Mortel et réel

L'histoire du conte "Mortel et réel"

JEUNES ÉCRIVAINS

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Mortel et réel

une histoire écrite par

Kyra

août 1999 Sur Terre...

- Regarde, Claire !
- Quoi ?
- Cette trace d'huile ! Juste à côté d'une marque de pneu qui dérape !
- Et alors ?
- Et bien, imagine la scène : le pauvre petit témoin gênant passe là, la voiture de ses ennemis comme par hasard collée à ses baskets. Quand le gosse débouche dans cette rue, il ne sent plus son coeur battre, il est dans une impasse. La même impasse où s'est déroulé le meurtre. Les assassins sont trop contents : ils vont pouvoir l'exécuter sans personne pour le remarquer ! C'est trop chouette ! Mais tout à coup, ils remarquent que le meurtre ne serait pas parfait ici, puisque la rue n'est pas aussi vide qu'elle ne le paraît. Ils démarrent en trombe, font une dérapée, et prennent la cible avec eux pour l'exécuter... Un coup facile !
- Laure, arrête ! Tu inventes un roman pour n'importe quoi !
- Qui sait ?
- Oui, c'est ça. Bientôt tu vas me dire qu'il y a des extraterrestres dans la cuisine !
- Oh ! Puisque tu en parles...
***
Dans une cuisine...
- Ils ne font pas plus de cinquante centimètres, mais ils sont mignons !
- Hein dis ! Regarde, lui c'est Sleey. Sleey, je te présente Claire, ma soeur jumelle.
- Ils sont mignons ! Ils sont mignons ! Mais... ils ne parlent pas ?
- Non. Je ne sais pas d'où ils viennent. Regarde leur vaisseau spatial ! On n'y entrerait qu'à quatre pattes !
- Effectivement ! Tu crois qu'ils seraient d'accord que nous entrions, pour visiter ?
- Je ne sais pas. Sleey, on peut visiter ton vaisseau spatial ?
A ces mots, le petit être hocha la tête, tout content. Les deux jeunes filles entrèrent dans le vaisseau, à quatre pattes...
- Claire, regarde comme c'est beau ! Tout brille, c'est merveilleux ! Non ?
- Oui ! Génial ! Sleey, c'est génial, chez toi ! Comme c'est dommage que tu ne parles pas... Mais au moins, tu comprends ce qu'on dit. C'est déjà ça.
- Je parle, répondit Sleey.
Sa voix était hideuse, horrible à entendre. Il bavait en parlant et une horrible transformation s'opérait sur son visage et tout son corps. Il devenait affreusement laid. Ses yeux bleus prenaient une couleur rouge sang. C'est alors que les jeunes filles se sentirent flotter. Claire frissonna. Laure se contentait de fixer le monstre avec dégoût...
- Nous retournons sur Klawwy, ma planète. Nous avions besoin chair fraîche. Vous n'êtes pas bien grosses, mais vous suffirez pour quelque temps. Ensuite, nous reviendrons, et nous ferons des Terriens notre nourriture préférée. Nous serons les rois du monde. Personne ne nous arrêtera. De la Terre, nous ferons un lieu de rassemblement pour nos sacrifices. Le Seigneur des Ténèbres sera content ! Je suis Dlaw, chef des Klaw. Nous sommes un peuple de Klawwy, une planète éloignée de la vôtre. Nous y sommes en surpeuplement, et la nourriture nous fait défaut. Grâce à vous, nous voilà en surpeuplement de nourriture !
Et il partit d'un éclat de rire cynique. Laure ne se laissa pas impressionner.
- Côté nom, votre imagination déborde, c'est fantastique. Mais il ne faut pas croire, Dlaw, que tout va se passer si facilement pour vous. Les Terriens ne sont pas des imbéciles ! Ils sauront vous annihiler.
- J'attends ça avec impatience !
- Moi aussi !
Un Klaw entra dans la pièce.
- Nous sommes en surcharge ! Nous ferons plus longtemps que prévu, Seigneur Dlaw !
- À mon avis, c'est votre imbécillité qui donne de la surcharge. À moins que ce ne soit votre mauvaise conscience ! Clama Laure.
- Ni l'un, ni l'autre ! C'est vous qui êtes de la surcharge !
- Pas nous, notre intelligence ! Répliqua Claire.
- Très drôle !
- N'est-ce pas ! Combien de temps, pour le voyage ?
- Trois jours ! Mais si vous projetez un plan pour nous annihiler, vous perdez votre temps ! Seuls les rayons qui servent à donner de la lumière dans le " Klaww " peuvent nous détruire. Mais malheureusement pour vous, ils sont protégés par un isolant.
- Ah ? C'est intéressant. Et ce rayon, il vous détruit dès qu'il est hors de l'isolant ?
