Une bien étrange matinée

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Ce matin, quand je suis arrivé dans mon bureau chez Momes.net, j’ai tout de suite senti que quelque chose ne tournait pas rond.

Premièrement, je n’ai jamais eu de bureau chez Momes.net. Mais ce n’était pas ça le plus troublant. Il régnait une atmosphère particulière, un peu pesante. Les lumières du couloir principal grésillaient en clignotant. Les lumières des couloirs secondaires clignotaient en grésillant. Même la jolie moquette en poils de gnous clignotait et grésillait.

 

Ne me laissant pas impressionner par ces gresillo-clignotements je décidais de poursuivre malgré tout mon chemin jusqu’à mon bureau. Et plus j’avançais dans le couloir, plus les choses étranges se multipliaient.

En passant devant le bureau d’Astrid, j’ai entendu des petits bruits de scrounch et de scriiinch. En tendant bien l’oreille, j’ai même entendu quelques scruuuunch. J’ai pris mon courage à deux mains avant d’entrebâiller la porte pour jeter un œil à l’intérieur et, là, j’ai aperçu une énorme gomme géante qui s’agitait dans tous les sens pour effacer tout ce qui lui tombait sous la dent. J’ai refermé la porte rapidement pour poursuivre mon chemin. De toute façon, il était trop tard pour sauver Astrid. J’avais eu le temps de voir qu’elle était déjà complètement gommée de la tête aux gnous. Comme la moquette.  

Quelques mètres plus loin, sur la gauche, la porte du bureau de Julie était toute verte et néanmoins  fermée. Une longue plainte semblait s’en échapper de manière répétitive, un peu comme un mantra. "Il faut faire un dossier spécial dossiers. Il faut faire un dossier spécial dossiers.Il faut faire un dossier spécial dossiers ... " J’ai préféré ne pas ouvrir la porte toute verte et j’ai continué mon chemin en croisant les doigts de pied pour que rien de plus bizarre n’arrive encore.

Et je suis tombé.

Marcher en croisant les doigts de pieds n’était visiblement pas une bonne idée.

Après quelques minutes de marche, j’ai entendu une petite voix lointaine. Un peu comme si quelqu’un me parlait par-dessous la moquette du couloir. Comme je ne comprenais pas ce que cette voix me disait, je me suis allongé et j’ai posé mon oreille sur le sol.  

J’entendais un peu mieux mais pas encore suffisamment pour bien comprendre le sens. Je décidais alors de poser ma deuxième oreille sur le sol.

Et là, subitement, tout s’est éclairé ! Je comprenais tout ! Je comprenais pour mon bureau, pour la gomme géante, pour le dossier spécial dossiers et pour la moquette parlante. Ce que la moquette me disait, c’était :

Etrange histoire, n’est-ce pas ?

;-)

 

Niark niark niark ...

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