Homo Sapiens

Conte - A partir de 12 ans

  • Auteur : Alice et Virginie

L'histoire du conte "Homo Sapiens"

JEUNES ÉCRIVAINS

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Homo Sapiens par

Alice et Virginie

août 2000

Rayon de Soleil s'assit au fond de sa hutte. Il faisait froid, très froid et même si les peaux de mammouth qui recouvraient sont corps étaient chaudes et épaisses, tous ses muscles étaient raidis de froid. La température devait descendre bien en dessous de zéro. Mais Rayon de Soleil n'avait pas -pas encore- de thermomètre pour le savoir. Bientôt les appels de Grand Lion, le chef de la tribut, retentirent. Tout le monde devait se rendre dans la grotte consacrée aux cérémonies.
- Je vous ai réunis, dit Grand Lion, je vous ai réunis à cause d'un problème qui nous concerne tous.
Il était calme mais ses grands yeux noirs qui reflétaient l'inquiétude et la peur le trahissaient. Tout le monde le regardait attentivement en attendant qu'il continue à parler.
- Le froid, dit-il, le froid a déjà tué Plante d'Été et Grand Penseur. Il en est fini des beaux jours chauds de notre enfance, le gibier se fait rare et les enfants tombent vite malades. De plus, cette caverne ne nous protège plus assez et il nous serait impossible de vivre dans ces grottes. Il désigna l'enchevêtrement de galeries sombres et puantes.
- C'est pourquoi, continua le chef de la tribu, c'est pourquoi je pense qu'il nous serait mieux de partir vers des régions plus chaudes. Qui est pour?
Tout le monde leva la main. Tout le monde sauf un. Cracheur de Feu. Cracheur de Feu était le grand-père de la tribu, il avait atteint l'âge honorable de 45 ans et tout le monde l'aimait et le respectait.
- Je ne veux pas quitter cet endroit, dit-il, j'y suis né, j'y ai grandi, je vous ai tous vu naître et grandir ici et si je dois mourir, si je dois mourir c'est ici que je le ferai, que ce soit maintenant ou dans dix ans. Et même si je dois rester seul, je ne partirai pas. Allez vous en, ça m'est égal, mais je resterai ici.
Tout le monde baissa la tête, signe de réflexion.
- Nous partirons donc demain matin, conclut Grand Lion. Il tourna les talons et sortit.
Tout le monde savait que cette décision lui faisait mal. Après tout, Cracheur de Feu était son père.

