Mystères aux alentours

L'histoire du conte "Mystères aux alentours"

Tout d'abord, les présentations... Je suis Eric Lassern, j'habite ce village que personne ne connaît, Jandrain. Celui-ci est indescriptible. Mais comme partout, les gens qui y vivent, eux, le sont. C'est eux qui sont les pions du jeu que nous offre ce village aux milles folies... Un de ces pions, John Stordeur, était âgé de huit ans lorsque son grand père lui raconta pour la première fois l'histoire de " l'épave "... Celui-ci, lors d'une balade avec son grand-père, avait été inquiété par cet immense char, datant de la deuxième guerre mondiale. Son grand-père, Jean-Paul, lui avait expliqué longuement la vie de ce monument historique. " Tu le sais mon garçon, les choses étranges de nos jours sont de plus en plus fréquentes... Mais avant, de tels phénomènes ne se produisaient jamais... Cette épave est source de mystères depuis très longtemps. Morts, là-bas, il y a eu, morts là-dedans aussi, et je crois, que morts là-bas, il y aura. Cette épave a terrifié tous les gosses quand j'étais jeune, et à ce que j'ai cru comprendre, il en est de même maintenant. Rien ni personne n'a jamais osé demander qu'on la retire. Pourtant, elle a tué des enfants... Un ami à moi, s'est fait écraser sous son poids, j'ai tout vu, la machine s'est animée seule, et à foncer tel un taureau sur mon ami Martin. Celui-ci resta pétrifié, et la machine le réduit à une mince couche de chaire incrustée dans le sol . Lorsque j'ai vu le sang de mon ami m'éclabousser, j'ai cru que la machine m'aurait aussi, mais elle s'est arrêtée... On dit qu'un soldat est mort à l'intérieur, et que depuis, l'épave tous les dix ans s'anime et fait une victime. Non, John, cette épave représente le Mal, tu ne dois jamais t'en approcher. Jamais tu m'entends ? JAMAIS!" John avait évidemment écouté son grand-père, et avait effrayé ses propres camarades, pour exorciser sa propre peur... Vainement. Le résultat fut catastrophique, l'histoire du grand père se déforma très vite, remplie de l'imagination débordante des enfants, qui malgré eux, trouvaient chacun un détail plus effrayant que l'autre. L'histoire de l'épave prit une telle ampleur dans le village, qu'un écrivain nommé Alfred Jacobs lui consacra toute une nouvelle de trente-trois pages. Jacobs habitait le village aussi, mais il ne s'y intéressait pas vraiment. Même si parfois il trouvait que celui-ci était mystérieux. Enfin, Alfred Jacobs ne croyait pas tous ces racontars, mais ça l'inspirait quand même. De toute façon, c'était un écrivain réaliste, il ne savait pas écrire de fantastique. D'ailleurs, l'histoire de l'épave selon lui, terminait sur explication rationnelle... C'est pour cela que les gens de Jandrain ne l'aimèrent pas. Cela ne les faisait pas rêver. Quant à moi, j'entendais les gens discuter de l'épave, comme s'il s'agissait d'un vampire, ou d'un monstre surgissant du passé. Tous les soirs avant de m'endormir, j'avais une pensée pour l'engin, et je me disais qu'un jour je pénétrerai dans l'habitacle... D'après les personnes habitant le village, il paraissait que toutes les nuits l'épave reprenait vie, et se dirigeait vers le château, qu'elle contemplait de ses yeux métalliques. Après cela, elle dirigeait son canon vers la Lune, et la trappe s'ouvrait, laissant sortir le soldat mort depuis si longtemps. Lorsque les coups de cloche retentissaient, l'homme retournait dans l'habitacle, et dirigeait son tank là où tous les badauds ou les touristes (très rares) l'avaient toujours vu. C'était devenu la légende de " l'épave ", le village n'avait encore jamais possédé de légende, et pourtant, il était déjà tellement mystérieux ce village. .. Mais au-delà de la légende de " l'épave ", surgissait bien pire que cela... - Chéri, tu rangeras bien ta chambre ? - Oui maman, t'inquiètes ! - Et tu t'occuperas de ta soeur, hein ? - Oui. - Tu diras à ton père que je suis parti faire les courses, que j'en ai à peu près pour une demi-heure ? - O.K. - T'es sûre que t'oublieras pas ? Sinon, je fais un petit mot pour lui dire. - Non, ça ira très bien ! - Bon, je te laisse alors... - Oui, amuse-toi bien ! - À tantôt ? - Oui, à tantôt. - Dis, c'est pas ta soeur qui pleure là ? - Si, j'y vais... - Non, ça va, j'y vais vite. - Non, je te dis qu'il n'y a pas de problème. Cette fois, je commençais un peu à m'emporter. Ma mère avait l'art de poser un tas de questions