Descente en rappel

Conte - A partir de 14 ans

  • Auteur : Kyra, 14

L'histoire du conte "Descente en rappel"

JEUNES ÉCRIVAINS

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Descente en rappel

une histoire écrite par

Kyra

août 1999

Et si la vie n'était qu'un mirage...
- Les amis, je vous présente Ann, qui va habiter chez nous pour quelque temps. Ses parents, qui étaient de très bons amis à moi, viennent de mourir dans un accident. Je compte sur vous pour être gentils avec elle. Ann, je te présente William, Jason, Stefan et Sharon, mes gosses. Sharon est la copine de Jason, mais je la considère un peu comme ma fille. J'espère que vous allez bien vous entendre ! Sharon, je te laisse le soin de lui faire visiter la maison. Moi, je pars en voyage d'affaire dans une heure, il faut que j'y aille. Ça ira ?
- Oui, je vais lui faire connaître les moindres recoins de la maison, compte sur moi.
L'homme déposa un baiser sur le front de la jeune fille.
- J'en étais sûr.
Sharon lui répondit par un sourire avant de prendre le bras de Ann.
- Tu viens ?
Elle acquiesça d'un petit sourire et se laissa entraîner vers la cuisine.
- Je voulais te dire, je suis vraiment désolée pour tes parents. C'est vraiment horrible ce qui leur est arrivé.
- Merci, chuchota Ann.
- Ann trouve la maison très jolie. Moi, je me demande où elle va dormir. Vous avez une idée ? On n'a pas de chambre vide, et même s'il y en avait une, il ne faut pas l'abandonner !
- Je suis d'accord avec toi, mais il y a la chambre d'André.
- Stefan, tu vois dormir une jeune fille dans le capharnaüm d'André ? Non, je laisse ma place à Ann, comme ça, elle sera avec Sharon. C'est le plus simple.
- Je suis d'accord avec toi, Jason. Ça te va, Ann ?
Petit hochement de tête.
- Alors nous ferons comme ça ! Dis-moi, qu'est-ce que tu veux faire ?
- Je ne sais pas.
- Tu sais, tu peux parler à haute voix, les garçons ne sont pas méchants. Allez, fais-moi un joli sourire ! Voilà qui est mieux. Je te fais des propositions, tu m'arrêtes dès que quelque chose te fait envie. On peut faire une partie d'échecs, aller faire du roller ou se balader à pieds, faire de la varappe, si tu veux essayer, je te prête du matériel, ou...
- Je fais de la varappe.
- C'est vrai ? Tu aimes la descente en rappel ?
Hochement de tête positif.
- Chez moi, il y a une falaise. Dure, dangereuse, mais si ça vous dit...
- Oh oui ! On y va ?
- Si vous voulez. Je vais chercher mes affaires, j'arrive. Prenez vos maillots de bain !
- OK ! Départ dans une demi-heure.
***
- Hiouhou ! Regardez-moi cette falaise ! C'est génial !
- Regardez ce torrent, en bas ! C'est l'endroit rêvé pour faire de la varappe ! Quel paysage de rêves ! Tu viens souvent ici, Ann ?
- Oui. Il faut faire vite si nous voulons descendre dans la grotte.
William remarqua que ses traits avant douloureux avaient pris une fermeté étrange.
- Une grotte ? Mais je n'en vois pas !
- Je sais. On descend par là, on marche cinq minutes et on arrive à la grotte que l'on traverse pour remonter chez moi. On arrive dans la cave. Ma maison a jadis appartenu à une famille redoutée du monde, les Meyer. Ils ont construit ce passage aujourd'hui vieux de quelques cent ans pour fuir si on les attaquait. Ce qui ne leur a servi à rien, d'ailleurs, on a brûlé la maison sans en découvrir le souterrain, que mon père a remis à jour.
- Et qu'est devenue la famille Meyer ?
- On l'a brûlée comme sa maison. Les parents étaient accusés de sorcellerie. Ils avaient une fille de notre âge, et trois garçons plus âgés. C'est une bien triste histoire, mais heureusement, leurs fantômes ont déserté les lieux et se ne sont pas eux qui ont tué mes parents. Vous êtes prêts ?
- Oui.
