau sont terribles : un
rayonnement puissant est capable de tuer, de perser des murailles
métalliques épaisses. Des caractéristiques qui ne peuvent qu'intéresser la
Défense Nationale... Elle le regrettera vite !
Avec le personnage attachant de ce petit garçon et de son jouet tueur,
Lapière, le scénariste, et Magda, la dessinatrice, ont créé une série
angoissante, un véritable thriller où la dimension psychologique et humaine
est admirablement traitée (Dupuis).
1944
Meurt George Herriman. Né en 1880, c'est à dix-sept ans qu'il publie son
premier dessin au "Los Angeles Herald", qui l'embauche à la photogravure.
En 1900, il commence à publier des dessins humoristiques et il rentre dans
le studio graphique du "New York World" en 1901. C'est en 1903 qu'il se
lance dans la bande dessinée. Il réalise un nombre incalculable de séries
pour divers journaux.
En 1910, il crée la "Dingbat Family", qui devient ensuite "The Family
Upstairs". C'est là qu'apparraissent divers animaux qui prendront bientôt
leur indépendance dans une série dont ils seront les étranges vedettes :
"Krazy Kat", l'une des bandes dessinées les plus originales de toute
l'histoire de la bande dessinée. Il la poursuivra jusqu'à sa mort.
1927
Naît, dans une famille d'immigrés italiens, celui qui deviendra le plus
célèbre ambassadeur de la culture française : Albert Uderzo. C'est à l'âge
de treize ans qu'il entre à la Société Parisienne d'Edition comme homme à
tout faire. Il y touche à tous les métiers de la mise en page. C'est dans
le journal "Junior", où il publie son premier récit, un pastiche de la
fable "Le corbeau et le renard", qu'il rencontre le prodigieux dessinateur
Calvo, qui l'influencera énormément. A la fin de la guerre, il publie
divers récits avant d'entrer au magazine "O.K." où il crée ses premiers
personnages : Arys Buck, le Prince Rollin, Belloy. Il collabore également à
"France-Dimanche" et à "Bravo!" avant de se retrouver aux côtés de Hubinon,
Mitacq, Charlier à l'agence "World Press" à Bruxelles. C'est là qu'en 1951
il fait la connaissance d'un nommé René Goscinny.
A deux, ils réalisent la rubrique de savoir-vivre de l'hebdomadaire féminin
"Bonnes Soirées", puis ils créent Pistolet, puis Luc Junior avant de créer
un Indien nommé OumpahPah... une idée qui ne recueille pas le succès espéré.
En 1955, Uderzo, Charlier et Goscinny veulent fonder un syndicat qui
défendrait leurs droits... et sont licenciés sur le champ par leur employeur.
Ils retombent sur leur patte en créant deux agences, de publicité et de
presse, et lancent un magazine sponsorisé par une firme de chocolat :
"Pistolin".
En 1958, ils reprennent l'idée d'Oumpah-Pah, qui est acceptée cette fois
par le Lombard. Le personnage connaîtra un immense succès, mais un
désaccord financier avec l'éditeur (qui leur refuse une augmentation)
pousse Goscinny et Uderzo à abandonner la série. Entretemps, ils ont déjà
vécu ppas mal d'aventures. Grâce à leurs contacts avec Radio-Luxembourg,
ils participent à la création d'un magazine sponsorisé par la station de
radio. Ce sera "Pilote".
C'est là qu'Uderzo publie, dès le premier numéro, deux des plus célèbres
bandes dessinées françaises : Astérix (avec Goscinny, bien sûr) et Tanguy
et Laverdure (avec Jean-Michel Charlier, naturellement). Le Gaulois
moustache démarre lentement mais sûrement. Le succès est finalement tel
qu'Uderzo décide d'abandonner toutes ses autres collaborations et de ne
plus se consacrer qu'à lui. En 1969, il se retrouve adapté en dessin animé.
Le décès de Goscinny en 1977 ne l'empêche pas de poursuivre ses aventures.
En 1979, il fonde les Editions Albert-René et entame ensuite une grande
bataille pour récupérer les droits des albums publiés chez Dargaud,
bataille qu'il perd. La déception est telle qu'il menace d'abandonner le
personnage mais revient heureusement ensuite sur sa décision.
Albert Uderzo a mérité son succès : c'est l'un des plus grands
professionnels de la bande dessinée contemporaine. Il a autant apporté au
succès d'Astérix, par l'humour de ses dessins, par les innombrables
trouvailles qu'il y a ajouté et qui passent souvent inaperçues à la
première lecture, que l'immense Goscinny par la qualité de ses scénarios et
de ses dialogues.
1996
La toute nouvelle province belge du Brabant Wallon fait la fête à ses
créateurs. De nombreux auteurs de bande dessinée ont en effet d'y passer
des jours heureux, et de s'y installer pour réaliser leurs oeuvres. Qui ?
