Barnabé de la Lune

Conte - A partir de 7 ans

L'histoire du conte "Barnabé de la Lune"

Barnabé de la lune

Tableau 1 : À l'école, le matin...

Des enfants : Oh ! voilà Barnabé ! venez, on va le voir.

Un enfant : Alors, Barnabé, tu dors ce matin ?

Barnabé : Non, je ne dors pas... Juste un p'tit peu endormi.

Un enfant : Oui, oui, comme d'habitude, on te connaît. Tu vas encore t'endormir en classe !

La maîtresse : Les enfants, venez, venez ! il est l'heure d'aller en classe ! mettez-vous en rang !

Barnabé : Chouette ! j'vais pouvoir dormir.

La maîtresse : Allez, Barnabé ! réveille-toi un peu !

Tableau 2 : En classe, Barnabé rêve...

La maîtresse : Ouvrez votre livre de Géographie page 175.

Un enfant : Super ! ça parle des Etats-Unis d'Amérique !

Barnabé : Chic ! un pays que je n'ai jamais visité.

La maîtresse : Je vous laisse cinq minutes pour prendre connaissance de la leçon !

Un enfant : Psstt ! regardez Barnabé ! il s'endort !

La maîtresse : Qu'est-ce que vous dites ?

Un enfant : Rien, M'dame. On parlait des Etats-Unis.

Tableau 3 : "Bruitage" Les enfants sont transportés en Amérique...

Un enfant : Mais où sommes-nous ? je ne reconnais pas l'endroit.

Un enfant : C'est encore la faute de ce sacré Barnabé. Si je l'attrape, je lui flanque une correction.

Un enfant : On en a marre de ses rêves. S'il veut rêver, qu'il parte tout seul et qu'il nous fiche la paix.

Barnabé : Je ne vous ai rien demandé, moi ! ce n'est pas de ma faute si vous êtes transportés avec moi dans mes rêves.

Un enfant : Et puis, écoutez-donc plutôt cette chanson !

Un enfant : Mais qui sont ces gens qui chantent ? Ce sont tous des noirs !

Un enfant : Mais où sommes-nous ?

Un enfant : Peut-être en Afrique ?

Un enfant : Mais non, regarde autour de toi !

Un enfant : Regardez ces immeubles immenses ! on dirait des tours de béton !

Barnabé : Je parie qu'on est en Amérique.

Un enfant : Comment peux-tu le savoir, gros malin ? Tu dors tout le temps pendant qu'on fait la géographie.

Barnabé : Justement, monsieur. J'étais en train de rêver à l'Amérique, moi !!!

Un enfant : Pas la peine de se disputer ! Allons plutôt demander à ces gens qui chantent.

Un enfant : Pardon ! excusez-nous ! nous sommes un peu perdus. Vous pourriez nous dire où nous sommes ?

Les noirs : What ? Who are you ?

Un enfant : Ben, nous voilà beaux ! Ils ne parlent pas le français.

Un noir : Ah ! vous... être Français ? nous, Américains ! Moi, je... savoir parler votre langue.

Barnabé : J' savais bien qu'on était en Amérique. On va pouvoir se comprendre !

Un enfant : Toi, arrête de faire le malin !

Un enfant : Mais qui êtes-vous et que chantez-vous ?

Les noirs : Nous sommes les descendants d'esclaves emmenés par des esclavagistes il y a longtemps déjà et nous chantons Manhattan. Cette chanson raconte la misère de notre peuple.

Un enfant : C'est vrai que des Africains avaient été faits prisonniers et emmenés en Amérique.

Un enfant : Mais pourquoi faire ?

Barnabé : C'est bien la peine de vous moquer de moi. Vous ne dormez pas en classe et vous ne savez rien. Moi, je le sais !

Un enfant : Toi, tu te tais... ou alors tu nous racontes tout.

Barnabé : Pas de problème. Des trafiquants avaient capturé des Africains dans leur pays et les avaient emmenés en Amérique pour les vendre.