- Je vais devant. On descend la falaise en deux fois, la deuxième partie nous mène directement dans la grotte. Ce serait mieux de pouvoir descendre en une fois, mais c'est impossible, la pierre est pourrie.
Elle commença à descendre. Très vite. Trop vite.
- Ann ! Ralentis, ce n'est pas prudent.
- Tout est normal. Faites quand même attention. "
Un moment plus tard, ils étaient tous en bas.
"Les filles, j'ai faim, nous ne pourrions pas pique-niquer maintenant ?
- Si tu veux ! Si vous voulez, on peut se baigner.
- Génial ! Elle est froide ?
- Le soleil la réchauffe, ça devrait être supportable. "
"Regarde, Will. Tu as vu comme elle nage ? C'est un vrai poisson !
- Oui ! Je me demande où elle est passée, en fait. "
Derrière lui, Ann montait sur la grosse pierre où il était avec Stefan.
"Je suis là, répondit-elle en poussant le pauvre William dans l'eau. Elle est bonne ?
- Attend que je t'attrape, Ann ! Tu verras ce que tu vas voir !
- Je m'impatiente de voir ça ! cria-t-elle en fuyant. "
William ne la vit pas se cacher derrière une pierre. Quand il passa à côté, elle lui fit un bouchon. Avant qu'elle n'ait le temps de s'enfuir, il lui saisissait déjà le pied.
"Tu es chatouilleuse ?
- Ah non, pitié, pas ça !
- Si !
- Arrête ! Will ! Arrête ! Pas ça ! Je t'en supplie ! Will !
- Tu veux vraiment que j'arrête ? Bon, si ça peut te faire plaisir !
- Aïe ouïouïe ! Ouf ! Je crois que je ne vais pas te refaire de bouchon !
- Ah ! Bon, je crois que nous pouvons y aller, alors.
- Je crois aussi. Où sont les autres ?
- Je n'en sais rien. Sharon ! Jason ! Stefan !
- On arrive ! On arrive !
- OK. Will, tu peux m'aider à ranger, s'il te plaît ?
- Bien sûr !
- Nous voilà ! On part ?
- Oui. Vous aimeriez rester ?
- Non, c'est bon !
- Alors préparez-vous ! Pour arriver à la grotte, le passage est impossible si on ne fixe pas son mousqueton à la corde sur la paroi de la falaise. OK ?
- On ne peut pas s'encorder, plutôt ?
- Non, c'est trop dangereux. À certains endroits, on n'a carrément pas de prise pour les pieds, et on doit s'en remettre à nos mains. Croyez-moi, je connais les caprices de cette falaise.
- D'accord, je te fais confiance.
- Bon, allons-y ! On peut marcher un moment sans danger.
- Nous te suivons ! "
Après quelques instants de marche, ils arrivèrent au début de la corde.
"Mon Dieu ! Quelle horreur !
- Quoi ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tiens-moi ou je passe en arrière. C'est impossible ! ajouta-t-elle en sanglotant. "
Stefan, qui la suivait, la prit dans ses bras.
"Qu'est-ce qu'il y a, Ann ? Qu'est-ce qui se passe ? Réponds...
- Il y a que... c'est un crime, de la violence gratuite !
- Quoi ?
- Ann, dis-moi ce qui se passe, intervint Sharon. "
Ann fit des efforts pour se calmer avant d'articuler :
"Regardez la corde ! Elle est au premier anneau !
- Et alors ?
- Elle doit être au troisième ! Je comprends comment mes parents sont morts, maintenant ! Je m'explique. Quand mes parents, jeunes mariés, riches et adeptes de descente en rappel, ont vu la maison, entourée de falaises, ils l'ont tout de suite voulue. En apprenant qu'elle était vide, ils l'ont achetée. Les gens du village disent que les fantômes de "la famille maléfique" le hantent. Mes parents ne les ont pas crus, ni d'ailleurs à leur histoire de famille brûlée. Mon père a restauré la maison et en a fait un palace. Il a découvert le passage de la grotte et l'a suivi. En voyant la corde et le passage très étroit, il a tout de suite eu l'idée du mousqueton. Il a suivi le passage par ce moyen. La vieille corde a cédé et il est tombé. Par une chance extraordinaire, il a pu se retenir à une branche. S'il ne l'avait pas fait... Quand il se fut remis, il acheta une corde et posa un autre anneau pour la mettre. Mais aujourd'hui, la corde est sur le mauvais anneau. Mes parents n'auraient jamais eu la maladresse de se tromper d'anneau ! À mon avis, ils étaient sur le passage quand quelqu'un a détaché la corde de l'anneau. Puis, quand mes parents furent tombés, il a remis la corde. Ce serait le crime parfait s'il n'y avait pas cette corde au mauvais anneau. J'étais sûre que mes parents ne pouvaient pas avoir eu un accident ici. Il ne reste qu'à définir le mobile du crime.
