Le mystère de la terre Noire

Conte - A partir de 12 ans

une nouvelle fantastique à la manière de Maupassant

  • Auteur : Julie 14

L'histoire du conte "Le mystère de la terre Noire"

Le mystère de la terre Noire
une nouvelle fantastique à la manière de Maupassant
par Julie M., 14 ans

Mani vivait en Bretagne, dans une petite ville d'Ille-et-Vilaine. Elle habitait un manoir qui appartenait à sa famille depuis des années et dont ses parents avait eu l'héritage de leur vieil oncle. Il n'y avait même pas trois jours qu'ils avaient aménagé que déjà tous les gens du village étaient devenus leurs amis.
Cependant quelques personnes les évitaient à cause de la légende qui pesait sur le manoir, ou plutôt sur la colline où il était construit.
On disait qu'il y a déjà fort longtemps, une forêt très étendue couvrait cette colline, quand un jour il y eut un terrible incendie, qui brûla tous les arbres ne laissant que des cendres noires derrière lui.
Un scientifique, qui étudiait les arbres à ce moment là, avait était asphyxié et on n'avait jamais retrouvé son corps... Depuis, personne n'était retourné sur la colline noire car l'esprit de ce scientifique, un esprit malin, cruel, protégeait les cendres des arbres qu'il n'avait pas terminé d'étudier. Il s'attaquait aux personnes seules qui osaient fouler de leurs pieds les cendres des arbres de l'oubli...
Mais un jour un homme peu sensible aux ragots du village avait pris possession de la colline avec sa famille et
avait construit un manoir, le manoir de la terre Noire... Il avait tout de même, par mesure de précaution, dit à sa famille de rester toujours groupée lorsqu'ils entraient sur le domaine, mais les années, les siècles passèrent et l'avertissement fut bien vite oublié...

Mani et ses parents s'occupaient bien peu des superstitions du village et des légendes. Ils s'étaient installés au manoir et vivaient paisiblement. C'étaient les vacances et Mani jouait comme à son habitude avec son chien, Battley, tandis que ses parents discutaient avec leur voisin, Aatar, quand soudain elle entendit des cris provenant du jardin ; voici ce qu'elle réussit à entendre malgré l'accent prononcé d'Aatar :
«Ma qué vouss êtesss fousss ! Lassssezzzz seuuule cccettté pôvré sschérissss ! Né fassssezz passs ssça ! Vousss allezzz lé régrétezzz ! Ma qué yé vousss lé disss ! »
Et sur ce il partit furieux et rentra chez lui.
Mani, très affectée de la colère de son vieil ami, alla voir ses parents pour savoir ce qu'il se passait mais ils l'ignorèrent complètement.

Le soir venu, la mère de Mani lui annonça qu'elle était conviée à un banquet avec son père, ils étaient donc obligés de la laisser seule au manoir, mais elle la rassura aussitôt en vantant Battley (c'était un grand dogue argentin) avec sa mâchoire énorme et puissante, son nombre impressionnant de crocs et ses muscles épais. Ses parents rentreraient donc au matin à l'aube car le banquet était suivi d'un bal qui durerait presque toute la nuit.
Lorsqu'ils partirent enfin, la petite fille profita de cette absence pour jouer plus longtemps avec son chien, mais elle se lassa vite et prit un livre.
Bizarrement il faisait froid, et le vent frôlait d'une manière étrange les volets de la maison. La grande horloge du salon annonçait presque onze heures et Mani trouva qu'il était fort temps de se coucher.
Battley la suivit et se coucha au pied du lit. Mani avait du mal à s'endormir, elle avait toujours aussi froid et la nuit était plus sombre que jamais, mais les petits ronflements réguliers de son ami à quatre pattes la rassuraient et lui rappelaient qu'elle n'avait aucune raison d'avoir peur; et sur cette pensée elle s'endormit enfin.
Elle se réveilla fort tard, vers onze heures du matin, la tempête était tellement forte qu'elle avait l'impression qu'il faisait nuit. Il pleuvait énormément, ses parents rentreraient sûrement très tard ce soir.
Elle s'aperçut que Battley n'était plus là. Elle se mit donc à le chercher, dans la cuisine, le salon, sous les fauteuils et partout où elle allait, elle avait l'impression qu'on la suivait, qu'on la regardait, mais pourtant, il n'y avait personne.
Plusieurs fois elle fut traversée d'un frisson, un frisson étrange, profond et cette personne étrange qu'elle avait
l'impression de sentir auprès d'elle était indescriptible.