inutiles, et si elle ne les posait pas, elle souffrait intérieurement, trouvant qu'elle ne remplissait pas bien son rôle de mère. Je comprenais sa réaction, mais quelques fois, cette façon de devoir répondre à de bêtes questions était tout simplement exaspérante. Enfin, j'arrivais quand même à contenir mes remarques, mais c'était au prix de beaucoup d'efforts, qui pouvaient bien être complètement vains. Ma mère était comme ça depuis très longtemps, et pourtant, cela fait maintenant douze ans que je la cotoie. Attendez-moi un instant, je vais m'occuper de ma soeur... Voilà, je crois que j'ai bien du aller dix fois lui remettre sa tétine en moins d'une heure. Enfin, tout cela n'est pas très important... Non, si je vous parle de ma mère, c'est parce qu'elle est vraiment ch.... Je croyais avant qu'elle m'apporterait plus qu'elle ne me prendrait, mais il s'avère aujourd'hui qu'elle se sert de moi à tout point de vue. Je crois que je joue un rôle important entre elle et mon père. Elle veut le quitter, j'en suis sûr, alors elle essaye de lui faire commettre des erreurs. L'autre jour, elle lui a demandé de passer me chercher à l'école, sans lui dire à quelle heure je finissais. Il est donc venu pour l'heure habituelle de quatre heures et quart, mais j'avais fini à midi! Je me suis évidemment énervé, et c'est lui qui a subi ma colère, mais après réflexions, j'ai remarqué qu'il n'était pas vraiment coupable... Mais ce n'était pas tout, elle a aussi demandé au voisin de passer chez nous le matin où mon père était en congé. Elle lui a demandé de passer avec sa femme, pour fêter l'arrivée de leur nouveau gamin. Ma mère était partie, sans réveiller mon père, et sans le prévenir de l'arrivée matinale des voisins. Lorsque les voisins ont sonné à la porte, j'ai regardé par la fenêtre de ma chambre, et j'ai vu ma mère qui était à la pompe à essence. La pompe à essence est contre notre maison, nous vivons ici depuis quinze ans. Elle ne nous appartient pas, et nous entretenons des relations normales avec ce voisinage-là. Enfin, j'ai compris ce qu'elle voulait faire tout de suite. Elle a démarré, et est arrivé chez nous. Elle a pris un air étonné en voyant les voisins qui étaient en train d'attendre, et leur a demandé si Thierry n'était pas venu leur ouvrir la porte. Ils ont répondu que non, et elle a dit que pourtant elle l'avait prévenu qu'elle allait faire quelques courses, et qu'ils devaient les accueillir. Mon père lui, ne s'est pas réveillé. Elle avait dû mettre quelque chose comme un somnifère dans son eau qui était à côté de son lit. Elle a commencé à raconter plein de choses sur mon père à mes voisins, mais je n'ai pas tout compris. Depuis ce jour-là, je perds vraiment patience. Vivement mes dix-huit ans! Mais ça me ferait mal de quitter mon père, lui, il est si gentil avec moi... Il va jouer au football avec moi quand je m'ennuie, il me demande chaque fois où je veux aller pour mon anniversaire, ou pour le Noël, je l'adore. L'autre jour, ma mère s'est fait poursuivre par un homme, alors qu'elle revenait de ses courses à Jodoigne. Il voyageait dans une petite camionnette blanche, qui ne possédait plus de vitre arrière. La rouille l'avait pratiquement envahie de toute part, et elle semblait rouler comme elle le pouvait. Lorsque ma mère décèlera pour atteindre une vitesse de 38 km/h, l'homme la dépassa, et se mit en travers de la route. Il sortit de sa voiture... ma mère terrifiée, n'attendit pas de voir ce qu'il faisait, elle entreprit une marche arrière plus que périlleuse, sur les nerfs, et accrocha au passage son pare-chocs arrière contre la bordure. Elle fit demi-tour, et ne croisa plus l'homme barbu pendant longtemps. Mais lorsqu'elle arriva dans la rue de Genville, à Jandrain, elle vit la camionnette qui s'était arrêtée sur la bordure de la maison des Gazion. Elle accéléra, pour freiner une dizaine de mètres plus loin, voyant que la camionnette la suivait. Elle ouvrit sa vitre à toute vitesse, et cria. Elle demandait que l'on appelle la police au plus vite, sur ce, la camionnette fit demi-tour et s'en alla. En me racontant l'histoire, elle introduisit cette question... Dis, où était ton père quand je suis partie ? Mon père était à son travail, je ne pouvais rien lui dire d'autre, mais je voyais bien qu'elle était en train d'essayer que je le soupçonne de cette étrange affaire. Enfin, les voisins ont alerté la police, qui est