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1956
Naît Laurent Vicomte. Il débute par des jeux et illustrations dans la
presse locale, et est publié dans le journal Spirou, en 1975, dans le cadre
de la rubrique "Carte Blanche", qui donnait aux jeunes auteurs la chance de
faire leurs premiers pas. Collaborateur à la presse scout, il entre à
Tintin en 1977 avec "Edouard et Lucie", qu'il termine au journal Pistil.
C'est en 1981, suite à sa rencontre avec le scénariste Makyo, qu'il entame
la magnifique "Balade au bout du monde" (Glénat) dans le mensuel Gomme.
Dans ce récit qui va s'étendre sur de nombreux albums, un photographe est
plongé dans un véritable cauchemar, prisonnier d'un peuple qui vit encore
comme au moyen-age et qui l'enferme dans une prison hors du monde et du
temps. Cette oeuvre grandiose obtient de nombreux prix mais Vicomte finit
par la laisser en d'autres mains pour créer sa propre série : "Rien".
1948
Naît Dirk Van den Boogaard, l'un des quelques auteurs des Pays-Bas à avoir
pu franchir les frontières de son plat pays. Dessinateur underground dès
1964, inspiré par la douce folie de Franquin et le délire total du journal
MAD, il collabore à diverses revues avant de rejoindre l'école de la ligne
claire chère à Hergé. C'est en 1976 qu'a lieu cette rupture avec la
création du personnage qui le rendra célèbre : Sjef van Oekel, que les
éditions Magic Strip feront découvrir au public francophone avec un album
intitulé "Léon van Oukel s'en tire toujours" (1980). L'originalité du
personnage, vulgaire et ubuesque, à l'opposé du côté "clean" obligatoire de
tous les personnages ligne claire, séduit l'équipe de l'Echo des Savanes,
qui le publie sous le nom "Léon la Terreur". Van den Boogaard apprécie
également, de temps en temps, de se défouler dans des histoires érotiques
et/ou pornographiques qui rappellent ses origines underground (Albin
Michel). On ne se refait pas...
1970
Apparaissent de drôles de Gorilles. Réunis autour de Jack Attaway, ces durs
de durs des années trente, en pleine période de la prohibition et de la
guerre des gangs, tentent de gagner honnêtement leur vie en protégeant qui
veut bien les payer. Eternellement malchanceux, ils se retrouvent
systématiquement les poches vides à la fin de chaque épisode. Finalement,
seul le fidèle Sammy restera auprès de son patron. Avec cette hilarante
série, Berck et Cauvin dressent un portrait humoristique des années trente,
vues par leurs aspects mythiques : la crise et le jeudi noir, Al Capone et
les Incorruptibles, l'alcool frelaté, etc. Derrière l'humour, se cache
néanmoins un véritable travail de chroniqueur d'une époque, admirablement
documenté. Berck a cédé son crayon à Jean-Pol, qui dessine désormais cette
prolifique série.
1936
Naît, en Espagne, Florenci Clavé. Il travaille d'abord en studio, où il
réalise à la chaîne des récits complets pour l'exportation. C'est durant
les années 60 qu'il s'expatrie en France et qu'on commence à voir sa
signature dans le journal Pilote. Il y dessine Rémy Herphelin, sur des
scénarios de Pradal, des pages d'actualité, des "Dossiers du Fantastique"
qui connaîtront une édition en album. C'est avec Guy Vidal qu'il crée ses
premiers albums à succès, sur des thèmes très forts : "L'île aux chiens",
"Les Innocents d'El Oro" (Dargaud). Il collabore également à Charlie
Mensuel ("L'île des Pins", sur scénario de Bouquillard), à Circus ("La
bande à Bonnot", sur scénario de Godard, "Les Dossiers de l'Archange"). Il
repart ensuite vivre en Espagne au début des années 80, où il réalise de
nombreux albums. En France, il collabore encore en parallèle aux
"Chroniques du temps de la Vallée des Ghlomes" (scénario Godard) et aux
"Voyages en Amertume" (avec Dieter).
1996
Commence un colloque sur le thème "La BD en Belgique, une matière
régionalisée ?", thème profondément passionnant qui sera suivi d'une
discussion autour du thème tout aussi révolutionnaire de : "La BD, un
medium pour les enfants ?". Faculteit Letteren, K.U.L., Blijde Inkomstraat,
21, 3000 Leuven. Le colloque et les baîllements des participants seront
entièrement bilingues. Pour infos : 19 32 16 28 46 11.
