Le vélo sans les p'tites roulettes

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Quand on a 6 ans et qu'on ne sait pas encore faire du vélo sans les "petites roulettes" alors que 80% des camarades de classe maitrisent déjà la technique du "sans les mains", il est temps de prendre son courage à deux mains (justement) et de se lancer.

Mais vouloir se lancer n'est pas toujours suffisant.

Pour franchir ce cap et réussir sans trop de bobos, il est nécessaire d'avoir à ses côtés une grande personne pour vous transmettre son savoir en la matière.

Chez nous, quand ma fille ainée a décidé qu'il était temps de s'y mettre (enfin ... quand elle a finalement craqué sous la pression parentale), les choses n'ont pas été aussi simples que nous le pensions. Je vous explique.

Tout d'abord, nous avons eu la naïveté de penser que cela ne prendrait que quelques heures et peu d'efforts.

Sauf que ...  

Assise sur la selle de son vélo, allez savoir pourquoi, la miss était penchée comme la tour de Pise. Et malgré nos conseils pour qu'elle se redresse et trouve enfin l'équilibre, il n'y avait rien à faire, elle restait continuellement penchée.

Avant que nous ne décidions qu'elle garderait des petites roulettes à son vélo toute sa vie (oui, nous avons frôlé la crise de nerfs), nous avons croisé d'autres parents affairés à la même tâche. Mais ces parents là avaient l'air de moins souffrir que nous. Et pour cause, ils étaient équipés d'un accessoire ingénieux : La canne d'apprentissage pour vélo.

 

Ni une, ni douze, nous décidions que cette canne à fixer à l'arrière du vélo serait certainement la solution idéale !

Nous avons donc acheté une canne dans un magasin de sport. Nous l'avons installée sur le vélo et nous avons repris notre mission "vélo sans roulettes" là où nous l'avions abandonnée.

Bon, alors là, je vous passe les détails mais ce fût une nouvelle catastrophe qui mit nos nerfs à rude épreuve. Là encore, le problème de "la tour de Pise" subsistait. Ma fille chérie était terrorisée à l'idée d'embrasser le bitume et nos conseils ressemblaient plus à des hurlements de parents hystériques qu'à des amabilités.

Quand ma petite femme m'a dit "Là, je n'en peux plus. Tu prends le relais sinon je jette le vélo dans la rivière d'à côté !", j'ai compris une chose. Il allait falloir que j'accepte l'idée que je devais mouiller le maillot pour enfin réussir.

J'ai démonté la fameuse canne miracle (miracle mon oeil, ouais !) et j'ai dit à ma fille :

"Bon, maintenant on arrête de jouer. Ce soir, quand on rentrera à la maison, TU SAURAS FAIRE DU VELO SANS ROULETTE ! OK ?! Donc maintenant, tu m'écoutes, tu te redresses et ON Y VA !"

Je ne sais pas si elle a compris que le ton que j'employais ne laissait plus la place au moindre doute sur ma motivation, toujours est-il que le fameux déclic a eu lieu. J'ai poussé la vélo pour lui donner la première impulsion.  Et j'ai couru à côté du vélo en rattrapant de justesse la miss qui manquait de tomber.

Et, miracle, après 3 ou 4 courses en hurlant à côté d'elle, j'ai pu la laisser seule faire ses premier mètres de cycliste autonome.

Après cet épisode hautement sportif, j'ai compris deux choses :

La première, les fameux gadgets vendus pour aider les parents dans l'apprentissage du vélo sans roulette ne servent à rien. La meilleure méthode est, et restera, celle qui consiste à courir à proximité de l'enfant pour le rattraper en cas de chute et prodiguer les conseils.

La seconde, il faut absolument que je refasse du sport.

J'ai mis 3 jours à m'en remettre ...

erf ...

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