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1928
Qu'est-ce qui, dans l'enfance du petit Yvan Delporte qui naît aujourd'hui,
va lui donner ce grain de génie qui en fera l'un des personnages les plus
fous de la bande dessinée ? Mystère... Mais le fait est que, dix-sept ans
plus tard, lorsqu'il entre aux Editions Dupuis, celles-ci ne savent pas
encore quelle enclume vient de leur tomber sur la tête. A l'origine, Yvan
Delporte est là pour retoucher les bandes dessinées américaines, jugées un
peu trop "hot" pour le sage public de Spirou. A l'aide de pots de gouache
blanche et noire et de pinceaux, il aplatit les poitrines trop généreuses
des héroïnes venues d'une Amérique qui ne s'était pas encore réveillée
puritaine. Après avoir fait ses premières armes sur un scénario de
Valhardi, pour Paape, il est nommé rédacteur en chef de "Spirou" en 1955.
L'histoire de ce magazine est irrémédiablement marquée par le passage de ce
grand loufoque. C'est lui qui a l'idée de publier un petit livre en pages
centrales du journal : les mini-récits, qui permettront à des dizaines de
créateurs de faire leurs premières armes. C'est avec lui que Franquin crée
le premier anti-héros de la bande dessinée, un gaffeur nommé Gaston. Il
anime en permanence les pages rédactionnelles, donnant une véritable vie à
la rédaction : les collaborateurs auront ainsi à partager leurs heures de
bureau avec un lionceau et, une autre fois, une vache.
Il réalise en parallèle des scénarios pour les plus grands auteurs : Roba,
Franquin, Peyo, Hausman, Jidéhem.
Une activité de scénariste qu'il n'interrompt pas quand il est démissionné
en 1968. Il collaborera encore avec Will, Jannin, Follet, Claire Brétecher,
Ryssack, Ténas, Carine de Brabanter, etc. Avec son complice Franquin, il
collaborera aux dessins animés des "Tifous" et à leur adaptation en
feuilleton dans le journal "Spirou", puis aux "monstres".
Eternel animateur, un tantinet anarchiste, il crée un supplément à "Spirou"
qui fera date : "Le Trombone Illustré", qui sera suivi, dans "(A suivre)",
de "Pendant ce temps à Landerneau". Il est l'un des membres fondateurs de
l'UBCHIC, une association de créateurs de bande dessinée dont l'une des
vocations est d'aider les jeunes auteurs. Et, depuis 1995, il fait partie
d'un groupe de jeunes musiciens et chanteurs, le "Marcinelle all stars
band", à qui il apporte son double talent de chanteur et de parolier. C'est
que l'homme à la barbe rousse que l'on retrouvait dans tant de planches de
bande dessinée dans le "Spirou" des années 50 et 60 est également un
amoureux de la langue française, à la plume spirituelle et riche en
créativités verbales. Il est probablement la muse en chair et en os de
Franquin, mais il est tellement modeste qu'il refusera toujours de
l'admettre.
1928
Paul Culliford naît à Bruxelles. C'est après la guerre qu'il entre dans un
studio de dessin animé - CBA - où il ne connaît qu'une carrière très
éphémère mais où il rencontre les futurs monstres sacrés avec qui il
enchantera les dizaines de milliers de lecteurs du journal "Spirou". Car
Paul Culliford n'est autre que Peyo, le créateur des lutins les plus
célèbres de l'histoire de la bande dessinée, les Schtroumpfs. Mais ne
brûlons pas les étapes. Donc, Peyo rencontre Morris, Franquin et Eddy Paape
avant que le studio CBA ferme ses portes. Il se tourne provisoirement vers
la publicité, mais réalise en parallèle de premières bandes dessinées.