arrivée une heure plus tard, interrogea les gens que ma mère avait prévenu, et ceux-ci répondirent qu'elle s'était fait poursuivre, mais que le poursuivant avait prit la fuite suite au cri de ma mère. Ma mère elle-même ne fut pas questionnée. La police avait l'air d'avoir fait son travail correctement, mais s'ils avaient su... Quand ma mère vient encore de me réprimander parce que je regardais trop la télé, ou quand elle appuie sur le bouton pour la fermer, je suis excédé. Je ne lui dis rien, mais n'en pense pas moins. Aucune loi ne lui interdit ce qu'elle fait, mais si un jour je vais au pouvoir, je l'inventerai. Elle le sait, je n'aime pas dormir la nuit. Elle me gronde, et me dit que c'est très mauvais, mais je suis comme ça, ma vie n'a pas besoin de repos. Lorsque je lui explique cela, elle ne comprend pas. Elle me fait ses yeux doux, ceux qui ont du séduire mon père, en tout cas moi, ils me font taire. Ils sont effrayants de par leur sournoiserie, leur manque de courtoisie. Mais quand elle fait ces yeux-là, je m'en vais, je pars me coucher. Je ne peux pas dire pourquoi. Mais en fait, je ne me couche pas. J'ouvre ma fenêtre sans bruit, je ferme ma porte à clé, et je regarde ce qui se passe dans la rue. Je n'ai pas une très grande vision de celle-ci, mais suffisante pour voir quelques petites choses étranges... Comme je vous l'ai dit précédemment, ma maison est située contre une pompe à essence, la pompe à essence de Jandrain. Quand la nuit tombe, tout n'est plus qu'ombre, tout n'est plus que pénombre. Moi je vois le peu de gens qui se promènent vers deux ou trois heures du matin, ou parfois, les voyageurs qui s'arrêtent pour prendre de l'essence à la station. Quand la nuit tombe, je sens que mes yeux s'ouvrent plus, qu'ils sont plus attentifs, tous mes sens sont affûtés, et je respire l'air nocturne. Il a une saveur particulière, je l'aime peut-être même plus que mon père. Peut-être parce que je sais qu'il est éternel, à l'inverse de mon paternel. Quand la nuit tombe, mes yeux se posent, et mes prières s'exaucent. J'attends depuis si longtemps, le moment où je pourrais enfin voir la plus terrifiante des choses. À vrai dire, j'ai déjà vu pas mal de chose, mais je crois qu'il y a encore pire. Évidemment quand je raconte ce que je vois, on ne me croit pas, et pourtant... Lorsque j'ai vu ces deux hommes aux canines pointues traverser la rue, et se diriger vers une dame, avant de lui sucer tout son sang, et de lui arracher la moitié du cou... Ensuite, ils se sont envolés avec le corps... Quand la nuit tombe, mes yeux se mettent à pleurer, c'est à ce moment que je sens ma liberté. Je me sens comme le magicien qui voit tourner tout un monde autour de lui, qui sent que rien ne peut lui échapper, qu'il est seul à tirer les ficelles. Seul dans la pénombre de ma chambre, j'observe mon monde sans rien comprendre. J'espère qu'un jour ils m'accepteront, et qu'ils m'aimeront, tous ces monstres que je vois, toutes ces voix que j'entends... Quand la nuit tombe, et que les lumières s'éteignent une à une, moi je reste éveillé dans une chambre morte. Une chose seulement étincelle dans ma chambre, une chose brillante et puissante. C'est ce qui regarde dans toutes les directions, ce sont mes yeux. Jamais personne ne m'a remarqué lorsque j'observais, et personne ne me remarquera jamais, je crois. Un soir de plus, un soir en plus, qu'une âme se déchaîne, qu'elle dévoile sa haine. Mystérieux au-delà, je ne demande qu'à te voir, montre-moi une âme qui trépasse, et encore je pourrai attendre. Comme vous le savez, la nuit, je ne dors pas, mais savez-vous ce que je vois? Oui, certainement, ce village est tellement étrange. Il m'arrive parfois de me promener, et de regarder autour de moi. C'est souvent vers trois heures du matin, quand mes parents dorment à poings fermés. Je m'en vais sans faire de bruit, et je reviens tard dans la nuit. Ils ne m'entendent jamais. Mais ce que je vois dans ce village lors de ces promenades, est parfois impossible à croire. L'autre soir en passant près de la maison du curé, j'ai vu par la fenêtre une sorte d'immense peluche noire... effrayante. Mais alors que j'allais détourner mon regard, j'ai vu le curé passer devant la fenêtre, avec sur les épaules un corps d'enfant. Je ne crus pas une seule de ces images, sous peine de devenir fou... Mais lorsque je l'ai vu tourner autour de sa peluche, l'ouvrir en deux, et