- Quelle horreur ! Ann, tu es sûre de ce que tu dis ?
- Oui, malheureusement.
- Mais... Pourquoi tuer tes parents ?
- Pour le fric, peut-être.
- Mais ils avaient une héritière !
- Qui ? Moi, Sharon ?
- Oui, bien sûr !
- Le testament dit qu'ils donnaient tout à leurs descendants, mais je ne suis pas leur descendante, j'étais leur fille adoptive ! Ils ne m'avaient jamais rien dit, mais quand ils ont mis sur leur testament qu'ils léguaient tout à leurs descendants, je me suis posé des questions. J'ai fouillé leurs affaires, j'ai trouvé des choses pas jolies-jolies, croyez-moi. Ça parlait de moi, de mes vrais parents... Moi qui avais toujours cru que j'étais leur fille... Comment avaient-ils pu me cacher ça ? Alors j'ai piqué la rage... j'avais des envies de meurtre contre... "
Trois policiers sortirent de l'ombre, l'interrompant.
"Ann Meyer ! Vous êtes en état d'arrestation ! Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz...
- Ne vous fatiguez pas, je connais mes droits. Emmenez-moi, si ça vous amuse !
- Mais... qu'est-ce qui se passe ? Ann ! Tu as tué tes parents ? Réponds ! "
Elle se contenta de sourire. Elle saisit un couteau, et avant qu'on ne puisse l'en empêcher, se fit une profonde entaille dans le bras.
"Une corde sur le bon anneau. L'obscurité ne vous aidera que temporairement, la lumière révèle la vérité.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Ann ! "
Un policier emmena Ann par où ils étaient venus, les deux autres suivirent, laissant Stefan, Jason, William et Sharon ébahis.
"C'est vraiment étrange, vous ne trouvez pas, les gars ? Je me demande si elle a vraiment tué ses parents !
- Moi aussi. Le plus étrange, ce sont ces derniers mots. "Une corde sur le bon anneau", ce doit être en référence avec la corde qui est ici sur le mauvais.
- Tu as raison ! Mais... bien sûr ! "l'obscurité ne vous aidera que temporairement. "Elle a dit qu'on arrive dans sa cave, si on suit le chemin. Une cave, c'est obscur, non ? Elle veut sûrement que nous allions là-bas ! La vérité s'y trouve partiellement. Par contre, je ne sais pas pourquoi elle parle de la lumière !
- Bravo, Will ! je suis sûre que tu as raison, nous devons y aller.
- D'accord, Sharon. On y va. Mais remettons la corde sur le bon anneau ! D'après Ann, c'est le troisième. Nous devons la croire. J'y vais en premier !
- D'accord, Will. Mais je crois qu'en plus de fixer nos mousquetons à la corde, nous allons nous encorder, la prudence ne coûte rien. "
Un moment plus tard, ils se trouvaient dans la cave obscure. Will prit la lampe de poche dans son sac à dos et l'alluma.
"Oh ! Regardez, il y a un coffre dans le coin. On dirait un coffre au trésor. J'ouvre ?
- Oui !
- Regardez ! C'est des vieux articles de journaux ! Eh ! Mais... c'est Ann ! Et la date de parution ?... Le 10 juin 1897. Il n'y a qu'une chose de lisible dans cet article : le 8 juin 1897 ! Il y a exactement cent ans ! Non, attendez, encore quelque chose, la légende sous la photo : voici à quoi ressemblait Magdalena Meyer, brûlée vive. Les gars, c'est drôle, j'ai pris cette fille pour Ann ! Elle lui ressemble trait pour trait !
