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1954
Ils sont six, toujours prêts et portent des noms d'animaux: Poulain, leur
chef, est accompagné de Chat, l'astucieux, Faucon, le génie à lunettes,
Tapir, le gros lourd, Mouche, le petit pleurnichard, plus un qui a vite
disparu et dont l'histoire de la BD n'a pas retenu le nom. Ce sont les cinq
scouts de la Patrouille des Castors, qui débutent leurs aventures dans
"Spirou". Mitacq, le dessinateur, est scout dans l'âme et Jean-Michel
Charlier, le scénariste, a bien compris comment typer cinq ados bien
propres sur eux pour qu'ils deviennent les symboles du scoutisme pour
plusieurs générations d'enfants. En 1979, Mitacq en poursuivra seul les
aventures, parfois secondé par Wasterlain au scénario (Dupuis).
1922
Charles M.Schultz naît à Minneapolis, aux Etats-Unis. Rien dans l'hérédité
de ce fils de barbier allemand et de ménagère middle-class américaine ne le
prédestine à devenir dessinateur de bande dessinée. Pourtant, il s'inscrit
à un cours de dessin par correspondance.
La guerre venue, il est appelé et débarque en Europe où il participe
joyeusement à la libération de la France.
Revenu aux Etats-Unis, il devient professeur de dessin. Il débute dans
l'ilustration en dessinant pour un magazine religieux local. Les deux
facettes de Charles Monroe Schultz sont installées : dessin et religion.
Elles vont sans cesse se croiser et se compléter. Il parvient à caser
quelques illustrations dans le "Saturday Evening Post", en 1948, et publie
la même année, dans le "Saint Paul Pioneer Press", une série mettant en
scène de jeunes enfants et un chien : "Li'l Folks". Deux ans plus tard, il
quitte ce journal et replace la série au "United Features Syndicate",
rebaptisée "Peanuts". Charlie Brown, Snoopy, Lucy et tous les autres sont
prêts à conquérir le monde. C'est par centaine de millions qu'ils sont
aujourd'hui diffusés dans le monde entier. Son humour très personnel, les
soupçons de philosophie hédoniste qu'il égrène avec Snoopy, la connaissance
encyclopédique de la Bible de Linus, en font une série complètement à part.
De nombreux théoriciens de l'Eglise se sont penchés sur le contenu des
Peanuts pour en tirer d'édifiantes leçons. Schultz enseigne d'ailleurs la
théologie dans sa ville de Minneapolis.
1938
Bouldaldar est un petit garçon plutôt dans les nuages qui vit dans la forêt.
Dans "Le Patriote Illustré", qui publie aujourd'hui ses aventures, il sauve
un nain, Colégram, et s'en fait un inséparable copain. "Bouldaldar et
Colégram", de Sirius, vient d'entamer une carrière qui sera plutôt agitée.
Rebaptisé "Polochon" en 1943 dans "Bravo!", revenu à son patronyme initial
en 1950 dans "La Libre Junior", il est abandonné en 1977 par son créateur
qui le ressort de ses cartons, en 1977, pour "Bonnes Soirées" et, en 1980,
"Spirou".
1955
François Boucq naît à Lille, en France. Il débute avec des caricatures
politiques dans "Le Point" et "L'Expansion", ainsi que, plus
ponctuellement, dans "Playboy" et "Le matin".
Il publie ses premières bandes dessinées dans le fanzine "Mormoil" en 1975,
mais se lasse et finit par abandonner le dessin pour redynamiser le
carnaval de Lille. Il y revient cependant, en 1978, dans "Pilote" avec les
"Cornets d'Humour", que scénarise Delan. Il crée encore "Rock Mastard" et
"Les leçons du professeur Bourremou" (sur d'étonnants scénarios délirants
de Christin) dans "Fluide Glacial" avant de connaître enfin la Voie et
l'Illumination dans le magazine (A suivre), en 1983. Son humour exacerbé y
recueille immédiatement le succès, concrétisé par une série d'albums
totalement dingues : "Les Pionniers de l'aventure humaine", "Point de fuite
pour les braves", etc. (Casterman).