que je vis le petit garçon qu'il plaçait à l'intérieur de celui-ci, je ne compris pas. Après avoir bien refermé l'ours noir, il s'agenouilla, et commença à prier. Ensuite, il regarda par la fenêtre, j'eus juste le temps de me cacher derrière un arbre, et par chance, il ne me remarqua pas. Du moins je crois... Le même jour, alors que je me remettais à peine de mes émotions, je vis dans un jardin quelque chose bouger. Un homme... Une sorte de geste brutal le faisait tressaillir... L'homme était à quatre pattes, et il mâchonnait quelques mots tout en s'empiffrant de je ne sais quoi... Je ne reconnus pas l'homme, mais je pus voir qu'il avait déjà un certain âge. C'est alors que je compris enfin ce qu'il faisait, il était occupé à manger des carottes alors qu'elles étaient encore en terre. De plus, ce jour-là, il pleuvait, la terre n'était plus que boue, et l'homme pataugeait dedans, dévorant ses légumes avec une rage digne d'un loup affamé déchiquetant une pauvre brebis. Il ne tourna même pas le regard vers moi, tellement il était pris par ce qu'il mangeait. Cette nuit-là, je n'ai même pas cherché à comprendre ce que j'avais vu, et pour la première fois depuis longtemps, je m'endormis avant cinq heures du matin. Mais enfin, si je vous parle encore, c'est parce que la nuit passée, il s'est passé quelque chose d'effarant... J'ai entendu quelqu'un rentrer dans ma maison, alors que ma famille dormait. Je comptais justement partir, mais je n'ai pas osé. J'entendais des pas qui marchaient sans cesse, dans toutes les pièces. J'entendis même une voix susurrer des paroles incompréhensibles. J'ai cru que j'allais m'évanouir. Mais lorsque j'entendis les pas se diriger vers les escaliers, je compris rapidement ce que je devais faire, et heureusement. J'éteignis ma lumière, et je me couchai en vitesse dans mon lit. J'entendis les pas s'arrêter à la dernière marche, puis continuer leur progression vers la chambre de mes parents. Ensuite, ce fut un silence inexorable... La sueur perlait sur mon visage, mes yeux grands ouverts étaient prêts à pleurer de peur, et mon coeur me rappela qu'il existait, battant mon corps à mort. Soudain, les pas recommencèrent leur progression, arrivant cette fois devant ma chambre, j'essayais de fermer les yeux, mais je n'y arrivais pas. Lorsque la porte s'ouvrit, je tentai de contenir mon cri. J'ouvris à peine un oeil, le temps de voir en une fraction de seconde que le personnage qui se tenait devant moi, n'était ni mon père, ni ma mère. L'homme se rapprocha de mon lit, il se pencha sur moi. Il regarda autour de lui, et j'entendis le son d'une lame. Je tentais de garder mon sang froid, retenant mon souffle le mieux possible. L'homme avait dû remarquer quelque chose, peut être m'avait-il vu ouvrir l'oeil ??? Il se pencha sur moi, mit sa tête contre ma poitrine, mais mon coeur s'était arrêté de battre la chamade. L'homme quitta à mon grand soulagement ma chambre, et quitta par la même occasion ma maison. Je ne compris pas ce qu'il voulait, mais j'eus très peur. Une autre nuit qui commençait comme les autres... J'espérais ne plus entendre ces pas... Je m'étais persuadé que j'avais rêvé ces pas, et même la personne qui était entrée dans ma chambre, mais je savais bien que c'était une échappatoire pour ne pas atteindre la folie. Déjà, en voyant ces vampires, j'avais réagi de la sorte, car après tout, tous ces films que je regardais à la télévision, j'aurais voulu que tout ce qui arrivait au héros m'arrive, et jamais cela ne s'était produit... Mais cette autre nuit, qui avait commencé comme les autres, prit tout à coup une tournure différente. Un peu comme ce jour où j'avais vu les vampires... Le ciel s'était assombri au-dessus de Jandrain, et irrationnellement, la Lune semblait avoir disparu. Quelques secondes auparavant, elle était pleine, et éclairait de sa douce lumière ma chambre morte. Cette fois, j'en étais sûr, quelque chose allait se passer. Je regardai toute la rue, sans rien remarquer de spécial, si ce n'était que les lumières de la pompe à essence s'étaient éteintes. Il n'y avait même personne qui soutirait de l'essence, ni aucun alcoolique, qui venait au distributeur chercher sa bière nocturne. Non, personne, pas un bruit. C'est alors que j'entendis du bruit dans la maison... Etait-ce encore cette personne ??? Je me levai hâtivement, et je me dirigeai vers la porte brune qui séparait ma chambre