 |
1947
Philippe Liégeois naît à Durbuy, en Belgique. Il fait la connaissance de
Bob De Groot en 1967, après avoir travaillé au studio de dessin des
Editions Dupuis, et à deux, ils forment un duo qui deviendra vite
inséparable. Lui, signe Turk. Au début, tous deux dessinent. Ensemble, ils
réalisent un pastiche de BD d'espionnage scénarisée par Fred, que publie
"Pilote" : "4x8=32, l'espion caméléon". L'année suivante, ils réalisent
quelques mini-récits d'"Archimède", dans "Spirou". Et c'est en 1969 qu'ils
créent leur premier personnage à succès : Robin Dubois, pour "Tintin".
Un an plus tard, succédant à Azara, ils poursuivent la série "Clifton",
créée par Macherot. Turk la poursuivra jusqu'en 1985.
En parallèle, il est assistant de Tibet, pour qui il réalise les décors des
"Peur-de-Rien", et de Greg et Dupa, avec qui il adapte en bande dessinée
"Alice au Pays des Merveilles" en 1973.
C'est en 1975 que De Groot et Turk créent leur personnage fétiche, Léonard,
un hommage farfelu à Léonard de Vinci qui paraît d'abord dans "Achille
Talon Magazine", puis dans divers autres journaux. Tous deux finissent par
se spécialiser, De Groot s'occupant des scénarios et Turk des dessins.
(Dargaud)
1985
François Corteggiani et Marc Malès publient dans le journal "Vécu" les
premières pages d'une nouvelle série historique, "De Silence et de Sang".
Au travers des albums successifs qui mettent en scène deux émigrés italiens
au début de ce siècle, c'est toute l'histoire de la Maffia américaine qui
est romancée. Au quatrième épisode, Malès cède le pinceau à Mitton.(Glénat)
1996
Le Movenpik Hôtel, rue Paul Spaak, 15, à 1050 Bruxelles, organise une
exposition intitulée "Le dernier voyage de Jules Verne, par François
Schuiten". La sensibilité de Schuiten mariée au grand visionnaire du XIXe
siècle. Jusqu'au 9 septembre. Infos au 19 32 2 645 61 11.
1989
Disparaît Jean-Michel Charlier, le plus grand scénariste de la bande
dessinée réaliste, créateur de Buck Danny, la Patrouille des Castors, Marc
Dacier, les Chevaliers du Ciel, Barbe-Rouge, Blueberry, etc. Son portrait
est présenté le 30 octobre, date anniversaire de sa naissance.
1942
José Antonio Muñoz naît à Buenos Aires. Élève de Hugo Pratt et d'Alberto
Breccia dans une école des Beaux-Arts de cette ville, il collabore d'abord
avec Francisco Solano Lopez, dont il devient l'assistant, et avec le
scénariste Hector German Oesterheld. Il réalise diverses séries, dont
"Ernie Pike", à laquelle collabore également Hugo Pratt, et rejoint
l'équipe de dessinateurs d'une agence anglaise. A 28 ans, il fuit la junte
militaire et s'installe en Europe. C'est en Espagne qu'il rencontre, en
1974, un autre exilé avec qui il fait désormais équipe : Carlos Sampayo. A
deux, ils créent un personnage de privé, Alack Sinner, qui va ébranler le
monde de la bande dessinée, sur lequel souffle alors un vent nouveau. En
noir et blanc, dégoulinantes d'angoisse, expressionnistes, mêlant le
cauchemar et le symbolisme à un fond politique, les histoires de Muñoz et
Sampayo sont publiées dans les journaux qui font découvrir un nouveau type
de bande dessinée : "Linus" en Italie et son alter ego "Charlie Mensuel" en
France. Dans l'éphémère hebdomadaire "B.D.", ils créent un personnage
féminin, "Sophie", dans la même veine réaliste. Les deux personnages se
croiseront parfois. Le duo rejoint ensuite l'équipe d'(A suivre), où il
signe certains des meilleurs albums du moment : "Le bar à Joe", "Alack
Sinner", etc. (Casterman)
1887
Corto Maltese naît à Malte, d'un père marin et d'une mère gitane. Mais sa
vie - qui, selon son biographe attitré, Hugo Pratt, se terminera durant la
guerre d'Espagne par une disparition inexpliquée - ne sera racontée que
bien plus tard, à partir du 19 juillet 1967.
1996
Ah, Concarneau (France), son église, sa place municipale, sa mairie, son
maire, euhS son Salon du Livre Maritime du 11 au 14 juillet ! On y parle BD
cette année ? Vérifiez-le en téléphonant au 98.97.52.72.
1957
Maurice Tillieux publie dans "Spirou" le premier gag d'un brave célibataire
endurci, César. Son métier ? Dessinateur de bande dessinée pour enfants.
Ses particularités ? Fume la pipe et conduit une vieille guimbarde. Sa pire
terreur ? Ernestine, la fille de son voisin, l'agent Petitcarné.
L'imagination sans limite de cette petite peste lui rend la vie impossible,
de même que les allusions perfides de sa femme de ménage, Eglantine.