1950
Naît Martin Veyron. C'est en 1977, dans "L'Echo des Savanes", qu'il crée le
personnage de Bernard Lermite, quil poursuivra ensuite dans Pilote avant de
le faire revenir à "L'Echo" ressuscité. Cet humoriste très fin, pratiquant
un humour axé principalement sur les dialogues et des personnages en
perpétuel décalage, réalise de nombreux récits complets avant d'obtenir son
premier grand succès, en 1982, avec un pastiche des romans pornographiques
: "L'Amour propre" (Albin Michel), qui sera adapté au cinéma.Son album
suivant, "Executive Woman", en 1983, achève de l'installer comme l'un des
auteurs les plus intéressants des années 80. Il commence pourtant à se
disperser, travaillant pour la publicité, la presse (de nombreux dessins
qui sont repris en albums ensuite), illustrant "Le portrait du joueur" de
Philippe Sollers (Gallimard), etc. Comme scénariste, avec le même bonheur,
il travaille avec Jean-Claude Denis ("Oncle Ernest et les ravis",
Casterman), Rochette ("Edmond le Cochon", Albin Michel), Lopez ("Olivier
Désormaux", Dargaud).
1901
Naît Carl Barks. Obligé de travailler dans le ranch parental puis comme
bûcheron, pour gagner se vie, il ne parvient à placer son premier dessin
qu'en 1928, dans une revue canadienne qui finit par l'engager. C'est en
1936 qu'il rejoint l'équipe des studios Disney, comme animateur. Il
collabore à de nombreux courts-métrages et travaille sur le premier
long-métrage de Donald Duck... qui ne verra malheureusement jamais le jour.
Carl Barks transforme son story-board en bande dessinée, et son premier
"comic book" (album de bande dessinée à couverture souple) voit ainsi le
jour. Le succès est tel que Carl Barks doit en réaliser d'autres. Cet
auteur talentueux - l'un des plus doués de l'équipe Disney - deviendra "le"
dessinateur mythique de Donald Duck. Il lui donnera sa véritable
personnalité de râleur perpétuel et de farceur teigneux. Il crée également
tous les personnages périphériques que les studios Disney continuent encore
à faire vivre aujourd'hui : les Rapetout, Oncle Picsou, etc. Il arrête la
bande dessinée en 1968 mais n'abandonne pas ses personnages pour autant :
contaminé par le virus de la peinture, il réalise des dizaines de toiles
mettant en scène ses personnages fétiches. Elles se vendent désormais à des
prix astronomiques.
1965
Apparaît dans Vaillant le plus original personnage de bande dessinée de
tous les temps. C'est un légume : le Concombre Masqué. Il vit quelque part
au bout du monde, dans le désert de la Mort-Lente, dans un
cactus-blockhaus. Dans ce pays, d'autres personnages tout aussi absurdes le
côtoient, dont son ami Chourave. Le langage du Concombre n'est pas évident
à décoder mais ses exclamations sont célèbres : "Bretzel Liquide !".
Signées Kalkus au départ, les aventures pataphysiques du Concombre Masqué
sont en fait l'oeuvre de Nikita Mandryka, qui a créé avec ce personnage un
univers aussi fort que Lewis Carrol avec "Alice au Pays des Merveilles" -
un livre qui fait d'ailleurs partie des lectures du Concombre. Les deux
auteurs partagent la même passion pour le non-sense et pour les néologismes
inventifs. Le Concombre, passé à Pilote, quitta ce journal le jour où René
Goscinny refusa d'y publier une de ses aventures. Mandryka emmena alors sa
cucurbitacée sous le bras et, avec l'aide de deux amis, Brétecher et
Gotlib, créa "L'Echo des Savanes". Au décès de ce journal, le Concombre
revint à Pilote, puis à Spirou, avant de repartir une nouvelle fois vers le
bout du monde (Dupuis). Nul ne sait aujourd'hui où il se repose. Espérons
qu'il nous prépare un retour surprise...
1948
Le journal communiste L'Humanité publie les "strips" (gags en une bande)
d'un chien anthropomorphe nommé Pif. Il est dessiné par un auteur espagnol,
Arnal, qui met vite en face de lui celui qui deviendra à jamais son ennemi: le chat Hercule. Leurs rencontres sont explosives, violentes et pourtant,
très vite, ils ne peuvent plus se séparer l'un de l'autre. Publiés ensuite
dans l'hebdomadaire pour jeunes du parti communiste, "Vaillant", ils en
deviennent vite les stars, au point que Vaillant est débaptisé et rebaptisé
illico "le journal de Pif", en 1965, puis "Pig Gadget" en 1969. Pif,
entretemps, se sera découvert une famille adoptive : Tonton, Tata et
Doudou, et même un fils : Pifou. Malheureusement, Arnal ne parvient plus à
suivre le rythme imposé par les nombreuses parutions de ses personnages.