- Tu te souviens de l'histoire qu'elle nous a racontée ? Une fille de son âge. Elle a aussi dit "Heureusement, leurs fantômes ont depuis longtemps déserté les lieux et ce ne sont pas eux qui ont tué mes parents". Sur le moment, j'ai cru à une simple plaisanterie, mais là, tout devient très bizarre... Pourquoi s'entailler le bras, si se n'est pour nous prouver que ce n'est pas un fantôme ? Fantômes et sorcellerie, nous voilà en plein moyen âge ! Et comment se fait-il qu'elle ait un sosie vieux de cent ans ? D'ailleurs, pourquoi toute cette histoire se déroule exactement cent ans après la mort de Magdalena Meyer et sa famille ? Et Magda n'aurait-elle pas pu revenir du royaume des morts pour se venger ? Prendre le nom de Ann et tuer les descendants de ceux qui l'ont tuée jadis ?
- Will ! Ta théorie est bonne, mais ne me dis pas que tu crois aux fantômes ! Toute cette histoire est effectivement bizarre. Ann est une Meyer, ça explique peut-être sa ressemblance avec l'autre !
- Non, Sharon. Je ressens quelque chose de plus machiavélique. Mais comme disait Ann, l'obscurité n'aide que temporairement, il faut remonter. Mais par quel côté ? La lumière révèle la vérité ! Il fait nuit dehors, il faut passer par la maison !
- Jason ! Tout ça me fout la frousse ! Will, tu es sûr de vouloir entrer ?
- Oui, il le faut ! En tout cas, Ann est drôlement intelligente !
- Oui. Je commence même à me demander si elle avait tout prévu ! "
***
"Vous avez dix minutes. "
Ann lui lança un regard de fer avant de s'asseoir et de saisir le téléphone.
"Salut, Ann. Je suis venu te voir, je pensais que ça te ferait plaisir.
- Oui. Merci beaucoup, Will. Je dois dire que je suis au bord de la dépression. "
Au bord de la dépression ? Il n'avait pas de mal à le croire. Elle était encore plus menue que d'accoutumé, et ses yeux, d'habitude si parlant, ne reflétaient rien.
"On a été dans ta maison.
- L'article ?
- Oui.
- Je ne suis pas Magdalena. Ni son fantôme.
- Je sais. Tu vas bientôt sortir d'ici, ils ont vérifié ton alibi pour le soir du...
- Tant mieux.
- Je viendrai te chercher.
- Merci.
- Tu aimerais quelque chose ?
- Non, c'est bon. "
Ils sourirent.
"Tu me promets de manger un peu ?
- Si tu veux.
- Alors tout va bien.
- Oui. "
Quelques jours plus tard, Ann sortit effectivement de prison :
"Mademoiselle, vous êtes libre.
- Merci, dit-elle en sortant de sa cellule. "
Will l'attendait dans le couloir de sortie. Elle se jeta dans ses bras.
"Ann ! Ca va ?
- Oui ! Ca va même très bien ! Je suis libre, Will. "
Elle prit la main qu'il lui tendait et ils rentrèrent à pied. Les autres furent très heureux de la revoir.
"Ann ! Comment vas-tu ?
- Bien, merci.
- Sharon a été acheter de quoi te faire à manger, Will nous a dit que tu faisais la grève de la faim. Apparemment, c'est vrai, tu es maigre comme un clou !
- Ann ! " fit une voix de fille.
Elle se retourna pour faire face à Sharon, qui venait d'arriver.
"Sharon ! Quel plaisir de te revoir ! "
Elles se serrèrent longuement l'une contre l'autre.
"Je vais aller te faire à manger, ma petite Ann. Tu viens ?
- Oui. Je ne vais pas continuer à faire la grève de la faim, c'est trop éprouvant.
- Je te crois ! Viens ! Et ce soir, nous t'invitons au restaurant !
- Non, c'est moi, au contraire, qui...
- On ne discute pas, Ann ! "
Plus tard, Ann s'attablait devant une énorme tranche de steak.