Vers quatorze heures, elle n'en pouvait plus, elle avait faim et surtout elle ne trouvait pas Battley. La petite fille de plus en plus découragée, finit par s'asseoir sur le fauteuil du salon. Désespérée, elle leva les yeux au ciel et réalisa qu'il y avait un grenier et que Battley avait peut être pu monter là haut, même si c'était impossible, car le seul moyen pour monter au grenier était une échelle. Mais c'était le dernier endroit où Battley pouvait être. Il faisait nuit maintenant et il avait fallu allumer les chandelles.
Elle prit une bougie avec elle et monta doucement au grenier, il était sombre et il n'y avait aucune ouverture. Pour
pouvoir voir dans les moindres coins, il avait fallu qu'elle longe les murs. Soudain elle tomba nez à nez avec ce que l'on pouvait appeler son chien. Terrifiée elle poussa un cri : Battley était méconnaissable, le corps suspendu au mur par la peau du cou à l'aide d'un clou et tout ensanglanté, était écrabouillé. Ses pattes avaient été brisées, ses
oreilles découpées et sa mâchoire si puissante était broyée.
Devant cette image terrifiante Mani eut envie de vomir, sa peine était énorme et ses larmes ne pouvaient plus s'arrêter de couler. Alors qu'elle était au sommet de son chagrin un cri de démon lui transperça les tympans. Devant tant d'horreur elle prit ses jambes à son cou et descendit aussi vite qu'elle pouvait l'échelle. Mais la tempête de dehors l'empêchait de sortir, elle était piégée.
Elle se recroquevilla dans un coin du salon et il y avait toujours ses yeux posés sur elle toujours un peu plus pesants, plus lourds.. Mais elle essayait de penser, penser comment fuir. Il n'y avait aucun voisin aux alentours, il y avait bien Aatar, mais il était loin et la nuit était trop profonde pour qu'elle puisse distinguer la moindre chose. Et cette présence.. Elle avait peur, trop peur et, pour ne rien arranger, la seule bougie qui restait était entre ses mains et menaçait terriblement de s'éteindre. Elle resta quelques minutes comme ça, mais ces minutes devenaient une éternité.
Quand la petite flamme s'éteignit, elle n'y voyait plus rien mais ne bougeait pas. Soudain, elle sentit quelque chose de froid et transparent lui caresser le visage, son coeur s'arrêta de battre, elle se releva et regarda autour d'elle,
essayant de percer la pénombre. Elle sentait cette présence, cette chose étrange et indéfinissable qui l'observait sans cesse.
Tout à coup une main transparente et froide lui agrippa le cou et cette main se rétrécissait chaque minute un peu plus, lui enlevant toujours un peu plus de vie. Quand son cou fut totalement écrasé la main se desserra et Mani
tomba à terre, morte.
Ses parents revinrent le lendemain vers le milieu de la journée quand la tempête s'était calmée. En découvrant leur fille assassinée, ils ne pouvaient pas le croire. Désespérés, le seul enfant qu'ils avaient était là, à leur pied gisant à terre. Ils appelèrent la police qui mena une enquête, les traces sur le cou de Mani étaient vraiment impressionnantes et aucun homme n'aurait été capable de laisser de telles marques.
Quant au chien il avait mystérieusement disparu. La porte n'avait pas été forcée et la tempête d'hier n'aurait permis à personne de rentrer dans la demeure, la seule personne qui semblait être au courant des événements était ce voisin Aatar, mais son histoire était invraisemblable et il ne faisait que répéter la même chose :
« Ma qué les esprits maléfiques rôdent. disait-il, les démonss ils n'attendent qu'une chosé : un être seul et c'est tout, ma qu'il ai un fusil ou non, de toute façon il lui arracherai ! Parce qu'ils ont faim. oui. ils ont faim, ils n'attendent qu'une chose, c'est de manger des âmes qui sont à leur merci. et moi je vous le dis la pauvre gamine s'est
fait dévorer son âme ! Mais je l'avais dit ! »
Les policiers, sans aucune preuve et avec un «témoin» jugé fou, en conclurent qu'un malade mental qui avait dû se cacher et attendre son heure pour agir. Les parents de Mani, trop accablés par le chagrin, vendirent le manoir. Ils apprirent plus tard que la demeure avait été démolie et remplacée par une animalerie qui après une nuit tout aussi
mystérieuse, avait retrouvé tous les animaux sans vie le lendemain.

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