au palier. J'eus à peine ouvert celle-ci, que je remarquai de la lumière en bas, dans le salon. Je descendis les marches lentement essayant évidemment de ne pas faire de bruit. Mais vainement, ce fut comme si chaque marche que j'atteignais était obligée de pousser un horrible craquement, comme dans ces mauvais films d'horreur, ou le gentil essaye de surprendre le méchant qui a enlevé sa fille, et que la marche craque. Le méchant alors se retourne, et plante un couteau dans le ventre du gentil, qui se couche au sol, mais bien sûr n'est pas mort. Enfin, quant à moi, personne ne me planta de couteau dans le ventre. Une fois arrivé dans le salon, je remarquai qu'il n'y avait personne. J'étais prêt à remonter lorsque j'entendis un bruit dans la salle de bain. Je courus vers la salle de bains, je m'armai d'une scie que je venais de trouver sur l'armoire. Elle avait servi à mon père qui avait dû couper notre arbre devenu trop touffu. Il avait coupé quelques branches, qu'il avait brûlées avec moi. La porte de la salle de bains s'ouvrit, et je lançai mon bras vers l'ouverture... Mon bras se stoppa net, devant moi, se tenait ma mère, les yeux exorbités, la bouche grande ouverte. Elle bafouilla quelques instants, avant de me gifler. À ce même moment, elle recouvra soudainement la parole, et commença un charabia totalement incompréhensible. Elle mettait beaucoup de mots dans sa phrase, mais sans parvenir à les associer. C'est à cet instant-là, que j'ai décidé que bientôt je partirai... Enfin, comme je vous l'ai déjà dit, c'est ma mère ! Il faut peut-être l'excuser, elle n'est plus toute juste... Aussi, mon père me l'avait déjà dit, elle avait eu beaucoup de problèmes à ma naissance, et le fait que je me sois toujours dirigé vers lui, avant elle, l'avait complètement bouleversée. Je n'avais jamais compris comment mon père avait fait pour se marier avec elle... Il est vrai qu'elle était vraiment très belle, même si encore maintenant, minée par le chagrin, et rongée par la haine, elle avait toujours ce doux visage. Ses cheveux rougeoyants, sa peau pâle merveilleuse, cet air mystérieux, ses lèvres pulpeuses, et un corps qui n'aurait put laissé personne indifférent. Mais son gros défaut était ses yeux... regard moqueur, plaisir malsain, tout se lisait, et cette fois pas dans les lignes de la main. Ma mère m'arrêta lorsque j'essayai de remonter pour retourner dans ma chambre. Elle m'attrapa par le bras, mais j'avais toujours ce souvenir piquant d'une gifle qu'elle m'avait généreusement offert. Je la regardai dans les yeux, et cette fois, elle détourna le regard, et s'excusa. Elle ne savait même pas pourquoi, mais elle s'excusait. Mais lorsque je vis son regard, je compris soudainement qu'elle s'excusait pour quelque chose qu'elle comprenait vraiment. Elle en connaissait bien la cause, elle s'excusait pour la gifle, mais pas rien que pour cela. Elle essayait que je lui pardonne pour ce qu'elle me racontait sur mon père, pour ce qu'elle essayait de me faire croire, et pour son amour exagéré, et faux. Elle m'aimait, c'était sûr, mais elle ne savait pas comment me le montrer. Et moi, comme un c..., je n'avais jamais su le remarquer. Alors, comme jamais je ne l'avais fait avant, je posai ma main sur son visage, que je caressai. Enfin, elle me souriait, ses larmes séchées sur le visage la rendaient encore plus belle, et ses yeux cette fois, me souriaient, eux aussi. Après cela, tout troublé, je retournai dans ma chambre. Je regardai autour de moi, sans comprendre pourquoi ma chambre était si noire et si morte. Mais lorsque j'entendis ce bruit de moteur lointain, tournant au ralenti, je compris. Ma première réaction fut de courir vers ma fenêtre, si bien que j'en oubliai ma mère. La voiture qui s'approchait à la traîne de la pompe à essence était soit une voiture à court d'essence, soit une voiture conduite par un homme saoul. Je ne voyais aucune autre possibilité. Et pourtant, aucune de celles-ci n'était la bonne. La voiture qui arrivait était celle de mon voisin. Ma fenêtre offrait une vue sur l'arrière de ma maison, sur la majorité de la pompe à essence, et aussi sur une maison en face de celle-ci. C'était cette maison qu'habitait ce voisin. Il possédait une vieille Volvo bordeaux, un petit peu rouillée. Lorsqu'il sortit de sa voiture, je le regardai quelques instants, il était maître de son sujet, il n'avait pas du tout trop bu, et sa