Conte norvégien: les trois vagues

Conte - A partir de 7 ans

  • Auteur : Chacha, 8

L'histoire du conte "Conte norvégien: les trois vagues"

JEUNES ÉCRIVAINS

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Conte norvégien: les trois vagues par Chacha

décembre 2001

Il était une fois, près d'un port norvégien, un petit garçon, nommé Olaf qui vivait avec ses parents. Ils étaient pauvres, mais le père avait enfin un travail. Il avait réussi à se faire embaucher comme matelot à bord d'un grand navire. Mais sa femme était terrifiée à l'idée de ne plus le revoir. Il la rassura et lui donna un mouchoir rouge pour ne pas l'oublier.
Olaf, lui acceptait très bien le départ de son père, il lui faisait toujours confiance.
Le lendemain, ce fut le premier jour. Très tôt le matin, on voyait toutes les femmes et les enfants accompagner les matelots. La petite famille était présente. Olaf embrassa son père.
-Prends bien soin de ta mère, lui dit son père.
Puis il vit sa femme déjà en train de pleurer en serrant son mouchoir rouge tout froissé. Son mari l'embrassa, puis il prit son sac et monta à bord du bateau avec les autres matelots.
Le bateau partit enfin. Des mains s'agitaient en l'air. Le bateau disparut à l'horizon. Olaf et sa mère rentrèrent chez eux.
Un jour, son père ne rentra pas de sa tournée en mer. Mais Olaf consola sa mère que le brave homme avait sans doute trouvé refuge sur une île qui accueillait les naufragés.
Afin d'assurer leur pain quotidien, Olaf se fit marin. Il s'engagea sur un navire. Il aimait tellement rire, et tellement travailler que l'équipage le prit en amitié.
Mais, avant le second voyage, Olaf décida de rester chez sa mère afin de l'aider à semer et à labourer. Il consentit cependant à aider ses compagnons à faire leur chargement.
C'est ainsi qu'il se retrouva seul sur le quai pendant que le reste de l'équipage était parti s'amuser.
Tandis qu'il veillait, il entendit trois voix criardes dans la nuit. Il se rapprocha du vaisseau et colla son visage au hublot. Et il aperçut trois mouettes noires comme des corneilles dont les mots résonnaient à son oreille avec des voix de sorcières. Ne pouvant en croire ses yeux, il passa la main dessus et devint aussitôt invisible. Alors, il monta sur le bateau et descendit dans la cale, silencieusement, au milieu des trois volatiles. Ceux-ci continuaient à bavarder:
-Personne ne sait que nous sommes sorcières et que nous détestons les matelots !
-Et, quand nous serons en mer, nous lancerons contre eux trois vagues et ils seront engloutis dans les eaux !
-Ils ne sauront pas que, pour se sauver, il leur suffirait de lancer une stère de bois de bouleau hors du bateau, sur chacune de ces vagues...
Puis les mouettes-corneilles rirent entre elles et s'envolèrent à tire-d'aile par un hublot entrouvert.
Le lendemain matin, quand le capitaine revint, Olaf lui proposa de l'accompagner à condition qu'il fît charger sur le bateau trois stères de bois de bouleau. Le capitaine le prit pour un fou, mais il accepta malgré tout. Et le vaisseau prit la mer...
Ils naviguèrent et naviguèrent sans rien de fâcheux arrivât. Mais, brusquement, une nuit, le vent se leva et la mer s'agita. Une vague énorme déferla sur le navire...
Les matelots s'attendaient au pire, mais Olaf leur ordonna de jeter contre cette vague phénoménale un stère du bois qui était dans la cale. Ainsi fut fait et, stupéfaits, les marins virent les flots se calmer. Ils entendirent le vent s'essouffler et une voix de sorcière crier:
-Aie! Aie! Aie! Je vais couler...
Le bateau continua d'avancer. Il navigua sans incident jusqu'à l'instant où le vent se mit à souffler et la mer à s'agiter plus encore que la première fois.
-Écoutez-moi! Attachez tous les objets qui risquent d'être emportés et jetez un nouveau stère de bois de bouleau hors du bateau ! ordonna Olaf à ses compagnons.
Sans chercher à savoir pourquoi, les marins s'exécutèrent. Aussitôt, le vent et les flots se calmèrent et on entendit à nouveau une voix de sorcière crier:
-Aie! Aie! Aie! Je vais couler...
Et le navire poursuivit son chemin jusqu'au lendemain matin.
Là, une tempête d'une violence inouïe, brusquement, s'abattit sur lui. Une vague comme n'en avait jamais vu aucun équipage s'éleva entre la mer et les nuages...
-Nous allons être tous engloutis! hurlèrent les matelots.
-Faites ce que je vous dis... leur conseilla Olaf aussitôt. Attachez-vous au bateau pendant que je jetterai à l'eau tout ce qu'il reste du bois de bouleau.
Et les marins s'exécutèrent. Le vent et les flots se déchaînèrent. La vague étendit ses grands bras écumeux tandis que les hommes, de tous leur voux, appelaient l'île légendaire qui sauvait les naufragés de la mer. Quand Olaf eut lancé le dernier morceau de bois, on entendit une voix:
-Aie! Aie! Aie! Je vais couler...
Alors la tempête s'arrêta. Le vent violent se calma. Et les matelots purent se détacher pour voir flotter, au milieu des bûches de bois de bouleau, quelques grandes plumes noires...
Ensuite, comme dans les histoires qu'on leur racontait quand ils étaient enfants, ils virent arriver vers eux doucement, poussée par un souffle de vent, la belle île légendaire qui recueillait les naufragés de la mer. Dessus, Olaf reconnut son père. Et il le fit monter à son bord.
On dit qu'ensemble ils naviguent encore de par le monde en revenant, de temps en temps, vers leur chaumière où la mère d'Olaf les attend afin de semer le blé ou bien de le récolter.

©1995-2005

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