Jacques

Conte - A partir de 10 ans

  • Auteur : Sarah, 12

L'histoire du conte "Jacques"

Chapitre I

Toute mon enfance, je l'ai passée aux champs à aider mon père. Nous étions pauvres mais heureux d'être ensemble jusqu'à ce qu'un jour, mon père nous dise à mes frères et moi :

- La dîme et la gabelle ont été prélevées, et malgré le travail que nous fournissons, nous ne pourrons pas passer l'hiver à six. J'ai ici quatre brindilles, vous en tirerez chacun une, celui qui aura tiré la plus courte devra partir.

Il nous a alors tendu les brindilles, nous avons tiré, et c'est Gilles, le plus jeune de mes frères qui a eu la courte paille. Il essayait de faire le brave, mais je voyais bien qu'il tremblait de peur. Je dis alors une phrase que je regretterais plus tard :

- Père, permettez-moi de partir à la place de Gilles

Jean et Tomas, mes frères aînés, me regardèrent interloqués, mon père lui, ne perdit pas ses moyens :

- "Jacques, ce que tu veux faire est courageux et plein de bonté, exceptionnellement je t'autorise à partir à la place de ton frère" me répondit-il.

Puis, d'un geste, il nous incita à regagner nos paillasses, ce que nous fîmes sans discuter.

Chapitre II

J'étais parti tôt la veille afin de ne pas avoir à faire mes adieux aux miens, j'avais passé la nuit sur le bord de la route à penser à mon père, ma mère et mes frères.

Je marchais à présent dans la forêt en direction de Chateaufort où je comptais trouver refuge et essayer de réaliser mon rêve : devenir chevalier.

Le vent hurlait comme un diable, l'hiver était le plus froid qu'on eut connu depuis le début du siècle. Le froid me brûlait le visage et les mains, mes pieds glissaient sur la glace, sous mon manteau de laine et ma tunique légère je grelottais de froid et de peur. À tout moment un bandit pouvait jaillir de l'ombre et me prendre le peu de vivres qui me restaient.

Des arbres noirs entourés d'un inquiétant brouillard semblaient se pencher sur moi et tendre leurs branches griffues pour m'attraper. Il me semblait que quelqu'un (ou quelque chose) me suivait. Je pressais le pas, et comme je me sentais toujours suivi, je me retournais. Ce n'est pas un assassin que je vis mais un bébé lièvre au pelage marron et aux yeux noirs immobiles qui me fixaient intensément ! Mon premier but était de survivre, mais pas une seconde je n'ai pensé à manger le petit être. J'avais en outre trop besoin de compagnie. Voyant qu'il grelottait, je l'enfouis sous mon manteau mais il sauta à terre et s'enfuit en courant.

Je me retrouvais de nouveau seul quand soudain j'entendis des bruits d'épées qui s'entrechoquaient violemment.

Chapitre III

Je me dirigeais vers le vallon d'où provenait le bruit, je vis trois hommes mal rasés et vêtus de guenilles assaillir un homme vêtu tout de blanc en lui criant :

- La bourse ou la vie !

Je rêvais depuis ma plus tendre enfance de devenir chevalier et saisissant l'occasion de me battre, j'attrapai par terre un bâton et me lançai à la rescousse de l'homme.

Les coups pleuvaient de tous les côtés, mais je les évitais avec adresse et les rendais avec force. Les bandits lassés du combat, partirent en courant tandis que le cavalier blanc me questionnait :

- Qui êtes-vous donc ?

- Mon nom est Jacques.

- Et vous venez de ?

- Du fief de Buc

- Je vois, je suis le seigneur de Châteaufort. Vous venez de me sauver la vie, que puis-je faire en retour ?

- Je... Je... non c'est impossible !

- Dites toujours.

- Je voudrais devenir chevalier.

- Soit, je ferais mon possible pour que vous le deveniez, mais rentrons d'abord au château, vous devez avoir faim.

Le seigneur de Châteaufort me fit monter sur son cheval et nous partîmes au petit trot tandis que les dernières lueurs du jour s'estompaient.

Étrangement, les grands arbres paraissaient moins menaçants et les bruits moins effrayants.

Nous arrivâmes rapidement au château, c'etait une grande bâtisse de pierres et de bois on ne pouvait y accéder que par un chemin tortueux et escarpé parsemé de cailloux.

- Qui est ce jeune homme avec vous ? demanda un garde en ouvrant la porte de bois.

- Un héros, il m'a sauvé la vie ! répondit le seigneur de Chateaufort.

Nous entrâmes, longeâmes un mur, traversâmes une cour déserte, montâmes quelques escaliers et nous trouvâmes dans une pièce. Un feu crépitait dans l'âtre au milieu, près d'une table, un homme aux longs cheveux blancs dormait, un gobelet à la main.

- Jacques, je te présente Gilles, il est maître d'armes.

L'homme tressaillit

- Gilles, je te présente Jacques, il m'a sauvé la vie et je lui ai promis de le faire chevalier.

- Vous voulez qu'il concoure contre Gontrant ?

- Exactement !

- De quoi parlez-vous ? demandais-je

- Gilles va t'entraîner puis tu te battras contre un autre écuyer, le gagnant sera adoubé.

Dans ma tête se bousculaient des idées de tournois et d'adoubement. Je me vis triomphant applaudi de tous, mais la glorieuse image s'effaça peu à peu, laissant place dans ma tête à l'idée de ma défaite.

Chapitre IV

Le jour du tournoi, je me réveillai tôt et passai la matinée à m'entraîner. On m'amena ensuite à l'endroit où se déroulerait le tournoi, la foule était déjà là, parlant et criant.

D'après la masse de spectateurs, je vis qu'il n'y avait pas là que des Castels-Fortains.

Une fois vêtu de mon armure et armé de ma lance, le trac dont j'avais été victime quelques minutes plus tôt se dissipa. Je regardais mon adversaire qui se tenait à l'autre bout du terrain ; j'imaginais sous son casque que ses yeux me fixaient de la même manière que je le fixais moi-même.

Soudain, son cheval s'ébranla. D'une pression du mollet contre le flanc de ma monture, je la fis partir au galop, oubliant dans ma hâte de brandir ma lance. Je reçus celle de mon adversaire en plein ventre, la foule scandait son nom :

- Gon-trant ! Gon-trant !

J'allais tomber lorsque j'entrevis mon père dans la foule. Il ne m'avait bien sûr pas reconnu, mais je voulus tout de même lui montrer ce dont j'étais capable.

Pensant qu'il avait déjà gagné, mon adversaire s'approcha de moi au petit trot afin de me pousser à mordre la poussière. Aussi fut-il surpris lorsque, rassemblant mes dernières forces, je me remis en selle, fis demi-tour et fonçai lance en avant sur lui.

Ma lance heurta violemment sa poitrine et, perdant l'équilibre, il tomba à terre.

J'avais gagné, j'allais devenir chevalier.

Épilogue

Le lendemain, l'adoubement se déroula dans les règles et le seigneur de Châteaufort m'informa que son vassal le seigneur de Buc était mort aux croisades sans laisser d'héritier et que le fief de Buc m'appartenait.

Le lendemain, j'informai ma famille de cette nouvelle et leur contais mon aventure, j'appris que mon frère Gilles était mort de maladie et que j'avais une petite soeur nommée Isabelle.

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