Ils avaient déjà marché trois semaines. Trois semaines difficiles, se relayant pour porter et aider les plus faibles et les enfants, s'arrêtant parfois plusieurs jours pour soigner les blessés ou les malades, ils devaient aussis penser à se nourrir. Cracheur de feu était resté avec ceux qui avaient renoncé à partir.
Alors qu'ils traversaient une tempête de neige, Petit Renard, réputé pour sa bonne vue, aperçut une caverne. D'abord personne ne voulut le croire mais peu à peu tout le monde la vit. Et sans réfléchir, emplis d'une grande joie, une bouffée de chaleur et sans doute parce que ça faisait trois semaines qu'ils attendaient de pouvoir se reposer, ils se mirent à courir, plus vite qu'ils ne l'avaient jamais fait.
La caverne était grande, assez grande pour pouvoir contruire une bonne dizaine de huttes qui soient assez protégées du froid et surtout du vent.
Grand Lion les invita à s'asseoir en cercle, il chargea Petite Fleur d'aller chercher de quoi faire du feu et commença à parler.
- Il ne fait pas plus chaud ici, mais je crois que la chasse y sera plus facile. En tout cas nous resterons ici quelques semaines voir quelques mois, le temps que nous reprenions nos forces pour aller jusqu'à des contrées plus chaudes. Dès demain nous allons commencer à construire notre camp provisoire et...
- Mais, l'interrompit Hermine Bleue, pourquoi ne pas repartir tout de suite?
- Tu vois bien dans quel état nous sommes, fatigués, à bout de forces, et toi, comment voudrais-tu marcher avec ta jambe dans cet état?
Petite Fleur arriva en courant et se réfugia dans les bras de sa mère.
- Maman! s'écria la petite fille affolée, il y a des sortes d'hommes-singes qui chassent, là-bas, je crois qu'il vont venir par ici.
- Mais non, mon petit, lui répondit Hermine Bleu de sa voix apaisante de mère, tu as du rêver, il ne peut pas exister d'hommes-singes.
- Si, l'interrompit Rayon de Soleil, ils existent, Cracheur de Feu m'en a parlé, et tu sais bien qu'il ne ment jamais.
C'est alors qu'ils entendirent des cris - enfin, de cris c'étaient plutôt des rugissements rauques - et virent arriver vers eux les fameux hommes-singes, ils couraient lourdement. Rayon de Soleil les observait attentivement, ils étaient grands et minces, ils avaient un front haut et droit, un petit nez et un menton saillant, qui leur donnait une expression de fierté.
Une lumière éclaira le ciel, les hommes-singes s'arrêtèrent de courir, même Grand Lion et sa tribu restaient pétrifiés, immobiles, les bêtes s'étaient tues, les plantes et les arbres restaient immobiles, même le vent semblait s'être calmé. Un grand cristal descendit du ciel dans une danse gracieuse. Ensuite la lueur s'éteignit, et tout se remit à vivre.
"Rayon de Soleil".
Rayon de Soleil tourna la tête, pourtant personne ne l'appelait. Grand Lion s'avança vers le cristal
- Qui êtes-vous? demanda-t-il, sûr de lui.
"Rayon de Soleil" continua la voix.
Cette fois tout le monde avait entendu. Rayon de Soleil s'approcha craintivement du cristal.
- Qui êtes-vous? répéta Grand Lion
"Nous sommes les Tarkoïs, nous avons un présent à vous offrir. En fait de présent, il y en a deux. Le premier est l'amour, la plus belle chose que vous ne pouvez imaginer, le deuxième est la haine. Acceptez-vous?"
Grand Lion se retourna et interrogea sa tribu des yeux, comme personne ne lui était d'aucun secours il accepta. Les Tarkoïs parurent l'ignorer.
"Acceptes-tu, Rayon de Soleil?"
La jeune fille ne pouvait se résoudre à répondre.
- Pourquoi moi? demanda-t-elle inquiète.
"Tu es la plus intelligente des êtres de ton espèce, acceptes-tu nos cadeaux?"
Un larme coula sur sa joue, elle ressentait en elle plus de sentiments différents qu'elle n'avait pu en ressentir tout au long de sa vie, tout était confus. Elle savait que de sa décision dépendrait son avenir. Mais pas seulement son avenir, aussi celui des sa famille, de sa tribu, de son peuple, de sa planète, de l'univers peut-être. Et un simple mot prendrait des dimensions infiniment grandes. Alors, poussée par ce qui lui restait d'instinct animal, elle refusa.
- Non dit-elle, fermement, non je ne veux pas de vos cadeaux.
"Tu as réussi, tu es à présent la reine Tarkoïs et nous te faisons cadeau de l'immortalité. Tu dirigeras ton peuple avec amour et compassion car tu ne connaitras pas la haine. Ta mission et celle de ton peuple sera de veiller sur tous les habitants des planètes proches, au fur et à mesure de votre évolution, votre pouvoir d'amour grandira jusqu'à atteindre le stade suprême: l'infini. Toi et ton peuple ne serez plus alors qu'un seul être d'amour. Quant aux hommes-singes, eux aussi évolueront, ils feront de brillantes découverte, leur seule erreur est d'avoir accepté notre cadeau. Erreur qui leur sera fatale, mais tu seras là pour les remettre sur le droit chemin lorsqu'ils s'en éloigneront trop. Nous comptons sur toi, Nimo Aya."
Le cristal disparut. Rayon de Soleil se sentit aspirée par une force indéfinissable, c'était chaud, c'était bon, elle s'endormit. Lorsque qu'elle se réveilla, elle se retrouva entourée de tous les individus de sa race, sur une planète hostile et inconue. Elle ne savait pas ce qu'elle devrait faire, elle ne savait pas comment elle devrait le faire, mais elle était confiante, elle n'avait pas peur car elle savait qu'elle allait réussir. Après tout, elle était Nimo Aya, reine des Tarkoïs.

Alors, quand dans vos cours d'Histoire on vous dira que les Homo Sapiens ont disparu mystérieusement, regardez le ciel et dites vous que quelque part là haut, Nimo Aya, reine des Tarkoïs, et son peuple veillent sur vous.

©1995-2005

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