voiture n'avait pas du tout l'air d'être une voiture à l'agonie. Il ne se dirigeait même pas vers le moteur, non, il se dirigeait vers son coffre. C'est alors que je remarquai la tache rouge sur sa main droite. Et à ce même instant, il regarda autour de lui, sans doute pour s'assurer que personne ne le regardait. Je me suis alors couché. Mais mon ventre trépignait d'impatience, et mes yeux ne voulaient qu'une seule chose ; rester ouverts et regarder ce qu'il se passait au-dehors. Je risquai un regard par la fenêtre, et je pus voir que Jack Finnan, mon voisin, n'était plus là. Je regardai une fois de plus dans tous les sens, ne comprenant pas ou il était parti, laissant ainsi la porte de son coffre ouvert. Mais je le vis ressortir de la maison, et cette fois, son polo était lui aussi taché de sang... Il ferma son coffre, et rentra chez lui. Je m'étais endormi depuis à peine une heure, lorsque j'entendis des bruits qui me réveillèrent. Il était six heure du matin... et j'entendais encore ces pas. Qui donc cela pouvait-il être ? Ce n'était certainement pas ma mère, elle se levait à huit heures, en même temps que mon père, pour aller à leur travail. Mais cette fois, je ne pris plus le risque de redescendre. Mais ces pas prenaient des directions étranges... Je les entendis descendre les escaliers de la cave. Cette fois, j'en étais sûr, ce n'était pas ma mère ! Depuis ce jour, le soir, quand je regarde dehors, j'ai peur. Peur qu'il me regarde, et qu'il vienne me tuer. Heureusement, il ne m'a pas encore vu... J'ai décidé de vérifier ce que cet homme faisait. En le suivant, j'espère pouvoir éclaircir sa situation. Cet homme, Jack Finnan, a sans doute eu des antécédents. Je demanderai à un ami, si son père qui est policier ne peut pas regarder pour moi. Quand j'aurai des informations, alors là, peut-être que je comprendrai. Tous les bruits me font peur, même ceux qui n'ont pas l'air étrange... Un oiseau qui chante, ça m'effraie, je trouve son chant mort et monotone. Un chat qui passe dans la rue, me fait imaginer un nombre incalculable de choses toutes plus bizarres les unes que les autres. Si bien qu'un soir, j'ai vu un chat se promener dans la rue, la gueule en sang. Il ne boitait pas, et ne semblait même pas avoir été blessé, et pourtant, il y avait du sang. Quelques heures après avoir vu cela, on apprenait que toute la famille Vaquera avait été tuée, et que le principal suspect était un chat... Étrange non ? Enfin, je n'ai jamais rien dit à personne, mais cette histoire m'a tout de même effrayé. Je savais que je m'étais imaginé ce chat, mais si ce que j'avais imaginé s'était réellement produit... Est-ce que mon imagination pourrait commettre des crimes ? J'ai peur... Il y a aussi cette étrange femme au bonnet rouge, elle promène un cobaye en laisse... Je n'ai jamais su la regarder jusqu'au bout de la rue tellement je m'esclaffais. Il y a aussi ce gros monsieur qui sort de chez lui tout le temps vers six heures du matin, il se promène, en robe de chambre. Une fois, je l'ai vu, en train de courir. Il courait à une allure proche de celle que j'atteins lorsque je marche doucement. Et je ne marche pas vite ! Enfin, c'est un village très spécial, et tous les gens le savent, sauf ceux qui le sont eux-mêmes. Une autre chose qui m'a effrayé... L'autre soir, je me promenais dans le village en compagnie d'un copain (bizarre lui aussi), lorsqu'il m'a conseillé d'aller voir un endroit très chouette, comme il disait. Je l'ai suivi dans le village, jusqu'à cette grande maison, celle du curé de Jandrain. Il me rassura en me disant que ce n'était pas là qu'on allait, mais bien dans une annexe de celle-ci. Elle était soi-disant laissée aux jeunes, pour qu'ils y mènent des activités lucratives. Mais rien de plus naïf ne pouvait exister que de faire confiance à ces jeunes-là... Déjà, lorsque je suis entré, j'ai senti cette odeur de cigarette mêlée à celle de la bière plus très fraîche. Je me suis demandé ce que ces jeunes pouvaient faire dans un endroit aussi sale ! Mais le plus effrayant n'était pas que chacun d'entre eux fumait et buvait sans qu'aucun parent ne le sache, mais c'est qu'ils étaient tous tarés ! D'après ce que j'ai pu entendre, leur chef s'appelait Steve, il était aussi futé qu'un oiseau sans tête... Mais les autres l'écoutaient avec un regard émerveillé lorsque celui-ci lâchait un gaz, ou rotait. Certains mêmes applaudissaient