- Non. Il faut l'emprisonner dans le Klawwyn, le moteur de ce vaisseau. S'il arrive là, tous les Klaws mourront. Mais c'est impossible à réaliser pour vous. Si je meurs, moi, le Seigneur Dlaw, tous les Klaws meurent avec moi. Je suis la vie qui les habite. Sans moi, ils ne sont que des petits tas de poussière. C'est pour ça que je leur tiens à cœur.
- Ah bon. Et que nous racontes-tu de beau, à part ça ? Si tu nous disais comment faire pour emprisonner un rayon dans un moteur ?
- Il suffit d'avoir un capteur de rayon. C'est le seul moyen pour nous de manier ces rayons sans risquer notre vie. Mais il ne faut pas me prendre pour un idiot, si je vous dis ça, c'est que je sais que vous n'aurez pas l'occasion de le faire. Je suis méchant, machiavélique à souhait, horrible à voir pour des ignorants comme vous, mais en tant que Klaw, je suis un " canon " !
- L'avis des Klaws n'est pas partagé, mon cher Dlaw, dit Laure.
Sans que Dlaw ne s'en aperçoive, Claire s'était emparée du pistolet qui se trouvait derrière elle. Avant qu'il ne puisse se défendre, l'arme était braquée sur sa tempe. Il eut un léger mouvement de recul.
- Tu perds ton temps, cette arme ne fonctionne qu'avec l'énergie qui est en moi.
- Alors pourquoi ce mouvement de recul ? Si cette arme n'a pas d'effet sur toi, je peux toujours t'assommer avec ! ajouta-t-elle en exécutant ses paroles.
- Bien joué, Claire ! Maintenant, allons voir ce moteur de plus près !
Elles partirent le plus rapidement possible, tout en étant toujours à quatre pattes. Quand elles furent assez loin pour ne pas l'entendre, Dlaw se releva, à peine étourdi par le coup qu'il venait de recevoir. Il s'assit sur une chaise et murmura : " Allez-y, les filles. Faites-nous un beau feu d'artifice. " De leur côté, Laure et Claire avaient atteint le moteur. Claire tira dans le néon où se trouvait apparemment le rayon. Une épaisse fumée se répandit dans la pièce.
- Ce n'est pas un rayon ! C'est du gaz, vulgairement ! Il nous faut filer ! Vite !
Laure prit sa soeur par le bras et lui fit signe de la suivre. Elles se trouvèrent bientôt face à Dlaw.
- Bonjour, lança celui-ci.
- Salut ! Laisse-nous passer ! Écoute, je sais que toi tu n'en as absolument rien à fiche du gaz qui se répand dans l'air en ce moment, mais nous on risque la mort. Je sais que tu es mon ami, sinon tu nous aurais déjà tuées. Alors laisse-nous passer, ramène-nous chez nous ou fais ce que tu veux, mais aide-nous, je t'en supplie !
- Je n'ai pas totalement menti. Ce gaz est mortel pour nous aussi. Si je vous ai dit que c'était un rayon et tout, c'est pour que vous m'aidiez. J'en avais marre de cette vie. Les autres Klaws me détestent. Ils ne me tuent pas uniquement parce que se serait de l'autodestruction. En tant que Klaw, je ne pouvais me suicider. Il me fallait être exposé à ce gaz. Maintenant, il ne me reste que quelques instants à vivre. Tous les Klaws vont mourir, vous aurez la paix. Quittez immédiatement ce vaisseau. Nous sommes encore dans votre cuisine, je voulais seulement vous faire peur en vous faisant croire que je vous emmenais sur Klawwy. Pardonnez-moi le mal que je vous ai fait. Je veux que vous viviez. Vous... viviez...
- Non ! Sleey ! Viens avec nous ! Nous te soignerons ! Viens !
- Non. Partez, fuyez ! C'est votre seule chance !
Claire prit Laure par le bras pour l'obliger à la suivre.
- Non, je ne veux pas, laisse-moi, Claire ! Je veux rester avec Dlaw ! Ce sera de ma faute s'il meure !
- Non ! Il a toujours désiré la mort, Laure. Viens.
Dlaw paraissait de plus en plus faible. Le gaz commençait à entrer dans la pièce.
- Je m'en vais heureux. Vous avez été mes seules amies. Merci.
- Sleey ! Je ne veux pas que tu partes !
- Je serai avec vous... dans... l'esprit !
Laure commençait enfin à céder. Claire parvint à la faire sortir de la pièce. Elles sortirent du vaisseau spatial à temps. À peine étaient-elles sorties que les lumières s'éteignaient, puis le vaisseau tombait en poussière bleue.
Les dernières paroles de Dlaw résonnaient encore dans les oreilles de Laure quand elle se réveilla. Claire l'attendait dans la cuisine.
- J'ai fait un drôle de rêve !
- Moi aussi, répondit Claire en lui désignant un tas de poussière bleue...

©1995-99

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