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1996
A Champignac, ou du moins dans le château qui a inspiré Franquin pour le
château du génial comte mycologue, démarre une exposition intitulée "Spirou
et Fantasio à Champignac". Le voile est donc levé sur l'un des grands
mystères de la bande dessinée puisqu'on y apprend enfin qu'il est situé à
Natoye, petite commune belge inconnue dont le code postal est 5360. Et
comment s'appelle-t-il ? Le Château de Skeuvre. Jusqu'au 16 juin. Pour
infos : 19.32.81.40.80.10.
1939
Une ombre inquiétante effleure les murs de Gotham City. Un mystérieux homme
chauve-souris vient d'apparaître, semant la terreur parmi les malandrins et
bandes rivales qui ont investi la ville tentaculaire. Qui est-il ? Mystère!
Seuls certains savent. Ils savent que ce nouveau super-héros n'en est pas
un, au même titre que des Superman ou autres personnages hors du réel. Lui,
c'est un enfant blessé. Un enfant qui a vu ses parents massacrés devant lui
par un voleur et qui a juré, depuis, de lutter contre le crime. Son nom ?
Bruce Wayne.
Dès le départ, cette série créée par Bob Kane (dessin) et Bill Finger
(scénario) se démarque des autres par une dimension psychologique
importante. Ses ennemis sont, eux aussi, des victimes - le Pingouin a été
abandonné par ses parents, par exemple - ou carrément des déments de grande
envergure, dont la démesure rend plus grandiose encore la lutte qui se
livre, au travers d'eux, entre le bien et le mal.
Sans super-pouvoirs, Batman a pour se défendre sa force, son ingéniosité et
une quantité de gadgets tels que la Batmobile, le Batplane, créés dans sa
Batcave.
Né dans les comics books, il poursuit une carrière parallèle dans la presse
quotidienne mais, passé entre les mains d'auteurs de studio moins doués,
perd progressivement de sa notoriété. C'est Frank Miller, au milieu des
années 80, qui lui redonnera un second souffle avec un pur chef-d'oeuvre,
"The Dark Knight Returns" où l'homme chauve-souris apparaît dans toute sa
faiblesse d'être humain. Et les magnifiques adaptations cinématographiques
de Tim Burton lui redonnent la dimension mythique qu'il avait perdue. Du
coup, le fameux sigle de la chauve-souris se retrouve à nouveau sur les
murs des grandes villes, un demi-siècle après sa création.
1936
naît Willy Lambil. Passionné par le journal Spirou et par les dessins de
Rob Vel, il entame modestement sa carrière comme lettreur aux Editions
Dupuis (à 16 ans). Une petite porte qui lui permettra cependant de publier
quelques illustrations dans le magazine et de passer par les fourches
caudines des "Belles histoires de l'Oncle Paul".
C'est en 1959 qu'il crée son premier personnage. Sandy, un enfant
australien accompagné d'un kangourou, Hoppy. Cette série obtient un succès
mérité et Willy Lambil, avec l'aide du rédacteur en chef, Yvan Delporte, en
réalise même des pastiches avec un style humoristique - Hobby et Koala -
qui tranche avec ses travaux réalistes. C'est son talent d'humoriste qui
pousse Raoul Cauvin à lui demander de reprendre les "Tuniques Bleues" en
1973, devenues orphelines après le décès prématuré du dessinateur
Salvérius. Avec son complice scénariste, il entame en parallèle les
mésaventures de son sosie en BD dans "Pauvre Lampil" (Dupuis), qui retrace
tous les aléas d'un dessinateur de bande dessinée. Et tous ceux qui
connaissent le Lambil en chair et en os savent que rien n'y est exagéré.
Surtout pas son caractère !
1981
Nestor Burma est désormais un héros de bande dessinée. Le célèbre détective
créé en 1943 par Léo Malet et créateur de l'agence "Fiat Lux" a en effet
été adapté par le dessinateur. "Brouillard au pont de Tolbiac", qui date
de 1956, fait sensation et permet à une nouvelle génération de découvrir ce
grand auteur de polar qu'est Malet grâce à un Tardi qui en rend
parfaitement les ambiances glauques et la noirceur générale. Le succès est
tel qu'il est suivi d'autres adaptations tout aussi réussies. Visiblement,
la sensibilité de Tardi et l'oeuvre de Malet collent parfaitement
(Casterman).
1996
a lieu une rétrospective Roba, à Rochefort, en Belgique. L'auteur de Boule
et Bill y présente ses plus belles planches à l'occasion de la sortie de
son nouvel album. C'est au centre culturel des Roches, à 5580 Rochefort,
jusqu'au 9 juin. Infos : 19.32.84.21.25.37.
1963
naît Midam, le dessinateur de Kid Paddle, le seul héros de BD dont la
caractéristique est de ne penser qu'aux jeux vidéo (Dupuis). Né pour
illustrer la rubrique de "Spirou" consacrée aux jeux vidéo, il s'en sépare
après quelques mois, pour passer en pleine page. Midam, son auteur, y
témoigne d'un sens inné de l'observation commun à tous les grands
humoristes. Sa technique très efficace du gag, son dessin extrêmement
expressif, en font l'un des plus grands espoirs de la bande dessinée
humoristique contemporaine. Le public ne s'y est pas trompé, qui plébiscite
déjà son premier album, "Jeux de vilains", une mine d'humour autour de la
vie de ce petit garçon passionné par les écrans et les consoles et qui
ressemble à tant d'autres enfants d'aujourd'hui.