Un enfant : Mais c'est horrible, ça. Et on les a laissés faire.

Barnabé : Non seulement on les a laissés faire, mais on les a encouragés à le faire.

Un enfant : Mais qui ça, on ?

Barnabé : Tout le monde. Le gouvernement et la population.

Un enfant : Mais enfin, pourquoi ?

Barnabé : Demandez plutôt à nos amis.

Un enfant : Pourquoi a-t-on fait cela ?

Les noirs : Les gens de ce pays avaient besoin d'ouvriers pour planter et récolter le coton. Ils ont obligé nos ancêtres à le faire.

Un enfant : C'est horrible, ça. Mais vous, vous êtes libres ?

Les noirs : Oui, bien sûr, mais nous continuons à chanter la misère de notre peuple. Voulez-vous chanter avec nous ?

Un enfant : Oh oui, mais je ne connais pas les paroles.

Les noirs : Mais c'est facile. Une fois que tu as commencé, c'est O.K.

Barnabé : Bon, d'accord. On chante avec vous.

Chanson : "Manhattan"

Barnabé : Au fait, comment vous appelez-vous ?

Les noirs : Moi, je m'appelle Simboula, lui, c'est Bomboula et elle, Zimboutoutou. Et vous, qui êtes-vous ?

Barnabé : Je m'appelle Barnabé et voici mes camarades de la classe du CM1.

Un enfant : C'est la faute de Barnabé si nous sommes ici. Il ne fait que rêver en classe et cette fois, il nous a transportés avec lui dans son rêve.

Les noirs : Quelle histoire ! c'est vrai ça, Barnabé ?

Barnabé : Ben, c'est ce qu'ils disent. Alors, moi, je suis bien obligé de les croire.

Les noirs : Ah, sacré Barnabé ! tu m'as l'air d'être un sacré garnement !

Un enfant : Garnement peut-être, mais en tout cas, mes copains et moi, on se demande bien ce qu'on fait ici et comment on va pouvoir retourner chez nous.

Les noirs : Allez ! vous n'allez pas vous disputer pour ça. Aujourd'hui, c'est notre jour de repos et nous aimerions en profiter pour aller visiter le quartier de Harlem. Vous pourriez venir avec nous. Ça vous fera des souvenirs. Vous voulez bien venir ?

Barnabé : Chouette ! Mais comment allons-nous faire pour y aller ? Vous oubliez que nous sommes des Blancs et que Harlem est un quartier noir : il paraît qu'il vaut mieux ne pas s'y aventurer quand on est Blanc.

Froussard : C'est vrai que je ne suis pas trop rassuré. J'aimerais mieux être chez moi avec ma maman.

Un enfant : Quelle poule mouillée, celui-là ! tu n'as qu'à rester ici ! nous, on y va !

Les noirs : Ne vous faites pas de souci, vous êtes nos invités et vous ne risquez rien avec nous. Vous verrez que nos camarades seront très contents de vous voir!

Les enfants : Bon, alors, on y va ? On vous suit. D'accord ?

Tableau 4 : "Bruitage" - Les enfants se retrouvent dans Harlem...

Un enfant : Ben dis donc, y a qu' des noirs ici !

Barnabé : Dis donc, toi qui dis toujours que je rêve, tu devrais écouter les leçons de temps en temps. Tu saurais que c'est le quartier noir de New-York.

Froussard : C'est pour ça que je ne voulais pas venir. J'ai une de ces frousses.

Les noirs : Aucun risque, les enfants ! Mes copains adorent les Français !

Froussard : Ah ben ça, c'est une bonne nouvelle ! j' me sens déjà bien mieux !

Barnabé : Mais pourquoi est-ce que vos copains adorent les Français ?

Les noirs : Vous oubliez que nos arrière-arrière grands-parents ont été esclaves ?

Un enfant : Non, mais ça ne m'explique pas pourquoi vos copains nous aiment bien.

Les noirs : Tu n'as pas l'air de bien connaître l'histoire de France, mon bonhomme ?