Elles paraissent dans "La Dernière Heure". C'est là que naît "Johan" en
1946. Il collabore également ponctuellement à des revues scoutes. En 1950,
Johan passe à la concurrence, "Le Soir" - où Peyo crée également le chat
Poussy en 1949 - puis atterrit à "Spirou" en 1952. Il y rencontre un lutin
qui terrorise les paysans voisins du bois aux Roches : Pirlouit. En 1958,
un mage les expédie au pays Maudit, où ils rencontrent les fabuleux petits
nains bleus qui feront le tour du monde, les Schtroumpfs. Le succès est tel
qu'ils sortent des albums de Johan et Pirlouit pour vivre leurs propres
aventures, d'abord en mini-récits, puis en feuilletons dans "Spirou". En
1960, l'écurie Peyo est rejointe par Benoît Brisefer, le petit garçon le
plus fort du monde - sauf quand il s'enrhume. Peyo crée ensuite Jacky et
Célestin pour "Le Soir Illustré", mais cède les personnages à ses
assistants, qui y font leurs premières armes. Car Peyo a désormais un
studio où des jeunes dessinateurs talentueux lui donnent un sacré coup de
main. L'école Peyo semble particulièrement efficace car la plupart
deviennent célèbres ensuite : Roger Leloup, François Walthéry, Gos,
Francis, Azara, Wasterlain, De Gieter, Derib, Blesteau, etc. Il a bien
besoin d'eux : les nombreuses séries qu'il gère ne peuvent être dessinées
par un seul homme. Et les nombreux produits dérivés des Schtroumpfs
nécessitent un travail de création considérable. Au début des années 80,
les petis personnages sont adaptés en dessins animés par les studios "Hanna
et Barbera". On les retrouve dans le monde entier, une revue mensuelle est
créée, des objets de toutes sortes sont fabriqués à leur effigie, un parc
d'attractions est créé autour de l'univers. La surcharge de travail est
telle pour Peyo que sa santé commence à s'en ressentir. Les attaques
cardiaques vont se succéder et l'user prématurément. Il s'en va le jour de
Noël 1992. Ce jour-là, la bande dessinée perd le plus grand de ses
enchanteurs.
1947
Eugène Gire entame les aventures rocambolesques de la Pension Radicelle,
une équipe de locataires farfelus dirigés fermement par leur logeuse,
mademoiselle Radicelle. Tante Bouille, la grosse cuisinière, Saturnin, le
savant rêveur et bricoleur, le poète Isidore et tous les autres vivront des
incroyables mésaventures tout autour du monde, durant près d'un millier de
planches,jusqu'en 1968, dans le magazine "Vaillant"/Pif/Pif Gadget. Ils
devront s'arrêter à cause d'une grave maladie de leur créateur.
1996
Une exposition "Hugo Pratt - Voyages littéraires" démarre aujourd'hui à
l'Hôtel de Ville de Bruxelles. Comme son titre l'indique, elle présente
"les récits pictoraux et littéraires qui ont jalonné la vie de
globe-trotter de l'auteur de Corto Maltese. Confrontation du trait et du
texte, ses gouaches et aquarelles issues de carnets de voyages sont le
reflet poétique d'une carrière qui s'est construite sous différentes
latitudes tant sentimentales que géographiques.
Les instants saisis par Hugo Pratt invitent au voyage, ouvrent une porte
vers l'évasion. Ses paysages s'animent comme par enchantement dans
l'imaginaire de celui qui s'y plonge. Ses aquarelles campent une action à
venir empreinte de liberté. Chronique d'aventures, de périples et de
rencontres que l'on retrouve dans ses bandes dessinées.
Une soixantaine d'oeuvres réparties selon 9 thèmes (le romancier Robert
Louis Stevenson - les Indiens d'Amérique du Nord au 18e siècle - l'Occident
- l'Irlande - l'Afrique - la Suisse - l'armée de l'Empire britannique -
l'océan Pacifique - l'écrivain et aviateur Antoine de Saint-Exupéry) seront
exposées jusqu'au 8 septembre dans le prestigieux hôtel de ville de
Bruxelles, sur la Grand Place.
Informations : Christine Mawet 19.32.2.511.79.90
1956
Philippe Adamov naît à Londres. Dessinateur d'animation, il collabore
d'abord à "Gandahar", de René Laloux, avant de s'orienter vers
l'illustration de science-fiction, tout en poursuivant des travaux
d'animation sur "Ulysse 31".
Il entame une carrière de dessinateur de bande dessinée en 1983, avec "Seul
au Monde" (scénario de X. Séguin, dans "Okapi"), suivi en 1985 de
l'admirable et étonnant "Vent des Dieux", qu'il délaisse après cinq albums,
et des "Eaux de Mortelune" (tous deux scénario Cothias, Ed.Glénat), qui
installent son style baroque. Au début des années 90, il crée en solo
"Dayak", une trilogie parue chez Glénat.
1955
Jean-Charles Kraehn naît à Saint-Malo. C'est aux cours du soir qu'il
apprend le dessin et, comme tant d'autres, c'est dans des revues scoutes
qu'il publie ses premières illustrations. Après plusieurs années de récits
historiques sans intérêt, il crée, en 1984, la série des "Aigles
Décapitées" avec Patrice Pellerin (Glénat). Par la suite, il reprendra le
scénario, et cèdera le dessin à Michel Pierret. Il collabore ponctuellement
à l'excellente revue "Je Bouquine" qui fait de plus en plus appel aux
talents des dessinateurs de bande dessinée, puis crée, en 1989, chez
Glénat, "Bout d'Homme" et, en 1993, chez Dargaud, "Tramp", une série
contemporaine que dessine Patrick Jusseaume.
