Méditation

L'histoire du conte "Méditation"

JEUNES ÉCRIVAINS

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MÉDITATION une histoire écrite par

Claudine

janvier 1998 Il y a longtemps que je voulais tenter l'expérience, mais dans ma vie bien (trop?) remplie, je peux rarement m'offrir un tel moment de calme. Par cet après-midi brumeux, pluvieux, gris, morne, presque triste, je prends le temps de me retirer dans la tiédeur accueillante de mon douillet petit appartement. Après avoir veillé à l'ambiance de la pièce, chandelles allumées, encens et musique indienne compris, je m'assieds dans la position du lotus. Comment procède-t-on exactement? Je ne puis me fier à aucune lecture préalable, à aucune référence valable pour répondre à cette question. Solution de rechange: me fier à mon instinct. Après tout, la méditation n'est qu'une rencontre intime avec le moi profond... J'ai souvent entendu dire que l'on devait faire le vide total en son esprit; ne penser à rien. Je me concentre, mais je m'aperçois bien vite que penser à ne penser à rien est déjà penser à quelque chose. Peine perdue... Toujours mes idées s'entrechoquent; les unes entrent, les autres se choquent et je sens la colère monter en moi. Je ne peux accepter mon échec. Je respire doucement, profondément et finalement décide de changer de tactique. Ces pensées qui m'assaillent, je vais les affronter, les retourner jusqu'à en comprendre les moindres recoins. Cependant, fouiller ainsi mon âme me met mal à l'aise. Je tente d'échapper à chacune des pensées qui atteignent le niveau de ma conscience. C'est moi-même que je fuis à travers ces émotions qui m'envahissent, mais avec lesquelles je refuse de décorer mon monde intérieur. Voilà: sans raison apparente, j'ai honte d'être ce que je suis. Le réaliser m'est tout d'abord pénible, puis me fait cheminer. Je refais le trajet en sens inverse et je rencontre à nouveau idées noires et sentiments rose bonbon. S'amorce un long dialogue entre toutes mes contradictions. Je m'enthousiasme. J'ai trouvé la clé, la clé de mon âme. Je retourne à la source de mes principes et je retrouve la logique oubliée qui me les avait inspirés. J'échappe au temps. Je suis là. Je suis moi. Je suis. je vis. Pleinement. Si ce n'avait été le déclic sonore de mon radiocassette qui m'a ramenée sur terre, j'aurais sans doute réussi à léviter.

 

©1996 -

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