Barnabé : Et toc ! ça lui apprendra à se moquer de moi !

Un enfant : C'est peut-être des fois à cause d'Astérix ou d'Obélix ?

Un enfant : Mais tu dis n'importe quoi ! Les Gaulois ont combattu les Romains, pas les esclavagistes.

Un enfant : Alors, c'est à cause de Jeanne d'Arc !

Barnabé : En voilà un qui ferait bien de suivre en classe, lui aussi !

Un autre : Mais alors pourquoi est-ce que vos copains nous aiment bien ?

Un noir : Vous êtes Français et vous ne savez même pas ça !

Barnabé : Moi, je le sais et je ne vous le dirai pas, nananère !!!

Un enfant : Comment peux-tu le savoir puisque tu rêves tout le temps !

Barnabé : Je rêve peut-être tout le temps mais j'écoute... des fois.

Un enfant : Alors, tu nous le dis, Barnabé ?

Barnabé : Gros malin, vous n'avez qu'à le leur demander à eux, puisqu'ils le savent !

Les enfants : La suite, la suite, la suite...

Un noir : D'accord ! la voilà ! c'est grâce à votre Révolution !

Un enfant : Notre Révolution ?

Un noir : Oui, votre Révolution ! mais, vous n'avez pas l'air de beaucoup connaître votre Histoire de France.

Barnabé : Si, si, moi, je sais. Je veux tout raconter.

Un enfant : Et ben, alors, qu'est-ce que tu attends ? Raconte, vas-y !

Barnabé : Et bien voilà ! vous savez tous que la Révolution a eu lieu en 1789.

Un enfant : Ben ça, on le sait. Continue !

Barnabé : Le 26 août 1789 a été votée la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Un enfant : Mais, on l'a vu en Education Civique. Je peux même vous citer l'article premier.

Un noir : C'est justement de cet article dont nous voulions vous parler tout à l'heure. Il est très important pour nous.

Un enfant : C'est vrai car il dit que tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux.

Un enfant : Ah ! je comprends ! L'esclavage n'avait plus le droit d'exister alors ?

Un noir : Ça a pris un petit peu plus de temps que prévu puisqu'il a été aboli en Amérique en 1865. C'est à ce moment-là que nos ancêtres sont devenus libres.

Un noir : Merci quand même pour la Révolution. Mais venez avec nous chanter une de nos chansons qui parle de l'esclavage !

Les enfants : Chouette ! on va chanter !

Chanson : "Noël partout"

Barnabé : Et ben, vous en avez mis du temps pour comprendre.

Un enfant : Ah, toi, Barnabé, tu te tais ou je te flanque une correction !

Un noir : Allez ! arrêtez de vous disputer !

Un enfant : On parle beaucoup de jazz dans cette chanson.

Un noir : C'est surtout en Louisiane que le jazz est né ! vous connaissez bien cette musique ?

Un enfant : On a appris beaucoup de chansons de jazz, de blues et de rag.

Un enfant : Et bien, si on y allait, en Louisiane ?

Un enfant : Oui, mais comment y aller ? C'est très loin, beaucoup trop loin pour nous.

Barnabé : Moi, je sais !

Un enfant : Monsieur fait encore son malin !

Un enfant : Alors, dis-le nous si tu le sais !

Barnabé : Bon, d'accord... Dans un de mes rêves, j'ai vu la statue de la liberté : elle était magique !

Un enfant : Magique ! la statue ! espèce de vantard !

Un enfant : Moi, j'y crois bien à son histoire ! la suite, Barnabé !

Tous : La suite, la suite, la suite...

Barnabé : Dans mon rêve, un prisonnier était poursuivi par des policiers. Il portait une corde avec lui. Il s'est approché de la statue, il a lancé la corde en direction de la torche.

Tous : Et alors, Barnabé ?

Barnabé : La corde s'est enroulée autour de la torche...

Un enfant : Mais oui, c'est ça !