1953
Naît Jean Pleyers. Il devient assistant de Gérald Forton en 1966, qu'il
aide à réaliser les aventures du cow-boy Teddy ted pour Pif Gadget. Il
collabore également à la série "Tiger Joe" avec un album, "Safari pour
espion", que scénarise Duchâteau. On le retrouve ensuite dans "Le Soir
Jeunesse", puis aux Editions Deligne, à "Spirou" (avec les éternelles
histoires de l'Oncle Paul) et à "Tintin". Paul Cuvelier fait appel à lui
pour l'aider sur une aventure de Line, "La Caravane de la Colère", en 1971,
puis il adapte de façon alimentaire des romans du "Fleuve Noir" pour les
Editions "Artima". Après trois années passées aux Antilles, il devient
assistant de Jacques Martin qui le fait travailler sur "Alix" puis qui lui
propose la série "Xan", qu'il commence au "Lombard" et poursuit chez
Casterman en la débaptisant "Jhen".
En 1981, il crée "Les Etres de Lumière" qui connaîtront plusieurs épisodes
très "Jacobsiens" aux Humanoïdes Associés.
Finalement, il retourne à ses premières amours, les scénarios de Jacques
Martin, qui lui propose en 1992 la série "Kéos" (Hélyode).
1937
Naît André Chéret. Après quelques illustrations et quelques histoires
oubliables, il entre au journal "Vaillant" en 1962, où il reprend le
personnage de Bob Mallard, qu'il dessinera durant sept ans. Il publie en
parallèle des séries alimentaires (comme Vidocq, dans "Télé-Feuilleton"),
et crée en 1969 ce beau blond musclé et imberbe de l'âge de la pierre
qu'est Rahan (sur des scénarios de Lécureux). Le "Fils des âges farouches",
quelque anachronique qu'il soit, obtient un succès considérable. A tel
point que les éditions "Vaillant" lui offrent son magazine, un trimestriel
qui naît en 1971.
En 1973, avec Greg puis Van Hamme, il crée l'hilarant Domino pour le
journal "Tintin" (Lombard), qui ne connaît malheureusement pas le succès
qu'il mérite.
Puis il commence à se disperser et la qualité de ses productions finit par
s'en ressentir. Tout en poursuivant rahan, il se retrouve dans "Les
Visiteurs du Mercredi" avec Anaël, sur scénario de Sacha, dans "Spirou"
avec Michel Brazier, sur scénario de Charlier, dans "Mickey" et même dans
la médiocre "Encyclopédie en bandes dessinées" des Editions Auzou.
Les derniers albums de Rahan sont parus aux Editions Novedi, reprises
ensuite par Dupuis.
1936
Naît Luc Maezelle, alias Mazel. Architecte, il débute dans "Spirou" avec la
traditionnelle histoire de l'Oncle Paul au début des années 60, puis passe
à "Tintin" où il signe quelques récits complets et un feuilleton intitulé
"L'Affaire Tarentule".Il participe aux dessins animés des studios
Belvision, signe quelques pages dans "Pilote" (sous le pseudonyme de ZEMM),
puis crée "Bôjolet et Riesling" dans "Tintin" en 1964. En 1966, il y donne
naissance à Fleurdelys, un sympathique mousquetaire imaginé par Vicq.
C'est en 1969 qu'il donne naissance à sa première série importante, dans
"Spirou" : "Câline et Calebasse", qui deviendront plus tard "Les
Mousquetaires" et que scénarise Raoul Cauvin. Il entre au studio de Greg,
qu'il assiste sur "Les As" pour "Pif Gadget", journal où il publie
également "Coyote Bill" qui, comme son nom l'indique, est un western
humoristique (scénario Dédé). En 1975, il crée pour "Spirou" un pastiche de
Tarzan, "Boulouloum et Guiliguili", que scénarise Raoul Cauvin, et qui sera
rebaptisé "Les Jungles Perdues". Avec Frydman, il publie également dans
"Spirou" la cow-girl Jessie Jane en 1981. Au début des années 90, il
abandonne les Mousquetaires pour lancer, toujours avec Cauvin, les gags des
"Paparazzi".