Très drôle, cette série de gags courts (en demi-planches) basés sur la vie
quotidienne et ses aléas est injustement méconnue. Maurice Tillieux y
démontrait pourtant à la fois ses talents d'humoriste visuel et de
dialoguiste hors-pair. Certains dialogues sont des morceaux d'anthologie au
même titre que ceux de Gil Jourdan.
Les gags de César sont encore disponibles dans la collection "Tout
Tillieux" aux Editions Dupuis.
1923
Guy Herzog naît à Riga, en Lettonie. Ce fils de diplomates belges suit ses
parents dans leurs périgrinations de par le monde tout au long de sa
jeunesse. En 1945, il fonde un hebdomadaire culturel, "La Faune", puis
exerce divers boulots alimentaires avant de devenir le rédacteur en chef,
en 1949, d'un journal d'actualité.
En 1950, il prend le pseudonyme Guy Bara, et entame une carrière
d'illustrateur. Il publie d'abord nombre de dessins humoristiques et crée,
en 1954, un personnage qui va faire le tour du monde dans la presse
quotidienne : "Max l'Explorateur". Il poursuit encore ses explorations à ce
jour, dépassant largement le 10.000e gag quotidien. Bara excelle dans le
"strip", un format qui impose de raconter un gag en un bandeau de trois
dessins. En 1964, pourtant, il adapte son personnage en bande dessinée à
suite avec l'aide de Rosy dans "Spirou", magazine où il avait déjà créé
"Kéké le perroquet" un an plus tôt. Mais la sauce ne prend pas. Max rejoint
ses strips et son compagnon, "Ephémère", reste seul et vit ses propres
aventures à partir de 1968, mais sans plus de succès. Il passe alors à
"Tintin avec Ephémère et Max, puis avec des gags mettant en scène des
hommes de la pierre, les "Cro-Magnon", qui se poursuivront ensuite dans
d'autres journaux, dont "Super As" où il crée encore "Sigi le Franc" au
début des années 80. En 1983, il crée Lamy-Bidass pour "Tintin". A ce jour,
avec son trait personnel, simple mais extrêmement efficace, Bara est
l'unique auteur belge à avoir réussi à s'imposer dans cet univers
impitoyable qu'est le strip pour la presse quotidienne. Il est devenu une
véritable institution dans certains journaux.
1964
Un chien flegmatique fait son apparition dans une série lancée en 1962 par
un jeune débutant, Gotlib. Cette série s'intitule "Nanar et Jujube" et le
chien se nomme Gai-Luron. Contrairement à ce que son nom semblerait
indiqué, il est totalement lymphatique, apparemment sans émotion, son
visage ne marque jamais la moindre expression. Mais avec ce personnage
froid, Gotlib va créer une bande dessinée extrêmement drôle, jouant en
permanence en contre-pied anec l'inexpressivité de son personnage. Nanar
disparaît, reste Jujube, son comparse et faire-valoir. Le délire,
progressivement, envahit la série, préfigurant l'explosion de l'auteur au
début des années 70 (La Rubrique à Brac). Gai-Luron devient une vedette,
s'offre même une carrière parallèle dans les petits volumes "Gai-Luron
Poche", mais Gotlib, débordé par ses bandes dessinées pour "Pilote", décide
d'en céder le dessin à Dufranne. Par la suite, ce dessinateur en reprendra
également les scénarios. Interrompue en 1976, cette série est ensuite
reprise dix ans plus tard dans le journal lancé par Gotlib, "Fluide
Glacial". Si le délire est toujours là, démesuré, le ton est moins
enfantin. C'est même une version carrément coquine que Gotlib entreprend,
laissant enfin son chien flegmatique montrer son véritable tempérament.
Après vingt ans d'introversion forcée, Gai-Luron peut enfin exprimer ses
pulsions profondes dans "La Bataille navale ou Gai-Luron en slip" (Fluide
Glacial).
1949
Dominique Hé naît aux Sables d'Olonne, en France. Elève de Jean Giraud, le
créateur de Blueberry, il commence par la grande porte, son maître lui
écrivant ses premiers scénarios, que publie "Pilote" en 1973. On le
retrouve ensuite dans "Rock and Folk" qui, à l'époque, intégrait dans ses
pages les planches de créateurs de bande dessinée.
Il entre à "Métal hurlant" en 1976, où il publie des récits complets
jusqu'en 1979, année où il dessine les aventures de Roland Donges (scénario
Jacques Vivant). C'est toujours à "Métal" qu'il publie "Marc Mathieu" en
1980, un jeune archéologue confronté à des phénomènes fantastiques
(Humanoïdes Associés).
Il se retrouve ensuite à "Mickey" ("Alex Lechat") et à "Vécu", où il
dessine les "Mémoires d'un aventurier" (scénario Dimberton) et "Tanatha"
(scénario Cothias).
La raideur que donne aux personnages son trait classique, ligne claire, est
compensée par la qualité des décors, très fouillés.