Barnabé : Laissez-moi terminer au moins ! le prisonnier s'est suspendu à sa corde et...

Tous : La suite, Barnabé !

Barnabé : Le bras de la statue s'est abaissé...

Un enfant : C'est impossible ! le prisonnier était bien trop léger !

Barnabé : Puisque je l'ai vu ! il s'est abaissé et un pont est apparu au bout de la torche ! le prisonnier l'a emprunté et les policiers n'ont pas pu le suivre.

Un enfant : Mais pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas pu ?

Barnabé : Parce que le pont a disparu avec le prisonnier et que la statue a repris sa place habituelle... Je vous avais bien dit qu'elle était magique !

Un enfant : Et bien, alors, on y va, Barnabé !

Froussard : Moi, j'ai le vertige. Je préfère rester ici !

Un enfant : Tu n'as qu'à rester ici, alors ! mais nous ne reviendrons pas te chercher !

Froussard : Non, non, attendez-moi ! ne me laissez pas tout seul !

Un enfant : Allez, on y va ! tu viens, Froussard ou tu restes ?

Froussard : Je viens, je viens ! attendez-moi, je n'ai plus le vertige ! mais n'oubliez pas de prendre une corde !

Un noir : Regardez ! j'en ai justement une. Quelle chance !

Barnabé : Allez, à trois, je lance la corde !

Un enfant : Ne loupe pas la torche, Barnabé !

Barnabé : Si tu n'as pas confiance, fais-le toi-même !

Froussard : Ne l'écoute pas, Barnabé et lance ta corde !

Les enfants : A la une, à la deux, à la trois...

Les enfants : Bien joué, Barnabé ! tu l'as eue ! tire dessus maintenant !

Barnabé : Je suis trop petit ! venez m'aider !

Tous : Ho hisse ! ho hisse!

Froussard : Attention ! elle va nous tomber dessus ! son bras ! il se baisse !

Un enfant : Tu avais bien raison, Barnabé ! regardez le pont qui apparaît !

Barnabé : Il faut dire à la statue où nous voulons aller !

Tous : En Louisiane ! en Louisiane !

Un enfant : Regardez le pont ! il change de direction !

Barnabé : Venez tous avec moi ! direction, la Louisiane !

Tous : Ouais !!! la Louisiane ! la Louisiane !

Tableau 5 : "Bruitage" - Les enfants se retrouvent en Louisiane...

Chanson : "Satin Doll"

Un enfant : Chouette ! elle est "classe", cette musique !

Un noir : C'est du jazz et même que ce sont nos ancêtres qui l'ont inventé !

Barnabé : Ils n'ont pas inventé d'autres musiques ?

Un noir : Oh, si ! bien d'autres !

Un enfant : Lesquelles ?

Un noir : Vous connaissez le rag et le blues ?

Barnabé : Bien sûr ! on a même appris un rag à l'école !

Un noir : Est-ce que tu sais ce que racontent ces musiques ?

Barnabé : Je crois bien que oui.

Un enfant : Et bien, dis-le, toi qui sais tout !

Barnabé : J'ai dit "je crois"... Il me semble que ces musiques parlent de la misère des esclaves.

Un noir : C'est ça ! c'est un mélange de musiques africaines et américaines.

Un enfant : Et si on chantait notre rag à nous, celui qu'on a appris à l'école ?

Un enfant : Alors, on chante ou pas ?

Tous : On chante, on chante...

Chanson : "Rag Mop"

Un enfant : Mais qui est-ce qui chante aussi faux ?

Barnabé : Mais qui c'est celui-là ?

Un enfant : Il n'a pas chanté avec nous... Eh, toi ! viens par là !

Marius : Qu'est-ce que tu me veux ? Je ne t'ai rien demandé !

Un enfant : Qui es-tu ? Pourquoi tu ne chantes pas avec nous ?

Marius : Je m'appelle Marius, j'ai des tas de puces et je suis un p'tit gugusse...

Tous : Arrête ! tu chantes faux !

