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1952
Philippe Sternis naît à Neuilly-sur-Seine. Ses premiers récits complets
paraissent dans "Record" en 1974. Les suivants... en Espagne, à l'occasion
d'un séjour prolongé.
Après diverses collaborations oubliables, il réalise "Snark Saga" puis
"Trafic", avec le scénariste Cothias, pour Okapi (albums Bayard, 1982). On
le retrouve également dans la collection "Les grandes batailles de
l'histoire", chez Larousse. En 1985, il lance "Memory" dans "Circus" avant
de revenir à Okapi avec "La Rivière fantôme".
Dargaud publie, en 1993, le magnifique album "Solo", qu'il dessine d'après
un scénario de Claude Carré.
1970
Bernard Kouchner (oui, "le" Bernard Kouchner), Michel-Antoine Burnier et
Jean-François Bizot rachètent les droits d'un petit journal de jazz né deux
ans plus tôt et tombé en faillite : "Actuel". Il va devenir le titre phare
de toute la culture underground des années 70. Ouverture vers la libération
de la sexualité, vers l'utilisation des drogues douces, vers de nouveaux
styles de vie telles que la vie en communauté, vers les philosophies
orientales... il exprime toute la contestation d'une jeunesse sortie pleine
d'espoirs des bouleversements qui ont succédé à mai 68.
En parallèle, il diffuse les oeuvres des dessinateurs américains. Les
Français peuvent ainsi y découvrir Crumb, Corben, Shelton aux côtés
d'auteurs français tels que Gotlib ou Mandryka. Le journal s'interrompt en
1975, puis renaît de ses cendres dans une forme beaucoup plus esthétisante
et intellectuelle à la fin des années 70.
1940
Richard Corben naît à Anderson, dans le Missouri. Il travaille dans
l'animation de 1963 à 1972, mais collabore à la presse dite "underground"
dès 1967, sous des pseudonymes divers. C'est en 1971 qu'est publié son
premier chef-d'oeuvre, "Rowlf", qui lance sa carrière dans la presse
d'horreur. Il participe ainsi aux revues "Vampirella", "Creepy" et "Eerie".
L'Europe le découvre au début des années 70 grâce à "Actuel" puis à "L'Echo
des Savanes". Son travail sur la couleur à l'aérographe, l'outrance de ses
dessins, la violence qui émanent de son univers, marquent l'époque. Dès ce
moment, ses albums se multiplient, chez divers éditeurs (Albin Michel,
Glénat...)
1957
Jean-Richard Geurts naît à Jadoville, au Congo belge. A l'Indépendance de
ce pays, il revient en Belgique et, après ses études, devient l'assistant
de Francis pour une série allemande, les "Pikelsteiner", puis de Dupa, pour
qui il réalise de nombreuses pages de Chlorophylle et de Cubitus. Un autre
jeune dessinateur assiste également Dupa : Philippe Vandevelde. Ils
sympathisent et, de cette amitié, naît l'un des plus fameux duos de
l'histoire récente de la bande dessinée : Tome (Philippe) et Janry
(Jean-Richard).
Ensemble, ils travaillent encore pour Turk et De Groot, sur les séries
"Robin Dubois", "Léonard est un génie" et "Clifton", puis ils proposent des
jeux humoristiques au journal "Spirou" : les Jeureka, publiés à partir de
1979.
A l'époque, l'éditeur du magazine cherche des dessinateurs pour reprendre
le personnage de Spirou. Chaland s'y essaie, de même que Nic Broca et Raoul
Cauvin et finalement Tome et Janry. Et c'est ce duo qui parvient à prouver
ses capacités à poursuivre la série. "Virus" en est la première
démonstration, pétillante d'humour tout en restant dans la tradition des
grandes aventures de Franquin. Progressivement, ils imposent leur propre
personnalité à la série et ils la font évoluer avec leur temps.
En 1987, ils lui donnent une existence parallèle avec le génialissime
"Petit Spirou" (le grand quand il était petit), une série d'une
impertinence et d'une drôlerie sans équivalent. A tout moment, ils jouent
avec les limites de la bienséance et font reculer celles de la censure.
Avec finesse et intelligence, malgré les sujets très "cour de récréation
d'école primaire".
Janry est également le scénariste de "Passe-moi l'ciel", pour Stuf (Dupuis).