Pour le savoir, rendez-vous à l'exposition organisée à Wavre, au château de
l'Ermitage, 23, rue de l'Ermitage, jusqu'au 12 mai. Infos : 19 32 10 23 03
55.
Expo Space Center
1924
Naît Victor Hubinon. Il débue en 1946 avec un récit de guerre, "L'Agonie du
Bismarck", directement suivi par les premières planches des aventures d'un
pilote américain qui va marquer plusieurs générations de lecteurs du
journal "Spirou" : Buck Danny. Ce perfectionniste rigoureux, aux dessins
précis et minutieux, est également l'auteur de nombreuses autres séries,
humoristiques comme "Les Nouvelles Aventures de Blondin et Cirage", ou
réalistes comme "Barbe Rouge" (Dargaud), "Tiger Joe", "La Mouette", etc.
ainsi que de biographies en bande dessinée : Surcouf, Stanley, Mermoz
(Dupuis).
1996
Amateurs de dédicaces ? Retrouvez vos auteurs chéris à la Foire du Livre de
Bruxelles.
Au stand Casterman, de 14h30 à 17h30 : Comès, Johan de Moor, Philippe
Geluck, Jannin, Warnauts et Raives.
Au stand Dargaud, de 15h à 18h : Davodeau, Bignon, Léo, Vink, Godard et Ribera.
1991
Un chapeau de groom sur une tombe : Spirou vient de dire définitivement "au
revoir !" à son créateur. Robert Velter, alias Rob-Vel, n'est plus.
Groom au Ritz Carlton de Londres, puis chef de rang sur le vaisseau
"Majestic", c'est au cours d'une croisière sur un autre bateau, l'"Ile de
France", où il travaillait comme moniteur, qu'il rencontre Martin Branner,
le père de Bicot. Séduit par ses croquis, celui-ci l'engage comme assistant
dans son studio américain. Revenu en France en 1936, il entame une carrière
professionnelle sous le pseudonyme de Bozz. Le 21 avril 1938, suite à une
commande des Editions Dupuis, il donne naissance, sous le pseudonyme
Rob-Vel à un personnage inspiré de ses débuts dans l'hôtellerie : Spirou,
personnage vedette du journal qui porte le même nom. La guerre l'empêchant
de livrer ses planches, il doit céder le personnage à l'éditeur, qui le
confie à Jijé. Pour l'histoire de la bande dessinée, Rob-Vel reste à jamais
le créateur de Spirou. Il connaît pourtant une carrière de longue durée,
avec une quantité incroyable de séries, parmi lesquelles Toto, Bibor et
Tribar, Nimbus, et surtout, Mr. Subito.
1996
Toujours pas marre des dédicaces ? Allez, une dernière tournée pour la
route à la Foire du Livre de Bruxelles.
Chez Casterman : Cornette, Craenhals, Cromwell, Parcelier, Salma, Taymans.
Chez Dargaud, de 15h à 18h : Davodeau, Bignon, Bailly, Léo, Ribera et Godard.
1987
Dans "Spirou", un petit garçon blond nous présente sa famille. La mère,
classiquement reléguée aux tâches ménagères, le père marchand de tapis et
le grand-père - le beau-père du papa - avec qui ce dernier ne s'entend pas
du tout. Hors de cet univers où les querelles de famille mettent
régulièrement de l'ambiance, Cédric vit ses journées dans la tranquille
école de sa petite ville. Tranquille ? Voire... Car les drames du quotidien
lui gâchent régulièrement la vie. C'est que Cédric est amoureux de la
petite Chen et que ce grand dadais a le malheur d'être jaloux. Un jaloux
rancunier de surcroît, passé maître dans l'art de faire payer très cher à
ses adversaires les petites vexations qu'ils lui font subir, grâce à son
sens inné du gag.
Imaginés par Raoul Cauvin, dessiné avec beaucoup de charme par Laudec, les
aventures de Cédric recueillent immédiatement un succès énorme. Hormis la
qualité exceptionnelle des gags, signés par un Cauvin particulièrement bien
inspiré, ce succès est probablement également dû à la sensibilité et à la
nostalgie qui émanent du fabuleux personnage du grand-père. Rarement une
bande dessinée d'humour aura aussi délicatement joué de la corde sensible.
1955
Naît Michel Crespin. C'est dans le mensuel "Métal Hurlant" qu'il débute en
1977 avec quelques récits complets. Il entame, en 1979, une saga futuriste,
post-atomique, avec l'album "Marseil" (Humanoïdes Associés). Il sera suivi
de cinq autres titres étonnants par l'humanisme sous-jacent et le
traitement sensible des personnages. Dès 1991, il publie chez "Vents
d'Ouest" une nouvelle série, "Troubadour".
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