en riant ! Je n'ai pas ouvert la bouche... Cet amas de débiles ou autres rejetés de la société m'avait finalement dégoûté de mon village... Mais comme chaque être vivant ici, je me sentais obligé d'y rester. Pourtant quand je voyais ceux qui s'en étaient enfuis, que je les voyais avec leurs grosses voitures, je me disais, pourquoi ne pas faire pareil ? Pourquoi pas ? Mais jamais je n'ai osé fuir loin d'ici, de ce village maudit, ou les gens sont finalement toutes des vampires... sauf que ceux-ci ne s'abreuvent pas directement de sang, mais indirectement, ce qui est hypocrite... Un amas d'hypocrites, avec leurs faux sourires, et leur regard en coin suspicieux ! " Et, regarde maman, ce garçon comme il marche bizarrement ! " " Tais-Toi John, il va t'entendre... " Tous ces commentaires étaient habituels ici. Ils faisaient parties de la vie... la vie de Jandrain... village aussi mort que ma chambre. Quand je vous disais que tout était inquiétant, je crois que j'avais raison. L'autre soir, vers cinq heures, je vis un homme étrange... Je l'ai appelé l'homme sans visage. Si cela n'est pas inquiétant, je vous demande ce qui l'est ! Il se promenait dans la rue, sans masque pour se cacher, rien ne semblait l'effrayer. Il était horrible... Il n'avait plus de peau, ses yeux étaient immenses. On voyait tout le blanc, et quelques veines qui en ressortait. Il était effarant qu'un homme put être aussi laid. A sa vue, j'ai failli me retourner et vomir, mais je contins mon envie, pour finalement essayer d'aller au bout de ma peur, et de mon dégoût. J'aurais voulu lui parler, mais je n'osais pas me diriger vers lui, et lui poser la question que tout le monde se posait... Pourquoi ne vous cachez-vous pas le visage? Mes lèvres formulaient cette phrase sans cesse, mais heureusement ma gorge se serrait au moindre son que j'émettais. L'homme avait disparu de mon champ de vision, mais dans ma tête restait gravé son visages atrocement mutilé. Je me souvenais de tous ces fils rouges qui bougeaient à chacun de ses mouvements faciaux. Ces dents jaunies par l'âge n'étaient même pas recouvertes par des lèvres. Un sourire effrayant que j'aurais plutôt dut nommer "rictus", nous offrait cette impression inquiétante que l'on avait plus à faire à un humain. L'homme marchait drôlement, ses longues jambes le faisant trébucher à chaque nouvelle bordure. Du haut de ses deux mètres, il ne regardait même pas les gens, qui eux, bien au contraire, le regardaient. Je suis sûr que si cet homme n'avait pas disparu dans les jours qui avaient suivi, il serait devenu un peu comme l'épave, une légende à Jandrain... Mais cet homme défiguré, s'il n'est pas devenu une légende à Jandrain, est bien devenu une nouvelle source de mystères... En effet, tout le monde parlait de lui, le comparant à Mr Hyde... Certains allaient même jusqu'à dire, que le docteur de Jandrain avait fait la même découverte que le Dr Jekyll. D'autres, un peu plus créatifs, pensaient que l'homme était un essai de l'armée, qui avait raté. Il pensait que l'armée avait voulu s'en débarrasser, mais que celui-ci s'était échappé... L'armée, d'après eux, était revenue le chercher ici. Je ne croyais aucune de ces histoires folles, mais j'en avais toutefois très peur. Trouvez-vous ça normal qu'un homme au visage déchiqueté disparaisse du jour au lendemain? Je n'espérais plus qu'une seule chose... le revoir en train de se promener pendant la nuit dans Jandrain... Mais je ne crois pas qu'un jour, l'homme sans visage revienne, mais l'espoir n'a jamais tué personne, du moins je l'espère. La nuit, deux personnes me hantent... Jack Finnan va venir te chercher... Et l'homme sans visage va te Jack, Visage... Tous ces mots dans ma tête, je voudrais tant qu'ils s'arrêtent! Laissez moi vous deux, allez vous en ! Je ne cherche ni querelle, ni ennui, alors ne restez pas ici... dans ma chambre morte. Les gens qui passent dans mon village, sont effarants. Ils regardent autour d'eux ce qui clochent, sans se rendre compte que ce sont eux... Ici, on croit que c'est toujours le carnaval, sauf que pour eux, de déguisement il n'y a pas, il y a juste eux ! Amusant par leurs vêtements, par leurs accoutrements, leurs gestes délivrant avec hâte des soupçons de bêtises, de méchancetés et d'autodestruction. Rien qu'un regard suffit pour comprendre ce qu'ils sont réellement, lorsque leurs regards tombent sur vous, leurs sourires