Il se lance également dans une autre direction avec le romancier américain
Jérôme Charyn. L'admirable "Femme du magicien", en 1985, est suivie du non
moins excellent "Bouche du diable" et, en 1991, avec Jodorowsky cette fois,
du superbe "Face de Lune". En 1993, il crée Jérôme Moucherot.
Qu'il dessine le drame des destinées humaines ou le grotesque de
personnages imaginaires, Boucq le fait avec une puissance de dessin et un
art du second degré qui n'ont pas d'équivalent dans la bande dessinée.
1936
Renaud Denauw naît à Mouscron, en Belgique. Il étudie la lithographie à
Tournai, puis adapte quelques romans du "Fleuve Noir" avant de se lancer,
en 1975, dans la bande dessinée, sous le pseudonyme de Renaud. Il crée
"Aymone", dans "Spirou", avec le scénariste Brouyère, suivie de l'oubliable
"Myrtille, Vidpoche et Cabochard" que scénarise Mittéï déjà en chute libre.
Il se retrouve à "Tintin" en 1980, où il crée "Brelan de Dames" avec
Jean-Luc Vernal, le rédacteur en chef de l'époque, puis la tout aussi
oubliable série "Platon, Totoche et Coquinette".
C'est en 1987 qu'il trouve enfin sa Voie avec le scénariste Jean Dufaux et
la très inquiétante série "Jessica Blandy", publiée chez Novedi puis
Dupuis.
Ensemble, ils créent également "Les enfants de la Salamandre" (Dargaud) et
"Santiag" (Glénat).
1948
Guy Liéron naît à Paris. Il débute en signant Luguy dans le magazine
Phénix, en 1969, puis collabore aux revues populaires françaises pour la
jeunesse avec des jeux et des bandes dessinées. En 1974, il entre à "Pif
Gadget" avec "Sylvio le Grillon", et il publie son premier album, "Cyril"
(Ed. Garnier) en 1977. Il collabore ensuite à la série "Albator" de
sinistre mémoire - qu'il adapte en BD sur des scénarios de Moliterni. Et
c'est en 1981 qu'il crée enfin Percevan, dans "Gomme", avec Léturgie
(albums Dargaud). Avec Lions, avec qui il avait créé Sylvio, il imagine
encore "Karolyn", en 1989 (Dargaud).
1979
Boskovich paraît dans "Le neuvième rêve" n°3, le journal des étudiants de
l'Atelier R de St-Luc. Ce magasinier de musée travaille au Molosse Museum,
un endroit où, dans ce lointain XXIe siècle fonctionnarisé à l'extrême, on
a entassé tous les chefs-d'oeuvre de l'humanité. Le scénario de ce récit
complet est de Savary et Derruder, et le dessin de Cossu. Ce dernier
reprend ce personnage fantastique pour "Spirou" en 1983, avec comme
scénariste son ami Cauvain (à ne pas confondre avec son homonyme célèbre).
1932
Gérard Lauzier naît à Marseille. Il passe d'abord une licence en
philosophie, puis étudie l'architecture avant de faire ses débuts dans le
dessin de presse. Il part ensuite pour le Brésil, où il passe de nombreuses
années, travaillant entre autres pour le journal de Bahia. Il revient en
France au début des années 60 et travaille dans la publicité et le dessin
d'humour pour la presse adulte. Il ne se lance dans la bande dessinée qu'en
1973 où, après des "tranches de vie" très remarquées et un western délirant
("Al Crane", avec le fabuleux Alexis), il entame une série de
portraits au vitriol de certaines tranches d'âge et certaines classes
sociales. Sa férocité légendaire, son ironie caustique, l'imposent plus
qu'un dessin trop rapide et stéréotypé.
Le début des années 80 le voit délaisser la bande dessinée pour le théâtre
(à partir de ses tranches de vie) et le cinéma, mais il y revient à l'aube
des années 90 avec "Portrait de l'artiste" (Dargaud).
On lui doit également une hilarante histoire érotique, "les
sextraordinaires aventures de Zizi et Peter Panpan" (Glénat).