"Les amis, je vous dois des explications. Je vais continuer mon histoire, ou vous n'y comprendrez jamais rien. Je disais que j'avais des envies de meurtre. D'ailleurs, j'ai tué le chat de ma mère. De rage. Le pauvre, il ne m'avait jamais rien fait ! J'ai honte de moi, quand j'y repense. Mais ça n'était pas contre mes parents que j'étais fâchée, pas contre eux que j'avais des envies de meurtres ! J'avais découvert une lettre qui ordonnait à mes parents de tuer le fantôme de Magdalena Meyer s'ils ne voulaient pas que je leur crée des ennuis. Suivait toute la liste des crimes attribués à cette pauvre Magda, dont un agneau égorgé, des moutons disparus, vous voyez le genre ! Il y avait une menace : s'ils ne prenaient pas leurs avances pour me tuer, c'est moi qui les tuerais. J'ai compris plus tard qu'ils allaient effectivement me tuer... Ça m'a fichu un sacré choc, je peux vous dire ! Ce soir-là, nous nous sommes violemment disputés. Ils sont partis, sous prétexte d'aller se défouler. Ils ne savaient pas que je connaissais le passage de la grotte. En entendant mon père sortir les affaires de varappe, j'ai tout compris. J'ai regardé ce qu'ils faisaient : ils parlaient avec le voisin. Je les connaissais, ils ont sûrement parlé pendant des heures. En attendant, je me suis ruée boire un peu d'alcool fort au bistro pour me calmer un peu. Bien m'en a pris : c'est à raison de ce passage là-bas, qui se prolongea jusque tard dans la nuit, que je suis sortie de prison. En rentrant, j'ai vu un rassemblement autour de ma maison. Le lendemain, André est venu me chercher. Ce que je ne savais pas, c'est que j'étais suspectée et que les flics me surveillaient. Vous connaissez la suite.
- Oui. Tu sais, durant ton séjour en tôle, ils ont fouillé chez toi. Ils ont la preuve de tout ce que tu dis. C'est d'ailleurs pour ça que tu es dehors, le voisin n'ayant pas réapparu. Dès qu'on le retrouvera, c'est lui que l'on mettra à l'ombre, il était complice de tes parents.
- C'était excellent, ton steak ! Ca fait longtemps que je n'ai pas mangé aussi bien !
- Merci !
- Les filles ! Carol a téléphoné, elle dit que son oncle a un programme génial pour ce soir et elle nous conseille vraiment d'y aller. Ann, tu aimes aller en boîte ?
- Oui. Pourquoi ?
- L'oncle à Carol en tient une ! Alors, on y va ?
- Oui, Will. J'y vais si Jason vient !
- Alors tu es sûre d'y aller !
- Justement ! Et toi, Ann ?
- Je veux bien venir.
- Alors, allons-y ! "
***
"C'est cool ! Tu t'amuses bien, Ann ?
- Oui ! Et toi ?
- Oh ! moi. Tant que Jason danse avec moi, je pète le feu !
- Les amis, merci d'être venus si nombreux. J'espère que le programme vous plaît. Maintenant, tous les enfants non accompagnés sont priés de rentrer gentiment chez eux, nous allons passer aux choses sérieuses.
- Ne fais pas attention, Ann. Il rit toujours beaucoup de ses plaisanteries.
- Je vois.
- Oh ! Will ! Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas revu ! Comment ça va ? "
Ann regarda avec étonnement approcher une fille qui semblait avoir à peu près son âge, aux cheveux décolorés et un anneau au nez.
"Heu, salut, Helena !
- Oh, écoute, Willy ! C'est un slow ! Tu danses ?
- Ann, tu veux danser ?
- Willy ! Tu ne vas pas me dire que tu préfères cette... gamine à moi ? "
Il ne prit même pas la peine de lui répondre et Ann se laissa entraîner sur la piste.
"Il ne faut pas chercher, c'est une imbécile. Elle s'est mise dans la tête que j'étais fou d'elle et ne me lâche pas d'une semelle.
- Oh, Willy ! répondit Ann en imitant la voix d'Helena.
- Oh, je t'en supplie, ne t'y mets pas toi aussi, ou je crois que je craque !
- Vas-y, craque !
- Ann ! "
Sharon et Jason arrivèrent vers eux :
"Will, j'ai vu que Helena t'a abordé ! Qu'est-ce qu'elle voulait ?
- Ann, regarde-moi ces curieux !
- J'espère que tu l'as envoyée balader une fois pour toutes !
- Oui ! Et j'espère qu'elle a compris, cette fois. Elle m'énerve !
- Je te comprends !
- Vous venez boire un verre ?