Marius : Ce n'est pas de ma faute si je chante faux. Je voudrais tellement chanter juste et devenir célèbre... Il y a peut-être une solution...

Barnabé : Pourquoi tu regardes mes chaussures ?

Marius : A ton avis ?

Barnabé : J'sais pas, moi.

Marius : Mais, elles sont magiques ! elles clignotent.

Barnabé : Mais non, elles ne sont pas magiques ! c'est la mode comme ça ! tu veux les essayer ?

Marius : Oh, oui, merci ! donne vite ! j'suis sûr qu'elles sont magiques ! j'vais pouvoir chanter juste !!!

Tous : Au secours ! on s'envole !

Froussard : J'veux voir le jour ! mamannnnn...

Tableau 6 : "Bruitage" - En Afrique...

Un enfant : Oh ! il fait chaud ! j'suis tout trempé ! j'aimerais bien boire un grand verre d'eau !

Un enfant : Quelle chaleur ! tu as raison, il fait vraiment très chaud !

Un enfant : On est sûrement arrivé au Mexique !

Un enfant : Mais non ! on est au Portugal !

Un enfant : C'est plutôt en Australie !

Barnabé : Tu as vu des kangourous, toi ? Et ça se moque de moi, tout ça !

Un enfant : Et la musique, alors ? Elle ne vous dit rien ?

Un enfant : Mais si ! c'est de la musique africaine !

Barnabé : Alors, c'est qu'on est en Afrique !

Un enfant : Monsieur est vraiment très, très intelligent !

Un enfant : Arrêtez de vous chamailler, vous autres ! regardez plutôt ces gens là-bas !

Un enfant : On dirait nos copains d'Amérique !

Barnabé : Mais non, ils ne sont pas venus avec nous.

Un enfant : Ils n'ont pas du tout les mêmes vêtements !

Rigolo : Ils se sont peut-être déguisés !

Froussard : C'est Carnaval ! j'ai peur des masques ! mamannnn...

Tous : Ha, ha, ha, ha...

Barnabé : Stop ! on pourrait peut-être aller voir qui sont ces gens ?

Un enfant : C'est bien vrai que ce ne sont pas nos copains américains.

Tous : Ho... ho...! vous n'avez pas chaud, vous ?

Un noir : Non, non, ça va ! nous sommes habitués à cette chaleur.

Un enfant : On a une de ces soifs ! Il n'y aurait pas de l'eau par ici ?

Un noir : Suivez-moi au village, là-bas, il y en a.

Froussard : Oh, non ! j'ai pas envie de tomber dans le puits !

Un enfant : Et bien, toi, tu ne boiras pas, nous, on y va !

Froussard : Eh, attendez-moi ! je viens avec vous ! c'était pour rire !

Barnabé : Menteur ! nous ne te croyons pas !

Un noir : Alors, vous venez ou pas ?

Barnabé : On arrive ! on a vraiment trop soif !

Un noir : Venez avec nous. Vous tombez bien, c'est la fête au village.

"Musique africaine"

Un enfant : Nous aussi, on connaît une chanson ! on peut vous la chanter ? Si vous voulez, chantez avec nous !

Chanson : "Makotoudé"

(Bruitage éléphant)

Un enfant : Qu'est-ce que c'est que ce bruit ?

Froussard : Un monstre ! maman, j'ai peur ! il va m'écraser !

Un noir : Mais non, ce n'est qu'un éléphant ! en plus, il est apprivoisé ! viens ici, Natako !

Un noir : Bonjour, Natako ! dis bonjour à nos amis !

(Barrissements)

Barnabé : Est-ce qu'on peut monter sur son dos ?

Un noir : Il faut le lui demander. Est-ce que tu es d'accord, Natako ?

Natako : Sans problème, mais chacun à son tour.

Les enfants se disputent

Barnabé : Arrêtez de vous disputer ! puisque c'est comme ça, c'est Froussard qui montera le premier.

Froussard : Non, non, pas moi ! j'ai mal au coeur !

