Ma fille rentre en CP et je déprime !

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Je ne suis pas une maman hyper protectrice, je pense être plutôt "relax" ! Je n'ai eu aucun mal à mettre mes enfants chez une nounou et encore moins à l'école maternelle, qui d'ailleurs est dotée d'une super équipe de professionnels (direction, professeurs, personnes de service, animateurs). Ça aide !
La semaine dernière, j'avais rendez-vous avec le directeur de l'école primaire qui recevra en septembre ma grande fille en classe de CP. Je suis arrivée confiante, amusée même en me rappelant tous ces rendez-vous chez le directeur subis petite avec ma mère... La maman, c'est moi maintenant !
Je me trompe de porte et j'entre dans l'école par le Centre de loisirs. Personne ne semble s'interroger sur ma présence. Tiens, il faudra que j'en parle à mon rendez-vous !
Je traverse la cour jusqu'au bureau du directeur. Je patiente dans le hall. Il est 13h30, les personnes à l'acceuil de l'école pestent contre un professeur qui, apparemment, n'avait pas relevé que 3 élèves présents le matin manquaient l'après-midi ! "C'est vraiment n'importe quoi cette école" dit l'une d'entre elles ! Le directeur arrive et nous entrons dans son bureau. Il cherche la fiche de ma fille dans un gros classeur. Un ordinateur est dans un coin de son bureau encombré, visiblement, il ne sert pas souvent. La pièce est assez impersonnelle. Le directeur a l'air gentil, bientôt à la retraite peut-être. Souriant, il m'explique que la classe de ma fille visitera l'école et les classes de CP avec sa maîtresse. Je lui réponds que c'est bien de procéder ainsi, l'enfant est rassuré et la transition est facilitée.
Je suis confiante, assise sur le bord du fauteuil, rassurée, je me sens légère !
Et puis vient le moment de parler organisation de la journée à l'école. Il explique qu'il y a 450 élèves à gérer et que c'est "compliqué".
"Compliqué" parce que 350 élèves environ restent à l'école à l'heure du déjeuner. Qu'il n'y a pas de "tour" pour la cantine, les enfants, petits et grands, déjeunent en même temps et se retrouvent ainsi tous en même temps dans la cour. Celle-ci devenant effectivement très petite à mes yeux !
"Compliqué" parce que même si ce temps est surveillé, on ne peut pas tout voir. Il arrive que des grands embêtent des petits.
"Compliqué" parce que cette petite cour ne laisse pas beaucoup de liberté de mouvement aux 350 enfants qui la peuplent au déjeuner. Les grands envahissent l'espace, ne laissant pas que peu de place aux petits, souvent bousculés.
Ma confiance s'effrite, je m'enfonce un peu plus dans le fauteuil.
Je demande en quoi consiste "l'étude surveillée" (étude en CP ?). Le directeur lance un grand "Oulaa !". Cette année les enfants ont des ateliers de jeux de société avec 2 animateurs du centre de loisirs, mais l'année prochaine, ces ateliers n'auront sûrement plus lieu, les animateurs étant demandés en maternelle. Tous les enfants seront donc en récréation dans la cour à priori. Cette fameuse cour rapetisse de plus en plus !
Ma confiance est sérieusement mise à mal, je m'enfonce de plus en plus dans mon fauteuil.
Le directeur m'explique enfin qu'il y a un problème des professeurs absents non remplacés.
Une enfant avec une poupée au doigt rentre avec une femme qui explique que la maman va venir la chercher car elle a de plus en plus mal et que son doigt est maintenant très enflé. Alors qu'elles sortent du bureau, le directeur me dit en souriant que cette femme est secrétaire médicale. L'école n'a plus d'infirmière depuis un an et celle-ci ne sera pas remplacée, elle non plus.
Ma confiance est proche de zéro, comme avalée par le fauteuil, je voudrais disparaître, partir !
Me voyant pâlir à vue d'oeil, il essaie de me rassurer en me racontant combien l'association des parents d'élèves est dynamique ! Super, me voilà rassurée ! Je suis sortie du rendez-vous complètement déprimée. Ne sachant pas trop quoi faire de mon nouveau statut de maman inquiète ! Une inquiétude qu'il ne faut surtout pas que je communique à ma fille que j'avais juste envie de retrouver et de serrer très fort ! Et j'ai oublié de parler de mon arrivée dans cette école où n'importe qui pouvait entrer ce jour là ! Sécurisant !
Alors, quand j'entends la Cour des Comptes expliquer dans son récent rapport sur l'éducation nationale que "Le problème n’est pas celui du nombre d’enseignants ou d’une insuffisance des moyens budgétaires"...
...j'ai juste envie de m'assoir très profondément dans un fauteuil et de pleurer...
La blogueuse a eu le droit au même rendez-vous, sa fille allant dans la même école que le mienne. Elle a d'ailleurs écrit sur son blog un billet qui soulève plein de questions :  Le jour d'après...

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