1950
Ce sont quelques enfants américains moyens. Ils jouent au base-ball,
s'envoient des cartes tendres au "Valentine's Day", mangent des pop-corns
et des corn-flakes et ont un beagle comme animal de compagnie. Oui, mais
ils ne parlent pas vraiment comme des enfants américains moyens. Linus, qui
en est encore à sucer son pouce tout en tenant son doudou de l'autre main
pour se rassurer, cite des extraits des évangiles à tout propos; Schroeder
joue tous les grands airs classiques qur son petit piano d'enfant; et
Snoopy, le chien, hédoniste et fainéant, joue au philosophe, écrit des
romans et vole sur sa niche à la poursuite du Baron Rouge. Les Peanuts, de
Charles M. Schultz, viennent aujourd'hui de faire leur apparition dans leur
premier strip. Ils s'appellent encore "Li'l Folks" mais les personnages
principaux sont déjà là, entourant le malheureux Charlie Brown et
l'acariâtre Lucy dans un monde où jamais - JAMAIS - un adulte ne viendra
montrer le bout de son nez.
Les Peanuts abordent pourtant des thèmes bien adultes, comme la
psychanalyse ou la théologie.
Au fil des années, les personnages de base sont rejoints par d'autres,
comme le petit oiseau maladroit Woodstock ou la petite soeur de Charlie
Brown, Sally. Et installent, à raison d'un strip par jour et d'une planche
hebdomadaire, l'un des univers les plus cohérents et les plus subtils de la
bande dessinée américaine. Une bande dessinée pour habitués, jouant sans
cesse sur des thèmes récurents, des "running gags".
Le succès de cette série est universel : près de 70 pays la publient. Elle
a été adaptée au dessin animé et se retrouve sous toutes les formes de
produits dérivés : posters, objets, gadgets, cartes postales, etc. Elle est
éditée, en français, par Dargaud.
1941
Jijé et Jean Doisy donnent naissance à un bel aventurier : Jean Valhardi.
Cet enquêteur en assurances va vite déborder largement de ses fonctions
initiales et parcourir le monde entier, jouant au Zorro des temps modernes,
assisté par des amis de rencontre : le jeune Jacquot puis le pittoresque
Gégène. Jijé en assumera seulement une partie des aventures : à son départ
aux Etats-Unis, il confie la série à Eddy Paape, en 1946, qui la lui rend
en 1956; il en poursuit seul les aventures jusqu'en 1963, année où il se
fait assister de Mouminoux. Après son décès, René Follet reprend le
personnage au début des années 80. Divers scénaristes - et non des moindres
- se sont également succédé aux commandes de la série : Yvan Delporte,
Jean-Michel Charlier, André-Paul Duchâteau, Jacques Stoquart.
Quelques-unes de ses aventures sont toujours disponibles, aux Editions Dupuis.
1947
Nero débute ses mésaventures comme assistant du détective "Van Zwam". Marc
Sleen, qui le représente sous la forme d'un flamand rondouillard, en fait
un gaffeur, brave mais maladroit, un tantinet râleur mais bon vivant,
tellement proche du public qui le lit qu'il éclipse vite son patron et
devient le véritable héros. Une faune pittoresque l'entoure dans des décors
très proches des quartiers populaires de Bruxelles ou des grandes villes de
Flandres.
Les aventures de Nero oscillent entre humour et fantastique mais, souvent,
touchent à des thèmes plus sérieux, comme la protection de la nature.
Il est l'un des personnages de bande dessinée les plus populaires de
Belgique néerlandophone.
1924
Harvey Kurtzman naît à Mount Vernon, aux Etats-Unis. Dessinateur de comic
books en tout genre, il crée en 1947 un studio graphique avec son comparse
Bill Elder (studio où travaillera René Goscinny) et imagine de nombreux
récits humoristiques, d'horreur, de science-fiction, de guerre... qu'il
illustre lui-même ou qu'il fait réaliser par ses collègues, Wallace Wood,
Bill Elder, Jack Davis, etc. C'est avec eux qu'il crée, en 1952, un
journal qui va changer la face de l'humour : MAD. Jamais, dans toute
l'histoire de la bande dessinée, un journal satirique ne va aussi loin dans
la démesure et dans le délire. Son influence est considérable sur des
humoristes européens comme Goscinny, Pétillon ou Gotlib. Suite à un
désaccord financier avec l'éditeur, Kurtzman quitte ce journal en 1955,
emmenant avec lui son équipe de fêlés. Il crée divers journaux, mais sans
jamais retrouver le succès de Mad. En 1962, pour Playboy, il crée Little
Annie Fanny, un pastiche d'une bande dessinée mélo, qu'il réalise jusqu'en
1988. Cette année-là, il publie ses mémoires ("My life as a cartoonist").
Deux ans plus tard, malgré une grave maladie qui commence à le ronger, il
parvient encore à publier un album suivi d'une histoire des comics.
Il meurt le 21 février 1933.
1948
Walt Kelly publie dans le "New York Star", un journal dont il est le
directeur artistique, le premier strip de "Pogo", une série adaptée d'une
bande dessinée qu'il avait publiée sans succès en 1941 à sa sortie des
studios Disney. Cette série animalière met en scène un opossum dans les
marais d'Okefenokee. Elle met un certain temps à s'imposer, mais finit par
recueillir les suffrages des intellectuels américains, qui en font un
immense succès. Walt Kelly y joue avec tous les codes de la bande dessinée
et la typographie.