Barnabé : Bon, alors, c'est moi qui monterai le premier !

Un enfant : Pourquoi toi, d'abord ?

Barnabé : Parce que c'est mon rêve, Monsieur !!!

Un noir : Vous monterez chacun à votre tour ! allez, Barnabé, à toi !

(Barnabé monte sur Natako)

Natako : Tu n'es pas léger, Barnabé...

(Bzzzzzz...)

Froussard : Maman, des moustiques ! au secours ! à moi ! à l'aide !

Barnabé : Dépêche-toi, Natako ! les moustiques nous attaquent !

Natako : J'fais c'que j'peux ! tu n'es pas léger ! ce n'est pas toi qui cours ! aïe !!! ils me piquent !

Barnabé : Ça secoue, Natako ...

Natako : Accroche-toi bien, je fonce ...

Tableau 7 : "Bruitage" - En Angleterre

Tous : Aïe, aïe, aïe... ma tête ! mes fesses ! mon dos ! mes bras !

Un enfant : C'est encore la faute de Barnabé ! aïe ! si je l'attrape, je le cogne !

Un enfant : Et en plus, on n'a même pas pu faire de tour d'éléphant !

Barnabé : Je n'ai rien fait, moi ! c'est la faute des moustiques !

Un enfant : Tu cherches des excuses, Barnabé ! c'est ta faute, un point, c'est tout !

Un enfant : Arrêtez de vous chamailler ! on ne sait même pas où on est !

Un enfant : Eh, ça bouge, ça bouge ! on roule !

Froussard : C'est trop haut ! j'ai le vertige ! j'veux descendre !

Un enfant : Tu ne peux pas ! on est en route ! tu vas te tuer !

Un enfant : On est sur du rouge ! mais qu'est-ce que ça peut bien être ?

Barnabé : Tu connais beaucoup de choses rouges qui roulent ?

Rigolo : Un camion de pompiers !

Un enfant : Il n'y a pas de grande échelle !

Un enfant : On n'entend pas la sirène !

Un enfant : Où est-ce que tu vois le gyrophare ?

Barnabé : Regardez ! un policier anglais !

Un enfant : Ben alors, c'est qu'on est sur un bus anglais !

Un enfant : C'est qu'on est en Angleterre, alors !

Barnabé : Ce que tu es malin quand même !

Un enfant : Ah, toi, Barnabé ! tu te tais, s'il te plaît !

Un enfant : Eh, on s'arrête !

Froussard : J'veux descendre le premier !

Tous : On descend ! poussez-vous !

Le policier : Hello ! what's your name ?

Barnabé : J'ai rien compris à ce qu'il a dit ! et vous, vous avez compris ?

Un enfant : Mais non, gros malin ! on est comme toi !

Le policier : Repeat, please !

Froussard : J'suis sûr qu'il veut nous manger !

Barnabé : C'est un policier, pas un cannibale !

Le policier : Ah ! vous êtes français ? que faites-vous chez nous ?

Tous : C'est la faute à Barnabé !

Barnabé : Faut pas les écouter, monsieur le policier. C'est pas vrai, ce qu'ils disent.

Un enfant : Si, si, monsieur le policier. C'est sa faute, tout ce qui nous arrive. Il nous a entraînés dans son rêve. Voilà pourquoi on est ici.

Un enfant : Moi, j'ai comme une petite faim. Si on entrait dans ce magasin !

Tous : Bonjour, Madame.

La vendeuse : No boys, no boys !

Barnabé : Moi, c'est Barnabé. Eux, des polissons !

Les autres : Eh, Barnabé, c'est toi le polisson !

La vendeuse : No boys, no boys !

Un enfant : Mais, qu'est-ce qu'elle nous dit ? Euh... moi, très faim, sandwich !

La vendeuse : No sandwiches !

Un enfant : Pas vos sandwiches, mais nos sandwiches !

Barnabé : Allez, on rentre plus au fond ! on verra bien si on peut trouver à manger !

Tous : On rentre, on rentre !

