Les jumelles

L'histoire du conte "Les jumelles"

JEUNES ÉCRIVAINS

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Les jumelles par Quitterie

juillet 2001

Ce roman je le dédicace
à Anne, ma cousine
ainsi qu'à toute sa famille.

Je suis près de la fenêtre, à regarder mon jardin dans l'espoir de voir un oiseau. La petite cabane en bois que j'ai fabriquée est posée sur la table du jardin avec des graines. Elle n'a pas l'air de servir à quelque chose ! Je m'ennuie.... Je regarde mon reflet dans la vitre. Je ressemble un peu à ma mère. Mes cheveux bruns sont comme les siens et nous avons la même couleur d' yeux : vert.
Tiens, mes jumelles ! Je les ai eues hier, à l'occasion de mon anniversaire de 10 ans. J'ai de la chance d'être née en plein milieu des grandes vacances ! Comme j'adore les vacances et mon anniversaire, mon bonheur est complet !
Bon, puisque je ne peux pas me servir de mes jumelles sur les oiseaux, je vais observer ma famille !
Je descends en bas et je regarde ma mère en train de coudre. C'est une grande couturière !.... Elle adore coudre ! La plupart des habits de Carole (ma petite soeur) et ceux de Quentin (mon petit frère) c'est elle qui les a faits.
Je prends mes jumelles et les porte à mes yeux.... Tiens, c'est bizarre ! Quand je regarde maman avec mes jumelles, on dirait qu'elle n'est pas contente ! Et quand j'enlève les jumelles, elle est tout à fait normale ! Je remets les jumelles et... Je vois bien qu'elle n'aime pas coudre ! Je le devine ! Et je ne sais même pas comment ! J'enlève mes jumelles et je m'approche :
" Maman ?
- Oui Marion ?
- Tu aimes coudre ?
- Pourquoi cette question ?
- Rien. Pour savoir . . "
Je ne prefère pas lui dire ce que je vois avec les jumelles. Je reprends celles-ci et regarde. QUOI !!! On dirait que maman en a marre de moi ! Je m'éloigne.... C'est bizarre, cette affaire... On dirait que je vois les gens de façon négative !

J'entends Carole pleurer. À 5 ans, elle pleure pour rien. J'ai une idée. Quand on pleure, c'est négatif. Alors, je vais regarder Carole quand elle pleurera : peut-être que je verrai quelque chose, peut-être non. Je monte dans la chambre de ma petite soeur : "Mais non! Tu n'entres pas dans ma chambre!!" crie-t-elle. Je lui réponds pour l'énerver : "Pourquoi ?

- Mais c'est MA chambre !!"

Et elle se met à pleurer. Vite, j'attrape mes jumelles. Je vois... Elle pleure pour que je me fasse gronder !

Je dois retrouver la boite des jumelles. C'est anormal ce qui se passe.

Soudain, je me rappelle. . . hier, j'ai jeté la boite et par la même occasion, la notice. Je ne me souviens pas avoir lu quelque chose de spécial concernant les jumelles. Je marche lentement dans le couloir.

Mais ... Bien sûr !Mes jumelles lisent dans les pensées !

Je ne sais pas comment et d'ailleurs "je m'en chatouille le nombril avec un pinceau d'indifférence" comme dit ma tante Charlotte. En bref, je m'en fiche comme des pieds de ma soeur ! Ce que je sais, c'est que je vais bien m'amuser ! Je vais d'abord tester mon père.

Je descends dans son bureau. Ca risque d'être marrant de lire dans les pensées d'un banquier ! et j'apprendrai peut-être quelque chose que j'ignore... Je ne dirai jamais ce que je vois avec les jumelles, sinon, on risque de me les enlever. Me voici arrivée. Je regarde papa avec les jumelles et j'éclate de rire : mon propre père, qui n'adore que la musique classique, a envie de danser la macarena ! Je le vois danser ! Heureusemement qu'il ne dansera jamais la macarena dans une fête, car les pauvres pieds de ses voisins seront écrabouillés. Mais mon rire n'est pas très discret.

Papa m'appelle :

" Marion ?Qu'y a-t-il ?

- Rien. Tu n'as pas envie que je mette de la musique ?

- Marion, je t'ai déjà dit. . .

- Je sais, tu es un banquier qui détient des informations de la plus haute importance, qui n'a pas le droit de permettre à sa fille de le distraire pendant qu'il travaille

- Comment tu sais ce que j'allais dire ?

-Tu le repètes à chaque fois. Bon, je mets la macarena

- MARION !