- Oui ! Mais on revient danser le prochain slow, Sharon ?
- Oui, si tu veux, Jasonou !
- Sharon !
- Anita ! appela Sharon, ignorant Jason. On aimerait boire un coup. Cinq bières, si on arrive à retrouver Stefan. Je ne sais pas où il est passé. "
William se retourna et aperçut Helena qui approchait.
- Helena va rappliquer. Tu viens, Ann ?
- J'arrive.
- On lui dit que vous êtes partis.
- Dites-lui ce que vous voulez, mais soyez discrets.
- Compte sur nous, Will ! "
***
"Tu veux qu'on rentre, ou tu veux marcher encore un moment ?
- Comme tu veux.
- Alors, marchons encore un petit moment.
- Je te suis. Où va-t-on ?
- Je ne sais pas. Je suis la route, je tourne quand je suis fatigué d'aller tout droit.
- Ah, je vois. Écoute, j'entends un bruit bizarre !
- Je n'entends pas. Quel genre de bruit ? C'est peut-être mon coeur qui bat si fort que tu l'entends !
- Non, ce n'est pas ça. J'ai peur ! "
Il la serra contre lui, baissa la tête. Elle ne bougeait plus. Il lui releva la tête.
"Qu'est-ce qu'il y a ? Ann ?
- J'ai un mauvais pressentiment. C'est horrible ! Écoute, s'il m'arrivait malheur, n'informe pas André. D'accord ?
- Mais...
- Promets-le !
- D'accord, mais pourquoi ? "
Tout à coup, les événements se précipitèrent. Ann se retourna, reprit la main de William pour continuer la promenade. Un homme portant une cagoule sortit du néant de la nuit et lui sauta au cou, brandissant un couteau. Avant que personne n'ait le temps de réagir, il le lui enfonçait dans les côtes. Puis il s'échappa sans demander son reste. Ann s'effondra, suffocante. Will s'agenouilla, très inquiet.
"Ann ! Tu m'entends ? Ann ?
- Will... pas... avertir... André.
- Ann ! Ne pars pas ! Je cours appeler une ambulance !
- Non. Laisse... moi... mourir ici.
- Pas question ! Je ne veux pas te voir mourir ! Tu es trop jeune pour ça !
- Trop... tard... poignard... empoisonné... moi... mourir.
- Non, Ann ! Je ne veux pas que tu meures !
- Mon dieu ! Qu'est-ce qu'elle a ? demanda une passante.
- Elle s'est fait poignarder ! Appelez une ambulance ! Vite ! Elle se meurt ! Vite ! Je vous en supplie ! Dépêchez-vous ! La police ! Appelez aussi la police !
Ann saisit le bras de Will. "
"William...
- Ann ! Résiste, je t'en supplie, Ann !
- J'essaie.
- Écoute, l'ambulance arrive !
- Écartez-vous ! Laissez passer !
- Tu entends ? Ils vont te sauver, Ann. "
"Will !
***
- Ann ! Que je suis content de te revoir ! "
Il se jeta sur elle.
"Moi aussi. Pour que je sorte du coma, ça à pris un certain temps. Une fois, j'ai entendu un médecin que je connais qui disait "Ce jeune homme, il faudra bientôt le laisser voir Ann, sinon il va forcer la porte." Ça m'a fait très plaisir. Merci.
- De rien. C'était la moindre des choses. Tu vas mieux ?
- Oui, je vais bien. C'est la première fois depuis qu'on m'a poignardée que je suis heureuse. Ta visite n'y est pas pour rien. Je peux te demander une faveur ?
- Tout ce que tu voudras, Ann.
- Les policiers qui enquêtent sur la mort de mes parents et mon agression passent dans un moment. Ils ont des questions à me poser. Je peux te demander de rester avec moi ? Je n'ai pas envie d'être seule avec eux.
- C'est d'acc' ! Au fait, les autres voulaient venir, mais les infirmiers ont dit que tu avais besoin de repos. Je dois te transmettre leurs salutations affectueuses et ces fleurs, ajouta-t-il en désignant une montagne de fleurs posées à l'entrée.