La vendeuse : No boys, no boys ! Help !!

Un enfant : Mais, on s'est trompé de rayon ! il n'y a rien à manger !

Barnabé : Allez, on se partage le travail ! on va visiter tous les rayons !

Un enfant : Eh, les copains ! regardez, j'ai trouvé des disques !

Un enfant : Ouais, super ! les Beatles !

Froussard : Il n'y aurait pas un disque pour ma maman ?

Un enfant : Oh, toi, avec ta maman, tu commences à nous casser les pieds !

Un enfant : Si on chantait la chanson des Beatles; vous savez celle qu'on a apprise en classe ?

Barnabé : Super ! celle qu'on a apprise avec le maître et la maman de Céline ?

Un enfant : Ah, oui ! Let it be !

Barnabé : C'est ça, let it be. Vous êtes d'accord ?

Un enfant : Et mon sandwich, alors ?

Barnabé : Tu attendras bien une petite minute de plus ! allez, viens chanter avec nous !

Chanson : "Let it be"

Un enfant : J'ai encore plus faim qu'avant ! cette chanson m'a creusé l'estomac !

Un enfant : Allez, on continue à faire le tour des rayons !

Un enfant: Mais il n'y a que des habits !... et que des habits pour femmes !

Le policier : Arrêtez, garnements ! vous, les boys... euh ! pardon, les garçons, vous n'avez pas le droit d'entrer ici. C'est réservé aux dames.

Barnabé : Ah, j'ai compris maintenant ce que la vendeuse voulait nous dire. Elle ne voulait pas que les garçons rentrent dans le magasin.

Le policier : Candy, ce sont de petits Français. Ils ne comprennent pas l'anglais et ils ne savent pas le lire.

Candy : I'm sorry ! je ne savais pas !

Un enfant : Nous, on a toujours faim !

Candy : Ah, sandwich ! j'ai tout compris. Je vais aller vous en chercher à côté.

Un enfant : Elle est belle, Candy !

Un enfant : J'm'en fiche de sa beauté ! c'est mon sandwich qui m'intéresse !

Barnabé : Elle est vraiment très gentille, Candy !

Les autres : Ah, nos sandwiches ! enfin !

Barnabé : Merci beaucoup, Candy ! tu es vraiment très gentille. Alors, avant de rentrer chez nous, en France, on va te chanter une chanson.

Chanson : "Adieu, jolie Candy"

Tableau 8 : "Bruitage" (avion) - De retour en classe...

La maîtresse : Les enfants, les cinq minutes sont passées. Je vais vous poser quelques questions. Prenez vos ardoises. Ecrivez le nom de la capitale des Etats-Unis d'Amérique.

Bruit de règle - Barnabé se réveille et tombe

Barnabé : Où suis-je ? Qu'est-ce qui m'arrive ? Où est Candy ? Et mon sandwich ?

Un enfant : Qui c'est Candy ?

Barnabé : Tu ne t'en souviens pas ?

Un enfant : On ne sait pas de quoi tu parles !

Barnabé : Mais c'est toi qui as dit qu'elle était mignonne !

Un enfant : Ça va pas la tête ! je n'ai jamais dit ça, moi !

La maîtresse : Barnabé, tais-toi et montre-moi ton ardoise !

Barnabé : Elle est rangée, M'dame !

La maîtresse : Tu n'as pas écouté, Barnabé ! je parie que tu étais dans la lune !

Les autres : Dans la lune, dans la lune...

Barnabé : J'suis pas cosmonaute, moi. D'abord, vous étiez bien avec moi ! l'Amérique, l'Afrique, l'Angleterre...ça ne vous dit rien ?

Un enfant : Mais qu'est-ce que tu racontes, Barnabé ?

Un enfant : Tu es sûr que ça tourne rond ? Tu n'aurais pas rêvé par hasard ?

La maîtresse : Ah, Barnabé ! je crois bien que tu vis sur une autre planète !

Les autres : Barnabé de la lune !!

FIN

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