1954
Benoit Sokal naît à Bruxelles. Il fait partie de l'équipe qui, derrière
Claude Renard, à l'"Atelier R" de l'Institut Saint-Luc à Bruxelles, vont
apporter un sang nouveau à la fin des années 70. On le retrouve ainsi dans
la revue de cet insitut, "Le 9e rêve". Il débute à (A suivre) dès les
premiers numéros avec des récits noirs, que suivra le personnage qui le
rendra célèbre : Canardo. Ce privé nostalgique et désabusé, périodiquement
imbibé, inspiré du look de "Columbo", n'est autre qu'un canard vivant dans
un monde animalier noir et dégoulinant de poisse. Les personnages qu'il y
crée ont une réelle force psychologique malgré leur anthropomorphisme, et
le moindre n'est pas le diabolique chat Raspoutine.
En 1987, pour le même magazine, il publie une bande dessinée dans un tout
autre genre, plus réaliste, "Sanguine" (avec Populaire). En 1995, il publie
un magnifique roman en bande dessinée, "Le vieil homme qui n'écrivait
plus".
1944
Philippe Druillet naît à Toulouse. Il publie son premier album, "Lone
Sloane", en 1966, chez Eric Losfeld. L'échec de ce premier titre l'oriente
alors vers le théâtre, mais il n'abandonne pas pour autant le dessin : il
dessine de nombreuses illustrations de science-fiction, adapte "Elric le
Necromancien" de Moorcock avec Michel Demuth, et finit par imposer son
personnage de Lone Sloane à "Pilote" en 1970. Il tombe à point nommé : en
pleine réorientation vers un public plus adulte, le journal cherche de
nouveaux créateurs. Ses mises en pages baroques, d'une complexité inouïe,
se lisant sur plusieurs plans, nécessitant des dessins sur des planches
proches du mètre carré, innovent totalement par rapport à la bande dessinée
classique. La mise en couleurs agressive, le ton violent également. "Les
Six voyages de Lone Sloane" précèdent "Délirius" (avec Lob), "Yragaël" et
"Urm le Fou" (avec Demuth), tous chez Dargaud.
A l'époque, la revue "Phénix" rassemble les amateurs de bande dessinée. Il
y publie des planches en noir et blanc étonamment sobres par rapport à ses
outrances pilotiennes. Son personnage, Vuzz, sera néanmoins également
publié chez Dargaud. Chez cet éditeur, c'est la crise. Des auteurs font
cessition et lancent leur propre journal : "Métal Hurlant", en 1975. Il en
devient l'un des piliers tout en continuant à travailler pour "Pilote", où
il dessins entre autres Nosferatu, puis Salammbô. En 1975, toujours, il
entame un album désespéré, cri de douleur après le décès de sa femme, "La
Nuit", qu'il publie dans "Rock & Folk".
Il écrit également des scénarios pour divers auteurs, dont Alexis, Gotlib,
Moebius, Eberoni, etc.
Ses talents de créateur le mettent en contact avec d'autres disciplines. On
fait appel à lui pour le "Wagner Space Opera" à l'Opéra de Paris, en 1978,
pour la rénovation du métro de la porte de la Villette, à Paris (en 1985),
pour des productions de dessins animés ("L'enfant bleu", pour Antenne 2, en
85), pour un clip de William Sheller ("Excalibur"), pour des affiches de
films ("La guerre du feu", "Le Nom de la Rose"). Sculpteur, peintre, il
monte également un spectacle pour la Géode de la Villette, à Paris, "La
bataille de Salammbô".
1934
Georges Wolinski naît à Tunis. Il collabore à Hara-Kiri dès sa première
époque, au septième numéro, avec des récits très inspirés par la folie et
le graphisme du journal "Mad" des années 50. Son dessin d'alors n'a rien à
voir avec la simplicité qu'on lui connaîtra plus tard. Il y adapte
également "Le Reine des Pommes" de Chester Himes.
Pour les Editions Pauvert, il réalise un "Carnet de Croquis" en 1966 puis,
en 1968, avec Siné, il crée un journal satirique, "L'Enragé". En 1969, il
participe à l'aventure de "Hara-Kiri Hebdo" qui deviendra "Charlie Hebdo"
après son interdiction à la vente.
Il devient le rédacteur en chef de "Charlie Mensuel" en 1970, poste qu'il
occupera durant onze ans. Grâce à lui, toute une génération découvrira les
classiques de la bande dessinée américaine (dont les "Peanuts", "Li'l
Abner", "Keazy Kat", "Dick Tracy", etc) et de grands créateurs du monde
entier (Muñoz et Sampayo, Crepax, Jacobitti) et de France (Autheman, Masse,
Pichard).
Avec Georges Pichard, il y crée la pulpeuse et érotique Paulette en 1970.