1954
naît Daniel Goossens. Il publie son premier dessin dans "Spirou" à l'âge de
16 ans dans une rubrique malheureuse consacrée aux oeuvres des petits
lecteurs, mais il faut attendre la moitié des années 70 pour qu'il publie
réellement de manière régulière. Après une revue pour scouts, c'est
"Pilote" puis "Fluide Glacial" qui l'accueillent. C'est là qu'il va pouvoir
exprimer pleinement son humour très particulier, que l'on retrouve dans des
albums aux titres aussi étranges que leur contenu : "Le messie est revenu",
"La vie d'Einstein", "Le Romantisme est absolu", "L'Esprit, le corps et la
graine", "Psychanalyse du nourrisson", etc (Editions Audie/Fluide Glacial).
Son style est inimitable, son humour indéfinissable, décalé, où un
intellectualisme en douceur flirte sans cesse avec l'absurde. C'est le
genre d'auteur auquel on accroche directement ou dont les livres tombent
des mains dès la lecture de la première planche.
Cela ne l'empêche pas de se retrouver partout. On retrouve ainsi sa
signature dans "(A suivre)", "Marie-France", "Rigolo", "Le Petit Psikopat"...
Preuve que les lecteurs de bande dessinée sont éclectiques.
1996
débute le festival de bande dessinée de Flamanville avec, en invité
d'honneur, Philippe Berthet. Il se terminera dans la joie et l'ébriété le
19 mai. Infos : Catherine Gentile, La Jalouisie, 50340 Flamanville. Tél :
33.04.14.41.
1904
naît Fernand Dineur. Apparemment, la bande dessinée n'est pas pour lui une
véritable vocation puisqu'il ne commence à publier qu'en 1938, après avoir
exercé divers métiers, dont policier et boucher. Mais c'est par la grande
porte qu'il entre dans la BD. Il est présent dans le journal "Spirou" dès
son premier numéro, le 21 avril 1938. Il y crée un duo qui poursuit encore
son existence aujourd'hui : Tif, le chauve, et Tondu, le chevelu. Dès 1952,
il écrit des scénarios de son duo que le dessinateur Will reprend, et
publie diverses séries dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles n'ont
pas été des pas essentiels dans l'histoire de la bande dessinée. Mais
Fernand Dineur, en créant ses personnages, en participant à une forme de
bande dessinée populaire, de pur divertissement, fait partie de ces
nombreux pionniers qui ont marqué une génération de lecteurs.
1948
naît Rodolphe. Enseignant, libraire, il ne se lance dans le scénario de
bande dessinée que poussé dans le dos par le scénariste Jacques Lob. C'est
en 1975 qu'il publie sa première histoire, dans une revue éphémère qu'il
dirige. Elle est signée par un inconnu qui ne le restera pas longtemps :
Jean-Claude Floc'h. Il entre à "Pilote" en 76 avec un récit dessiné par
Annie Goetzinger, puis à "(A suivre)" où il écrit des récits fantastiques
pour le dessinateur Ferrandez. Dans "Métal Hurlant", il publie "Les
légendes de l'Eclatée", dessinées par Rouge. En 1980, il crée la série
"L'Homme au Bigos" pour Ferrandez, qu'il poursuit encore aujourd'hui.
On le retrouve ensuite dans la plupart des revues des années 80 : "Circus",
"Métal Hurlant", "Charlie Mensuel", "Chic", "Vécu"... où l'on retiendra
surtout "Les Ecluses du Ciel" (Glénat), "Le cimetière des Fous" (Dargaud),
"Milosz" (Dargaud)...
Avec Serge Le Tendre, il co-scénarise également la saga de "Taï-Dor" (Vents
d'Ouest).
Cet animateur n'a pas abandonné complètement son souci de faire connaître
la bande dessinée auprès du grand public. C'est ainsi qu'il organise le
festival de Blois, réalise des expositions ou joue même au... critique de
bande dessinée !
1970
disparaît Martin Branner. C'est en 1919 qu'il publie ses premières bandes
dessinées, "Looie the Lawyer", puis "Pete and Pinto", qui lui vaut
l'intérêt d'Arthur Crawford, responsable d'un "syndicate", un agent, qui
lui demande de travailler pour lui. C'est ainsi qu'il dessine, un beau jour
de 1920, Winnie Winkle, une série à gags qui connaîtra un succès foudroyant
au point de devenir une série mythique en France même, sous le titre
"Bicot". Il n'arrête cette série qu'en 1962, cédant le pinceau à son
assistant.
1947
naît Bignon. Ingénieur, il a comme hobby le dessin. C'est ainsi qu'il suit
les cours de bande dessinée de Goerges Pichard, qui lui permettent de
publier ses premiers récits dans l'"Echo des Savanes" et dans "Pilote".
C'est là que le rédacteur en chef, Guy Vidal, lui propose des scénarios qui
vont marquer la bande dessinée. En effet, au travers de leurs albums, "Une
éducation algérienne", "Plus con, on tue !", "Un malaise passager", "Tout
le monde aime le printemps", ce sont des portraits d'époque, des clichés
sur toute une génération marquée par les sales guerres récentes, qu'elles
soient celle d'Algérie ou celle, plus moderne, du terrorisme (Dargaud).
Il a publié en 1996 le magnifique "Il faut y croire pour le voir" sur un
scénario magistral de Jean-Claude Forest (Casterman).
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