Animalière, cette série est avant tout une satire de l'Amérique de l'époque
et de ses personnalités politiques. Aux côtés de Pogo, placide et doux, du
crocodile Albert, sentimental, on croise ainsi Kroutchev, Castro ou même
McCarthy.
Walt Kelly la continue jusqu'à sa mort en 1973. Cette série essentielle est
ensuite reprise par son fils (pour le strip quotidien) et son épouse (pour
la planche hebdomadaire). Elle a été adaptée en dessins animés en 1969.
1931
Dick Tracy débute sa première enquête dans le "Chicago Tribune". Il a de la
chance, Dick Tracy. Son créateur, Chester Gould, comptait l'appeler
"Plainclothes Tracy", ce qui aurait peut-être nui à sa carrière. Car son
nom est désormais celui du plus célèbre détective de la bande dessinée
américaine.
C'est suite au meurtre de son futur beau-père qu'il s'engage dans la
police. Il va mettre toute son énergie et toute son intelligence au service
de la lutte contre le crime organisé qui pourrit alors les Etats-Unis. Des
criminels hors du commun, pervers, monstrueux, difformes, sèment la
terreur. Il va les combattre, utilisant les dernières techniques de la
police scientifique.
Malgré un dessin caricatural, la violence qui règne dans "Dick Tracy" est
extrême, tant au niveau physique que psychologique.
Cette époustouflante série, que Chester Gould a laissée à d'autres en 1977,
a été adaptée à la télévision et au cinéma.
1996
Débute à Durbuy, un tranquille petit village belge, le festival de bande
dessinée qui, pendant deux jours, va amener des centaines d'amateurs
assoiffés de dédicaces et d'expostions.
Les thèmes de cette année : la bande dessinée au Japon et les petits
formats dans la bande dessinée.
Infos : 19 32 86 21 24 28
1924
Louis Forton, créateur des "Pieds Nickelés", lance Bibi Fricotin. Même ton,
celui de la fronde populaire face à la maréchaussée et à la bourgeoisie.
Même dessin, simple et efficace, texte narratif sous image muette. Même
humour, burlesque et bon enfant. Bibi est un gavroche débrouillard, qui
fera le tour du monde et deviendra même détective et journaliste.
A la mort de Forton en 1934, il passe entre les mains de Gaston Callaud
puis, après la guerre, entre celles de Pierre Lacroix. Celui-ci lui adjoint
son pote Razibus Zouzou, ramené d'Afrique noire. De nombreux scénaristes y
collaborent, tels que Maric, Tibéri, etc. Ses aventures sont rééditées dans
la collection "Les chefs-d'oeuvre de la bande dessinée populaire" par "Vents
d'Ouest".
1921
Fred Funcken naît à Verviers, en Belgique. Il commence à treize ans, en
dessinant des chromos pour des bâtons de chocolat belge. Il collabore aux
magazines des Editions Dupuis ("Bonnes Soirées" et "Spirou") en 1939, mais
ne publie de bandes dessinées que l'année suivante, dans le cadre de sa
collaboration à un studio, celui de Guy Depière.
Il crée "Bob Hunter" en 1941, puis participe à d'innombrables séries, sous
d'innombrables pseudonymes, dans d'innombrables revues.
En 1949, il se retrouve comme décoriste au magasin "L'Innovation" à
Bruxelles et y rencontre sa future femme et collaboratrice : Liliane. Il
revient aux Editions Dupuis en 1952, où il publie diverses illustrations,
puis passe à "Tintin" où, après une histoire humoristique - "Le Trône de
Gilgit" - il crée en 1953 "Le Chevalier Blanc", une série dont le premier
épisode a été écrit par Raymond Macherot.
En 1956, il commence à dessiner en duo avec Liliane. Leur premier bébé est
Harald le Viking. Bien d'autres suivent : Jack Diamond (1959), Capitan
(1963), Doc Silver (1967), etc.
Ils se spécialisent dans la reconstitution historique et ils publient une
"encyclopédie illustrée des uniformes et des armes de tous les temps" qui
compte... 17 volumes (Casterman)..
1989
La bande dessinée a désormais son musée. L'un des plus beaux immeubles de
Bruxelles, signé Horta, abrite le Centre Belge de la
Bande Dessinée, alias CBBD. Une exposition permanente de planches de tous
les auteurs belges et français est périodiquement enrichie d'expositions
temporaires mettant en valeur un auteur ou une série. Mais le centre
rassemble également une immense bibliothèque de bande dessinée où amateurs
et chercheurs se croisent dans la passion commune des petites cases et des
grands héros.
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