méchants s'illuminent et vous submergent par leur cruauté... Heureusement pour eux, leur avantage est qu'ils sont drôles. Pas par ce qu'ils font, mais bien par ce qu'ils sont ! Tous les jours voyez-vous... moi je les vois partout. Car comme je vous l'ai dit, j'habite à côté d'une pompe à essence, et par chance, je peux tous les voir... tous ces fous, ces originaux... Le plus amusant c'est quand vient le soir... d'ailleurs hier, j'ai vu un étrange garçon, qui ne devait pas être plus vieux que dix-huit ans, s'arrêta à la pompe. Lorsque je vis son visage, je fus déjà à la limite du fou rire... on aurait dit un troll. Il était poilu sur la figure, ses lèvres étaient retroussées, avec un point de bave toujours apparent au coin de ses lèvres, ses oreilles semblaient être les oreilles d'un poisson mutant... Mais ce qui me fit rire, ce fut d'entendre une personne le saluer ! - Bonjour Troll ! Troll, ainsi, tout le monde le nommait de la sorte... je ne pus contenir mon rire... Mais ce jeune homme ne fut pas le seul ! Les passants se succédaient sans se ressembler, si ce n'était leurs vêtements... Je fus tout à fait stupéfait de voir une personne qui avait l'air complètement normale, habillé avec un costume noir, une cravate rouge bien nouée, s'acharner sur la machine à boisson pour quelque trente francs qu'il venait de perdre. Il penchait la machine vers lui, et la poussait contre le mur, avec force et vigueur. Il s'énervait, insultant cette méchante machine qui l'avait volé. Comment était-il possible qu'un businessman comme lui, puisse s'énerver pour si peu ? Peut-être que sa femme venait de le quitter, et qu'il voulait s'acheter des bières pour oublier... peut-être qu'il revenait d'une journée fatiguante au cours de laquelle il s'était fait viré... peut-être qu'un de ses parents était mort... Mais je crois qu'aucune de ses possibilités n'étaient la bonne... je pense qu'il était la victime d'un stress énorme, causé par son boulot, ses rentrées tardives, suivie des engueulades avec sa femme. Celle-ci devait s'en prendre à lui de manière violente, lui rappelant que les quatre gosses qu'ils avaient, ils les avaient fait ensemble, et qu'une seule personne n'était pas suffisante pour s'en occuper. Mais d'une certaine façon, elle était quand même heureuse de voir l'argent du mois arriver. Là, quand elle voyait ces grands chiffres, elle sentait qu'elle pourrait encore tenir quelques temps. L'homme, quant à lui, malheureux, tentait d'oublier le stress d'une vie qui semblait ne vouloir de lui qu'au travail, finissait par se suicider dans sa baignoire ou en sautant du sixième étage de sa gigantesque maison. Quand je voyais ce genre de personne, je ne pouvais m'empêcher de pleurer, repensant à mes propres parents, qui se disputaient sans arrêt. Souvent je pleurais, j'avais envie d'aller leur parler à tous ces gens, leur dire de penser aux gosses, avant de ne penser qu'à eux-mêmes, mais bon, je n'avais rien à dire et puis en tant que gosse, on ne m'aurait pas écouté. Moi je ne demandais qu'une chose, que ma vie soit réussie, peut m'importait comment, tant qu'il y avait le sûrement. Les gens qui passent... Oh, regardez celle-ci, habillée avec ce long foulard beige, cette vieille jupe bleue pastel, ce blouson vert fluorescent, et ces bas résilles noirs. Elle était magnifique ! Moi je la regardais une fois de plus en riant, mais cette fois, elle m'entendit. Je la connaissais, c'était ma professeur d'histoire ! Imaginez-vous les fous rires en classe avec mes amis... Nous avons ri tout au long de l'année, et elle n'avait jamais compris. En outre, elle possédait une voix plus que jamais étrange... une voix semi-mâle, semi-femelle, qui à chaque parole faisait des aller-retour entre les deux. Mais le plus drôle restait ceci... cette femme avait des lunettes, et elle nous avait dit dès notre première rencontre, qu'elle n'avait peut-être pas une bonne vue, mais une excellente ouïe. Ce qui ne s'était jamais prouvé au cours de l'année ! Nous l'avions surnommé Rambo Hindermal, ce qui était son nom. Nous l'imitions tous les jours dans le fond de la classe, et elle n'entendait jamais rien. Il n'y avait rien de plus drôle que de se moquer d'un professeur. S'il y a beaucoup d'inconvénients à vivre à côté d'une pompe à essence, il y a aussi ce maigre avantage, à savoir, rire de la bêtise humaine ! FIN

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