Dautres prendront sa place, sans jamais retrouver sa verve. Ses frasques
ont été adaptées en dessins animés.
1983

Raymond Calbuth, beauf parfait aux lorgnons énormes et aux charentaises
confortables, paraît dans le premier numéro de Métropoche qui est sorti ce
mois-ci. Aventurier dans le quotidien, cet anti-anti-anti-anti-anti-héros
transforme le moindre événement de sa vie médiocre et banale en scénario de
Spielberg, aidé par cette autre mythomane qu'est madame son épouse
bigoudisée, Monique. Imaginé par un humoriste inclassable et génial,
Tronchet, Raymond Calbuth paraît ensuite dans Circus et ses inénarrables
réflexions fondamentales sur l'existence sont éditées en album chez Glénat.
1979
Dans le n°39 de Métal Hurlant, qui sort ce mois, apparaît un jeune loubard
qui, même s'il fréquente les lieux classiques de la banlieue, ne semble pas
atteint par la violence et la morosité ambiante. Lucien, dessiné par Frank
Margerin, est un rocker banané, dont les centres d'intérêt sont ceux de son
âge : les motos, les filles, le flipper au café du coin. Sur cette base,
Margerin a réalisé une bande dessinée d'une drôlerie extrême, largement
inspirée de l'observation de ses contemporains, pimentée d'une multitude de
gags dans tous les coins. Portrait d'une génération d'ados, il est aussi
celui de la France profonde des années 80.
1962
Pour la première fois, des intellectuels s'associent pour créer un club
autour de la bande dessinée. Naturellement, il s'intitulera "Club des
Bandes dessinées". Cette association sans but lucratif a en fait pour but
de permettre à ces nostalgiques de la bande dessinée de leur enfance de
reconstituer leur collection. Réunis autour de Francis Lacassin, on trouve
ainsi le cinéaste Alain Resnais et Jean-Claude Forest, ainsi que Pierre
Couperie, qui officie en tant qu'archiviste. La même année, ils éditent le
premier "fanzine" : Giff-Wiff. Le club se sabordera deux ans plus tard, ses
membres se divisant en deux club distincts.
1996
Pour deux jours, le Bordelais se met aux bulles. Un salon de la BD à
Martignas accueillera ces bons vivants que sont Convard, Davodeau, Godard
(pas de chance, il ne boit que de l'eau), Ribéra, Widenlocher, etc. Infos :
CLAM, Hôtel de Ville, 33127 Martignas - Tél : 56 21 41 31
1955
Dans le journal Tintin, un jeune journaliste fait son apparition. Il est
vêtu d'un veston pied-de-poule, est bien propre sur lui, camoufle avec
peine ses sentiments pour Nadine, la fille du brave commissaire Bourdon, et
il n'a pas son pareil pour démêler les fils d'intrigues particulièrement
complexes qu'imagine un des maîtres de la BD policière, André-Paul
Duchâteau. Ric Hochet va ainsi se retrouver au centre d'effroyables
machinations conçues par les cerveaux machiavéliques de malfaiteurs à
l'esprit fêlé, démoniaque, mais brillant. Ils ont pourtant à faire avec
plus brillant qu'eux car, après quarante-trois pages de suspense maintenu
par des surprises en bas de chacune d'elles, inévitablement, Ric Hochet
trouve la solution qu'aucun lecteur n'aurait pu deviner. Une technique
systématique mais efficace de scénarios, des dessins d'une limpidité
absolue de Tibet, qui utilise subtilement les codes de la bande dessinée
(les fameuses "gouttes" autour de la tête pour signifier une émotion, par
exemple) pour induire le lecteur en erreur : Ric Hochet est une machine
bien huilée, qui a connu les honneurs de la télévision avec un moyen
métrage, "Signé Caméléon", réalisé en 1968.
1945
"De Nieuwe Standaard" publie les premières cases d'une nouvelle héroïne
nommée Bobette (Wiske). Elle est accompagnée de sa tante Sidonie et d'un
frère boxeur. Celui-ci sera remplacé par un autre garçon à la fin de cette
première aventure. Ce dernier se nomme Bob (Suske). Le duo le plus célèbre
de la bande dessinée flamande est né. Le succès des aventures de Bob et
Bobette va croître d'année en année et s'enrichir de personnages
truculents. Mr. Lambique, "beauf" typiquement flamand, Jérôme, un géant au
cerveau raplapla, le professeur Barabas, etc. Tous vont voyager aux quatre
coins du monde et du temps, entraînant les lecteurs de la presse
quotidienne, qui lisent leurs aventures au rythme d'une demi-page par jour,
dans des récits qui n'ont comme seul but que de divertir. Ce côté
feuilletonnesque (il faut relancer le suspense toutes les demi-planches)
apporte aux albums un rythme soutenu. Les titres se comptent par centaines.