- S'il te plait !

- Bon...

- Merci !

Je mets le CD et m'enfuis en courant et en riant. Ces jumelles sont trop cool !

Maman m'appelle :

" Marion, as-tu fait tes bagages ? "

J'avais complètement oublié ! Je me précipite dans ma chambre. Pour un séjour à la mer de 10 jours, il faut mettre pas mal de choses ! Je fourre les trois quarts de mon placard dans mon sac, sans oublier mon maillot de bain , mes lunettes de soleil, et ma crème solaire. Moi, c'est comme ça que je fais mes bagages : en 5 minutes , la veille du départ.

Maman appelle à table. Je descends, avale mon dîner, et monte me coucher. Je ne suis pas du genre à essayer de retarder par n'importe quel moyen le couvre-feu.

Le lendemain, maman me réveille à 7 h, en me disant que l'on part dans une heure! Je m'habille en hâte et descends avec mes bagages. Loic, mon grand frère, est en train de prendre son petit déjeuner.

" Bonjour " lui lançai-je. Parler à un mur n'aurait pas fait une seule différence ! J'essaie de lancer la conversation :

" C'est nous qui allons chercher Valentin ? Tu es content qu'il vienne avec nous ? Bon, tu me réponds ??

- Lâche-moi ! "

Sympa quand il veut, lui ! Je ne comprends pas. Je serai de bonne humeur si ma meilleure amie venait avec moi en vacances ! D'autant plus, j'ai demandé plein de fois à ce que Cloé vienne avec nous et ça a toujours été non. Et, lui, Loic fait son ange, il demande.... réponse : " oui ". Tout de suite. J'ai trouvé ça tellement injuste ! Et Monsieur est de mauvaise humeur, maintenant ! Enfin, je ne dirai rien ! Mais pauvre Valentin ! Si mon frère reste avec ce caractère pendant tout le séjour, il va en baver ! Je vais mettre mes bagages dans le coffre et vais m'asseoir sur la banquette arrière de la voiture. Mes parents arrivent, suivis par Carole, Quentin et Loic.

Maman démarre. Carole crie : " à bientôt maison, j'espère que tu ne t'ennuira pas trop ! " Mon frère lui répond, la maison étant dans l'impossibilité de le faire : " Ne t'inquiète pas, cela va lui faire un bien fou de ne plus entendre tes cris ! " Carole, furieuse, lui donne un coup de pied et boude. Je prends mes jumelles que j'ai soigneusement empaquetées. Mon frère a l'air de ne pas avoir mal... Mais c'est sans regarder avec mes précieuses jumelles... Il est plié en deux de douleur ! J'enlève mes jumelles et ordonne à Carole : "Tu t'excuses tout de suite Carole, tu as fait mal à Loic ! "

Celui-ci se défend : " Mais non, j'ai pas mal !

- Mon oeil ! "

Il ne répond pas car nous sommes arrivés chez Valentin qui entre dans la voiture et dit bonjour poliment à mes parents. Je me pousse pour le laisser passer.

Après 5 heures de route, nous voici arrivés.

Je retrouve la chambre que je prends chaque année et commence à m'installer. Je "range" mes affaires dans le placard (pour être plus précise, j'y fourre grossièrement mes affaires). Je descends voir maman dans la cuisine :

"Maman, pourquoi tu as bien voulu que Valentin vienne et pas Cloé ?

- Marion, on en a déjà parlé, il me semble. Vous êtes plus jeunes alors, donc vous auriez chahuté et que... Voilà, maintenant file "

A ce moment là, j'attrape mes jumelles et je vois Cloé à côté de maman qui la regarde d'un air méprisant. Ca alors, Maman n'aime pas Cloé !!

Au dîner, c'est mes parents et ma petite soeur qui parlent le plus. Je prends discrètement mes jumelles et regarde Valentin... HHHHHAAAAAA !!!!! Je me retrouve soudain dans la banque de mon père. J'aperçois Valentin qui.... prend de l'argent de la banque et le fourre dans son sac. Il se conduit comme .... . UN VOLEUR !!!!

J'enlève mes jumelles... ça n'est pas possible ! c'est vrai qu'il est bizarre Valentin, il regarde souvent mon père comme s'il espérait obtenir des informations... par exemple des codes de cartes bancaires. J'aimerais en avoir le coeur net ! Justement Valentin prend la parole et demande :

- "Monsieur, quelles études avez vous faites pour devenir banquier ?

