Vous voulez un conseil ?

Par -

Tous les parents sont passés par là. Un jour, un membre de la famille, une amie, une personne croisée au supermarché, l’une ou l’autre de ces personnes pense qu’il est nécessaire de vous donner un conseil sur votre façon de gérer vos enfants.

Et encore, là je dis « vous donner un conseil » pour ne pas dire « vous dicter comment faire ».

Prenons quelques exemples.

C’est le jour de visite mensuelle dans la belle famille. Comme toujours, Mémé Berthe (84 ans) observe votre enfant comme si elle redoutait qu’il se jette sur elle pour lui voler son sonotone. Elle ne supporte pas non plus que vous lui allumiez la télé afin qu’il puisse faire une pause au cours de ce repas dominical de 4 heures à table. Et là, Mémé Berthe ne peut réprimer une remarque. Elle vous redit pour la 22ème fois qu’à son époque, les enfants ne regardaient pas la télévision et qu’ils savaient s’occuper intelligemment.

Mouais ok mémé Berthe. Mais je crois que tu oublies que nous avons changé d’époque. La télévision est également un formidable outil d’éveil et d’apprentissage. Et puis il faut comprendre qu’à 3 ans c’est impossible de supporter un repas aussi long et pénible ! Et puis de toute façon, outre le fait que la télé n’existait pas à ton époque, les dinosaures avec lesquels tu t’amusais quand tu étais petite sont tous morts, eux !

Autre situation. Vous êtes dans un diner chez des amis. C’est super chouette parce que ça commençait à vous manquer depuis la naissance du deuxième. Et là, Marie-Bénédicte commence à vous parler de son ainé, Jean-Kevin, qui a le même âge que votre ainé (4 ans). Elle vous dit à quel point il est intelligent et en avance pour son âge et qu’il sait dire « Ma maman est la plus belle » en 6 langues dont le mandarin. Quand vous lui répondez que le vôtre s’éclate à parler comme les Télétubbies et qu’il imite à merveille Tinky Winky, elle prend un air inquiet et vous conseille de lire le livre du grand pédopsychiatre Marcel Grosstête.

Marie-Bénédicte. Est-ce que, moi, je me permets de te dire que vous auriez pu vous mettre d’accords avec Brandon pour choisir le nom du petit ? Non, parce que Jean-Kevin ça coupe la poire en deux mais ça ne fait ni chic ni vulgaire. C’est juste ridicule. Tiens d’ailleurs, comment dit-on ridicule en mandarin ?

Dernière situation. Au supermarché, votre enfant fait une crise parce que vous avez refusé de lui acheter le paquet de biscuits Dora à la fraise. Non pas que vous refusiez de lui acheter des produits honteusement issus des services marketing les plus fourbes mais parce que vous savez qu’il déteste absolument tout produit alimentaire contenant de la fraise. Et là, Madame Chombier s’approche de vous et vous dit qu’une bonne fessée le remettrait à sa place.

Mais qui es-tu Madame Chombier pour t’octroyer le droit de me dire que battre mon enfant est la solution à mon problème de crise goût fraise ? Est-ce que je te dis que tu es habillée comme un sac et que tu devrais passer plus souvent dans le rayon hygiène corporelle parce que tes aisselles trahissent un cruel manque de déodorant senteur fraise des bois ? Non ! Alors tu me laisses gérer et tu files te laver ! Oust !

Les exemples pourraient être encore nombreux. Je fais le fier en ajoutant des réponses cinglantes mais je dois avouer que dans la réalité, face aux gens qui devraient se mêler de leurs affaires, je manque souvent cruellement de répartie cinglante.

Il arrive aussi parfois que nous soyons ceux qui donnent les conseils. Avant de le faire, pensez bien à Mémé Berthe, Marie-Bénédicte ou Madame Chombier. Et demandez-vous si c’est vraiment nécessaire.

Oh tiens, je viens moi aussi de vous donner un conseil.

Bon bin, faites-en ce que vous voudrez ;)

 

0 commentaire
  • Saisissez ce code de sécurité : captcha Refresh