On mange quoi ?

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S’il y a une chose que la paternité m’aura appris, c’est que l’alimentation est un sujet qui occupe les pensées des enfants (et des parents, par obligation) de manière très récurrente voire quasi obsessionnelle. Bien sûr, quand le bébé passe de l’alimentation exclusive au lait à celle de la diversification, on est loin d’imaginer tous les bonheurs à vivre qui suivront.

Mais ça vient très vite.

Ici, 3 fois par semaine, quand je récupère ma cadette à l’école le midi, les premiers mots qu’elle m’adresse sont toujours les mêmes :

On. Mange. Quoi.

Là, stoïquement, je prends le temps de lui demander comment sa matinée s’est passée puis elle répète avec l’exaspération de celle qui va devoir refaire l’effort de s’adresser à l’idiot du village :

On. Mange. Quoi. Ce. Midi.

Vous remarquerez qu’elle ajoute néanmoins quelques détails importants au cas où il me viendrait à l’esprit de lui demander des précisions sur le jour du repas dans ma réponse.

Là, j’annonce toujours le menu avec plus ou moins de fébrilité, selon les plats qui le composent car, je sais d’avance quels seront les retours immédiats :

-Oh non, on en a déjà mangé l’autre jour.

Peu importe que « l’autre jour » soit le déjeuner du mardi d’il y a 5 jours, 3 semaines ou celui d’il y a 2 ans, si le menu ne lui plait qu’à moitié, l’argument sera utilisé.

-Oh non, j’aime pas ça ! Et tu le sais !

Oh que oui, je le sais. Mais ce n’est pas une raison pour que j’abandonne toute tentative d’alimentation équilibrée. Au contraire, même ! Que le combat commence !

-Tu veux pas faire des pâtes, plutôt ?

Oui alors, déjà, tu ne m’appelles pas Pluto.

Ah, tu ne comprends pas le blague ? Laisse tomber.

Donc, non, je ne veux pas faire des pâtes même si, moi aussi, j’adore les pâtes et que j’adorerais que chaque repas soit aussi simple à préparer et à te faire ingurgiter que les pâtes.

-T’façon, j’ai pas très faim.

Ah mais quel dommage ! J’ai racheté des desserts que tu adores. (oui, je suis diabolique, je sais. On l’est tous, non ? ;-) )

Heureusement, il arrive aussi que l’odeur de cuisson du plat que je suis en train de concocter avec amour (non, ce n’est pas le prénom de ma femme) suscite une autre version du « On mange quoi ? », quand mes filles sont à la maison.

Cette version-là est beaucoup plus dans la gourmandise que dans l’angoisse de tomber sur du légume vert.

Ça fait du bien.

Et sinon, ce soir, on mange quoi ?