1941
Francis Bergèse naît à Crest, en France. Il débute aux Editions "Fleurus"
en 1964 (après quelques planches parues dans un mensuel des écoles libres),
pour lesquelles il réalise divers récits en bande dessinée, des jeux et des
bricolages jusqu'en 1973. Il réalise les mêmes travaux alimentaires pour
les Éditions "Chapelle" et divers autres supports (dont les albums
historiques de "Larousse" et "Ouest-France", mais également des peintures
aéronautiques pour "Heller", le fabriquant de maquettes d'avions. Il se
spécialise dans les dessins d'avions et c'est tout naturellement que
Jean-Michel Charlier fait appel à lui pour la reprise de la plus mythique
des séries du genre, "Buck danny", après le décès du dessinateur Hubinon.
Il en est actuellement l'auteur complet.
1996
A Blégny-Mine, en Belgique, l'univers minier est évoqué à travers la bande
dessinée franco-belge grâce à une exposition intitulée joliment "La BD a
bonne mine" qui se tient jusqu'au 18 août au Domaine touristique
provincial, 4670 Blégny. Infos au 19 32 41 87 43 33.
1996
Ah, Carros, son église, sa mairie, son maire, sa place municipale,S son
festival "Bulles en fête". Il dure deux jours et vous pouvez en obtenir le
programme en téléphonant au 93 20 88 69 qui est celui de l'association de
la Roya.
1934
Marcel Gotlieb naît à Paris. Issu d'une famille juive, il doit subir les
horreurs de l'antisémitisme et, après le guerre, son père ayant été
déporté, celles de l'orphelinat. Il s'en évade à sa façon, en dessinant. Il
accomplit certains travaux alimentaires avant de pouvoir s'inscrire aux
cours de Georges Pichard.
Il débute comme lettreur chez Edi-Monde, puis pour Opera-Mundi. En 1959, il
parvient enfin à placer ses premières illustrations. Il illustre ainsi
divers livres pour enfants, sous les pseudonymes les plus variés. A la fin
des années 50, il reçoit un véritable choc : le journal "Mad" et son délire
total.
En 1962, il commence à collaborer pour le journal "Vaillant", où se
succèdent diverses séries, dont "Nanar et Jujube" en 1962, qui verront
naître Gai-Luron, "Gai-Luron ou la joie de vivre" et les prodigieux gags de
la souris. Cet humoriste génial a réussi à mettre à la sauce française
l'absurde et le burlesque extravagants du journal "Mad".
En 1965, ayant rencontré Lob et Goscinny à "Record", il entre au journal
"Pilote" et, avec le créateur d'Astérix, il lance les "Dingodossiers".
Goscinny le pousse vite à voler de ses propres ailes et, en 1968, voit le
jour l'un des monuments de la bande dessinée humoristique, la "Rubrique à
brac" (Dargaud). La même année, il anime avec Fred, Gébé et Goscinny, une
émission dominicale, "Le feu de camp du dimanche matin".
En plus de ses propres bandes dessinées, il invente également des gags et
des récits complets pour ses petits camarades : Alexis, Brétecher, Giraud,
Mulatier, Lecomte, etc. Avec Mandryka, il crée les "Clopinettes" (Dargaud);
avec Alexis, "Cinémastok" (Dargaud itou), avec Lob pour le scénario et
Alexis puis Solé pour le dessin, "Superdupont". Un personnage qu'il emmène
avec lui lorsqu'en 1975 il crée son journal "Fluide Glacial", qui devient
vite "la" référence en matière d'humour. Auparavant, il avait déjà lancé
"L'Echo des Savanes" avec ses comparses Brétecher et Mandryka, en 1972. Ces
deux journaux constituent les pivots d'une évolution des auteurs vers une
bande dessinée plus adulte, avec les inévitables excès des périodes de
transition. Gotlib y dépucèle véritablement la bande dessinée, osant
aborder avec son humour démesuré des thèmes sexuels et scatologiques qui
n'étaient traités jusqu'alors que dans des revues circulant sous le
manteau. Le personnage "Hamster Jovial" qu'il avait créé en 1971 pour "Rock
and Folk" en profite également, de même que cet extraordinaire "Pervers
Pépère" qu'il crée plus tard dans "Fluide".
En 1975, il collabore au scénario du film "Les Vécés étaient fermés de
l'intérieur", inspiré de personnages qu'il avait créés dans la "Rubrique à
brac", eux-mêmes inspirés des "Cinq dernières minutes".
Progressivement, cependant, Gotlib délaisse la bande dessinée. Il signe
encore les éditoriaux de "Fluide" (réédités chez "J'ai Lu" sous le titre
"Ecrits fluides, rires glaciaux") et supervise son magazine, qui découvre
toute une génération de nouveaux auteurs humoristiques, tandis que se
rééditent, aux Editions Audie, qu'il a créées avec son ami Diament, ses
anciennes bandes dessinées. En 1993, il raconte ses mémoires romancées sous
le titre "J'existe, je me suis rencontré" (Flammarion).
Gotlib est, pour la bande dessinée humoristique, un maître incontesté qui a
su, par son talent exceptionnel, faire bouger l'univers trop sage des
"petits miquets".
semaine précédente - calendrier - semaine suivante
|
 |