- Tu les embrasseras pour moi, d'accord ? Dis-leur surtout un énorme merci pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je les adore. Toi aussi, bien sûr ! "
Elle le serra dans ses bras. Ils discutèrent encore un moment, puis les policiers arrivèrent dans la pièce blanche et aseptisée. Ils serrèrent la main aux deux jeunes.
"Bonjour, messieurs.
- Bonjour !
- Bonjour, jeunes gens. Nous venons vous poser quelques questions, je ne sais pas si le jeune homme...
- Il reste avec moi ! Je lui fais confiance. Je vous écoute, posez vos questions.
- Bon. Avez-vous des ennemis ?
- Oui.
- Dans vos ennemis, voyez-vous quelqu'un susceptible de vouloir vous tuer ?
- Oui.
- Qui ?
- Les Dragons Jaunes.
- Les quoi ?
- Permettez que je m'explique, mais promettez-moi de ne pas m'interrompre.
- Allez-y, Mademoiselle.
- Mon père, mon père génétique, s'entend bien, était un agent secret japonais, d'origines américaines. Sa femme était, comme lui, agent secret, mais elle était japonaise d'origines. Ils vécurent heureux. Leur naquit une petite fille, qu'ils appelèrent Ann. Moi ! Les Dragons Jaunes, association de trafiquants, avaient juré leur perte, suite à l'arrestation d'un de leurs meilleurs collaborateurs. Ils jurèrent qu'ils les supprimeraient, eux et leur fille. Mes parents ne le savaient pas, ce qui les perdit. Un jour que je rentrais de l'école, je les ai retrouvés égorgés dans la cuisine. Une voisine m'a recueillie avant que la fédération d'espionnage ne m'exile en Amérique. Ils me mirent dans un orphelinat. Je ne m'en souvenais pas avant de lire les documents trouvés chez moi. C'est bizarre. Une expérience pareille aurait dû me marquer... Peut-être m'ont-ils fait subir un lavage de cerveau ? Je n'en sais rien. Mais je ne vais pas vous ennuyer avec ça, revenons aux Dragons Jaunes. Ils n'avaient pas perdu ma trace, malheureusement. Ils envoyèrent deux agents dormants m'adopter. Leur mission était de me tuer dès que je serais majeure. Les Dragons Jaunes savent ruser. Ils ont envoyé à mes prétendus parents des lettres leur disant de me tuer, sous prétexte que j'étais le fantôme de Magdalena Meyer, une de mes ancêtres. C'était un plan génial. Qui, après ma mort, pourrait soupçonner Les Dragons Jaunes ? Personne, évidemment. Mais mes parents, eux, avaient besoin d'un alibi. Je ne sais pas ce qu'ils avaient prévu, ils ne sont pas assez bêtes pour l'avoir couché par écrit. Peut-être le voisin ? Mais d'une autre part, je sais que ce n'est pas pour Les Dragons Jaunes qu'ils sont morts. Ils se sont fait assassiner. Vous n'allez pas me croire, mais... un Dragon Jaune est envoyé sur Terre pour une mission. Quand sa mission est remplie, il repart dans des circonstances qui font croire à l'assassinat. Ainsi, leur dernier cadeau pour la Terre est des ennuis. Je ne peux pas l'expliquer autrement. Les Dragons Jaunes sont machiavéliques, mais humains. Je ne sais pas comment il se fait qu'ils meurent tous comme ça, mais c'est ainsi. Je vais encore vous dire une chose : c'est André qui m'a agressée. Il a lui aussi fouillé chez mes parents, et aura sans doute cru l'histoire du fantôme. Mais je sais que les Dragons Jaunes est une organisation perdue. Bientôt, plus personne n'en parlera.
- Jurez-vous que vous avez dit la vérité ?
- Oui. Sachez encore que dans cette histoire, ce qui semble le plus probable est en réalité impossible, que la logique n'existe pas, dans le cas présent, bien sûr. Maintenant, au revoir.
Devant les hommes abasourdis, Ann s'envola en une fumée jaune qui prit la forme d'un dragon. L'hallucination devint de plus en plus brillante, si brillante qu'ils durent en fermer les yeux. Quand ils les rouvrirent, Ann était couchée dans le lit, comme elle l'était à leur entrée dans la pièce. Will s'approcha d'elle, la toucha.
- Elle est morte. Le plus probable est impossible, la logique n'existe pas. Le mystère est et restera complet.

©1995-99

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