La maison dragonesque

Conte - A partir de 7 ans

  • Auteur : Nathalie, 8

L'histoire du conte "La maison dragonesque"

JEUNES ÉCRIVAINS

la page dont vous êtes les auteurs

La maison dragonesque par Nathalie

août 2001

Un jour d'école, un nouveau lundi. Toujours le même chemin, toujours la même route, toujours la maison.
Cette maison qui me tourmente, tellement de choses, de questions... Mais je ne suis qu'un petit garçon de six ans, qui n'est qu'en 2e année primaire.
Cette maison, toujours cette maison. Il n'y a apparemment pas âme qui vive mais tout de même, pourquoi de la fumée sort en permanence de la cheminée ? Ce doit être le grand dragon rouge qui y dort, comme celui de l'histoire que maman a écrite, vous savez ce gros livre avec des elfes, des dragons et tout le reste...
Elle me l'a lu un jour et j'ai appris l'existence de nombreuses créatures. Mes questions se concentrent toujours sur cette maison. J'en ai parlé à mon copain Allan, il me croit fou. J'ai dit la même chose à ma maîtresse, elle m'a dit en riant : "Cyrill, ta maman te lit trop ses histoires..."
Mais d'abord, pour que vous puissiez juger si mon histoire paraît véridique ou pas, je vais vous la raconter...
Comme je vous l'ai dit, je passe tous les jours devant une maison où, personne ne vit. Mais si le jardin est toujours vert, c'est grâce aux trolls jardiniers, qui plantent les fleurs, les arrosent, les coupent. Leur seul problème, c'est l'entretien des arbres. Ils les font pousser de travers, même un jour, j'en ai vu un dont les feuilles touchaient le sol. Ils doivent donc demander aux dryades, vous savez, les nymphes des bois, pour que les arbres poussent convenablement et qu'ils soient toujours droits. Un jour, j'ai vu un troll jardinier ayant fini son coin de jardin demander à une dryade si elle avait besoin d'un coup de main. Celle-ci a tout de suite refusé, de peur que son beau bouleau devienne un saule pleureur. Le troll, déçu, reprit sa brouette et planta une jonquille.
Ce n'est pas le seul phénomène que j'ai remarqué, à l'aide de mon télescope installé dans ma chambre, ou en allant à l'école. Sur la grande bâtisse de pierre sombre y pousse du lierre et non du lichen mal entretenu. Qui pourrait donc s'en occuper ? Pas les trolls, ils sont trop petits pour pouvoir grimper le long du mur, ni les dryades, elles ont trop à faire avec leurs arbres qui ont soif, trop chaud, qui sont dérangés par le bruit, etc. Ce sont les elfes sylvains, les elfes forestiers qui n'avaient pas de travail car les tâches du jardin et des arbres étaient déjà entre de bonnes mains. Ils s'occupent donc du mur, vérifiant si le lierre va dans le bon sens, s'il est bien vert, si les insectes ne le détruisent pas, et ils y arrivent, grâce à leur grande souplesse. À côté du jardin, il y a une fontaine, avec une petite boule qui tourne sur l'eau. Ce qui la fait bouger, la boule, c'est une petite fée aquatique. Elle ne fait que ça pendant la journée et la nuit, elle sort pour aller se réfugier dans la maison.
Mais pour la boîte aux lettres, qui pourrait bien aller chercher le courrier ? J'ai moi-même été regarder dans cette boîte de fer bien propre et je n'ai vu qu'un petit papier de publicité. D'ailleurs, je regarde tous les jours dans cette boîte aux lettres. Chaque mois, un journal du nom de Dragon magazine. Sûrement pour le dragon rouge qui dort au milieu de la maison. Mais qui vient donc chercher le courrier ? C'est le gnome-papier. Vous savez certainement qu'un gnome est une créature extrêmement rapide et qui invente toutes sortes de choses. Alors chaque matin, le gnome-papier s'approche de la boîte, sort les lettres et journaux, ouvre les enveloppes, les lit à une vitesse impensable, jette les papiers qui sont apparemment sans importance, et garde les valables. Puis, il fonce vers la porte, l'ouvre et la referme aussitôt.
Voilà comment le courrier arrive dans l'antre du dragon rouge.
Derrière la maison y demeure un étang. Un petit étang si propre que l'on en voit le fond. Ce sont les sirènes qui s'en occupent bien sûr. Elles passent leur temps à nettoyer le coin d'eau, à planter et à entretenir les roseaux, à regarder les iris qui ornent le tour de l'eau s'épanouir, tout ceci en chantant une douce mélodie dont l'eau est l'accompagnement.
La nuit, les deux gargouilles qui trônent sur le toit, grognent, éloignant ainsi les goules et les vampires.
Voici tout ce que j'ai pu remarquer sur l'extérieur de la maison qui est sur le chemin de l'école. Mais aujourd'hui, j'ai décidé qu'après l'école, j'irai sonner à la porte, bien décidé à découvrir l'intérieur.
Les cours sont longs et je ne tiens plus en place, imaginant le dragon me regarder, les yeux pleins de curiosité. Il se repose devant une immense forge, crachant de temps à autre une flamme.
La maîtresse me tire de mes rêveries quand elle demande des idées de promenade d'école. Je lève la main puis elle m'interroge, curieuse.
Je dis :
- J'ai une super idée, nous pourrions aller visiter la maison dragonesque, celle qui est sur le chemin de l'école.
Les rires éclatent.
La maîtresse ordonne le silence puis prend la parole :
- Mais Cyrill, il n'y a pas de maison dragonesque.
- Si Madame, je vous l'assure, il y a même les trolls de jardin qui...
La maîtresse le regarda dans les yeux en disant :
- C'est bon, tu nous l'as déjà dit...
- Mais...
Je baisse les yeux, honteux. Puis la sonnerie se fait entendre. Je prends mes affaires, cours loin de tous ces gens incompréhensibles et marche sur le chemin de l'école.
Là, je vois le dragon avec sur le dos les trolls, les sirènes, la fée, le gnome-papier, les elfes, les gargouilles et les dryades. Le dragon se retourne et me fait un clin d'oeil avant de partir...

©1995-2005

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