Willy Vandersteen aura même l'honneur d'être invité par Hergé dans le
journal Tintin, où il pourra publier les aventures de ses petits
personnages, mais au prix de modifications radicales de son dessin (les
albums de cette époque, en pure ligne claire, sont les meilleurs de la
série).
Dépassé par le succès, Willy Vandersteen doit créér un studio pour
l'assister. Le studio Vandersteen, outre Bob et Bobette, réalisera à la
chaîne les milliers de planches d'autres séries, qui n'ont pas connu la
même notoriété.
1924
Naît celui qui deviendra le plus grand poète de la bande dessinée, Raymond
Macherot. C'est pour des raisons alimentaires que ce peintre en herbe est
obligé de fournir des illustrations au journal Pan. Entré au studio de
dessin des Editions du Lombard en 1953, il réalise le scénario de la
première aventure du "Chevalier Blanc", pour Fred Funcken. C'est en 1954
qu'il crée le premier d'une succession de chefs-d'oeuvre qui en feront l'un
des auteurs les plus admirés de la bande dessinée : "Chlorophylle". En
parallèle, il crée "Le Père La Houle" (1956) et "Clifon" (1959). En 1964,
il cède malheureusement ses séries à l'éditeur et rejoint l'équipe de
Spirou. Il y crée le magnifique "Chaminou et le Khrompyre", "Sibylline"
(1965), "Pantoufle" (sur scénario de Goscinny, en 1966), "Mirliton" (sur
scénario de Cauvin, 1970). On lui doit aussi les scénarios de "Mulligan"
(pour Berck, en collaboration avec Delporte) et Isabelle (pour Will, avec
Franquin et Delporte).
Le style très personnel de Raymond Macherot est immédiatement
reconnaissable. Il n'a pas son pareil pour, en quelques fleurs posées ça et
là dans l'herbe d'un petit vallon, avec quelques insectes qui butinent,
créer une scène champêtre qui fleure le bonheur d'exister. Mais ce poète
gentil peut également montrer les dents lorsqu'il dépeint, dans ses bandes
dessinées, la montée d'une dictature ou la quête du pouvoir absolu.
1904
Naît Edgar-Pierre Jacobs, chanteur d'opéra célèbre avant la première guerre
mondiale, recyclé avec génie dans la bande dessinée. Il lui a donné l'un de
ses plus grands chefs-d'oeuvre : Blake et Mortimer.
1946
Naît Richard Peyzaret. Cela ne vous dit rien ? Si je vous dit qu'il a
commencé à Pilote en 1971 avec des gags intitulés "Contes à rebours",
toujours pas ? Attendez... Il a également créé une bande dessinée mettant en
scène des moutons intellos dans des alpages. Làààààà, cette fois, ça y est! Oui, c'est le vrai nom de F'Murr, le créateur du "Génie des Alpages"
(Dargaud). Cet humoriste doué et productif, au style extraordinairement
expressif, a également créé Naphtalène, Porfirio et Gabriel, Jehanne d'Arc,
Robin des Boîtes, ainsi que les "Histoires déplacées" mettant en scène des
soldats russes perdus en Afghanistan. Il faudrait ajouter à cela une foule
de collaborations ponctuelles, toutes marquées du sceau de cet humoriste
génial maniant avec autant d'aisance l'humour verbal et les gags visuels.
1941
Naît, à Parme, Franco Bonvicini, dit Bonvi. Il débute dans le dessin animé
mais s'oriente vite vers la bande dessinée. C'est en 1968 qu'il crée une
série d'un humour noir et d'un cynisme impitoyable : les Sturmtruppen. Ces
soldats allemands de papier paient, dans des gags très courts mais d'une
exceptionnelle férocité, tous les méfaits de leurs sadiques et violents
équivalents de chair et de sang. Ils sont traduits en français par Francis
Blanche (épuisés). Il collabore à diverses revues en produisant des récits
complets et, avec Silvestri, il dessine Nick Carter. En 1973, avec Mario
Gamboli, il crée Milo Marat dans "Pif Gadget". Son studio poursuit les
Strumtruppen, mais lui s'éloigne de la bande dessinée pour s'orienter vers
des productions télévisées. Il disparaît en 1995, victime d'un chauffard.
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