1927
Jef Nijs naît à Berchem, en Belgique néerlandophone. Il étudie le dessin
aux Beaux-Arts à Anvers et débute en 1943 dans un studio de dessin animé.
Il collabore à la presse pour jeunes à partir de 1946 avec des
illustrations et diverses bandes dessinées oubliées depuis. C'est en 1955
qu'il crée "Jommeke", que le public français connaît surtout sous le nom de
Gil et Jo. Cette série connaît un tel succès et la demande du public est
telle qu'il décide de créer un studio, qui la réalise depuis sous son
regard vigilant.
1946
Serge Letendre naît à Vincennes, en France. Il apprend la bande desssinée
aux cours de Mézières/Giraud, à Vincennes, aux côtés de Loisel et Juillard.
Mézières lui conseille de s'orienter vers le scénario et, dès 1974, il
accomplit ses premières armes sur des récits complets pour "Pilote". On le
retrouve également dans les fanzines "Mormoil" et "Tousse-Bourin".
C'est en 1975 qu'il crée l'un des grands chefs-d'oeuvre de la
bande dessinée contemporaine: "La quête de l'oiseau du Temps", dessinée par
Loisel et publiée dans un magazine trop tôt disparu: "Imagine". Ses
réalisations deviennent de plus en plus fréquentes dans la seconde moitié
des années 70 et au début des années 80, mais c'est à la reprise de la
"quête" dans "Charlie Mensuel", qu'il se fait véritablement connaître. Il
crée ensuite l'excellent "Jérôme K. Jérôme Bloche" avec Makyo et Dodier en
1982, "Les errances de Julius Antoine" avec Rossi en 1985, "Les voyages de
Takuan" avec Simeoni en 1987, "Taï-Dor" avec Serrano et Rodolphe en 1987,
etc.
En 1992, il réalise "L'Oiseau Noir" avec Dethorey pour la collection "Aire
Libre" de Dupuis.
1923
Maurice De Bevere naît à Courtrai, en Belgique. Il apprend l'animation par
correspondance (l'enseignement d'un maître français: Jean Image) et il
entre au studio de dessins animés CBA en 1943. Lorsque ce studio cesse ses
activités, il est accueilli par Jijé, aux côtés de Will et de Franquin. Il
entame alors une carrière brillante d'illustrateur, réalisant
d'innombrables dessins et couvertures du "Moustique" et de "Het Laatste
Nieuws". Mais la naissance, en 1946, d'un cow-boy nommé Lucky Luke, va
orienter différemment sa destinée. "Arizona" paraît dans "L'Almanach Spirou
1947", mais le cow-boy qui tire plus vite que son ombre poursuit ses
aventures dans "Spirou". Son graphisme et le rythmme de ses récits se
ressentent de sa formation d'animateur. Progressivement, cependant, il
s'adapte et crée un style qui lui est propre.
Il part ensuite aux États-Unis, et y rencontre les dessinateurs qui
créeront "Mad" ainsi qu'un jeune homme effacé nommé... René Goscinny.
Celui-ci réalisera les scénarios de Lucky Luke dès leur retour en Europe,
en 1955 (l'album "Des rails sur la prairie"). Après le décès de Goscinny en
1977, il cherche des scénaristes de remplacement, et erre de l'un à
l'autre, sautant d'un album moyen à un désastre consternant en passant
parfois par une agréable surprise, selon le scénariste élu. Il s'entoure
également d'assitants plus ou moins doués, jouant allégrement de la
photocopieuse pour produire rapidement des albums qui sentent de plus en
plus souvent le bâclé. Lucky Luke devient un produit de grande
consommation, complété par des sous-produits qu'il laisse aux mains de
collaborateurs : "Ran-Tan-Plan", "Kid Lucky".
Passionné de bande dessinée, il a réalisé la "Chronique du neuvième Art"
dans le journal Spirou qui a, au début des années 60, initié les lecteurs
belges et français à l'histoire de la bande dessinée.
Les albums de Lucky Luke paraissent chez Dupuis et Dargaud (les meilleures
époques) puis, depuis 1990, chez "Lucky Productions".
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