Très à la mode dans les milieux intellectuels parisiens, on le retrouve de
plus en plus dans la presse d'information de gauche : Libé, L'Huma, Le
Nouvel Obs, etc. Ses oeuvres de jeunesse ("Je ne pense qu'à ça", "Le Roi des
Cons") sont adpatées au cinéma et au théâtre. Il collabore également à de
nombreuses émissions de télévision.
On retrouve ses albums - inégaux et, pour certains, vieillis car trop
attachés à une époque - chez divers éditeurs, dont J.J. Pauvert, Le Square,
E.Losfeld, Denoël, Dargaud, Albin Michel, etc.
1946
Marc Wasterlain naît à Erquelinnes, en Belgique. Assistant de Dino
Attanasio (pour "Modeste et Pompon"), il échappe heureusement à l'influence
du dessinateur et entre au studio Peyo en 1966. Il y dessine ainsi nombre
de planches de Benoît Brisefer et des Schtroumpfs, où sa patte très
personnelle est immédiatement reconnaissable.
En 1971, il crée pour "Tintin" les adorables "Bob Moon et Titania", une
série de science-fiction destinée aux enfants. Puis, "Mr. Bonhomme", qui
continue à le placer parmi les grands poètes de la bande dessinée. Dans
l'éphémère journal "Achille Talon", il publie un tout aussi éphémère
personnage, Lapomme.
C'est en 1975 que paraît le sublime Docteur Poche dans "Spirou". Un univers
gentil, des scénarios solides, rythmés où tout rebondit sans cesse, une
poésie évidente, l'influence du Peyo des "Johan et Pirlouit" est là, mais
avec une sacrée "patte" en plus. Wasterlain montre qu'il a tout compris de
l'art de raconter une histoire, de tenir un public en haleine par un
suspense renouvelé en permanence. Il s'impose, avec un dessin original,
comme l'un des nouveaux grands auteurs classiques. En 1982, il crée,
toujours pour "Spirou", l'équivalent féminin du personnage de Tintin :
Jeannette Pointu.
Cet infatigable travailleur offre également ses talents de raconteur à
d'autres. Walthéry dessinera ainsi un épisode de Natacha qu'il a imaginé,
de même qu'il écrira une aventure de la Patrouille des Castors.
Il crée également d'autres personnages plus éphémères, comme Gill et
Georges, pour Okapi, en 1985, ou Ratapoil, pour Marsu-Productions, en 1990.
1928
Jean-Louis Poisson, que la bande dessinée ne connaîtra que sous le
pseudonyme Pesch, naît à Paris. Il travaille d'abord dans un atelier de
tissus avant d'oser se lancer à son propre compte comme illustrateur
humoristique et publicitaire.
Vers la moitié des années 50, on retrouve sa signature dans diverses revues
des Editions Fleurus, puis des Editions Mondiales. Des séries qu'il lance
abondamment à l'époque, l'histoire de la bande dessinée ne retient rien. Il
finit enfin par trouver sa voie en 1956 avec la reprise de "Sylvain et
Sylvette" dont il réalisera des milliers de planches hebdomadaires, puis
avec "Le Complot de Bec-en-Fer" (scénario de Robitaille, en 1961), un
personnage qui connaîtra une éclipse de vingt ans avant d'être repris aux
Editions Fleurus puis Lombard au début des années 80. En 1981, il reprend
les "Pieds Nickelés".
1990
Jacques Lob, le créateur de Submerman, de Blanche Epiphanie, de
Superdupont, des "Mange-Bitume", de "L'homme au Landeau", du
"Transperceneige", disparaît. Son portrait sera publié à la date du 19
août.
1982
Dans le numéro 53 d'(A suivre) qui est sorti ce mois-ci, commencent les
"Cités Obscures", de Schuiten et Peeters. Dans ces villes, Samaris,
Urbicande, Armilia, Brüsel, ce ne sont plus les hommes qui mènent
l'aventure, mais les décors, les immeubles, les architectures. Les
scénarios fantastiques de Benoît Peeters sont admirablement mis en valeur
par la haute voltige des dessins de François Schuiten, qui imagine des
architectures audacieuses, à l'esthétique poussée dans ses extrêmes.
En-dehors de tous les genres classiques, inspirées des illustrations des
romans de Jules Verne, des gravures anciennes, les histoires des "Cités
Obscures", apparemment sans lien entre elles, constituent pourtant un tout.
Ce chef-d'oeuvre ("Les Murailles de Samaris", "La Fièvre d'urbicande", "La
Tour", "Brüsel", etc.), qui compte parmi les séries les plus importantes de
la bande dessinée contemporaine, est paru chez Casterman.
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