- Ah ! c'est une très longue histoire

- Mais je voulais vous demander... en septembre je suis en troisième, et je dois effectuer un stage en entreprise... j'aimerais le faire dans votre banque. Est-ce possible ?

- Bien sûr !!

- Mais je pensais que pour cela, il me faudrait un numéro de .... "

ÇA SUFFIT ! mon père, ne sachant pas les informations que mes jumelles me transmettent, va tout lui dévoiler. Je m'écris :

- Papa, je vais me coucher !!!

Tout le monde me regarde d'un air étonné. Je me rends compte que je viens de hurler. Je fais un rapide bisou à toute la table et m'en vais en rougissant. Je viens de m'apercevoir qu'il va falloir jouer serré.

illustration Clémence

Je devrais protéger les secrets de la banque de mon père. Il va falloir que je me prépare....

Je prends la cape noire qui est dans le bac à déguisements qui est dans ma chambre. J'arrache mon élastique et me mets un bandeau autour de la tête. Je prends un sac à dos et mets dedans des tas de choses utiles : un couteau, un appareil photo, sans oublier mes super jumelles !

HOUP! Je me jette sous ma couette, car papa monte. Il entre et me dit bonsoir. Il me fais un petit bisou, je fais semblant de m'endormir. Il sort doucement. Je saute de mon lit et grimpe sur la table. Je saute dans le jardin en passant par la fenêtre (au moins, les cours de gym m'auront servi à quelque chose une fois dans ma vie), puis je traverse le jardin pour atteindre la porte de la cuisine. Mes parents, "mon ennemi" et mon frère regardent un film maintenant.... J'entre tout doucement dans la cuisine. Mais, maman vient chercher son café. J'ai toujours détesté le café, alors là, je le hais !! Je me précipite sous la table. Heureusement qu'il y a une grande nappe ! Je vois ses pieds qui approchent... Ils sont tout près de mon nez... NON !!!!!! Elle a fait tomber sa cuillère ! Elle se baisse... À tous les coups, Maman va me voir.

" Marion ! Qu'est-ce que tu fais là ??? Mais pourquoi es-tu habillée comme ça ?

- Heu... Je suis allée chercher de l'eau et puis... Je me suis cognée...

- Ha ?!...Bon, va te coucher maintenant.

- Oui, c'est ça, bonsoir ! "

Je m'en vais. Hou ! J'ai eu chaud ! Je vais me coucher . Je verrai demain.

Le lendemain, maman a prévu de nous emmener à la plage. Pendant que je fais bronzette, je regarde (pour ne pas dire espionne) Valentin. Il joue au badminton...

Les jours passent d'une lenteur incroyable, et sans rien m'apporter de nouveau. Valentin ne reparle plus de la banque. Je n'ai pas recommencé mon escapade de nuit, de peur de me faire prendre sérieusement.

On part demain, et je suis tellement pressée de partir que j'ai déjà fait mes bagages depuis 3 jours. Record battu !!

Le lendemain, nous arrivons à la maison après avoir déposé Valentin. Je retrouve ma chambre et m'allonge. Je suis crevée !! Je tombe dans un demi sommeil. La sonnerie du téléphone me tire de mon sommeil. C'est Loic qui décroche. Pour une fois, je n'ai pas envie d'écoutrer sa conversation...

Au dîner, il a les yeux rouges, et l'air de ne pas être en forme. Maman (mère poule à la rescousse !) le questionne :

“ -Loic ? Ca va ?”

Là, il a l'air de se retenir très fort de pleurer.

C'est Quentin qui fait déborder le vase : " z'allé, vide ton sase " gazouille-t-il gentiment, comme Loic lui a appris.

Mon frère fond en larmes : "Valentin va déménager" explique-t-il en sanglotant. Ils sont tous désolés. Pas moi .

C'est vrai qu'ils se connaissaient depuis la maternelle, mais bon... Attends... MES JUMELLES !!! Je les ai oubliées! Je suis sûre que cela m'a porté malheur de déranger mes habitudes !! Je me mets à pleurer. À ce moment là, Carole reçoit la fourchette de Quentin dans le bras. Elle se met à hurler en lui donnant une tape. Quentin se met à pleurer, la tape avait était trop forte. Mes parents sont complétement dépassés par les événements. Ils essayent en vain de nous calmer. Finalement, la soirée se termine devant un bon film. Je m'en fiche à présent de mes jumelles. Ce qui m'inquiète, c'est que le beau Léonardo Di Caprio est en train de se faire tuer. . !

J'espère juste qu'elles vont tomber dans de bonnes mains .... .

Quitterie©1995-2001 info@momes. net

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